Monthly Archives: novembre 2014

Espace Phoenixs

Nous aimons lire Phoenixs !

 

Vous aimez lire Phoenixs ?

Installez-vous, asseyez-vous, n’hésitez pas à dérouler ce parchemin… et à suivre son enrichissement au fil des jours, des mois, des saisons…etc.

 

 

Des rêves dans un rêve.

 

 

 

Des rêves dans un rêve.

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Les voyages incertains,

 

Nous avons eu des automnes doux

Des hivers bienveillants

Parmi des printemps boutonneux

Et des étés glacés

Nous avons eu le temps de feuilleter

Le catalogue de nos vices

Le dépliant de nos vertus lointaines

Sans rien commander

Tout ça les pieds dans le vent

Sous une tête sans calotte

Si légère de ne se penser nulle part…

.

Du sable d’Irlande sur les rêves des étoiles

Une couverture de pudeur sur la nudité de la nuit.

Plus loin une tombe.

Dans la fumée bleue des solitudes : la vérité.

L’un de ses visages ouvre la fosse de ses yeux

Insondable !

Derrière la porte le sommeil s’agite un peu

Les feuilles qui tombent pourtant si gracieuses et légères

Finiront par le réveiller.

Comme le chant des sirènes au creux moelleux des méninges

.

Cerfs-volants et arcs-en-ciel

Mêlent leurs écharpes et leurs couleurs

Jusqu’à changer l‘horizon

En un ruban de guimauve

Convoité par les poissons

Dont le seul menu finit par les lasser

Tandis que la terre de ronde devient noire

Puis croche et enfin symphonie

Où les chœurs émanent des parvis disparus

Harpistes et violoncellistes échangent doigts et archets

Les teintes produites sont tellement sonores

Qu’elles éveillent les instincts les plus doux

Gardés secrets par les loups

Quand ils ne veulent devenir ces moutons

Accrochés au vent pour adoucir l’orage

.

J’écris pour te faire peur

A toi qui ne doutes de rien

A toi dont les yeux tombent

Sur moi comme des coups de patte

Dès que je commets une faute…

Pourquoi m’en priverais-je ?

En vérité j’aime ton regard

Comme lorsque tu tires sur mon fil

Pour m’avertir qu’une mouche est enfin prise

Dans la toile où je la sens après toi s’agiter

Désespérément inutilement…l’étourdie !

Tu cours vers elle sur tes huit pattes longues et poilues

Et moi j’attends ma part de festin

En écrivant des horreurs à propos de tes mœurs

De ton orgueil et de ta morgue :

Je tisse ton linceul.

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Les irresponsables :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs

et 4Z.

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De carafe en voilier

 

De carafe en voilier,

 

 

C’était bien la peine de nouer tes petits mots dans un papier

Océan

Ruban dans les cheveux des vagues

Ecrémées

Envoyés au fil du verre loin vers des bras de

Mer

Ils ont filé voyous sur les écailles de sirènes

Muettes

Avalés en sourdine perdus dans leur ventre essoufflé

Ils ne disent plus rien de toi

C’était bien la peine…

 

Nous n’écoutons le vent que lorsqu’il reproduit

Nos plaintes – sur son souffle ondoient des notes tristes

Comme sur la portée quand le musicien pleure

De trancher son violon dont les cordes résistent

Et d’où le sang finit par s’échapper.

L’archet

Le pur archet se change en scie – nous la voyons

Menacer l’arbre et l’ombre à laquelle on se fie

Pour rêver quand les fées font de notre sommeil

Un écran que le film de leurs exploits occupe

De midi à minuit.

L’arbre n’est plus le même

Ni les nids réquisitionnés par l’aviation.

 

Il lui faut investir chaque parcelle de chair

La faire sienne pour envisager

De prendre la route

Sans laisser ce corps décider l’immobilité

Dans le grand miroir qu’est l’étang

Après la descente caillouteuse

Rien ne lui dit qu’hier ou demain ne seraient pas possibles

Comme tous il rentre les joues rosies par l‘air vif

Si son silence semble trouble

Il aura laissé s’exprimer ses empreintes dans la vase

Plutôt que dire ce que personne

Jamais ne lui a appris.

 

Les mots d’un autre

A saisir, à pleine bouche.

Sable compact épongeant l’hémorragie

De mes dérives cérébrales

Etouffant les sons à la source,

Ou presque.

Les mots d’un autre pour créer du silence

En moi.

Et contempler le jour qui s’installe

Avec ses particules d’autres jours

Mémoires de moments heureux.

