Monthly Archives: mai 2017

Marée haute sur le soleil

Le bal des oursons,
*

Dans les feux les fusées

Les ballons les poupées

Les galets les écumes

Les roues volent

Retombent

Eteints

Sur les oursons à terre

Au pied des manque d’air

Des soleils retournés

Dans l’orbite soufflée

De notre pâle univers…

*
Les ciseaux virevoltent autour des cheveux
S’y agrippent les mordent comme furieux
Immobile le sujet ferme les yeux
Conscient de ce qui est et de ce qui n’est pas
Pas ici pas tout de suite
Les rats qui trottinent au frais
Dans leurs galeries si sombres
La métamorphose des ciseaux en volatiles
Qui fuiront dans un fracas de plumes

Dès qu’une porte s’ouvrira

Et quelque chose d’autre qu’il a vu
De l’autre côté des paupières closes
Quelque chose de beau
Qui s’est envolé de sa mémoire
*
Naissance d’une source au milieu de la nuit :

On l’entend dire un mot

Le premier mot du livre

Que nul ne lit les yeux ouverts…

La rue s’enorgueillit de ses commerçants

La vallée de ses cours d’eau

Les deux se regardent de loin

Comme des ennemies pacifiques.

Les navires à l’ancre au port ruent d’impatience

Le soleil les appelle en vain

Et son couchant cherche à les éviter.

Ma fenêtre me quitte en emportant les dernières lueurs du jour

Déracinée la lumière s’adonne à tous les jeux dangereux

Loin de moi.

*

Sur le chemin de terre à l’abri sous les pierres

Les poissons attendent la grande marée

Leurs écailles séchées par le soleil des années

Renvoient aux alentours des éclats de lumière

Que les arbres la nuit  rassemblent en faisceaux

Dont ils tissent les brins pour éloigner la peur

Quand devenus humus ou bien encore fossiles

Ils ne porteront plus l’espoir de parchemins

La mer retient son souffle et calme ses élans

Elle accueille en son sein de nos rêves les chants

*

Ces mots étaient là ce matin, peut-être même hier : ma tête est restée au jardin, oubliée entre le lierre et les pivoines. Dans l’ordre se sont posés (sur la branche insoumise d’un églantier) ceux de Phoenixs, Elisa,  4Z et Eclaircie…enfin, il me semble.

***

La besace du chihuahua,

On devait impérativement choisir entre le gouffre et l’abîme
Pour y jeter avec des vœux de bon voyage la poésie.
Voyez comme se débat cette fleur des champs
Elevée à la hauteur des roses.
Ne fermez pas les yeux devant votre image
En tueur de chihuahuas offerts aux mariées
Dont un pied se prend dans le tapis rouge.
Je ne suis qu’un piège parmi d’inutiles panneaux
Sur lesquels on lit l’ordre de mourir
Et le mot pour obtenir un supplément de soupe.
***
Le bal des valets de pieds,

Sur le parquet vissé glissent
Les chaussons cirés
Selon la boîte à rythme
Déréglée
Capucin 1er assis sur son velours
Doré dort
Pendant que se perdent les chausses
Des serviteurs asservis
A ses pieds.
***
Je suis la besace crevée qui pèse sur l’épaule
Le manque sans répit qui ronge les entrailles.
Je suis le mal, tapi au fond des êtres
Baignés de mots cruels et de fleurs sombres.
Ma démarche terrible en épouvante quelques-uns
Les autres se rivent à mon rictus
Comme au soleil d’un nouveau jour.
Aveugles et sourds ils rient de mes ténèbres
Et meurent sous mes coups, toujours idiots,
Bénissant ma grâce, mon aplomb et ma bonté.
***
Sommeille l’envie de dépasser
Les cimes des arbres
Les clochers de toutes les églises
Les silences sur les visages
De ceux que l’on ne croise jamais
Tapie dans la gorge
La sentence ultime
Peut patienter des jours et des années
Sans se détourner de la sagesse
Ou bien de la folie nécessaire à tout voyage
Le chemin s’ouvre et les senteurs guident
Le vent éloigne les ombres
En apesanteur les silhouettes parcourent alors l’infini

Tous les textes se répondent sans hasard, sûrement influencés par les temps qui courent on ne sait encore vers quoi ni vers qui…
J’ai choisi de terminer ce quatuor sur une note d’espoir dont les mots sont les derniers protecteurs.
Sur la partition : 4Z, bibi, Elisa, Eclaircie.

