Monthly Archives: mars 2012

Marbres et jardins aquatiques

PPV du 30 mars 2012
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La corde était fixée à l’océan des tempêtes
À moins que ce ne soit à la mer des humeurs
À l’autre bout, il y avait un cou
Et au bout du cou, il y avait une femme
Drapée, laurée, elle oscillait au gré des vents
Errant de Brest à New-York
Parfois ses pieds raclaient les Açores
Alors elle tournait sur elle-même
Et regardait la lune indifférente
Le jour où la justice balança
La liberté mourut, pendue
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L’escargot en colère a quitté sa coquille
La salade n’en finit pas de germer
Tandis que le chou termine sa ronde
Un peu déçu de ne pas plaire
Au limaçon qu’il croit reconnaître
Les fées n’existent plus
La bête à cornes ne trouvera
Pas de carrosse pour s’en aller
Croquer la pomme et s’endormir
Jusqu’à l’été suivant
Mais déjà le hérisson s’éveille
Mord le gastéropode le légume et la graine
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La reine des fées dressée sur son socle de granit
Veille sur la ville endormie
Ses yeux sont des lustres ses larmes des pendeloques
Elle sourit aux oiseaux
Qui picorent le sel de ses lèvres
Et aux hélicoptères dont l’hélice à pales aiguisées ne l’effraie pas
Mais rafraîchit son front couronné où la sueur perle
On a substitué à sa baguette un flambeau
Nul ne s’en plaint ni même elle
Car elle éclaire ainsi la part d’ombre
Avec laquelle le ciel joue des tours pendables à l’homme
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A la barre : Eclaircie
Au sismographe : Héliomel
Au court-bouillon : 4Zetc
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Roman

.Roman

 

 

Par l’interstice de la porte disjointe

Elle le regarde

Il est grand même assis

Parfois il se lève

Et marche

C’est drôle alors

Son cerveau ne le suit pas

Ou pas toujours

Parfois il s’échappe

Se cogne aux murs

Passe par la fenêtre

Lorsqu’elle est ouverte

Une curieuse fumerolle allume

Les réverbères surtout le jour

Pour que personne ne remarque

Je suis seule à les voir

Depuis mon soupirail

Ils sont là depuis toujours

Ou seulement depuis hier

L’ombre ne renseigne pas

Peut-être les mots

Lorsqu’il se rassoit

Les lettres sages deviennent des phrases

Et forment des livres

Qu’il me reste à relier.

 

 

un petit crucifix

UN PETIT CRUCIFIX
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Accroché sagement au cou de Colombine
Un petit crucifix dansait sur sa poitrine
Il s’était, le malin, sur ce tendre oreiller
Fabriqué sans regret un petit nid douillet.
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Ce morceau de métal symbole d’espérance
Pour ce monde perdu qui soupire en silence,
Plaisantin s’est niché dans les pommes d’amour
Que l’homme d’aujourd’hui veut cueillir chaque jour.
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En se tenant ainsi cette petite croix
Avait fait le meilleur et le plus beau des choix
Car entre ces coussins elle trouva sa place
En donnant au Seigneur, un superbe palace.
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jc blondel

 

par des mots

Par des mots

Maitre : par des mots j’aimerai

01 : conter par l’écriture

02 : ce désir flamboyant

03 : sans faire de l’amour

04 : j’ai trouvé cette fleur

05 : ce bouquet de tendresse

06 : en jalonnant les jours

07 : dans ce monde habité

08 : le plaisir est le roi

09 : le rêve et la caresse

10 : je goute à l’infini.

 

PAR DES MOTS J’AIMERAI

 

J’aimerai par des mots conter en écriture

Ce désir flamboyant qui réside en mon cœur

Sans faire de l’amour une caricature.

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Au fond de mon jardin j’ai trouvé cette fleur

Qui m’offre chaque nuit ce bouquet de tendresse

En jalonnant les jours des fastes du bonheur.

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Dans ce monde habité par ma belle princesse

Le plaisir est le roi d’un royaume inédit

Où règnent sans regret le rêve et la caresse.

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Dans ses bras chaleureux, je goute à l’infini.

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 CONTER PAR L’ECRITURE

 

J’aimerai par des mots conter en écriture

Les histoires d’un temps, nos duels d’amoureux

A l’abri dans un lit sous notre couverture.

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Aux abords de minuit nous débutons nos jeux

Pour laisser nos ébats commencer leur voyage

Sur un chemin pavé de rêves merveilleux.

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Les rondeurs de ton corps m’offriront une plage

Ou je veux accoster sans aucune pudeur

Pour montrer aux passants cette sublime image.

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Ce désir flamboyant qui réside en mon cœur.

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CE DESIR FLAMBOYANT

 

Ce désir flamboyant qui réside en mon cœur

Réveille mes dix doigts dans leur course sauvage

Pour effacer l’effroi que tisse le malheur.

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Sous le soleil d’été je pars à l’abordage

En goutant sans façon tous les fruits défendus

Que tu caches parfois sous le blanc d’un corsage.

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En mettant au placard, tous nos rêves perdus

Tous ces instants secrets plongés dans la luxure

Quand l’adultère avait peur des sous entendus..

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Sans faire de l’amour, une caricature.

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SANS FAIRE DE L’AMOUR

 

Sans faire de l’amour, une caricature

Je dessine les traits des regards convenus.

Sur ma toile le soir, j’étale la peinture.

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Les faux départs se font sur des malentendus

En provoquant souvent un grand vide et l’absence

Pour s’égarer plus tard dans des noirs malvenus.

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Le bonheur ne sait plus faire de différence

Il s’en va, il revient poursuivant son labeur

Me laissant divaguer bien seul dans le silence.

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Au fond de mon jardin j’ai trouvé cette fleur.

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J’AI TROUVE CETTE FLEUR

 

Au fond de mon jardin j’ai trouvé cette fleur

Me régalant toujours de sa douce présence

Qui fabrique à l’amour un asile en douceur.

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En venant près de moi dans sa frêle innocence

Elle peint des couleurs au décor éternel

Où le désir s’ébat dans toute son aisance.

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Marguerite d’un soir mise au fond du missel

Pour charmer l’écrivain d’un rêve et la promesse

D’une étoile venant s’allumer dans mon ciel.

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Qui m’offre chaque nuit ce bouquet de tendresse.

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CE BOUQUET DE TENDRESSE

 

Qui m’offre chaque nuit ce bouquet de tendresse

En donnant du plaisir à mon cœur de mortel

C’est la femme d’un soir, une belle Déesse.

Elle vient bousculer mon corps d’amant charnel

En ouvrant le portail d’une petite histoire

Pour me faire espérer en l’amour immortel.

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Sa beauté remplira pour un temps ma mémoire

Où j’ai gardé pour moi son parfum, son odeur,

Dans un vieux rêve fou qui parait illusoire.

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En jalonnant les jours des fastes du bonheur.

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EN JALONNANT LES JOURS

En jalonnant les jours des fastes du bonheur

Elle allume des feux dans la nuit toute noire

Pour redonner au ciel sa sublime couleur.

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Elle veut m’enfermer dans une tour d’ivoire

Poursuivre dans mes bras nos plus tendres câlins

Dans ces instants perdus où tout est dérisoire.

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Je découvre parfois dix milles autres chemins

Où le désir se perd dans sa folle paresse

Dans ces moments je vis, bien trop seul, les matins.

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Dans un monde habité par ma belle princesse.

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DANS UN MONDE HABITE

Dans un monde habité par ma belle princesse

Je bâtis ce château, là-bas, près des moulins

Où le soleil revient déposer sa caresse.

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Du coté de minuit tu laisseras mes mains

Visiter sans regret ton corps de Colombine

En faisant un arrêt sur le bout de tes seins.

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Je cherche les secrets que cache mon ondine

Que me donne sa peau lorsqu’elle se blottit

Dans le creux de mes bras, en se disant câline.

Le plaisir est le roi d’un royaume inédit.

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LE PLAISIR EST LE ROI

Le plaisir est le roi d’un royaume inédit

Où la reine d’un soir, d’une allure féline,

S’installe dans nos bras, au fond de notre lit.

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Un bel archer coquin à la flèche mutine

S’infiltre dans la nuit au cœur de nos ébats

Pour faire remonter un peu l’adrénaline.

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Dans la course aux émois nous sommes des soldats

Dans un duel à deux, armé par la tendresse

Attisant le désir au cours de nos débats.

