Historique du mois : avril 2019

Cloche, ton

Dans les mains du saintier, rugueuses, couvertes de lignes abruptes, la douceur de courbes imaginaires.

L’oreille bourdonne, hantée par les époques enchevêtrées.

Marcheur infatigable, il dessine en dormant la forme des sons qui lui survivront.

Ce jour, encore ensommeillé, les oiseaux chantent comme s’ils remerciaient la nuit de laisser place à la lumière, une fois encore. Tout à l’heure, d’autres voix que les leurs, des voix d’airain, de fer, de fonte ou d’acier s’envoleront dans les airs, rendant grâce à celui qui, jadis, les fit naître.

Alors, un nouveau peut-être s’ouvrira, paisible, et déposera d’inédites couleurs dans le grand livre des temps.

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Quelque chose de travers sur le fil ?
L’équilibre instable balance
Vent faible dans les voiles
Le monde est écrasant posé
Sur le fléau
Comment ne pas chanceler
Quand le sens à nu
S’est affalé ?
Quelque chose de travers sur le fil
Décousu du peu…

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La chapelle engloutie laisse émerger
Un tintement lointain et sourd
La dune de sable ou d’eau retient son souffle
Que l’homme apeuré fouille au plus profond de son chant
Pour bâtir la tour imaginaire
Dont nul son parasite autre que sa voix
Ne viendra brouiller le recueillement
Ni n’aveuglera plus le marcheur solitaire
Dans l’escalier en spirales usé par les cris impuissants

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Dans la cour de l’école
un enfant
saute à cloche-pied …
perdu dans ses pensées
il se questionne …
Dans le loin
on entend le son d’une cloche
qui résonne …
c’est l’air du renouveau
qui vient chambouler
le Monde…

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Par ordre d’apparition dans ce ciel musical étoilé: Elisa, Phoenixs, Eclaircie, Marjolaine et Kiproko qui vient écouter et 4Z qui n’est pas loin.

Le titre vient de Phoenixs.

Apparaître,


Au centre du mur en pierres inégales

Un trou

Pas vraiment rond

Non plus carré

Où pourrait se glisser le jour

S’il apparaissait

La nuit si elle avait un sens

Cependant que mille passants

A l’endroit

Comme à l’envers

Ont renvoyé l’écho de leur présence

Sans un regard vers la fenêtre embryonnaire

***

La petite sirène dans le froid

Jette l’or de l’hiver devant elle

La vision s’allume de rêves chauds

Pendant que l’eau se referme caveau bleu

Sarcophage

Les regards n’ouvrent rien d’autre

Sur l’insensée solitude des voyants

***


 » Feunaitre »

Feu naitre…

Curieux mélange

de chaleur

et de repli

qui permet

à celui

qui le souhaite

d’observer

sans être vu

de se glisser

dans la peau de l’agent secret

ou de laisser entrer

cette petite lueur

qui vient d’apparaître

Feu, n’être

pas encore mort-vivant

mais bien ce jeune premier

qui n’a de cesse

de chanter de

fenêtre à cour

pour éblouir sa dulcinée

Fenêtre amie

laissons pénétrer la lumière

pour que la vie

soit plus belle du dedans

de l’extérieur

tout simplement

À l’ombre d’avril,

***

Nous marchons sous le zénith noir

Des ailes brisées

Certains se perdent en vol

D’autres en mer lointaine

Quand nous arrivons quelque part

Quelqu’un part ailleurs

Nous croisons nos routes effilochées

Sans un signe demain

Enfoui dans l’ombre avale nos errances

Au soleil des oublis

Et le sentier s’éloigne qui promettait un sens

Au sable…

***

Le regard ombré de la nuit

Protège les secrets des greniers

Sous la poussière inévitable

La lune prend le temps de lire

Les derniers cahiers laissés

Un soir d’été trop chaud

À la lisière de l’aube et du jour

Les esprits s’enlacent

S’épousent et se séparent

Laissant le silence exprimer la lumière

***

La nuit, tous les chats sont gris, et pourtant

A l’ombre d’un sombrero

Un café à la main, dans l’aurore matinale éclairée

Par une grande lueur de lucidité, tout parait moins sombre

Au final.

Un coin de sourire et l’ombre au tableau s’évapore

Qui laisse la place au mystère de la Vie

Qui se réjouit d’être selon les instants

Mi- ombre, mi- lumière

Toujours en présence, en frère.

***

Sous un titre de Phoenixs, nous débutons Avril en ombre et lumière grâce aux plumes de :

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine