Monthly Archives: mars 2019

Les visages hasardeux,

Parfois

Tout plein de pluie

Le ciel nous lasse

Comme un artiste peintre

Qui s’emmêle les pinceaux

Diluant son bleu

Lavant son plein d’évidence

.

 Alors tout s’éparpille

Laissant la place vide

Jusqu’au bord de la marge

Derrière des camaïeux gris

La lumière se camoufle

Impénétrable ennui

Que l’on mâche

Sourire désolé

Que rien ne viendra distraire

Friche et broussailles

Qu’aucun vent ne soulève

Perplexe balancement

Sur la ligne de flottaison

Stérile attente

De l’éclosion

Où s’insinue l’ancolie mauve

Sur le chemin déserté

Battement

Soupir

Soupir

Battement

Comme un jour vide

Qui rumine le temps

****

En nuit,

Tu dors, debout près de la fenêtre close

Le jour s’essuie les mains au torchon de la vie

Les vitres mouchetées dérobent aux silhouettes

Un genre, quelque chose à quoi se raccrocher

On joue dehors, les cris te rappellent au silence

Enrobé de fadeur

Pourtant, tu sais bien qu’il est indispensable

Ce petit costume gris

Il te permet d’endosser, parfois, un habit de lumière

Pour endormir tes ombres…

****


Un épais brouillard masque toute image

Tout geste et toute parole

Seuls les yeux transparaissent

Vides, creux, éteints

Les sommets bien trop hauts

Les balbutiements hasardeux

Ajoutent au poids de cette gangue

Que rien ne brise

Un impact imprévu pour pulvériser

Ce tant de gris lui fera aimer enfin le gris

****

Un  seul mot d’ordre

Il faut

chasser l’ennui

de nos vies.

Tout est bon

pour le rêveur

qui, cent nuits

passées à créer,

ne peut se résoudre

à parler du bonheur,

moment intime de grâce

dont on en s’en nuit le visage,

finalement,

en nuits,

tout est possible.

Et c’est ainsi que

De cet en-nuit ami

naitra la beauté.

***

Dans l’ordre de publication : Plume bleue, bibi, Eclaircie et Marjolaine.

Elisa vient quand elle veut.

4Z nous suit du bout de sa lune.

(Mise en page et présentation par Phoenix, empêchée de publier)

Pierre qui mousse,

Elle déroule ses éclats, flac, flac

Le long de la pente sèche

Seule sans contretemps

Le ciel dort sur ses deux mystères

Pendant qu’elle suit sa route vagabonde

C’est elle qui t’empêchera de courir

Au creux du talon

Quand elle viendra se blottir

Dans ton soulier

Défait…

***

Au cœur de la pierre hier est gravé

Immobile et silencieux

Dans l’attente d’un sursaut de la montagne

Pour révéler le message

Au tailleur infatigable cherchant la clé

De cette musique inaudible

Qui entoure tous les départs

***

Pierre, dit Pierrot la lune pour les intimes,

jeune mousse de son état,

dût quitter sa terre natale.

Il n’avait pas un cœur de pierre

et une larme c’est fatal

coula jusqu’au parterre ( de fleurs). 

.

Sa route était longue

A chaque croisement,

notre ami se posait

et tout au long du chemin

ses pensées se glissaient en perle de

 rosée dans le verre de chaque petit caillou poli

qu’il croisait.

.

Un matin

il s’entendit appeler plus fort que les autres matins.

il perçut une once de désespoir

de la roche elle-même.

Emmène-moi avec toi

murmura-elle

ne permet-pas qu’on m’exploite.

.

C’est ainsi que Pierre le jeune mousse

et le petit caillou ont roulé

ensemble assez longtemps

jusqu’à ne faire qu’un.

C’est pour cela que depuis, lorsque on est au bord de l’eau,

un peu à l’ombre du soleil du matin,

on peut cueillir

la joie de la Rosée

qui vient se nicher

Là où on ne l’attend pas …

dans une bonne mousse de Maitre Pierre.

***

Le titre nous vient de Phoenixs et la composition revient à

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine

Cailloux dans la lune,

Il jette des miettes dans le sable

Elle se jette à l’eau

Ils regardent les passants heurter les écrans pâles

Elle lance une bouteille sms

Il efface les messages inconnus

Ils pianotent en zigzaguant

Sur la longue route poussiéreuse

Leurs pas ne laissent

Rien…

***

Rien,

n’est pas 

complètement inexistant.

Puisque dès qu’on l’évoque

Son absence se fait ressentir.

Invariablement

on va parler de ce rien qui nous manque

et qui fait un tout.

C’est 

Tout ou rien! 

me direz-vous

et pourtant…

Lorsque rien de grave 

ne se produit 

Immédiatement

nous voici rassurés.

D’un autre côté…

 Ces p’tits riens,

silences pleins de liens

qui font toute la différence

nous rappellent 

que du Rien 

nait toujours une étincelle

Il nous appartient alors

sans nous nier,

tout en pudeur,

de faire parler 

ces petits riens 

qui nous construisent

pour avancer, tout en douceur, du néant à la lumière.

***

Un imperceptible petit rien

Envahit les bois et les champs

Nulle différence aux yeux du simple passant

Mais les oiseaux le savent

De même tous ceux qui sont partis

Hier ou bien avant vers un néant plus vaste

Une onde relie ici et là-bas

Chargée d’une musique d’eau

D’air et de terre

Pour apprécier toutes ses nuances

On sourit aux enfants et les invite dans les prés

***

Un petit rien

Qui revient

Un basculement

A peine perceptible

Un je ne sais quoi

Qui soulève l’âme

Et rend ton pas léger

Un petit rien

Qui zigzague entre les nuages

***

Le titre appartient à Phoenixs

Les auteurs : Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie, kiproko.