Monthly Archives: novembre 2017

Bretelles et sexualité

« Cachés dans un trou de chas prisé de tabac gris
Tassés comme les sardines qui font repousser
Les cheveux des fantômes sans argent
Les cinq fils tressent tissent baillent et s’étirent
Pour que la nappe devienne torrent
Sur la soupe sans langue mâchée par des crocs
D’édentés en goguette sur la place publique
Celle là même où les journaux rechignent à s’étaler
Craignant les noces et les bombes pendues aux chapeaux
Mais la modiste habile veille sous sa lampe torche
Les épingles serinent et trépignent loin des machines à découdre
La tapisserie ne sera pas pour les danseurs de saint gui
Revenez hier la peinture est bien trop fraîche
L’huile s’est noyée dans l’eau que les orteils enluminent

L’escargot borgne voit la moitié du funiculaire
Lui passer sous le nez
Grosse déception pour ce sculpteur de glaçons
Préférant l’art au système pileux
Malgré les averses à répétition
Dans les bijouteries approvisionnées en ossements
Par des forgerons épileptiques
Recrutés sur leur bonne conscience
Avec le concours des religieuses dont les skis hantent
Terrains vagues quais déserts et gares désaffectées
Pour y surprendre les autruches
A l’instant où sur leurs hauts talons
Elles inventent le séchoir électrique

Les tomates miaulaient quand le chat rougissait
On entendait au loin le murmure apaisant
De la scie à ruban mordant l’asphalte
Les nuages labouraient l’horizon

La table renversée sur le livre ouvert
Ecornait les ongles de la soupière
Fallait-il que l’on s’aime chantait Charles
Il faut que je fasse régime soupirait Régine

Les heures délicates s’enroulaient
Autour des pylônes et des éoliennes
Faisant ressortir les couleurs de ton tatouage
Et l’été finissait de tendre les ressorts

Cet homme qui dégringole souleva dans sa chute un chapeau
D’où sortit dans le désordre un hérisson,
un tire bouchon et un sac a linge parfumé
Le torchon écartelé qui pendait a sa fenêtre
Se vida de son eau illico
Il détestait ces moments indécents
Ou il était étalé à la vue des pigeons
Le couvreur sautait de toit en toit
Il saisit le chapeau et la gouttière sourit
Elle lui avait prédit un couve chef pour l’hiver
Ainsi parmi les chiens un mandarin boiteux
Harangua les pavés qui en avaient vu d’autres
L’homme n’était pas mort son mouchoir le prouva
Il fut juste englouti par un soupirail affamé

La misère a glissé de son mât
Un vieil arbre un peu mort mais perclus de souhaits
Elle et lui et même eux ont chassé leur ennui
En creusant la piscine dans laquelle nous nageons nous les belles sardines
Hier encore ma jeune sœur riait à l’idée délicieuse de nager toute rose
Mais la science inflexible pousse les fleurs hors des troncs
Alors le mât s’est planté au milieu d’une fête sylvestre de mi-août
Et grand-père est tombé sur les bottes du chat
Pieds dans l’eau nez en l’air la piscine a gelé
Nous avons patiné jusqu’à l’or et des forêts sont nées
La mi-août est passée la boîte s’est refermée
Les sardines rangées ont bien sûr caché toutes les clés

Ont participé, par ordre alphanumérique et seulement alphanumérique:
éclaircie
Elisa-R
4Z2A84
Héliomel
Téquila

Published by Éclaircie, in Plusieurs mains.  »
14 août 2010