Monthly Archives: mai 2015

Quand les vagues croquent la lumière,

Tout est clair après le sombre de la nuit
Un océan vert ondule avec grâce
Les coucous annoncent gentiment
La couleur bleu du ciel décidée pour ce jour
Les mots rangés dans ma poche
J’oublie peu à peu les consignes d’Ulysse
L’herbe douce, les roses libres, les grands arbres tranquilles :
Les mots glissent
Derrière moi pousse un séquoia géant
Un navire s’étire faisant craquer son bois
Des hectares de forêt se peuplent d’animaux divers
A mes côtés, un chevreuil paisible
Dessine au crayon vert les nouveaux contours
De mon jardin de papier.

***
Il n’y a rien de mieux à faire

Qu’à regarder les vagues mordre

Le rivage – on voudrait se taire

On parle en désordre de tout

Mélangeant le ciel et la terre

Ce cocktail adoucit la toux

Les cous trop blancs se laissent tordre

Comme les vagues par le vent

Quand il sait se rendre émouvant

Les mots meurent l’eau les efface

Le poète s’il perd la face

A qui la faute au sable au flot

Au feu craché par son stylo

***
Désappointées au petit jour
Les lettres brodent au point de croix
Ou de chaînette voire de chausson
Elles festonnent quand d’autres festoient
Pour ne pas perdre le lustre
Ni la lumière dont elles raffolent
Sans évoquer les couleurs et les chiffres
Tout comme les goûts de fraise ou de framboise
Dont le jus sur les lèvres était irrésistible
Bien sûr avant qu’elles ne se noient
Dans ce verre d’eau – pure mais placide
Celui-là même où la veille l’encre coulait à flots
***
Que me chantez-vous ?
En voilà une question s’exclame la mouette hurluberlue
A qui le dites-vous murmure l’alouette
Quel intérêt susurre le merle au pinson pincé
Aucun fredonne la mésange bleue braqueuse de ciel
L’hirondelle hausse ses rondeurs moqueuses
Et chacun, chacune d’envoyer sa trille, son sifflet, sa chanson
Chacune, chacun perché sur la portée du vent
De nettoyer son aile en do de si hors sol
Dans l’immense cri de nos silences…
***

Avec sur le bateau des mots : Elisa, 4Z, Eclaircie, bibi

DES PLUMES POUR RÊVER.

DES PLUMES POUR RÊVER.

*

Les rouages s’éloignent des roues

Et les routes grincent sous les dents du soleil

À chaque gravillon une plainte s’échappe

Échardes et tuméfactions parviennent à la surface

Du ruban lisse de nos conversations

L’heur mal ou bon s’arrête à la station

Où glissent tous les vents et les serpents

Et les épingles à cheveux sans chignon

Tandis que dans son lit le ruisseau hésite encore

À noyer le poisson comme on évite de regarder le vide

*

La lune et ses châtaignes,

.

Y’en a qui comptent peu

Et peu c’est beaucoup dire

Y’en a qui comptent beaucoup

Et beaucoup c’est déjà trop

Y’en a qu’on ne compte plus

Ceux-là sont pertes sans profits

Et puis y’a tous les autres

Perdus dans les étoiles

Qui ramassent des étincelles

Avec la petite pelle des enfants sur le sable…

*

Le sphinx ne pose plus ses questions à personne

Car personne n’entend parler la pierre

On colle son oreille au marbre il ronfle à peine

Le sang obstrue ses veines

On ne court plus comme autrefois vers une issue

On reste assis dans un fauteuil

Dont les bras ont cessé d’enlacer l’occupant

La fenêtre en bâillant montre du sable

Puis l’animal couché sur le secret des rois

C’est à nous de l’interroger

Une ombre fait les premiers pas

Nous la suivons en rêve sans bouger…

Au moindre mouvement nous tombons en poussière.

*

Des oiseaux, des enfants, des plumes,

La blancheur soyeuse du paradis

Tout cela invisible, hors  d’atteinte.

