Monthly Archives: octobre 2013

Un poème de Georg Trakl

Un poème de Georg Trakl (1887-1914) traduit par Nathalie Varda :

« Psaume

C’est une lumière que le vent a éteinte

C’est une cruche d’incrédule que l’après midi un ivrogne abrège

C’est un vignoble brûlé et noir avec des trous plein d’araignées

C’est une pièce qu’ils ont peinte avec du lait

Le Fou a péri C’est une île de la mer du Sud

Pour accueillir le Dieu du soleil On bat les tambours

Les hommes mènent des danses guerrières

Les femmes balancent les hanches en pédoncules de plantes et fleurs de feu

Quand la mer chante Ô notre paradis perdu !

Les nymphes ont déserté les forêts d’Or

On enterre l’Etranger Alors se soulève une pluie scintillante

Le fils de Pan apparaît en forme de terrassier

Qui au midi s’assoupit au brûlant asphalte

Ce sont de petites filles dans une cour de ferme aux robes pleines d’une misère à vous déchirer le cœur

Ce sont des chambres emplies d’accords et de sonates

Ce sont des ombres qui s’embrassent devant des miroirs aveuglés

Aux croisées de l’hôpital se réchauffent des convalescents

Un blanc vapeur au canal charrie des épidémies sanglantes

La sœur étrange apparaît derechef dans les mauvais rêves de personne

Reposant dans le coudrier elle joue avec ses astres

L’étudiant peut-être un double la contemple longuement de la fenêtre

Derrière lui se tient son défunt frère Dans le sombre de la chambre aiment se mouvoir devant lui de curieuses choses

Dans la rouge jacinthe blêmit l’apparaître de la jeune infirmière

Le jardin est au soir Dans le cloître errent en voltigeant des chauves souris

Les enfants du maître de maison arrêtent de jouer et cherchent l’Or céleste

C’est une nuée qui se dissout Dans le feuillage le jardinier s’est pendu

Dans la maison de verre nagent au comble des couleurs brunes et bleues C’est le déclin vers lequel nous parvenons

Où les morts d’hier reposaient s’affligent des Anges aux blanches ailes broyées

Sous les chênes errent des Démons aux fronts brûlants

Dans le marais font silence des végétations écoulées

C’est un vent chuchotant dont Dieu déserte les errances tristes

L’Eté a brûlé le blé Les pâtres ont émigré

Où l’on continue d’aller on sent une vie plus aurorale

Les moulins et les arbres vont vides dans le vent vespéral

Dans la ville détruite la nuit relève des tentes noires

Comme tout est vain ! »

Georg Trakl.

Traduit par Nathalie Varda.

Wikipedia :
« Georg Trakl, né le 3 février 1887 à Salzbourg, Autriche et décédé le 3 novembre 1914 à Cracovie, est  un poète autrichien. Il est l’un des représentants majeurs de l’expressionnisme. Georg Trakl laissa comme témoignage de sa vie tout aussi brève qu’intense — il est mort à l’âge de 27 ans — une œuvre sulfureuse composée de poèmes dont l’importance fait de lui un des poètes majeurs du  XXe siècle.

En mettant en scène des personnages indéterminés comme l’orpheline, le voyageur, le vieillard, le novice ou des figures nommées comme Kaspar Hauser, Elis ou Helian, la poésie de Georg Trakl donne très souvent l’impression d’être impersonnelle. Il écrit à son ami Erhard Buschbeck : « Je resterai toujours pour finir un pauvre Kaspar Hauser[1] ». Le poète angoissé et torturé s’identifie de manière constante à son œuvre dont la genèse ne peut être pleinement comprise que par le rapport qui unit la poésie et la vie de Trakl. Si elle fait partie de l’expressionnisme, l’œuvre de Trakl en dépasse le simple cadre artistique. »

 

 

Les battements de la virgule

 

Des cités incroyables surgissent des sous-sols spongieux

La forêt semble frémir losrqu’un vent discret se lève.