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Où règnent sans regret le rêve et la caresse.

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LE REVE ET LA CARESSE

Où règnent sans regret le rêve et la caresse

L’amour se fait un nid pour signer des contrats

Sans faire pour demain une fausse promesse.

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Il s’invite des fois sous la blancheur des draps

L’espace d’un instant dans le fond d’une couche

Pour réveiller l’ardeur de tendres pugilats.

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Il viendra par endroit tenter une escarmouche

Pour toucher de son doigt ce beau rêve interdit

Quand un baiser s’en vient se poser sur sa bouche.

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Dans ses bras langoureux je goûte à l’infini.

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JE GOUTE A L’INFINI

Dans ses bras langoureux je goûte à l’infini

Lorsque son corps brulant dans notre lit me touche

Pour donner au présent un chemin sans ennui.

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Le désir voyageur quelque part l’effarouche

Quand il accoste un soir sur les bords de sa peau

Caressant de la main sa beauté sur la couche.

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Pour offrir à l’amour un tout dernier tableau

Sur la toile je vais tenter une aventure

En dessinant mes vers à la plume, au pinceau.

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J’aimerai par des mots conter en écriture…

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 jc blondel

sur le dos d’un nuage

SUR LE DOS D’UN NUAGE

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Je décampe à cheval sur le dos d’un nuage

Pour m’en aller rêver jusqu’au prochain matin ;

Poussé par un Mistral chaque nuit, je voyage

En suivant une étoile éclairant mon chemin.

 .

Je m’aventure un peu plus loin, au firmament,

Sur un traineau volant autour de la grande ourse

Pour survoler d’un trait le bleu de l’océan

En poursuivant le temps dans une folle course.

Je vois sur fond d’azur un bel astre en douceur

S’installer quand le jour tout doucement s’efface ;

Les secondes s’en vont s’écouler dans l’espace

De cet hier glacé qui n’a plus de saveur.

Le monde, simplement, s’endort au crépuscule

Quand le noir envahit le rivage endormi,

En laissant le soleil jouer au funambule

Sur un fil d’horizon dans un ciel assombri.

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Le rêveur, au repos, allongé sur la plage

Dans la chaude clarté d’un été qui s’éteint

Contemple la saison qui parfait son ouvrage

En réveillant les feux des monts du Palatin.

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Je fixe ces moments sur une pellicule

Pour conserver l’émoi dans mon cœur ébahi

En regardant là-haut ce monde majuscule

Qui s’invite le soir au dessus de mon lit.

 .

jc blondel

Lune de sable

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La page s’ouvre comme cette fenêtre

Air vif  Vue sur la mer ou sur un mur

Où vagues et pierres fleurissent

Ainsi qu’on doit le faire au printemps

Et si l’on inversait la vapeur

Que la fumée précède le train

Le vent déjà ravale son souffle

La lune à peine étonnée poursuit sa route

Attendant des visiteurs à déjeuner

Ceux des wagons sans classe

Avec étoiles aux yeux et dans la poche

Une planète qu’ils ont  bâtie pour eux

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L’écueil résiste à la vague

Mais la vague au vent s’abandonne

Pourquoi ne sommes-nous jamais d’accord

Avec la nuit

Pour empêcher le soleil d’éclairer la lune

 .

Pourquoi mes yeux se ferment-ils

Quand j’ouvre la bouche

Et qu’il en sort comme d’un tunnel une locomotive

Pourquoi lorsque je fronce les sourcils

Voyageuse à l’air farouche

Rester sur la défensive

 .

Les gares se succèdent et se ressemblent

Parfois légères parfois pleines de poissons

Leur choc contre mon front

Ne me réveille pas

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La proximité d’un point d’eau

Le balancement d’un palmier

Une griffe couleur de lune

L’ambre sur le chameau

 .

Existe-t-il des abeilles

Au creux des baobabs

Des fleuves souterrains

Pour faire boire les oasis

 .

La rose des sables n’est butinée

Que par les fourmis rouges

Ainsi le miel se fait sable

Et le fennec a faim

 .

Le sirocco s’éloigne

La dune est tranquille

La croix du sud chancelle

Sur le ciel bleu touareg

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Héliomel-4Z2A84-Eclaircie

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pres du vieux quai

PRES DU VIEUX QUAI

 .