A l’étage inférieur, ou en sous-sol, la beauté des contrastes :

Des fenêtres immenses encadrent un soleil royal

Régnant sur le silence époustouflant de paysages

Dessinés avec soin par d’habiles artistes.

Comme posés dessus par quelque horrible gamin

Des ruines et des morts désharmonisent l’ensemble

Et chantent de concert des mélodies si abominables

Qu’elles volent jusqu’à nous chevauchant

Des insectes inconnus et terribles.

Quand la nuit vient recouvrir les vestiges du jour,

On voit deux ou trois plumes tournoyer jusqu’au sol

Puis disparaître aussitôt.

*

Aux cuisines :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs,

4Z.

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Volutes pastel

La couleur de ces hommes invisibles

Dans le miroir du sable

Est comparable au rouge d’un ciel d’été.

Ici on s’en soucie, là on s’en moque, avec déférence.

Alors on joue, la tête dans un sac

Quand on habite là et pas ici.

On dévale la langue des immeubles de verre

On s’allonge sur le dos des monstres de neige

On plonge dans nos cerveaux à la moindre occasion

Sûrs de revenir de l’aventure aussi légers qu’avant.

Le ciel, aujourd’hui, est bleu comme le sable.

 

De morceaux de sucre en dunes

Le décor se pare des teintes du désert

Appelant les peintres

Pointillistes pointilleux

À offrir la vie en ce lieu de repos

Si une bâtisse se dessine

On peut évoquer le mirage

Si des rires fusent mêlés au silence des oiseaux

Ils sont assez clairs pour entraîner

Les têtes à se tourner et le pétillement des yeux

 

Mauvais pli, bon plan

 

Nous avons bien fait de jeter l’eau du bain

La bulle synthétique

Et toutes les larmes en papier.

Nous avons bien fait de repeindre nos tocs

Couleur crépi crépon

Nous avons bien fait de couper la patte des petites joies

Pâlottes gonflées d’hélium

Nous avons bien fait de voler aux gaines

Leurs baleines téflon qui nous serraient les fesses

Nous avons bien fait d’éteindre nos lampes de poche

Marcher dans le noir fera taire vos murs

Qui nous criaient  » bien fait !  » à chaque mauvais pas…

 

Averti le vent veille il nous épaule

Il redonne du punch à nos désirs larvés

Nous mangeons la colline et nous lapons l’étang

Attablés sous un saule

Pleureur dont chaque larme inonde un nid d’insectes

La Terre se repose

Nous la ferons tourner si des voix nous l’ordonnent

Le pédalier servira-t-il

Nous hésitons devant le crime

Que chacun commet tous les jours

A l’instant où son réveil sonne.

 

Les coloristes :

Phoenixs, 4Z, Élisa, Éclaircie,

À vous d’orienter la palette dans le sens qui vous convient le mieux.

Somme d’un ange

Une vibrante ruine,

Je percute le bruit de mes contemporains
Tympans, tampons timbrés
Viriles marques d’existence sans lesquelles
Rien ne nous rapprocherait du gorille pisseur
Nos territoires échos renvoient
Les cris germés d’une béance spectaculaire
Qui prouvent au duvet du silence
La nécessité de glisser cousus
Lèvres serrées
Dans les murmures de la nuit…

*
Un déluge, disait-on lorsque père était enfant
A présent quelques larmes seulement parviennent jusqu’ici.
Un arc-en-ciel a essayé de franchir ces deux larges portes
Mais l’optique est un art que peu maîtrisent encore
Un de ses pieds s’est brisé sur le bois dur de celles-ci
Dont on avait oublié de mesurer la hauteur.
C’est finalement un jeudi que tes voiles et leur bateau
Ont trouvé la seule faille de cette fabuleuse prison :
Un simple nuage d’espoir, trop petit pour le voir,
Assez gros cependant pour qu’un artiste aussi beau que toi
Le façonne en une brèche, vacillante comme une flamme,
Solide comme une dernière chance.