 

Par :

4Z-Élisa-Phoenixs-Éclaircie

Le titre revient à Phoenixs inspirée par Éclaircie elle-même inspirée par Phoenixs, 4Z, Élisa…

 

par dela le regard

PAR DELA LE REGARD

Je suis comme un tiret qui surplombe l’écume,
Impassible et secret dans les matins de brume.
Je suis un voyageur cachant l’île lointaine
Symbole à conquérir pour un beau capitaine.

Porte de l’inconnu par-delà les rivages
Je suis le trait d’union d’impossibles voyages,
Je conserve en mon sein des parfums d’aventure
Qui poussent le marin à dresser sa voilure.

Je suis en pointillé quand viennent les nuages
Disparaissant d’un coup sous le feu des orages
Pour revenir serein quand la chaude lumière
D’un rayon de soleil nous éclaire la terre.

Le dernier des remparts, l’invisible frontière
Je suis de la passion où chante la prière
Mon nom est un frisson et je suis intouchable.
Mon nom c’est horizon, je suis infranchissable.

jc blondel

belle passante

BELLE PASSANTE

La chaleur d’un regard, la beauté d’un visage
Rallument mille feux dans un cœur endormi
Et ces traits colorés lui font un paysage
Qui dans le noir des nuits se perd à l’infini.

Crépuscule soudain, qui reste une illusion
Il passe sans regret au fil de l’aventure
Profitant des plaisirs, nageant vers l’horizon
Il demeure pour nous, un rêve sans mesure.

Aurore d’un matin qui flotte dévêtue
Sur l’océan d’un lit aux vagues déferlantes
Elle file tout droit, quitte notre avenue
En nous laissant bien seul, les jambes pantelantes.

Espoirs de ces moments, songes sans avenir
Sur les rives du cœur vous demeurez distante.
Vous ne serez demain qu’un vague souvenir
Que le désir m’offrit par vous belle passante.

 

jc blondel

Improbable

.

Quelques uns de très drôles,

 

On écoute d’un œil las les boulettes lancées

Confetti pastilles roses

De bouches à égouttoir

On surprend à l’aurore des mots

Les brouillards embrouillés de chacun

Pris au sort des consonnes

Hisser voyelle voyeuse

On voit que rien ne se paire

De manches à air décomprimé

Et

Les paroles s’envolent

Et

Le cri de les perdre s’enroue…

.

La pluie sous ses trombes découpe des portes.

Les unes ouvrent sur un monde de senteurs à foison, d’automne dans les arbres. Elles offrent, sur leur pas, une complicité avec l’eau qui, familière de Méduse, évite sans effort l’obstacle des cheveux, se faufile jusqu’à la peau des crânes dont elle caresse la blancheur.

Les autres ouvrent brutalement sur les hauteurs d’une voie en impasse et à sens unique.

Celles-là n’éprouvent ni pitié ni regrets. Elles métamorphosent la douceur liquide en monstre sanguinaire qu’il convient d’éviter.

Le jour, quand il se lève, s’émerveille ou s’épouvante des visages de cette pluie que jamais il ne cesse d’aimer.

.

Le monde se réveille

 

La mer s’émerveille

 

D’être la mer et de porter

 

Nos voiliers au loin

 

Le soleil sort de la carafe

 

Et explose après le bouchon

 

Sous notre crâne nos yeux

 

Retrouvent leur place

 

Ils s’y installent ils s’y plaisent

 

Et de là regardent le vent

 

Faire des pirouettes avant d’obéir

 

A sa mauvaise humeur il se heurte au mur

 

Comme la fougue à la falaise l’illusion au toit

 

La boussole ment

 

Nous perdons le nord avec nos ailes.

.

 Dans le dédale des rues, d’une ville sans doute

Les pavés, cette nuit, ont choisi

De ne plus se faire l’écho des pas ni des galops

Seulement celui du vent

Du vent qui voudrait tant s’engouffrer dans une cheminée

Se poser dans un âtre et s’endormir à la lueur des flammes

Mais les toits le chassent, gardiens du sommeil

Tranquille ou agité de tous les livres

Evoquant les trains, les océans, les ponts enjambant les heures

Et les secondes stoppées dans leur course autour des murs

Quand un souffle les retient au cœur d’un songe

Ou d’un espoir de vie que la pluie au matin aura lavés

Dilués, effacés

Laissant au dormeur le sentiment d’avoir frôlé l’improbable.

 .

Un « improbable » poétiquement décrit par Eclaircie, Phoenixs, 4Z et moi-même.

Merci à Eclaircie pour le titre.

 

Hugo : « La fête chez Thérèse ».

Victor Hugo : « La Fête chez Thérèse ».

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« La fête chez Thérèse

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La chose fut exquise et fort bien ordonnée.

C’était au mois d’avril, et dans une journée

Si douce, qu’on eût dit qu’amour l’eût faite exprès.

