Monthly Archives: avril 2015

Poèmes d’Edmond Vandercammen.

Poèmes d’Edmond Vandercammen.

 

« Du côté de la mer

.

Nous regardions du côté de la mer

Les cheveux légers rêveurs d’infini,

Indocile galop dans un matin

Promis aux convergences des mouettes.

Nous descendions, émigrants sans bagages,

Aux profondeurs des lointains souvenirs ;

L’espace était complice de nos yeux,

Mais l’horizon cachait tous les navires

Et nous pensions qu’il s’étendait pour nous trahir.

.

Nous étions seuls avec le temps de faire

En nous-mêmes d’impossibles voyages. »

**

*

« Rôle de la boue

.

La boue n’est pas déshéritée

En cette ornière qui l’enfante ;

Ni déchéance ni mensonge,

Ni tristesse ni imposture.
Lorsqu’elle accueille votre pas,

C’est par refus d’une poussière

Où vous auriez perdu la trace

D’une amoureuse rêverie.

Ni sacrilège ni dédain,

Rien que souci d’obéissance

A la mémoire de la pluie

Qui fut délire de l’orage.

N’accusez pas le vieux chemin

Qui vous conduit au souvenir ;

L’instant n’est pas enseveli

Si votre marche a reconnu

La certitude de l’argile.

Mais les passants de la méprise,

Que sauront-ils de cette boue

Empreinte en son humilité

Du poids terrestre de leur corps ? »

**

*

« Edition du matin

.

Chaque blessure affame un autre crime

Chaque parole allume son bûcher

De haine. Et les otages du matin

Portent la nuit sur leurs épaules nues.

.

Tous les oiseaux chanteurs quittent l’aurore

Pour regagner leurs forêts calcinées ;

Ils ont destin du dernier cri des morts,

Leur vol est un mouchoir couleur de sang.

.

Prends le journal du régnant aujourd’hui :

Vois-tu saigner le marbre et la machine ?

L’encre des mots entraîne ton regard

Vers l’arme la plus sûre du malheur.

.

Chaque nouvelle te sépare de toi-même. »

**

*

Edmond Vandercammen – « Le jour est provisoire » (1966)

*

Poèmes d’Alice Massénat.

Poèmes d’Alice Massénat.

Poèmes d’Alice Massénat.

*

Textes tirés d’un même livre : « La Vouivre encéphale » paru aux éditions des Hauts-Fonds (www.leshauts-fonds.fr) en 2013.

« La Vouivre encéphale » est un ouvrage constitué de trois recueils :

« La Mandragore aux escarres », dédié à Pierre Peuchmaurd ;

« La Vouivre encéphale », dédié à Alain Jégou ;

« Le Crâne épithalame ».

**

*

« Au cœur de la mêlée qui s’escarmouche

le fielleux n’a plus cours

et de leurs salves aux brumes claires

je m’en offusque

scalpel à l’ongle

l’esclave aux piètres encolures

Brisés

les clameurs de nos sangs aux farouches agapes

en imprécises le désarroi

et de l’oreille qui s’échappe

les pis éventrés

insoutenables

La beauté n’est plus là

Qu’en est-il de toutes ces cendres renfermées

où qu’elles soient

poussière de cœur

échevelées et improbables

de leurs seings aux vivre

et de leurs brimes aux salaces

Qui me jouera cette corde du plus loin de ma folie

qui m’esquissera la viole

le pourtour au coude

qui la verra

et des larmes aux sangs

la contrée s’éteindra

mandragore aux escarres »

**

*

« Dans le silence aux creux de cuivre

l’étain se pâme

aux oraisons de marbre

dithyrambe incontournable

la vieille aux pourléchés

se venant

se cabrant

impossible de la fixer

tant sa jambe est toc

.

Brimé il s’en fut en sourdine

le piano hagard

viscère

de son orage

.