LES DESSOUS DES APPARENCES

Les dessous des apparences.

*

Dans les jardins de mer fleurissent les poissons

Pétales délicats leurs écailles s’entrouvrent

Ailerons gouvernant l’arc-en-ciel sous-marin

Le peintre ne sait pas trouver sur sa palette

Les couleurs inventées par ce printemps fugace

La lune et le soleil parviennent à capter

Les teintes à offrir pour adoucir le temps

Au veilleur fatigué que le sommeil a fui

Le silence des eaux submerge les miroirs

Et le reflet de l’homme inonde les marées

Souvenir des écrits qu’il reste à composer

N’écoutant que les voix chuchotées des forêts

*

Capucin 1er,

 

C’est lui le gardien des grains de raisin

Cacahuètes et bananes bleu-roi

C’est lui au sommet du baobab

Le plus haut perché

Qui jettera dans un grand sourire noir

Les petites gâteries aux fidèles pendus

Aux basses branches

Si tu passes sous l’arbre prends garde

De ne pas trébucher sur les pelures

Les têtes coupées, les mains moites

Et les langues tranchées

Dans cette jungle qui hurle de faim

Gueules béantes

*

Les rêves sont des êtres transparents

Ils attendent que tout soit immobile

Que rien ne soit plus visible

Le silence leur offre une voix

L’obscurité leur donne un corps

Qui se nourrit et fortifie une vie durant

Du nôtre

Quand le cœur d’une horloge se tait

Un rêveur se délivre de la lumière

Comme d’une chaîne dans sa chair

Il devient l’invisible aussi libre que l’air

*

La nuit la fenêtre

Chez vous reste ouverte

Ici l’air pénètre

Sur une aile verte

Ici la douceur

Est monnaie courante

Au ciel un glisseur

Etourdi s’oriente…

Rien ne nous retient

De partir ensemble

Vous mon seul soutien

Le vent nous rassemble…

Les oiseaux se taisent

On pourrait se croire

Dans une hypothèse

Ou dans son miroir…

*

A l’œuvre :

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

et 4Z.

*

 

 

L’isolement des miroirs

Puits tombal,

Les voix du puits montent

Criant

Criant

Sous le bandeau noir des nuages

Les sons s’agitent en grelots secoués

Insensés et pâles

Mourant

Mourant

Dans l’épaisseur hésitante

Tu choisiras entre deux nœuds coulants

Celui qui te laissera l’air

Le moins asphyxiant en gorge

Muette.

.

Dans chaque livre un volcan sommeille

C’est pourquoi de la première à la dernière page

On doit s’armer d’un parapluie

Lire devient un dur métier

Quand ses ailes ne portent plus le vieillard

Il marche la tête entre les poings

Ou pliée dans la poche revolver

Avec des certificats de bonne conduite

Le crâne se prête à tout

Son élasticité il la doit au chewing-gum

Dont il copie aussi le rythme d’horloge

La nuque prend sa source sous terre

Ses ventouses aspirent ensuite le plancher

.

Les aiguilles de l’horloge parties bien avant l’aube

Virevoltent dans le ciel au pied des nuages

Le vent tente de chasser le temps

Le temps lourd pressant impudique et voyeur

La pluie ne désire pas s’étaler sur les champs

Sur les rues où des cris trop perçants

Écrasent la moindre pousse regardant vers demain

Je veux prendre le temps par la main

L’amener au sommet de nos heures volubiles

Écarter les bouches d’où ne sort que le feu

Et lire lire lire l’aurore que tu écris en l’absence du jour

.

Je suis l’arbre creux

Qui lance ses branches

Jusqu’aux nuages blancs

Et aux ciels bleus

Qui offre la douceur de son écorce

A la main qui s’aventure

L’arbre creux

Qui s’enfonce dans la terre

Disparait à la vue

Se prolonge de l’autre côté de la lumière

***

Derrière ou/et devant le miroir :

Phoenixs

4Z- par procuration

Éclaircie

Élisa

La poésie de même qui se reflète à l’infini