Thérèse la duchesse à qui je donnerais,

Si j’étais roi, Paris, si j’étais Dieu, le monde,

Quand elle ne serait que Thérèse la blonde ;

Cette belle Thérèse, aux yeux de diamant,

Nous avait conviés dans son jardin charmant.

On était peu nombreux. Le choix faisait la fête.

Nous étions tous ensemble et chacun tête à tête.

Des couples pas à pas erraient de tous côtés.

C’étaient les fiers seigneurs et les rares beautés,

Les Amyntas rêvant auprès des Léonores,

Les marquises riant avec les monsignores ;

Et l’on voyait rôder dans les grands escaliers

Un nain qui dérobait leur bourse aux cavaliers.

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A midi, le spectacle avec la mélodie.

Pourquoi jouer Plautus la nuit ? La comédie

Est une belle fille, et rit mieux au grand jour.

Or, on avait bâti, comme un temple d’amour,

Près d’un bassin dans l’ombre habité par un cygne,

Un théâtre en treillage où grimpait une vigne.

Un cintre à claire-voie en anse de panier,

Cage verte où sifflait un bouvreuil prisonnier,

Couvrait toute la scène, et, sur leurs gorges blanches,

Les actrices sentaient errer l’ombre des branches.

On entendait au loin de magiques accords ;

Et, tout en haut, sortant de la frise à mi-corps,

Pour attirer la foule aux lazzis qu’il répète,

Le blanc Pulcinella sonnait de la trompette.

Deux faunes soutenaient le manteau d’Arlequin ;

Trivelin leur riait au nez comme un faquin.

Parmi les ornements sculptés dans le treillage,

Colombine dormait dans un gros coquillage,

Et, quand elle montrait son sein et ses bras nus,

On eût cru voir la conque, et l’on eût dit Vénus.

Le seigneur Pantalon, dans une niche, à droite,

Vendait des limons doux sur une table étroite,

Et criait par instants :  » Seigneurs, l’homme est divin.

Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin !  »

Scaramouche en un coin harcelait de sa batte

Le tragique Alcantor, suivi du triste Arbate

Crispin, vêtu de noir, jouait de l’éventail ;

Perché, jambe pendante, au sommet du portail,

Carlino se penchait, écoutant les aubades,

Et son pied ébauchait de rêveuses gambades.

.

Le soleil tenait lieu de lustre ; la saison

Avait brodé de fleurs un immense gazon,

Vert tapis déroulé sous maint groupe folâtre.

Rangés des deux côtés de l’agreste théâtre,

Les vrais arbres du parc, les sorbiers, les lilas,

Les ébéniers qu’avril charge de falbalas,

De leur sève embaumée exhalant les délices,

Semblaient se divertir à faire les coulisses,

Et, pour nous voir, ouvrant leurs fleurs comme des yeux,

Joignaient aux violons leur murmure joyeux ;

Si bien qu’à ce concert gracieux et classique,

La nature mêlait un peu de sa musique.

.

Tout nous charmait, les bois, le jour serein, l’air pur,

Les femmes tout amour, et le ciel tout azur.

Pour la pièce, elle était fort bonne, quoique ancienne.

C’était, nonchalamment assis sur l’avant-scène,

Pierrot qui haranguait, dans un grave entretien,

Un singe timbalier à cheval sur un chien.

Rien de plus. C’était simple et beau. – Par intervalles,

Le singe faisait rage et cognait ses timbales ;

Puis Pierrot répliquait. – Ecoutait qui voulait.

L’un faisait apporter des glaces au valet ;

L’autre, galant drapé d’une cape fantasque,

Parlait bas à sa dame en lui nouant son masque ;

Trois marquis attablés chantaient une chanson ;

Thérèse était assise à l’ombre d’un buisson :

Les roses pâlissaient à côté de sa joue,

Et, la voyant si belle, un paon faisait la roue.

.

Moi, j’écoutais, pensif, un profane couplet

Que fredonnait dans l’ombre un abbé violet.

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La nuit vint, tout se tut ; les flambeaux s’éteignirent ;

Dans les bois assombris les sources se plaignirent ;

Le rossignol, caché dans son nid ténébreux,

Chanta comme un poète et comme un amoureux.

Chacun se dispersa sous les profonds feuillages ;

Les folles en riant entraînèrent les sages ;

L’amante s’en alla dans l’ombre avec l’amant ;

Et, troublés comme on l’est en songe, vaguement,

Ils sentaient par degrés se mêler à leur âme,

A leurs discours secrets, à leurs regards de flamme,

A leur cœur, à leurs sens, à leur molle raison,

Le clair de lune bleu qui baignait l’horizon. »

.