L’horizon s’efface avec le lever du jour, comme dévoré peu à peu par un être gigantesque et vaporeux. Les maisons voisines disparaissent, un calme étrange prend place. Le brouillard se révèle aux regards des quelques-uns sortis trop tôt du sommeil.

Ainsi protégés, des êtres fabuleux s’étirent puis courent pour rejoindre l’orée des villes.

Ils écoutent la rumeur, encore faible, de ces monstres élégants qui, de jour en jour, réduisent leur existence au secret ou à la fuite.

 

Dans l’allée de gravier rose

Quelques silhouettes

Si lointaines qu’il est impossible de dire

Leur direction

Le crissement de leurs chaussures sur le sol

Parviennent pourtant jusqu’aux fenêtres

Ou n’est-ce que le battement du cœur

Résonant dans ce corps où la couleur

Peu à peu s’estompe et se dilue

Battement resté fidèle au rythme des voix mêlées

 

Dans  les verts tuyaux de Poméranie coulent les eaux mortes des lagunes bronzées au soleil du nord.

Les digues endimanchées, fermetures éclair des courants marins, protègent les dunes aux oyats blonds. Le vent tisse des dentelles blanches d’écume au pied des roches plates.

Et les vagues à cornes de béliers viennent dormir sur les sables mouvants. Le marnage et l’estran  changent les draps pour les nuages venus des Lofoten.

Le marais  s’assèche. La vase devient limon et la lande fleurit aux Frises orientales.

 

Je regardais les montagnes mais les montagnes

Que leur faisait mon regard posé sur elles

Se soulèveraient-elles d’horreur si j’avais

L’audace d’avancer les lèvres de baiser

La fente rousse avec son torrent captif

Qui jamais ne cessait entièrement d’être

A l’intérieur du cœur des montagnes

Ces géantes

Qui ruminent comme des amoureuses après l’amour

 

Dérailler,

 

C’est écrit petit

Tout petit en bas du sable

Si petit que tu ne vois rien

Entre les grains.

C’est posé sur le coin du ciel

Là-bas dans le grand noir

Minuscule sans virgule

Une pause dans la course

Infime que tu frôles sans rien sentir

Du courant d’air.

Entre les deux

Qui seras-tu si tu ne sais rien d’être

De travers ?

 

4Z, Elisa, Phoenixs, Héliomel, Eclaircie…

 

Peau de pluie dans un grand seau d’eau froide

Peau de pluie,

Une fois que tu as pillé les étoiles

Les bouts de route crottée

Quelques fleuves mal léchés

Une fois que tu as dérobé le feu

Les horizons bannis l’enveloppe des anges

Les ailes des oasis

Que reste-t-il dans tes bagages en peau d’humain ?

Deux mouchoirs secs

Un peu de sable, restes d’un cœur enterré

Une pincée de sourire édenté

Et l’immense vide de ta chimère en peau de nuit…

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Les mots naissants plongés dans un grand seau d’eau froide

Seront soumis au silence.

Il n’y aura plus que le ciel dans le rôle du ciel, la terre dans celui de la terre et l’ennui dans l’esprit du poète.

Pourtant, à quelques pas, les livres se couvrent de phrases, des jurons s’en échappent ou des déclarations enflammées. Les décombres y côtoient les lumières fantastiques des grandes villes du monde.

Rien n’y fera, il extirpera de son crâne fiévreux les idées à peine pensées.

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En rangs serrés, mal peignées, les hordes de chevaux des Médiomatriques font désordre, elles s’opposent aux clairons mal embouchés des bégayeurs qui ont un cheveu sur la langue.

Mais après un match nul tout ce monde partira à la conquête des casques à pointe à Pointe à Pitre, traversera dans les  clous de giroflée de Macassar. Finalement c’est  en Amazonie qu’ils trouveront la tondeuse universelle inventée par les Jivaros.

Poussant plus loin encore, ils découvriront  sur une île des Galápagos le peigne à écrêter les iguanes marins, la brosse pour les marines de Guadalcanal, la boule à zéro de Mussolini.