Dans ses accointances sans condisciple

la torture ne s’envisage qu’aux mots

maintes fois redits

à souligner

et plus que bleus aux violets de gambe

les déliquescences se calquent

une par une

à la faveur d’une scansion de larmes

.

Ne plus le revivre

à n’importe quel prix

et parcourir la vie

aux détours d’une page

la couleur éclatante, pestilentielle

de me vivre au sourire du beau

caduque

dans une lèvre de ramage »

**

*

« Le tohu-bohu aux fragrances d’icelui

qui me le pourvoira de mes suppliques mêlées

quand tant et tant se balafrent la chamade

sempiternels et cois

.

En silence, le cœur s’emballe

le crâne frappe, torve et maniaque

je le voudrais mouché en dégâts

.

Quels sont ces mots qui sortent d’un caduc

l’à-jour aux mielleuses

hagards

je me fous de ces cons qui s’empiffrent

aux brames de ma vie

.

Te dire cet amalgame de suppliques encéphales

te rire les lèvres

sourire ton nom et partager ces cris

les fracasser et t’entendre

encore et encore

pour le mur de nos lames

.

Je reprends mes esprits

qu’instinctivement mes neurones flagellent.

Comprendra-t-il où est l’exècre

s’en tiendra-t-il à son vu

 

Chancelante la vouivre à mon écorce

s’enflamme

dispersée et disparate

rutilante mon amour de ta peau

que je tamise au futur mes mondes appliqués »

**

*

« Les chancres d’uppercuts s’effarouchent

la volée en viol

qui de l’esclave s’auréole

parmi toutes leurs incartades

par avant la ruelle

.

Lire tes ongles qui se ruent

esquinter mes abrupts au désarroi

sans cesse revendiqués

dès lors que ta sueur se boit

.

L’aurore est transie de synapses

l’échancrure se pâme d’oracles

dans une fosse commune qui ne sait que se tarir de ruches

.

Brimées

les gargouilles échalas virevoltent

de brisures en scalps

au tréfonds de tes sourires

.

Vous lire dans ce cuir qui se crie nôtre

le monde tourne et s’efface

inqualifiable ma tombe

alors que tes mots me chantent

ces râles en tonitruance

.

À ces verves-métronomes

à ces censures au poteau`

à nos blasphèmes

tout de guingois

les cloches se meuvent et s’ignorent

imperméables »

*

Alice Massénat. (« La Vouivre encéphale » Editions des Hauts-Fonds (www.leshauts-fonds.fr) 2013).

*

 

 

Cendres vives

les poissons modernes
partagent leur eau
sans embarras
et les fruits inconnus qu’on nous rapporte
brillent autant que le mica des meubles
souverains terrifiants de nos réduits
regardant notre déclin
par les trous de leurs serrures
mais nous savons tout ça

c’est pourquoi quand je serai mort
je remonterai à cheval
afin d’échapper à l’endroit
afin de retrouver les nuages
que les femmes sentent
afin de rassembler tous les enfants égarés
trouvant inutile de se presser
c’est pourquoi aussi plus un ami
ne me suivra sous la forme d’un buisson
plus une soupente n’étouffera une maison
mais nous savons tout ça

il n’y aura que le soleil intimidé
vautré dans le velours bleu du monde
et quelque part sous une pierre
du vent

UN EGALE QUATRE

Quatre égale un (et réciproquement).

*

Chapeau de lampe et parasol

Ne savent de la lumière

Que l’endroit ou l’envers

De face ou de profil

La cheminée reste rectangle

Et la fumée d’avril

Ne masque plus l’écran

Les chemins sinueux

Épris des troncs de chênes

Aux volutes fidèles

Mènent dans des clairières

Nées depuis hier

Où les arbres polis

S’écartent devant la moindre pluie

L’iris fleurit

Celui de l’œil abandonne un peu de sa couleur

Mais la pupille gracile

N’oublie jamais d’osciller

Entre le point du jour et la rondeur de la lune

*

Il avait deux ou trois yeux

Mais pas du tout de tête

Si bien que pour lui la terre

Tournait sur le nez d’un phoque

Je lui serrais le pied

Quand il me tendait la main

Chaque jeudi il prenait un bain

Dans son propre sang

Le premier janvier il se pendit

Mais en guise de corde

Il utilisa son tube digestif

On lui creusa une tombe à sa mesure

Dans le flanc d’une montagne d’absurdités.