Victor Hugo (« Les Contemplations »).

.

 

 

Mon poisson rouge dans les coquilles d’œuf,

Vers quoi nageons-nous

Nos efforts auront été vains

Si rien ne brille au bout du tunnel

La flamme d’une allumette

Suffirait à nous encourager

Quand nous quittons le fleuve

Pour la rive où des enfants courent

Après d’autres enfants plus vifs

Personne ne rattrape personne

La vigueur agonise en chemin

Avec le souffle et la volonté

D’aller toujours plus loin

On reste sur ses restes

Des os qui craquent

Comme la coquille de l’œuf

Lorsque le pied l’écrase.

*****
Le guéridon sous le bocal des poissons
Leur chante des berceuses
Qu’ils cessent de tourner en rond
Et réveiller tous les fantômes
Pas même vêtus de blanc
Réservé au plein été ou aux grandes crues
Mais dont chaînes et boulets
Dérangent les parquets et les estomacs
Des dîneurs repus par tous les commérages
Et qui ne pourront pas danser
Marquises et autres comtesses
Sont retenues dans les miroirs
Sans la moindre chance de s’échapper
La glace servie jamais ne sera brisée
Par le seul ronflement d’un poisson

*****

Les salades immobiles,

Tu viens te ranger sous les glands
Bien assis serré aux ordres
Tu écoutes la maîtresse branche balancer
Son onde vibrionnante
Applaudis de tes feuilles terreuses
Te fends d’un sourire entre les dents
Tête dans la rangée de culs légume
A varier
Tu viens te ranger sous les glands
Tombés du chênes synthétique
La sève en toi tarie se sèche
De ne rien dire…
*****
Les voix superposées tracent des lignes dans l’air et les images se joignent à cette singulière cacophonie. Novembre joue.
Son souffle glacé rosit nos rêves. Son souffle court les abrège.
Au bout de mon regard une poupée vêtue de noir marche au milieu des croix, sur une butte fleurie.
A ses pieds, quelques champs assoupis attendent le lever de la nuit. Un groupe d’ arbres rescapés, au premier coup des sept heures de l’horloge, figeront leurs frêles silhouettes au centre du rond parfait d’une lune presque rousse.
Sur un chemin de boue et de pavés , une femme et son chien contempleront l’ouvrage en silence.
A l’orée d’un petit bois, les créatures de l’ombre en feront autant.

Vol d’un Zephe à bord : l’équipage 4Z, Eclaircie, Bibi et Elisa
Titre fusion 4Z et Eclaircie

un artiste s’amuse

UN ARTISTE S’AMUSE

 

 

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

A jouer des couleurs sur le blanc d’un tableau

Tandis qu’un musicien dans un bar de Raguse

Dans le cœur de la nuit affine un concerto.

 

Pour laisser son crayon décrire l’horizon

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

A chanter le refrain d’une vieille chanson

Que répète le soir la douce cornemuse.

 

Sur la toile il a fait son radeau, sa méduse,

Sur un bel océan ouvert à tous les vents.

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

Pour écrire l’émoi de tous ses sentiments.

 

Sur ses rêves passés il tire le rideau

Laissant parler les mots que la télé diffuse.

Il reprend son stylo, sa plume ou son pinceau,

Dans le palais des arts un artiste s’amuse.

jc blondel

a l’amour éternel

A L’AMOUR ETERNEL

 

A l’amour éternel, ce soir je ne crois plus

Il s’est fragilisé en vivant d’habitude

Les corps n’ont plus d’attraits les rêves sont perdus

Il faut nous arranger de notre solitude.

 

Le dessert est mangé voila le crépuscule

Qui plonge l’horizon dans de noirs consensus

Nous vivons sur le fil d’un bonheur funambule

A l’amour éternel ce soir je ne crois plus.

 

On partage le temps laissant courir les jours

Les lendemains n’ont plus aucune certitude

Et nous avons omis le terme de toujours

Il s’est fragilisé en vivant d’habitude.

 

Le désir s’est enfuit laissant planer le doute

Le plaisir a gâché beaucoup de ses vertus

Les chemins sont bouchés ca frise la déroute

Les corps n’ont plus d’attraits les rêves sont perdus.

 

Tous les draps sont défaits, on écarte les lits

Les baisers d’autrefois n’ont plus leur plénitude

On se retrouve seul dans la moiteur des nuits

Il faut nous arranger de notre solitude.

 

Il faudra vivre avec tous nos espoirs déçus

Le futur a parfois un peu de mansuétude

Les beaux jours envolés ne se retrouvent plus

Dans un monde pervers où trône l’inquiétude,

A l’amour éternel ce soir je ne crois plus.

 jc blondel