Forts de leurs succès, ivres de leurs conquêtes, ils remonteront les Champs-Elysées juchés sur des cornes de gastéropodes tricolores et seront applaudis par des ragondins lissés dans le sens du poil qui auront coiffé sur le poteau la chevelure de Bérénice.

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Le crépuscule au soir comme au matin

Serre le cœur de ceux qui le rencontrent

Leur vie leur semble alors basculer dans le vide.

Pourquoi ? Les heures n’ont pourtant rien de commun

Avec la fourmilière et le front son abri

Contre un doigt de lueur dans un verre trop grand.

D’où vient que nous mourons avec le jour ? D’où vient

La clarté sur nos mains quand d’autres mains les croisent ?

Des mains sans vraie chaleur des mains honteuses.

Si le soleil se cache au grenier soulevons

Le toit. S’il tergiverse avant de nous quitter

L’espoir aura volé tout pathos à l’adieu.

Délivrée de son cadre étriqué la fenêtre

Enregistre un effort du ciel illimité.

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De ses bras il étreint la rivière

Et boit la lune qui se mire à sa surface

Il joue des nuages comme on le fait d’une balle

Étonné que le vent ne fasse pas barrage

Il dresse des cathédrales au cœur des clairières

Creuse dans les dunes des lits pour les étoiles

Tutoie les poissons et court sous l’aile des chevaux

Aux fenêtres il dépose des feuilles immaculées

Et sur les paupières du dormeur

Un frémissement à peine perceptible

Puis le matin le surprend dans le sein d’une vague

Le songe s’est assoupi

Ont participé par ordre alfamélique:

4zbeaelisaeclaircieheliomel

 

De 8 heures à 8 heures trente

Elle est pas mal du tout, la soixantaine bcbg, entrée sur le site « je contacte » sur la pointe des pieds, elle cherche sans trop y croire un homme aimant les sorties, les musées, le cinéma les balades à la campagne etc. Tout comme moi. Mais j’hésite à me mettre sur les rangs. Sept ans de solitude ça vous façonne une armure faite de manies, de préjugés.

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Depuis que je suis en retraite, mon réveil sonne à huit heures mais je ne me lève qu’à huit heures trente, car en retraite on s’extrait du lit quand on veut, sauf que finalement, c’est toujours à la même heure, comme pour les repas, on a beau dire qu’on a le temps, on ne le prend pas.

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Dix-huit heures dix, tiens c’est « questions pour un champion » et après cap sur Arte pour « vingt-huit minutes » Ensuite je préfère lire ou écrire car la lecture et l’écriture sont les deux mamelles dont le lait vous permet de rester jeune, au moins dans sa tête, oui je sais, je suis parfois lyrique surtout quand j’écoute, comme en ce moment, le concerto numéro deux de Rachmaninov. Il faut vraiment un bon film ou une bonne émission pour que je m’assoie en face de la télé. C’est rare.

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L’été je plante mes douze pieds de tomates selon un rite immuable. Les années paires dans la partie haute du potager et les années impaires, l’inverse. Culture alternée avec les haricots verts « nains d’Etampes »

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Septembre, récolte des graines de lavatères, soucis, althéas pour l’année prochaine, des pommes percées par les carpocapses, des noix et du raisin vert à vous déchausser les dents.
Vous avez remarqué comme l’automne est perfide ? Il y a un beau soleil, il faut encore tondre la pelouse et puis une bonne rafale de vent fait tomber vos pommes carpocapsées. Encore une éclaircie, vent tiède et feuilles confiantes et crac, il pourrait presque neiger, juste le temps d’enlever les tuteurs des tomates, ne pas oublier de les rincer à l’eau de javel.
Le ciel c’est l’atout gris qui ramasse la mise et vous le mal au dos en ratissant les feuilles qui ont renoncé à vivre.

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Seize degrés. C’est vrai que l’indispensable feu de cheminée vous ramène aux réalités quotidiennes (avec le pantalon de velours côtelé) de l’automne.
Et le rituel reprend, récolte des cageots qui trainent sur le marché déserté, le panier de bois à remonter de la cave, dispersion des cendres dans le potager (c’est bon pour la culture)

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Et vous voudriez que j’explique tout ça à Zoé95?

