Monthly Archives: décembre 2018

Grand angle

Angle mort,

 

Dans son cœur bat la mer

Grotte moelleuse aquatique

Les algues glissent valves voyageuses

Qui portent le vaisseau lointain de ses voyages

Pendant que la houle agite les écumes noires

Il va au gré du vent capricieux

Porter ses ancres sans ancrage

Comme un vieux loup amer

Dédaigneux des ports pâles

Des phares électriques

Dressés en angles morts

Sur l’horizon mité…

***

L’angle de vue se mêle aux lentilles

Corail et poissons déménagent

Pour un terrain vierge à l’abri des regards

Les astronomes ont perdus leurs étoiles

Dans cette nuit où le soleil insomniaque

A fondu toutes les ailes des Icares et des autres

Les lunettes s’éloignent des yeux

Déjà égarés loin des têtes

La caméra ne retiendra rien de plus

Et les spectateurs ensommeillés

De fondront aux fauteuils

Heureux d’être conviés dans une salle comble

***

Une trace temporelle

Dans la profondeur

D’un bleu acier qui mue

Parade

Se déploie

Tire son trait

Libre triangle

 

Ton regard oblique

Suit la figure qui s’ébat

A perdre haleine

L’oiseau noir

Juxtapose les nuages

Hisse au ciel

Sa poésie ailée

 

Sans gêne aux entournures

Transfiguré

Tu glisses au bord de tout

Enjambes le paysage

Et traces sur ta ligne de cœur

Un arc-en-ciel dans l’angle mort

 

Puisque la verticalité du temps

Sectionne les pans de lumière

Et que tout s’enlise

Par la force des choses

 

Ouvre l’espace

Déchire le bleu

Et touche le rayon solaire

Epouse les lois de l’apesanteur

Et fais comme l’oiseau qui s’enchante

De l’insondable perpétuel

***

Par le p’tit trou de la lorgnette

ce que je vois du haut de mes 10 ans,

derrière mes lunettes,

m’interpelle.

Je ne comprends pas tout.

Ce que je perçois sur la photo:

un paysage en transformation…

Beaucoup de Rouge…

Une grande émotion de Vague Jaune

qui tend aussi vers le Vert.

Dis Maman, ça fait quoi en peinture

quand on mélange les couleurs du rouge jaune et vert?

Un  grand débat qui tend vers un monde meilleur!

Ah!… Merci Maman

 

Plus tard, du haut de mes 20 ans,

je prends mon sac et me voilà partie sur la route

avec tous mes mots dedans.

Gravir la montagne

Arriver au sommet

Prendre une photo

Vue d’ensemble!

S’écrier: Liberté, je suis là

 

Aujourd’hui

je regarde la  » photo du haut de la montage de mes 20 ans »

je zoome sur la photo…

Qu’en reste -il?

Un voyage d’exception à construire

Allez, tout le monde est prêt?!

C’est bien, vous êtes tous dans le cadre!

A 3,je vais appuyer,

Attention! 3, 2, 1

SOLIDARITÉ!

 

Oh vraiment, c’est la plus belle de la collection Maison Grand Angle!

***

 

Le cercle des plumes :

Phoenixs, Éclaircie, Kiproko, Marjolaine,

Élisa toute proche

Ballet bleu sur le tremblé du lac

Le reflet trouble

De tes émotions

Dans l’onde où tout se balance

Froissé d’incertitude

Est-ce là dans ce lieu

Plein d’oubli

Que ta mélancolie se noie

A la morte-saison des âmes

Sous les flamboyants cieux

Un soleil désORienté se débat

Avec ses sujets verbeux

Qui se disputent le feu et l’espace

.

Dessine l’émoi

De ta plume blanche

Qui jaillit des eaux vives

Vole

Chrysalide aux ailes tatouées

A l’encre bleu marine

.

Avant que la nuit ne t’immerge

Avec ta part de silence

Dans le lac des signes

Comme un écho perdu

Qui chute dans l’abîme

***

Novembre s’est perdu dans les jours sans lumière

Le lac s’est égaré dans le ciel

Goutte à goutte il revient dans son lit

Semant çà et là quelques signes

Pour ceux qui s’inquiètent

Ou ne nagent pas bien dans l’obscurité

Les phares éblouissants parfois le croisent

Le confondent avec la pluie

Puis trop las pour s’en soucier

Le laissent revenir à la nuit

Douce comme la caresse de l’eau sur les joues

Qui rassure et murmure : « je suis là ! »

***

Et la valse des écureuils,

.

Si tu glisses en feuille de chou

Sur le sens des miroirs gelés

Tu ne verras rien d’autre que le crissement

De tes souliers gaufrés

Le ciel au-dessus remporte

Le rayon froid ensoleillé

Que tu as laissé passer indifférent

Inutile dès lors de fouiller les eaux mortes

De remuer les girouettes de tourner

Ta marche dans la direction des montres noires

Le lac est muet comme muettes les paraboles

Qui nous crèvent les yeux.

***

Une silhouette juste sous la surface du lac

S’est mise à danser

Sans musique

Ses mains signent un discours apaisant

Les spectateurs ne sont pas au rendez-vous

Seule l’enfant à demi cachée par un arbre

Entend le message écoute le geste

La lune entre dans le ballet

Soulignant surlignant les mots invisibles

Au matin la petite s’éveille

Riche du spectacle venu jusqu’à elle

***

Une plume

virevolte lentement

choit un peu

et choisit finalement

de se poser délicatement

sur le Lac Léman

en lançant un clin d’œil rieur

au public médusé.

.
C’est le signe

du ralliement

qu’attendaient

tous les Amis.

L’Hiver est terminé ! Explosent-ils !

Le Printemps renait !

.
Les oiseaux chantent

Les gens se sourient à nouveau

et même sans se connaître

s’apostrophent

se font des signes joyeux

se congratulent d’être toujours en Vie.

.
Aussitôt

les mains s’agitent,

se mettent à former des lettres, des mots, à raconter des histoires

tout le monde parle à tout le monde  avec ses mains

la fête va commencer d’un instant à l’autre…

Et pour que tout soit prêt dans les temps

nous mettons  la main à la plume

en laissant les cygnes du Monde Entier profiter du moment présent

en se donnant tous la palme en faisant ainsi une grande ronde pacifiste tout autour des océans !

***

 

Les plumes sur le lac des signes : Kiproko – Elisa – Phoenix – Eclaircie – Marjolaine