Historique du mois : juin 2019

Je te plumerai,

Je te plumerai,

Dans la toile fine des invisibles

Tu voles de long en large

L’espace dépecé rogne tes ailes

Tu bats du chant au matin

Libre de t’égosiller en vain

L’horizon pâle tendu

N’est que copie médiocre

D’un fabuleux hasard barbelé

Par les oiseleurs…

*

Derrière le miroir les oiseaux se jouent

Des pièges des oiseleurs

Leurs ailes largement déployées

Abritent les pépiements

Les spirales et les arcs

Tous les ballets de liberté

Plumes multicolores

Dans les matins cendrés

*

Arrêtons de s’faire plumer

Ah! Je t’ai vu.

LOUp, n’aies pas peur, ne te caches plus.

ET si on regardait un peu au-delà des apparences …

TE rends-tu compte de ce qu’on pourrait trouver?

Tous les oiseaux

de toutes les contrées

de tous les pays

prendraient leur envol

Direction la Forêt … Et …

Les frontières disparaitraient

Au profit d’un seul pays

qui serait reconstruit

Qu’elle chance

on aurait!

Chouettes et Alouettes

Enfin iraient virevolter,

gaiement festoyer

sans plus jamais se soucier

des chasseurs de têtes

qui jadis voulurent plumer

les gentilles alouettes.

Morale de l’histoire:

Ne pas se fier au destin tout tracé des chansons …

Parfois ce sont les animaux qu’on voulait plumer

qui finissent par nous clouer le bec de par leur intelligence, leur amitié et leur solidarité.

*

Le matin effaçait les ombres.

Les rêves et les cauchemars bien rangés sous l’oreiller

Nous bondissions hors du sommeil

Prêts à affronter l’été, à jouer dans les hautes herbes

A laisser s’envoler nos rires au milieu des trilles des oiseaux.

Parfois, revenant de ces expéditions en plein air,

L’un d’entre nous se faufilait jusqu’au grand placard de la cuisine

Et passait sa tête entre les deux portes entrouvertes

Pour voir si le père, en rentrant de sa nuit,

N’avait pas déposé, encore emballés d’un papier bien plié,

Les deux tartines intactes : notre pain d’alouette…

*

Par ordre d’apparition (et d’écriture) : Phoenixs, Eclaircie, Marjolaine et Elisa.

Merci à Phoenixs pour le titre.

L’élégance des lumières,

L’élégance des lumières,

Certains mots, après avoir longtemps volé très haut dans les nuages blancs, se posent près de nous. Sur une branche, sur le dossier d’une chaise de jardin, sur un sol fraîchement remué.

C’est à chaque fois un petit miracle que, pour ne pas interrompre, nous contemplons immobiles. Même notre respiration se fait plus discrète car rien ne doit troubler le mot.

Celui-là est de ceux qui émerveillent. Longtemps captif dans une cage, dorée mais toujours close, il vivait dans le luxe capiteux des odeurs bien nées. A présent, privé d’une lettre, abandonnée pour franchir les barreaux, il est accompagné des senteurs boisées de son nouvel habitat, de celles des terres humides, des fleurs indomptées, des sols tapissés d’herbes inventives.

Son dos est parsemé de lettres qui composent, au gré des lumières, des poèmes différents, un peu sombres mais brillants.

Lorsque le mot s’envole, il nous semble distinguer, au moment où il touche le ciel, la silhouette très fine d’une femme, élégante.

Et nous restons là, tête inclinée. Au sol mais plus légers.

****

Enfouie

au plus profond de ma mémoire

ressurgissent

les couleurs parfumées de l’enfance 

Quelques notes fraisées

se rappellent à mon doux palais

et  j’hume, déambulant

dans le jardin d’été,

les fières tomates grimpantes

et les odorants rosiers multicolores …

avant de revenir en courant

savourer avec plaisir

ce merveilleux sorbet aux fraises

de mes tendres années.

Lorsque on y repense

toutes ces fragrances

font de nous ce que nous sommes

Il suffit de presque rien

une note, un doux parfum

pour nous voir replonger

dans le grimoire de notre histoire …

De l’enfance à l’amour

il n’y a qu’un pas,

tout est question d’attirance

tout résonne

qu’est-ce que tu sens bon

je m’sens bien à tes côtés

et si on plongeait

dans notre voyage d’amour qui nait, en fragrance?

Dans le fond, nez contre nez, que t’en penses?

****

Un petit air(r) s’est envolé

Chargé d’effluves

Pour égayer les cerveaux aseptisés

Le dictionnaire et l’académie

Offrir la légèreté au printemps

Qui fleure la hâte et le bonheur

Des senteurs mêlées de toutes les teintes

Tandis que les fruits lourds et charnus

Guettent le soleil à son zénith

Embaumant jusqu’à la nuit

Sous la lune gourmande et câline

****

Roulez mécaniques fantômes

A pleine allure en matin métal

Plomb confondu

Avec l’or des haleines sèches

L’essence sème le trouble

Sur les routes rectilignes

Dont le parfum se perd

En bitume froid

Sur nos chemins incolores

****

Par ordre d’apparition : Elisa, Marjo, Eclaircie et bibi, sans oublier Plume bleue qui parfume son encre et 4Z le  » nez  » du petit cercle des parfumeuses…

Souffle

On l’analyse

Comme le cadavre froid d’un autre temps

L’écoute-t-on ?

Il réconforte d’une caresse le vivant qui doute

Joue avec les enfants

Les pousse, les retient, les décoiffe

Jusqu’aux éclats de rire

Il prévient des dangers qu’il a vus par le monde

S’agace de l’inertie, s’arc-boute contre l’idiotie

En vain

Sa colère se déploie. Jusqu’à la furie.

Puis il redevient ce souffle amical et doux

Qui nous reconnaît.

***
Partir au petit trot

Sur les chaussées nues

Le long des vols d’oiseaux

Ensommeillés

Foulées lentes allongées

Sous l’aile blanche du voyageur

Tu retiens ta vie en buée

Légère sous la force du pas

Qui te pousse…

***

Harpe blottie au creux des forêts

Vent d’est ou du nord tantôt léger tantôt violent

La musique se déploie

Souffle ou vibration

Lorsque l’air s’engouffre ou se faufile

 Dans le sentier caillouteux

Sur les grandes avenues

Le ciel aura le dernier mot bien après l’homme

Essoufflé dans sa boulimie

Quand la lune inspirée toujours caressera la mer

***

Petite bulle d’air

prend son envol

lentement

au rythme de son sculpteur

.

Les bulles de savon

quand à elles

prennent un peu de hauteur

avant de finir

leur course folle

dans les mains de petites filles modèles

qui sentent bon le souffle chaud de la bonté

.

et en cette heure bien avancée

où tout est calme et reposé

après la longue farandole dans la diversité ou l’adversité

il est temps de trinquer au verre de l’amitié

en pensant aux souffleurs de rêves

venus de Biot

qui apportent par leur magie

une pause, un  peu de réconfort et de bol

.

Du premier souffle(ur) de la vie

au dernier râle(ur)

tout est énergie

et tout est permis pour le meilleur et le meilleur

comme on dit si bien:

souffler n’est pas jouer

Alors à présent

respirons, soufflons en pleine conscience

et, tous ensemble, tout simplement vivons jouons chaque instant

pleinement dans un souffle d’or,

tu dors?

***

Par les plumes inspirées :

Élisa, Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine

Kiproko à portée de voix et 4Z inspirant, à portée de silence.