Monthly Archives: mai 2014

sur le blanc d’une page

SUR LE BLANC D’UNE PAGE

 

Ma plume a navigué sur le blanc de la page

Pour écrire un couplet

Les vers d’une chanson, les rimes d’un sonnet

Dans un charmant voyage.

 

J’ai donc apprivoisé cette muse sauvage

Qui vivait en secret

J’ai bousculé parfois ses émois à regret

Pour finir son ouvrage.

 

J’ai du le soir venu me montrer indiscret

Pour avoir son partage

Lui donnant un refrain la nuit à chantonner.

 

En écrivant ces mots je dessine une image

A l’amour dévoilé

A la belle d’un jour a qui je rends hommage.

jc blondel

une chanson d’amour

UNE CHANSON D’AMOUR

 

Il est entré chez moi par un matin de brume

D’un automne givré chahuté par les vents

Lorsque la saison pleurait des larmes d’amertume

Sur des draps désertés par tous les sentiments

Où le dépit avait mis son triste costume.

 

Un ange est descendu sur des nuages blancs

Il avait un regard bleu, la chevelure brune

Pour réveiller mon cœur perdu dans ses tourments

En éclairant mon lit par un rayon de lune.

 

Elle a su rallumer par cette fin de jour

Tous les feux d’un désir éteint par l’infortune

Eveillant chez l’amant l’âme d’un troubadour.

 

Pour chanter ce bonheur je laisserai ma plume

Ecrire le refrain d’une chanson d’amour

 

En ciselant les mots sur le fer de l’enclume.

 jc blondel

Friandises et martingales

 

Certains signes se déroulaient, d’autres s’enroulaient

Sortaient des coquilles rousses des escargots

Des feuilles mortes de livres devenus trop vieux

Tous oubliaient le chemin de la bouche ou encore du cerveau

Ils avaient choisi de passer les trois cents prochaines années

Dans le petit pavillon tranquille d’une oreille distraite

Par cet absolu et insupportable silence qui traversait tous les pays de l’âme

Dehors il n’y avait plus aucune différence entre l’acier et la terre

On ne voyait plus que de très grands oiseaux noirs

Occupés à trancher l’épaisseur de l’air de leurs longues ailes

C’était juste après la course d’un bel orage et de ses éclairs blancs

 

Belle journée de mai,

Tu rêves, déplié sur le dépliant

De ces voiles voilant

A peine l’inoxydable horizon

Outremer l’eau va sans raison

Semée d’émeraudes à ses doigts

Dégantés comme il se doit…

Tu rêves, assoupi sans être assommé

Porté par la marine d’Epinal

Au bout de quoi le terminal

T’attend

Tranquille et blanc

Pour l’heure tu souris sans remettre

A demain ce qui peut paraître

Vain

Et l’inutile claque la porte

 

C’est la fête foraine. La barbe à papa et les lunettes se tiennent par la main et vont sur le manège.

Même sur des principes, il est dangereux pour un myope chauve et glabre de chevaucher un cheval, et pourtant ce dernier  est assis sur le cheval de bois du manège. Il tend la main pour attraper le pompon où se trouve la barbe qui lui permettra de gagner les lunettes. Mais comme il est myope, la barbe et les lunettes s’envolent vers le grand huit. De toutes façons, c’est pas beau un chauve à barbe disent les lunettes. Surtout que ses lacets sont en guimauve répond la barbe.

 

Les rues au matin ont choisi d’adopter

La ligne et la silhouette de la rivière

Sinuer de tous leurs trottoirs

Et de l’asphalte aux couleurs ternes

Pour inviter le passant à danser dès l’éveil

Mais aussi pour offrir à l’échoppe

Coincée entre deux grands bâtiments

Un peu de ce soleil qu’elle ne connait que de nom

Dans la vitrine des bateaux tangueront

Ne gardant dans leurs soutes

Que le vague souvenir d’un tableau noir

De pierres qui n’attendaient que la caresse de l’eau

Pour révéler vraiment le pouvoir de l’arc-en-ciel

Dans la ville engloutie par la lumière

Oiseaux et poissons s’affichent sur tous les murs

Puis s’endorment dans une spirale de vent

 

Des traîneaux tirés par des purs-sangs sur un hippodrome encaustiqué useraient en vain leurs patins

A glisser le long de nos boucles blanches pour saisir ne serait-ce que des flocons ou leur souvenir

De l’étoile filante qui s’y dévergonde tel un train à grande vitesse quittant les rails

Pour obéir à la fantaisie de son chauffeur parmi tous les chauffeurs le plus qualifié

Dans l’art de lancer sa machine à travers la prairie rutilante sous le soleil humide

Comme on jette sur le tapis vert sa vie dans l’espoir de la voir occuper la place du furet

Courant de l’un à l’autre de nos organes trop paresseux pour répondre au coup de sa patte

Ces chants ces parfums on les trouve sans faute de goût en forêt

Se perdre devient un jeu d’enfant

Il suffit de ne plus distinguer des nôtres les battements de cœur des arbres

Il suffit de mêler les feuilles

D’indiquer à l’orée des bois

L’itinéraire à suivre pour ne jamais trouver le trésor.

 

 

Les chanceux gourmands :

4Z2A84, Elisa, Phoenixs, Héliomel, Eclaircie

SYMPHONIE EN BLANC MAJEUR par Théophile Gautier

Théophile Gautier

.

« Symphonie en Blanc Majeur

.

De leur col blanc courbant les lignes,

On voit dans les contes du Nord,

Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes

Nager en chantant près du bord,

.

Ou, suspendant à quelque branche

Le plumage qui les revêt,

Faire luire leur peau plus blanche

Que la neige de leur duvet.

.

De ces femmes il en est une,

Qui chez nous descend quelquefois,

Blanche comme le clair de lune

Sur les glaciers dans les cieux froids ;

.

Conviant la vue enivrée

De sa boréale fraîcheur

A des régals de chair nacrée,

A des débauches de blancheur !

.

Son sein, neige moulée en globe,

Contre les camélias blancs

Et le blanc satin de sa robe

Soutient des combats insolents.

.

Dans ces grandes batailles blanches,

Satins et fleurs ont le dessous.

Et, sans demander leurs revanches,

Jaunissent comme des jaloux.

.

Sur les blancheurs de son épaule,

Paros au grain éblouissant,

Comme dans une nuit du pôle,

Un givre invisible descend.

.

De quel mica de neige vierge,

De quelle moelle de roseau,

De quelle hostie et de quel cierge

A-t-on fait le blanc de sa peau ?

.

A-t-on pris la goutte lactée

Tachant l’azur du ciel d’hiver,

Le lis à la pulpe argentée,

La blanche écume de la mer ;

.

Le marbre blanc, chair froide et pâle,

Où vivent les divinités ;

L’argent mat, la laiteuse opale

Qu’irisent de vagues clartés ;

.

L’ivoire, où ses mains ont des ailes,

Et, comme des papillons blancs,

Sur la pointe des notes frêles

Suspendent leurs baisers tremblants ;

.

L’hermine vierge de souillure.

Qui, pour abriter leurs frissons.

Ouate de sa blanche fourrure

Les épaules et les blasons ;

.

Le vif-argent aux fleurs fantasques

Dont les vitraux sont ramagés ;

Les blanches dentelles des vasques,

Pleurs de l’ondine en l’air figés ;

.

L’aubépine de mai qui plie

Sous les blancs frimas de ses fleurs ;

L’albâtre où la mélancolie

Aime à retrouver ses pâleurs ;

.

Le duvet blanc de la colombe,

Neigeant sur les toits du manoir,

Et la stalactite qui tombe,

Larme blanche de l’antre noir ?

.

Des Groenlands et des Norvèges

Vient-elle avec Séraphita ?

Est-ce la Madone des neiges,

Un sphinx blanc que l’hiver sculpta,

.

Sphinx enterré par l’avalanche,

Gardien des glaciers étoilés,

Et qui, sous sa poitrine blanche,

Cache de blancs secrets gelés ?

.

Sous la glace où calme il repose,

Oh ! qui pourra fondre ce cœur !

Oh ! qui pourra mettre un ton rose

Dans cette implacable blancheur ! »

.

Théophile Gautier « Emaux et Camées » (1852)

.