*

Aquarium, à quoi rien,

.

Sur le dos, vitreux, nous glissons

Ouïes abandonnées au non

Silence sous les écailles détachées

Flotte.

Nous passons les uns, les autres,

Ballonnés et gras, repus

A la vie splendide aux vitres opaques

Derrière.

Les dépouilles sèches de nos grandeurs

Nous suivent en ligaments méduses

Dans le courant pâle que rien

N’agite.

*

Un bouquet rouge enflamme le sous-bois

Quelque chose change.

Tout se tait attentif au roulement silencieux

De la grosse balle bleue.

Un géant peut-être s’amuse à courir ou à souffler

Sur elle.

Endormie dans les doux bras du roulis

Une créature étrange tète son pouce

Tandis qu’au fond des océans

Une étoile exilée songe à la profondeur de l’espace.

*

Poème à quatre voix – celles

d’Eclaircie

d’Elisa R.

de Phoenixs

et de 4Z.

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos de Tomas Tranströmer décédé le 26 mars 2015.

Tomas Tranströmer (15 avril 1931- 26 mars 2015)

« 

(……..)

Juste après la guerre, Tomas Tranströmer fit la découverte du surréalisme à travers une anthologie de poèmes surréalistes réalisée par Ekelöf, et celle de la poésie contemporaine
française grâce à l’anthologie 19 poètes modernes français d’Erik Lindegren et Ilmar Laaban. Ses premiers poèmes se firent remarquer par l’usage original de la métaphore, tout en étant très ouverts au milieu naturel. C’est cette conjonction d’une écriture volontiers onirique et d’une attention accordée aux choses les plus simples qui surprend à la lecture de sa poésie. Comme le remarque lui-même Tranströmer : « En fait, je n’invente jamais rien. Et je ne mens jamais à propos de l’environnement du poème. »

C’est un fait que chaque poème de Tranströmer est fortement situé. Ce qui n’empêche pas le sentiment que peut avoir le lecteur d’être toujours dans un espace inédit, parfois imaginé. Le fait que les lieux soient parfois nombreux (le poète a beaucoup voyagé) donne l’impression que les différents espaces et temps se télescopent ou se répondent.

Il faut aussi citer un passage de la brillante étude de Renaud Ego dans le volume poésie / Gallimard, étude intitulée « Le parti pris des situations de Tomas Tranströmer » :

« En 1926, Werner Heisenberg a défini sous le titre de « Principe d’incertitude » un théorème majeur de la physique quantique : en substance, il expliquait qu’on ne peut connaître simultanément la position et la trajectoire d’une particule ; en effet, pour mesurer la position d’une particule, il faut l’éclairer, et ce faisant, l’énergie même infime dégagée par les photons lumineux modifie sa trajectoire. La portée de ce théorème est immense, car il démontre que l’observation crée la réalité. […] Ce « flou quantique » – que l’on nommerait mieux, appliqué à la réalité macroscopique, « incertitude mentale » -, Tomas Tranströmer en a l’intuition lorsqu’il se décrit lui-même en 1989, soit à cinquante-huit ans, comme « Un espace de temps / de quelques minutes de long / de cinquante-huit ans de large ». […] Mais il tire aussi les conséquences de cette incertitude : si le réel surgit seulement dans le miroir d’une subjectivité qui se métamorphose elle-même, alors le monde objectif cesse. Seules demeurent possibles des situations transitoires, celles où la rencontre instantanée de l’être avec le monde redéfinit toujours les conditions de leur dialogue. »