Vous savez— j’ai quelques manies…le temps de les énumérer, elle serait déjà partie.
Ou alors elle m’avouerait qu’elle aussi a ses travers, qu’elle met des mini chaussettes affreuses dès qu’elle rentre chez elle, qu’elle laisse la porte des toilettes ouvertes sans rabattre le siège, qu’elle aime les bibelots, les rideaux, les chromos, tout mon contraire, j’apprécie ma chambre vide et mon salon dépouillé, les surfaces lisses, les angles vifs, les murs droits et que pour moi, le comble du désordre, c’est de laisser deux livres traîner sur la table basse.

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Je lui préciserais que le lundi, pour moi, c’est le jour de la lessive et des œufs bacon, le vendredi, celui des courses, elle me répondrait que pour elle les courses c’est n’importe quand et qu’elle mange juste pour vivre et qu’elle déteste les plats en sauce.

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Et pourtant, puisque je lui aurais proposé, dieu sait pourquoi un rendez-vous, on se serait pointés, à l’heure, au moins ça de commun. À quinze heures sous les horloges de Saint-Lazare, original.

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Mais à vingt heures, à force de se regarder dans les yeux en racontant nos vies, de supputer l’histoire de cette petite ride entre l’aile gauche du nez et la lèvre supérieure on aurait eu envie d’échanger nos prénoms, Marie-Claire ou Elisa ou Béa, Jean-Claude ou Michel ou Alain.
On a promis de se revoir et quand on s’est retrouvés elle dans son appartement bordélique et moi dans ma maison au garde à vous, on a longtemps pesé, le pour, le contre et finalement, le lendemain, j’ai appelé le numéro qu’elle m’avait confié.

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Pourquoi on s’est jetés l’un contre l’autre, on ne le saura probablement jamais.
Pour que notre liaison dure plus qu’une lune, on s’est mis d’accord. Au début chacun chez soi, on ne partagera que les loisirs.

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Mais elle aura vite envie de venir voir le jardin dont je lui rabats les oreilles, on conviendra de passer le week-end ensemble et on ira acheter une brosse à dents chez Leclerc, comme ça je saurai déjà qu’elle aime les brosses tendres et je la laisserai mettre le pot de fleurs sur la table basse.

Des rêves en 4D par 5 de ZEPHE.

Des rêves en 4D par 5 de ZEPHE.

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Décider du sort de la hallebarde serait facile s’il ne plaisait pas tant au ciel de s’effondrer. Alors l’homme enfile ses chaussons et s’assoupit enroulé au fond d’un siège.

Les rêves arrivent aussitôt

Une jolie rouquine apparaît entre deux nuages, puis viennent les danseuses aux tutus étincelants. Quelques vagues, se sentant délaissées, fredonnent doucement et parviennent, en marchant, à l’entrée d’un canal.

Quand se lève le matin, l’homme a disparu, emporté par le flot continu des images.

Il ne reste du spectacle qu’une vieille hallebarde oubliée sur la plage…

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Prends-moi mais ne te méprends pas

Depuis que je rêve en 3D

La chambre est trop petite

Le ciel est au ras du plancher

 

Avec sa casquette dorée de contrôleur de câlins

Elle poinçonne le cristal que je vois dans tes yeux

Un aller-retour pour transports en commun

Sur un sofa de première classe

 

Prend ma voix, prends ma main, elles ne tiennent pas de place

Dans le placard de l’encoignure, gardons nos illusions

Accrochons nos souvenirs sur les arcs de plein cintre

L’abat-jour est de travers et la lumière s’évade

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Vague de travers,

 

On prend les mêmes et on continue

De valser

Deux par deux si lointains

Que les distances s’abolissent

“Inanimées bibelotes”

Breloques vacillantes

On prend les mêmes et on continue

De tangoter

Milliers par milliers si proches

Que les nuances spongieuses

Finissent par nous diluer

Dans un grand verre vide

Personne n’aimera la paille qui l’aspirera

En chuintant…

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J’ai traversé des jardins interdits

Au public – les fleurs y font des bulles

Dans lesquelles on lit les paroles sans suite

Les mots portés par des virgules.