 

 

un bateau s’est noyé

UN BATEAU S’EST NOYE

 

Un bateau s’est noyé dans le petit matin

Dans un coup de colère

D’un océan vengeur qui toujours vocifère

Par la voix du malin.

 

Il flotte dans le vent un horrible parfum

Qui sent fort la misère

Sur un rocher pointu, la fin d’une carrière

Au bien triste destin.

 

D’un liquide maussade il a souillé la terre

Noircissant le chemin

Où cet oiseau se meurt quand s’éteint sa lumière.

 

Ce naufrage indécent est porteur de chagrin

Il n’a plus de mystère

Quand il a propagé ce stupide festin…

jc blondel

un vaisseau maudit

LE VAISSEAU MAUDIT

 

La mer a déposé son blanc manteau d’écume

Sur le sable bruni par un bateau détruit

Qui déversa d’un coup ses tonnes de bitume,

Les restes désossés de ce vaisseau maudit

Jeté sur un rocher sous un ciel gris de brume.

 

Tout seul, il arriva du fin fond de la nuit

Bousculé par le vent sur la côte bretonne

Laissant sa cargaison s’échapper sans un bruit

Dans un monde ébahi qui pleure et qui s’étonne.

 

Les traces du progrès ont terni l’océan

Pour un peu de profit le dollar déraisonne

En quittant la nature à son sale tourment.

 

L’automne est devenu saison de l’amertume

Où le noir est resté la couleur du moment

 

Sur l’étrange tableau que l’essence parfume.

 

jc blondel

TERRE DE SONGE

TERRE DE SONGE

Un poème d’Edgar Poe traduit par Stéphane Mallarmé.

 

« Terre de Songe.

« Par une sombre route déserte, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir debout règne, je ne suis arrivé en ces terres-ci que nouvellement d’une extrême et vague Thulé – d’un étrange et fatidique climat qui gît, sublime, hors de l’Espace, hors du Temps.

 

Insondables vallées et flots interminables, vides et souterrains et bois de Titans avec des formes qu’aucun homme ne peut découvrir à cause des rosées qui perlent au-dessus ; montagnes tombant à jamais dans des mers sans nul rivage ; mers qui inquiètement aspirent, y surgissant, aux cieux en feu ; lacs qui débordent incessamment de leur eaux calmes, – calmes et glacées de la neige des lys inclinés.

 

Dans les lacs qui ainsi débordent de leurs eaux solitaires, solitaires et mortes – leurs eaux tristes, tristes et glacées de la neige des lys inclinés – par les montagnes – par les bois gris – par le marécage où s’installent le crapaud et le lézard – par les flaques et étangs lugubres – où habitent les Goules – en chaque lieu le plus décrié – dans chaque coin le plus mélancolique : partout le voyageur rencontre effarées les Réminiscences drapées du Passé – formes ensevelies qui reculent et soupirent quand elles passent près du promeneur, formes au plis blancs d’amis rendus il y a longtemps, par l’agonie, à la Terre – et au Ciel.

 

Pour le cœur dont les maux sont Légion, c’est une pacifique et calmante Région. – Pour l’esprit qui marche parmi l’ombre, c’est – oh ! c’est un Eldorado ! Mais le voyageur, lui, qui voyage au travers, ne peut – n’ose pas la considérer ouvertement. Jamais ses mystères ne s’exposent au faible œil humain qui ne s’est pas fermé ; ainsi le veut son roi, qui a défendu d’y lever la paupière frangée ; et aussi l’Ame en peine qui y passe, ne la contemple qu’à travers des glaces obscurcies.

 

Par une sombre route nue, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir debout règne, j’ai erré avant de ne revenir que récemment de cette extrême et vague Thulé. »

.

Edgar Poe – Traduction : Stéphane Mallarmé.

 

 

 

Carbonisées, oubliées, les mains mijotent encore

Nous n’explorerons jamais assez ni nos greniers ni nos soutes

Sans notre assentiment quelqu’un s’y cache

On le reconnaît à sa façon de se glisser entre les pages du livre

Il se confond avec l’ombre de ma main lorsque je change de chapitre

Il laisse des mots dans lesquels il se flatte de conduire le navire

Or brandi hors des combles nul drapeau ne flotte

Et la charpente léchée ne révèle pas aux papilles la présence du sel

Pourtant les ports se succèdent comme sur un manège les chevaux de bois

On a juste le temps d’éviter la pince des grues qui déchargent notre cargaison sur les quais

Ai-je dit que ces quais sont en nougat les jours de canicule ils collent aux semelles

Ai-je parlé de ces filles sur leur balcon réunies en bouquet

Leur chevelure est trop longue pour espérer en venir à bout

.