Il se produit ainsi sans cesse une « métamorphose dont le poème est la forme », chaque poème exprimant des circonstances précises, forcément instables, dans lesquelles, à un moment donné, une rencontre entre l’homme et son environnement a lieu. »

 

Papillons bulles et miettes rousses

Comme dans un fromage mou

Le doigt s’enfonce dans le ciel

Mais par ce trou personne

N’osera sortir ni entrer

On reste chez soi à l’abri

Des évènements qui inspirent le cinéma

Pour tourner la tête des voyeurs

C’est sa propre cervelle que l’on piétine

Quand on croit marcher dans la boue

Autour de notre lit il y a une rigole

Dans laquelle court l’eau de vaisselle

On ne franchit pas impunément ce ruisseau

L’oreiller trie les rêves

Les pires crèvent comme des bulles.

 

Salade niçoise et autres,

 

« Moi, perso, New-York ça me branche pas

Je préfère Boston chez la nounou

Dans les pantoufles d’envers

Trotter sur le globe au cul air

Me semble »…

Dans les pistons à vent

Des bribes en lambeaux passent

Feuilles du thon frais laissé sur le bord de l’assiette

La mer agite les mâts au port

On rôde au soleil miettes

A califourchon sur des rêveries insolentes…

 

Aux arbres sont pendus des sourires

Qui se balancent au gré du vent.

Un train posé sur la cime dort depuis longtemps

Depuis qu’une belle au bois charmait les uns

Dévorait sans pitié ni couverts tous les autres.

Autour un cadre soupire

Il imagine le contact doux et lourd de l’or

Sur sa pauvre peau de bois.

Sous l’un de ces arbres, un peu troublé par le brouhaha de la foule,

Une petite fille aux yeux verts et aux boucles blondes

Déploie lentement ses ailes de papillon.

 

Sous la semelle d’un fer à repasser

Au dernier étage du réfrigérateur

Dans le générateur d’un cerveau fraîchement réveillé

Derrière l’oreille du chat caressée par sa patte droite

Partout

J’ai cherché l’idée perdue

Alors j’ai eu l’idée

De la déclarer retrouvée

L’escalier a cessé de gémir et la porte du grenier

S’est entrouverte

Le premier éclat de la lune est venu offrir

Sa rousseur éphémère à ma main ouverte

Qui ce matin sous la feuille naissante du figuier timide

Recueille l’inaudible de la course du temps

 

Selon les plumes de :

4Z2A84-Phoenixs-Élisa-Éclaircie

 

Cailloux de Styx et graines d’étoiles

 

Androïd et blabla,

Ils disent le monde et regardent la machine

Ecrite sur la voix

Sous le pli du son point zéro

Retour en arrière impossible

Ils disent le monde avance articulé aux prises

De courant bipolaire

Branche-toi sinon meurs à l’aiguille

Tracée sur la voix du sillon virtuel

Et la langue claque ses cailloux

Si près d’être perdus en mer…

*

Ce fleuve est beau comme un tombeau de porcelaine

 

Il donne des frissons délicieux à la plaine

 

Et si l’œil du rapace est rond c’est grâce à lui

 

D’ailleurs les aviateurs dès qu’ils le voient s’enfuient

 

La mer debout méchante

 

Le soleil embrumé

 

Le ciel sans l’absolu

 

Et toute la fumée

 

Des siècles révolus

 

Le coq s’en moque il chante

 

Et nous nous réveillons sur un Styx purifié.

*

On partira là-bas

Entre les murs où restent gravées

Les ombres de tous les passagers

Les mains sur les oreilles

Ou peut-être sur les yeux

Bouche ouverte pour laisser s’épandre

Le flot de tous les ruisseaux

Leurs murmures leurs grondements

Alors peut-être avant de se fondre

Le poing s’ouvrira

Pour saisir la terre

Que l’on jettera comme l’on sème au vent

Des graines d’étoiles cueillies avant la nuit

*

Un joli jour pressé a frappé ce matin

Aux vitres de ma chambre encore baignées de nuit.