*

Bulle de savon attend le vent
Rêve de vivre en arc-en-ciel
Que l’eau jamais ne s’évapore
Et tristement sur la coquille
D’un escargot glisser sans bruit
Passant ainsi inaperçu
Se retrouver comme limace
Piégée auprès d’une laitue
Bulle pourtant belle ne sait
Rien des méandres de la vie
Veinée de bleu telle une aurore
Bercée de rose au crépuscule
Fermez les yeux vous la verrez
De sept couleurs percer le jour

*

Que d’étoiles dans nos filets à papillons
Quand nous chassons dans les eaux stagnantes du ciel

Quelle friture en perspective vaporise

De ses parfums la chambre où opèreront coqs

Et maîtres-queux pour la volupté des narines

Puis des papilles dont le goût pour les insectes

Augmente. Les nageurs aériens nous nourrissent.

Oui nous quittons nos charentaises et planons

Au même titre que les albinos changés

En anges au-delà de la voûte avec l’arme

Contre laquelle nul ne se dresse : nos yeux

Le regard de nos yeux quand la lune s’y baigne.

.*

Un ZEPHE printanier, avec la complicité de Phoenixs, Eclaircie, 4Z et moi-même.

Mémé ( suite )

Mme Augustin Fernande avait pour habitude de faire ses courses tous les matins à 9h00 à la supérette du quartier afin d’éviter l’oppression grégaire des artères confites aux caisses.
Elle sortait du bloc 232 réglée comme un métronome détraqué, quand il lui sembla reconnaître, devant le massif de bégonias, la balle perdue de son petit-fils Nestor.
Sa préférée qu’il avait réclamée deux mercredis durant, avec force larmes, cris, mouvements désordonnés des bras et des jambes, menaces de sauter par-dessus la balustrade sécurisée si on ne la lui retrouvait pas sur le champ. Mme Augustin, désarmée, et il faut bien l’avouer, totalement impuissante, se confia à Mme Cendres, sa plus proche voisine qui conseilla bonus malus de flanquer une bonne paire de claques à ces « merdeux qui vous empoisonnent le peu d’oxygène qui nous reste ».
C’est donc, dans un immense soupir de soulagement que la vieille dame se pencha pour ramasser l’objet. Elle ne comprit pas tout de suite. Il fallut un temps certain à ses yeux usés pour envoyer l’information adéquate « Fernande, ce que tu tiens dans ta main gauche n’est pas la balle de Nestor, c’est un œil crevé ! »
Nestor serait très déçu quand il viendrait.
Il faudrait encore trouver une parade en achetant la « compensation transitoire de la résilience » sans doute une voiture ou une armée de « warmers » hideux.
En attendant que faire ?
Elle préféra déposer sa découverte sur le rebord de la fenêtre du gardien qui la fit rouler dans l’herbe en ouvrant ses persiennes.
Il aurait été perdu à jamais, si Mr Poulit n’était descendu chercher dans le massif de bégonias ses jumelles qui venaient de choir à l’instant même où il s’apprêtait à observer Mlle Fremont, sa voisine des « Palétuviers ». C’était le dernier passe-temps qu’il volait à la vie sans Folichon. Dire qu’il tenait à ses jumelles comme à la prunelle de ses yeux et bien facile. Mais elles l’aidaient vaillamment à garder le cap.
Tandis que Victor fouillait les tubéreux, Mlle Millot chuintait en ballerines dans le hall d’entrée tout affairée au postage de son dernier courrier « à qui de droit » ; les rencontres farceuses les firent se percuter. Comme ni l’un ni l’autre ne s’appréciait ils reculèrent tous deux dans un bel élan dégoûté. Bien entendu c’est Honorine qui trouva « l’œil » ; elle en profita pour faire remarquer à Mr Poulit l’imprudent :
– Monsieur Poulit, bien que nous soyons heureux que vous ayez fait piquer votre cabot insupportable, nous déplorons une fois encore votre négligence, merci de fermer votre poubelle, et de trier vos déchets car enfin que fait cette « chose » dans les plantes ? »
Victor Poulit ne sut que répondre à la vieille garce qui le harcelait depuis bientôt vingt ans. Au début il avait pris ses remarques pour des avances qui le faisaient reculer, mais au fur et à mesure que s’ouvrait démesurément sa lucidité il avait dû se rendre à l’évidence Mlle Millot le méprisait.
– Madame…
– Mademoiselle !
– Madame, cet « œil » ne m’appartient pas.
Allons bon, voilà que l’incroyable revenait à la charge alors que la cité somnolait depuis deux jours.
C’en est trop grogna Honorine en serrant les caries. Elle siffla entre ses lèvres, poussa le pauvre Victor dans le weingartia, et remonta chez elle ajouter post scripta et nota bene incendiaires.
L’œil posé sur le gravier semblait narguer le monde.
Victor, désemparé avait abandonné ses recherches dans l’inextricable Poncirus trifoliata où dormiraient désormais ses chères jumelles.
Il en était là de son deuil optique, quand il aperçut, traversant la pelouse interdite aux piétons, Anthelme Closerie qui le saluait de loin d’un petit geste amical.
Seul.
Honoré Lilas, pas complètement remis de la « tête perdue », avait pris un congé sans solde.
Anthelme semblait de bonne humeur, il était sur une piste.
Il faillit écraser « l’œil » sous ses mocassins en cuir beige.
Peu surpris par la trouvaille.
A vrai dire il s’y attendait.
Tout s’inscrivait dans un ordre logique :
Le corps.
Le tronc.
La tête.
L’œil.
Ah !
Pendant qu’il faisait part de ses supputations éclairées à Poulit au bout du rouleau, Mme Epinard vint aux nouvelles et sonna le tocsin médiatique en peu de temps.