Puisque je n’ai rien reçu

Pour alimenter mon cerveau

Je vais réchauffer les idées d’autres temps

Je les laisserai mijoter juste assez

Qu’elles ne deviennent caramel ni trop dur ou trop mou

Toutes les douceurs doivent avoir une colonne solide

Pour s’assurer d’un élégant maintien

Présenter une tenue parfaite, être d’un commerce agréable

Sans parler de la conversation dont on ne tolérerait point

Qu’elle soit pimentée de pointes trop acerbes

Ou de ces lieux communs communément

Trouvés dans les communes cours

Mais il est déjà treize lignes

Pour la parité j’en ajoute une et je m’éclipse…Adieu

.

A cheval sur le dos d ‘une étoile qui n’atteindrait pas la lune ?

Reste à savoir ce qui aurait la force de nous en faire revenir

Les visages d’une soupe d’orties un soir d’orage

La légèreté d’une fleur parcourant les allées d’un jardin

Ou cette mine de jeune fille qu’arborent les vieilles maisons

Quand la terre se retourne en dormant et nous fait don d’une lumière

Si puissante qu’elle pénètre en nos demeures et en nos nuits

Sifflant l’eau de nos rêves comme le plus grand des ivrognes…

C’est parce qu’aucune voix ne parvenait jusqu’à ses oreilles averties

Qu’un chef d’orchestre et de gare découpa un large cercle jaune

Qu’il colla en souvenir d’elle sur un mur de sa cellule

Lorsqu’il prétendit revenir, à cheval sur le dos d’une étoile, tout droit de la lune…

La vie descendre,

 

Pour toi s’arrête le sens de la lumière

Ailleurs où tu gis

Entre vie et lambeaux de vie

Désormais.

Te soutiennent des mains oubliées

Des affections solides et ruinées

Par ton absence.

Tu dors la tête sur l’épaule de l’aimée

Et rien ne peut entamer ton sommeil

De cendres froides.

Tu dors, elle veille, au-dessus de vous

Des cadres lointains désignent à présent

Vos rires figés.

Et personne ne peut plus entendre ton silence

Carbonisé.

De ton blanc traineau

Le souffle haut

Sonne bel héraut

Ton son me chaut

.

Même entrevue dans un rêve

Même si elle doit être  brève

Conçue entre fureur et fièvre

Belle est la nouvelle trêve

.

Adieu douves sans faille

Plus d’’étoc et de taille

Ou de cottes de maille

Place au lin, à la paille

.

Debout sur leurs rênes

Les reines freinent les rennes

Les festins les entrainent

Les  heures   s’égrènent

.

Sonne bel héraut

Le roi  a fait un rot

Entre paon et veau

Ce n’est qu’un pauvre sot

Nous n’explorerons jamais assez ni nos greniers ni nos soutes

Ont participé: les cinq doigts de la main

Eclaircie l’index

Elisa l’annulaire

Phoenixs le pouce

4Z2A84 le majeur

Heliomel l’auriculaire

 

 

 

 

 

 

Au loin

L’anaphore présidentielle (moi, président) souffrira, je pense, de cette comparaison…

Pourtant regarde au loin s’illuminer les îles,
Fais ton rêve d’encens, de myrrhe et de corail,
Fais ton rêve de fleurs et de roses asiles,
Fais ton rêve éventé par le large éventail
De la brise océane, au clair des étendues ;
Et songe aux Orients et songe à Benarès,
Songe à Thèbes, songe aux Babylones perdues,
Songe aux siècles tombés des Sphinx et des Hermès ;
Songe à ces Dieux d’airain debout au seuil des porches…

 

Emile Verhaeren

POEMES PONCTUELS PONCTUES OU PAS

 

Poèmes ponctuels ponctués ou pas.