Ses longs doigts griffus -douze si je compte bien

Huit si j’en crois l’œil rond et son conseil d’ami

Tous deux réfugiés dans le nid doux d’une main,

Sont entrés gentiment dans ma petite vie.

Puis tout devint  sombre et  lumineux à la fois. L’onde d’une source claire

Et aussi son contraire

Vinrent au galop glisser sur une étendue froide, colorée cependant de visages ingrats souriant à ceux qui, comme moi, demeuraient en leur lit bien douillet.

Lorsqu’un bruit retentit -ridicule à souhait

Je trouvai, contre moi, un réveil brisé

Et, collée à la vitre, une simple araignée.

*

Semés du plus haut sommet de ma légendaire distraction, des mots charmants nés des plumes affûtées de Phoenixs, 4Z, Eclaircie et moi-Même.

Un poème d’Audiberti

 

Un poème de Jacques Audiberti.

.

« Métro 1925

.

De métriques vagins me conçurent. Je puis

moi, Proserpin, prôner plus d’un amour de puits.

Sur la montagne des virages vient, gobée,

la crispante balance où s’embrase une baie.

De rectitude, puis, dévoré, je parcours

mes tubulures pullulant de jupons courts,

de bustes clairs, rythmés par les feux de la voûte

où l’homme me gémit dans le chaud qui l’envoûte.

Le coin nocturne des correspondances, dont

l’odeur est celle du choix même qu’un lardon

fait de son sexe dans la truite qui l’accueille,

tourne vers moi sa tête exquise. Un bruit de feuille

accouple, sur les flancs, merles et baleineaux

quand, plus fier que le fiel hors des pâles canaux,

ailé de noirs buccins, lourd d’ampoules en grappes,

je surgis du Barbès pour éblouir les frappes. »

.

Audiberti « Race des Hommes » (1937).

.

Pas de chocolat pour les nuages,

L’arbre est un mille-pattes sédentaire
Il craint pour ses chevilles
S’il devait se hasarder par les sentiers caillouteux
À quérir sa pitance
Pas un ciel ne lui refuse le gîte et le couvert
Lorsqu’il élance ses mille bras
Brisant le vent stoppant la course
Des nuées de nuages pétris des rires et des larmes
Des poissons et des baleines dont les cris s’entendent
Par nuit claire dans toutes les clairières
Les feuilles sont ces mains
Aux doigts élégants comme parchemin
Qui bien après les vendanges
Savent toujours coudre et tisser les lettres dispersées

***

Distraits quelques nuages

Se trompent de chemin

Ou oublient leurs bagages

Comme on oublie ses mains

Le printemps se dépêche

Et donne tant de fruits

Que les oiseaux protestent

Seul le ciel les instruit

Les armes de la mer

Ne savent pas mentir

Ses vagues trop sincères

N’aiment rien que mourir

***

Puisque Macron rencontre Zola autant que ce soit dans une infusion
Sans affaire
Puisque les grévistes sont des brigands cachés dans les forêts
Autant que ce soit avec le petit chaperon pervers
Puisque Calas n’est pas mort sur la roue
Autant qu’il arrête de protester
Puisque la culture dégouline sur mes pieds qui puent
Autant que ce soit dans un grand éclat de rire
Aussi large que nos trous noirs…

***

Ne m’attendez pas pour cette semaine je suis en panne de temps, de messagerie et d’inspiration…La semaine prochaine devrait être plus calme.

Dans l’ordre de ces vols au vent : Eclaircie, 4Z, bibi et une bulle d’Elisa histoire de rendre plus pétillant ce voyage en Cocagne…