Vendredi 27 août 2010

Canapé des hauteurs

Poème à cinq voix

.

Des cercles décorent l’herbe

Les prés sont liminaires

Le vent couche les pierres

Comme des amulettes

.

Le violon cède à l’oliphant

Caprice d’évents contre les cordes

La croix celtique est enceinte

Stonehenge est étonnée

.

Au paradis des orages brûlés

Les ruisseaux font la loi

Les élans du cœur y boivent

Des bonds dans la poitrine

.

Il y a tant de cauchemars

Je voudrais des nuits fériées

Où les rêves seraient interdits

Sous peine d’ostracisme

.

La lune se voile pour le grand jour

Coquette libertine, elle retire ses bretelles

Les colibris posés sur des chapeaux d’organza

Frétillent à la vue des sirènes

Toute une effervescence s’installe sous le vieux porche

Hannetons et cloportes jouent encore à la belote

Leurs femmes emperruquées les poursuivent

Outrées qu’ils ne soient pas encore dans leur tenue d’officier

La reine des mandragores déambule dans son cabinet noir

Ecrasant de ses doigts quelques braises encore rouges

Elle rage de n’avoir trouvé un hérisson

Pour lui tenir ses gants lors de son explosion

Enfin l’aube se lève les stores vénitiens filent à l’anglaise

Un arbre ou deux s’esquivent , le laissant apparaître

Et comme les enfants je crie un deux trois soleil!

.

L’oignon est pris de vertige au quarantième étage

Lui qui ne savait que remonter le temps

Le voilà entrainé dans une descente de petits fours

Pour accompagner le thé des géants herbivores

Ceux que l’on a privés de toboggan

Au prétexte que l’ivresse de la vitesse

Ne parvenait jamais jusqu’à leur crâne

Et que l’engin était boudé des enfants

Les nurses devaient leur servir de monture

De cerceaux ou de trottinette loin des messieurs à chapeaux

Dans le parc au pied du gratte-ciel chatouilleux

Alors que les ascenseurs se lamentent d’être déserts

.

La sauce épicée

Danse le tango

Avec huit bouchées de canard à la pékinoise

Sous une pluie de crêpes jambon-fromage

L’amour tourmente la quiche lorraine

Que le hachis parmentier trompe

Avec un nougat glacé

Dont les cent queues de crevettes tropicales cuites

Chantent les mérites

Dans nos campagnes fleuries

Où maints pavés de saumon argentés du Pacifique

Se déplacent à dos de merlu blanc

Excités par des écrasées de pommes de terre à l’huile d’olive

A peine sorties du théâtre.