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Lana Fort eut de nombreux enfants et de ce fait, fut jalousée par son amie Anna Coluthe qui ne fut jamais en situation d’en avoir malgré toutes les rencontres qu’elle eut avec de nombreux points virgule, des « e » aux accents graves ou aigus, des trémas et autres tirets.

 

Elle vivait aux [crochets] de sa mère un peu tête de litote, abandonnée par un chiasme qui, pensait-elle, la regardait souvent sans regarder les réalités de la vie.

 

Guy Yemet, cousin éloigné de ses parents Thaise, lui fit une déclaration  oxy mauresque  genre : moi président…Elle fut séduite, mais les promesses se transformèrent en points de suspension…

 

Elle eut une liaison avec un tilde espagnol, mais celui-ci était inconstant, un  espoir avec un marocain, Ali Terration, elle déchanta. Lassée de ses tentatives, elle décida de se retirer dans une bibliothèque comme on rentre au couvent.

 

Elle se laisse vivre, lit en diagonales des ouvrages sérieux ou pas, feuillette, annote, rature mais ne peut s’empêcher de rêver à tous ces ardents circonflexes qu’elle rencontre au hasard des pages ; peut-être que l’un d’eux, un jour, se retournera vers elle, se fera séduisant caron et qu’ils auront beaucoup d’œ collés,  pour  Noël ou Pâques, il suffit de laisser parler son cœur !!!

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Sous les jupes des pies,

 

On voit les tisanes

Les napperons pour l’hiver

Broderies à cancan

Pépiements de gazelles

On voit les restes de broutilles

Disputes majorées

Querelles enfantines que rien

Ne calme

Rancunes en toile de jute

Rires secs coincés

Au coin de l’œil

Entre lard et chiffon.

Sous les jupes des pies

Les dessous à l’envers

Nous disent dans la nuit

Que la vie s’est tarie…

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Marilyn attend depuis trois jours et trois nuits. Toujours aussi belle, un sourire extrêmement doux posé sur son joli visage. Personne ne vient ni ne semble la voir. Cela ne la trouble pas, ou elle n’en montre rien. Rien, si ce n’est un léger tremblement de tout son corps, dû sans doute à la fraîcheur de notre climat.

Alors je repense aux roses qui fleurissent et sourient, elles aussi, de l’autre côté de ma fenêtre. Je prends conscience de leur élégance infinie et de leur immense fragilité. Pourtant, elles s’épanouissent, jour après jour, nuit après nuit, et déploient leur délicieux parfum dans le jardin encore sous le charme des effluves du lilas.

Les maisons, gonflées d’humidité, s’offrent à la nature environnante, s’unissent aux couleurs que l’absence de sécheresse peint ici et là.

Ma nostalgie s’estompe. J’occupe à mon tour une place, entre les arbres et les fleurs, entre les briques et les pierres, entre les champs si bien peignés et les villages transis.

.

Hérissons et salades conversent de la rareté

Des limaces noires

De loin les meilleures dans les courses d’obstacles

Lorsqu’au jardin les pierres s’éveillent et sortent du néant

Ou de terre dans les nuits très sombres et muettes

D’un simple filet de bave

Elles créent une œuvre d’art

Un lacis de pointillés aux couleurs imprévues

Un labyrinthe où les grillons promènent leur progéniture

Une toile que les caméléons rêvent de croiser

Une fois dans leur vie et puissent dire

« Nous avons revêtu le manteau d’un artiste »

Et tandis que l’épeire se remet à broder

Sans trop connaître l’ampleur de son ouvrage

L’aube attend sagement que le carré de laitues

Se résigne à la seule compagnie d’une vinaigrette

Et de quelques gouttes de fraîche rosée

.

De la poubelle surgissent d’interminables bandes de papier

Sur lesquelles se lit notre histoire

Et nos regrets de n’avoir su l’écrire jusqu’au bout

Il reste toujours des choses à dire sur rien du tout

Une vache donne si longtemps du lait le lait du fromage

Le fromage se plaît sur le plateau qui lui est consacré

S’il surprend des individus pleins d’appétit en train de le guigner

Il fera signe au vin de l’accompagner

Nous partirons malgré les embûches

On trouvera notre peau laissée au vestiaire

Sur un fil de fer crédible dans son rôle de cintre.

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