Du kiosque abandonné squatté par les statues

S’échappent les notes d’une musique

Triste comme un nuage arrêté

Pour excès de vitesse au-dessus de mon toit.

Ce toit j’en peins les tuiles

Aux couleurs des roses rouges

Dont les pétales pressés donnent une liqueur

Servie le soir autour d’un feu de cheminée

A des créatures gracieuses

Qu’un joint métamorphose.

Flammes et fleurs chargent-elles leur rôle ?

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Sous les chapeaux parfois

Ne se trouvent non pas des têtes

Mais des idées nues

Elles s’agitent comme poissons pris au piège

Dans quelque filet réservé

Aux provisions que les ménagères harassées

Rêvent de voir avancer seules

Monter les étages ou se ranger dans les celliers

Tandis que ces femmes prendraient des poses languides

Sur un bord de la nuit

Pour des peintres de l’invisible

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Les 5 :

Eclaircie, les jardins de la lune.

Elisa, le toit de la lune.

Héliomel, les ardoises de l’air.

Phoenixs, l’œuf de profil.

4Z, le sucrier volant.

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Les pavillons incertains

 

Dans un blanc épais, opaque, il dort, d’un sommeil de conte de fées, niché au cœur chaud d’un livre.

De petits personnages colorés escaladent les pages, cherchant les traces d’un soleil ou, à défaut, d’une lumière. Mais le blanc efface tout, jusqu’aux illustrations qui veillaient, fières, dès la belle couverture.

Que d’innocentes mains saisissent l’ouvrage, le trouvent, l’éveillent. Vite, avant que les lèvres glacées de l’hiver n’éteignent à jamais la machine à rêver !

 

Dans le ciel ensablé

S’ouvrent des entonnoirs

On y boit des jus de fruit

En fermant les yeux pour mieux entendre

Un liquide pourtant silencieux

Les oiseaux comptent mal

Leur chiffre passe les frontières

Leurs ailes s’intervertissent

Ils oublient de voler

Et se laissent porter

Par les soupirs de femmes

Qui avec une cruche sur la tête

Parviennent à bâtir

Et nous les regardons

Eblouis quoique privés de tout

 

Dans un ciel bouton d’or des téléphones noirs

Jouent les oiseaux de mauvais augure

Prédisent à des nuages blancs d’œuf

Qu’ils finiront noyés aux rives du crépuscule

 

On fait briller leurs ailes

Avec deux gouttes de vinaigre

De deux battements de portes

Des poignées de portes s’envolent

 

Un pinceau rouge à lèvres se pavane

En suspension entre place et beau

Tiens, il va pleuvoir des cordes à linge

Comme des limaces, les pinces s’avancent

 

L’océan dans la tête

Bercé par tous les vents

Le corps s’étale et chante

Parfois se désagrège

Pour mieux réapparaître

Et tandis que ses gestes

N’éveillent aucun soupçon

Il se fond dans les arbres

Au lit de la rivière

Mais aussi dans nos yeux

 

Où sommes-nous ?

 

Mais non Marthe, pas dans un zoo

Un vaste pavillon réservé ?

A bien  entendre, sans doute…

Tourner entre deux mondes

Renverser les vapeurs

Pencher au-dessus des eaux noires

Nous, infinitifs sans sujet

Verbes sans objet,

Conjuguons  les univers

Sans relever l’espoir collé

A nos semelles gluantes.

Mais non Marthe, pas dans un cirque

A moins que tu ne remettes ton nez rouge…

 

Les résidents de ces pavillons (dans un livre, un zoo, un cirque, un arbre, survolant les frontières ou sur la corde à linge) :

4Z Elisa Phoenixs Héliomel Eclaircie