.

Depuis le bouillon d’yeux hagards et séduisants

Jusqu’aux pantoufles d’hiver de nos grands prédateurs

On peut voir le vieux lapin rouge sur les pistes de saison

Sautillant de chausses en trappe un panier sur la tête

Mieux vaut être endormi qu’éveillé pour le suivre

Il arpente les troncs à la façon des chenilles

Ne craint ni les becs ni les lèvres même sulfureuses

Qui s’opposent à son chant d’orfèvre noir des étangs

C’était ainsi hier dans un futur envisagé

Ce sera demain l’heure du loir ou du divin krill

Nageant dans les baignoires de pierre de vos longues soirées

Ont participé :

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Héliomel

Téquila

 le 27 août 2010

Mon amour, mon ailleurs

Où es-tu quand le soir est une chambre noire
Mon amour, mon ailleurs, il est des heures creuses
Tant de vaines passions. Je sais ces promenoirs
Où s’attardent l’ennui et ses ombres pleureuses

L’humeur peut inspirer des choses monotones
À ceux qui ont fermé leur cœur à tout bonheur
Sais-tu les airs nouveaux que la brise fredonne
Et qui donnent aux fleurs d’immortelles odeurs

Tout peut être futile à l’être qui sommeille
Dans ses puits intérieurs où la chimère danse
Vois. Les gouttes de pluie autant que le soleil
Font naître du néant la fertile espérance

Mon amour, mon ailleurs, qu’importent les saisons
Le temps fait bien son œuvre, il chasse les tourments
Ton rire étincelant offre à tout horizon
L’intense volupté des levants rubescents

Grains de sable dans un cerveau éperdu,

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

Toile de nuit lacérée par des éclairs
Émanant de ces yeux qui ne savent plus lire
Au travers des lambeaux de violentes couleurs
Irradient l’atmosphère et imprègnent les murs
De grands violets criards et des verts assassins
Assiègent les pierres voulant comme le gel
Les réduire à l’état de projets impossibles
La pluie n’en finit pas de tenter d’effacer
Les stigmates laissés par un cerveau perdu
Errant à la recherche d’un abri pour dormir

***

C’est pas la peine de pleurer le croco est à sec
L’amour ne coule jamais sous les pattes du cheval
C’est pas la peine de mendier l’avare tourne la tête
Et fouille l’astre mort sous la peine de vivre
C’est pas la peine de coucher debout
L’entraille s’enroule sans fruit mûr ou vert
Sur le socle des venins consommés
C’est pas la peine d’en pleurer; l’ange est déplumé
Que tu as volé au musée des hommes empaillés…

***

Nous ne savions pas alors quels orages surgiraient
Ni quels monstres horribles tourmenteraient nos vies.
Nous pensions qu’ils fuiraient de l’autre côté des montagnes
Émerveillés et troublés par la pureté de la jeunesse.
Durant des années cela fut le cas,
Le silence fleurissait où la nuit s’enracinait
Nos rires effaçaient des jours les ardoises trop salées.
Les nuages eux-mêmes dessinaient nos existences
Comme d’incroyables exploits .
Nous étions de jeunes dieux, invincibles et superbes.

Le sable n’empêche pas la quête de mirages parmi les hommes, derrière les dunes : 4Z, Eclaircie, bibi, Elisa et le vent…

De puits

De puits

Je marche le long du fleuve noir
Un singe me braque, sur de lui, à triangle
Les abeilles tombent. Sans ailes…

Des embryons accrochés à des tubes mous
Nourrissent…
Des panses pauvres d’émotions. Numéro

Multiples sucres lepéniens
Pas pillés nucléaires
Champs, pignon de l’horreur

J’ai repris, zélée
Rires et pleurs
Muscles de l’ âme

Je marche le long d’un fleuve noir
Ton sourire est blanc
Je ne savais pas le sourire de la mort

Si douloureux
maintenant, je cultive le chagrin
Au purin des larmes

Il y a des rires sanglants
Des larmes fleurissantes
Les saisons ont des rides épineuses

Emellejie (avec son aimable autorisation)