Là-bas, près du vieux quai quand gronde l’océan

Des barques, des chalands sont léchés par l’écume

Et les murs de béton caressés par le vent

Disparaissent sans bruit dans des lambeaux de brume.

 .

Debout sur son rocher, en s’accrochant au ciel

Les morceaux de granit d’une vieille chapelle

Appellent de leur vœux la main de l’éternel

Quand l’orage mauvais vient nous chercher querelle.

Le phare balançait ses éclats sur la mer

En offrant aux marins un peu de sa lumière

Lorsque parait sonner leur heure, la dernière

Pour les sortir vivants des vagues de l’enfer.

Il a vu s’en aller, glissant sur l’horizon

Des milliers de bateaux, des vaillants capitaines

Qui vogueront sans fin, qu’importe la saison

Pour aller conquérir quelques îles lointaines.

 .

Chaque jour il attend dans le souffle du vent

Le retour du pêcheur que l’ouragan parfume

En craignant le naufrage il pleure pour l’enfant

Qui garde dans son cœur, un reste d’amertume.

 .

L’église du vieux port chante son oraison

Pour ne pas écouter la chanson des sirènes

En se disant tout bas « que perdre la raison »

Ne seront que des mots au bout de nos rengaines.

 .

jc blondel

un vagabond

UN VAGABOND

 .

Je suis un troubadour,

Rimailleur sans problème

Je vis de mon amour

Et reste un peu Bohème.

 .

Je m’invite le soir

Auprès d’un feu de bois

Pour distiller l’espoir,

La douceur des émois.

Je parle avec tendresse

De plaisir, de désir

Lorsque dans un soupir

Ma voix devient caresse.

A perdre la raison

Je fouille ma mémoire

Je viens chaque saison

Raconter mon histoire.

 .

Dans la course du jour

J’irai jusqu’à l’extrême,

Ma rime est sans atour

Quand le matin est blême.

 .

Vivant de ma chanson

Et de mon répertoire

Je suis un vagabond

Sur un chemin sans gloire.

 .

jc blondel

 

ps: c’est une forme poetique classique arabe: le mouwachah

Ce vent qui fait voler les plumes

On demande le vent

Au guichet de la nuit

Des paroles pas même tendres

Au chevet de nos jours

Quand la bise est glacée

Encore on applaudit

Parce que le vide nous donne le vertige

Dans l’assiette du matin l’œuf étouffe

Le jaune pâlit comme un soleil malade

Quand le pain à nouveau se fait blé dans le champ

La neige dissimulant le vert tendre

Que nous n’avons pas su brouter

Nos langues tombées

Dans un puits surgi avant l’hiver

Où nos manteaux déchirés

Se sont noyés

 

Ils sont tragiques ou comiques

À gaz ou de Venise

Papier mâché ou de beauté

Ils flirtent avec les loups

On les dit parfois de marbre

Mortuaires ou de cire

Les femmes enceintes

Les portent comme du son

Enlevés, ils nous trahissent

Portés, ils nous protègent

On les jette quand on nous dit :

Bas les masques !

 

Une plume

Je n’étais qu’une petite plume

Mais sur un grand oiseau

Et je savais déjà

Combien serait illustre mon avenir.

Tué par un chasseur l’oiseau mourut

Des poètes me recueillirent

Et comme j’étais une plume d’oie

Ils m’encouragèrent à écrire

A écrire quoi

Eh bien l’Iliade et l’odyssée

L’ancien et le nouveau testament

L’Énéide

Gargantua Hamlet Faust

Et ce que vous lisez à cet instant précis en souriant

Amitié Virtuelle- Élisa Romain

Un recueil édité par Chloé des Lys.

De notre Amie Élisa-R

Un délicat recueil où les poèmes alternent avec des pensées de l’auteur sur les rapports, connivences et amitiés qui peuvent se tisser sur la toile.

Au dos du recueil, ses mots :

« Dans un monde où, même l’argent se cache pour exister, le mot « virtuel » prend la douce transparence d’une feuille de papier calque. Il ne nous reste plus qu’à y dessiner les contours, un peu flous, de ce qu’il nous semble voir. »

 

Tout en délicatesse, en force aussi. Avec le style inimitable d’Élisa.