Monthly Archives: septembre 2011

Elle aime

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Elle aime
Viser au colt le Yorkshire du voisin,
La liturgie du vin de messe,
Mordre au garrot le CRS,
Numéro cinq et le cinquante et un.
Elle aime
Regarder les mouches en bateau,
L’éther en infusion du soir,
Repriser les petits mouchoirs
Porter la jupe en talons hauts.

Elle aime
Faire des entrechats siamois,
Le museau et la gauloiserie
Le goût du rat, mijoté au carry,
Le son du corps, le soir au fond du bois
Elle aime
Piétiner étourdiment la plate-bande,
Mâtiner le thé de bourbon
Dessiner des moustaches au bouchon
Et les « complètes » de Georges Sand

Elle aime
Sucrer les fraises au marteau,
Pouic-Pouic et Hibernatus,
Localiser les hypothalamus
Et le yodel en culotte de peau.
Elle aime
Marcher dans la rosée,
Nourrir les autruches du zoo,
Les nuits pluvieuses en tante igloo,
Et puis par dessus tout, causer…

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L’oreille ovale

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L’enfer me ment

Est-ce l’hypocras que j’ai bu

Le rossolis que j’ai cueilli

Ou la thériaque oubliée ?

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Les éclipses ressemblent

À des oranges fleurs de sel

Etoiles passiflores

Passions déraisonnables

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Le fer me tue, éclair

Coupant les sangles

Qui me serraient

Tout contre toi

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Fils de septembre

Fils de vierge

La vigne rougit

Sur le mur décrépi

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La tête entre les mains

Nous songeons à demain

Comme à d’autres contrées

Où l’on ne peut entrer

Sans montrer patte blanche

C’est tous les jours dimanche

Au pays fabuleux

Dont les fenêtres bleues

S’ouvrent sur l’avenir

Rien ne sert de finir

Le livre commencé

Quand le vent nous invite

A lui rendre visite

Dans son nid menacé

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La peur s’insinue sous la peau

On sort alors de soi délaissant la cuirasse

Libre on se mêle aux feuilles

Et c’est une coquille vide

Qui déambule dans les artères principales

De la moindre ville parée pour l’accueillir

Son sourire extatique rassure les habitants

Pour peu qu’ils ne s’approchent

Et découvrent le gouffre

Entre les lèvres pulpeuses et attirantes

Les plus audacieux n’en sont jamais revenus

Et de l’humus germe un chant nouveau

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Un visage en assiette

Sous l’oreille ovale

D’un rire superflu

Aurait perçu une dentelle

Ou trois aunes de jupe laineuse des steppes du sud

Impossible me direz-vous

Qui sait d’ailleurs qui voudrait savoir ?

Louise garde le ballon

Bien serré contre son cœur

Si serré que sa joie éclate au grand air

Avec le ballon

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Les jongleurs vendangeurs de contrées lointaines ou proches :

Elisa-R, Héliomel, 4Z2A84, et  Éclaircie

Mes deux amis

Etaient insupportables ; tu le sais qui écoutes ces Contes d’Hoffmann qui les faisaient se moquer de toi entre deux verres. « Midinette » disaient-ils d’une voix haut perchée.
Deux verres et la nappe est tirée, roulée en boule de perles.
Il ne reste rien sur le quai de gare.
Rien qui se gare.
Prends ta madeleine et fonds-toi dans la tasse.
S’entassent des soucoupes posées dans les étoiles mortes.
Là, sur le seuil de la mémoire jonctée.
Nous partions au clavier les soirs de bouteille à la flotte. Ils craquaient les notes noires sur les touches blanches des aveugles du temps.
Je m’égosillais dans le crépuscule en écharpe petite soprane ivre. Que les sons flottent si je mens.
Chacun penché nous achevions de nouer nos mouchoirs.
Pourquoi suis-je donc la seule ce soir à essorer des cils battus ?
Les ciels battus en pluie imperturbables se défilent.
C’est la chanson d’Olympia.
C’est la chanson.
C’est là, sans eux aux étoiles déposés.

Une dent humaine sur pivot trouvée dans une saucisse à Guérande
Un couple de retraités de Guérande affirme avoir découvert lundi une dent sur pivot, dans une saucisse, selon une information de Ouest-France confirmée à l’AFP par l’une des deux victimes de la mésaventure, mardi.

Le thermomètre appuyé

Deux plus deux font quatre
Sauf en automne
Car en automne on compte sur ses voisins
Pour chanter Ah t’auras du boudin
Au son d’une flûte
Tous les rats attirés hors de la ville
Par l’adroit joueur
Ne lisent pas Dostoïevski
Dans le texte original
Il préfèrent couver des yeux l’impératif présent
Surtout lorsqu’il s’abrite sous un poil
En réaction contre la visite du palais de versailles par des anticoagulants
Mon psy remonte ses bretelles
Quand la porte grince croyant bâiller
Quand le vermouth marque un but
Quand l’espérance est passée à tabac
Quand le doryphore danse le tango avec une chaise percée
Quand une dent sort de chez elle en djellaba
Pour couper ras vos ongles
Adhérez au parti communiste
Le matin de préférence
Dans un train dont se plaignent les ventouses
Ces ventouses qui nous ressemblent
Comme un frère à sa scarlatine
Comme une tante à son neveu né marteau
Encombrée d’icebergs ma mémoire faillit
Je ramasse des cailloux pour me coucher dessus
A la façon du timbre au coin du cognassier
Tout est canard
Entendez il n’y a dans l’univers
Que des canards
Retournez vos poches si vous en doutez

Apprendre à lire

La femme à la chevelure verte et rêche
Chantonne à la lucarne de la nuit
Le bal des chauves-souris débute
Et toutes les belles arborent
Perruques et bottines
Tandis que les branches déjà se crispent
Les arbres savent le départ pour d’autres contrées
Du vent chaud guidant les valses
Les tangos et les sambas des danseurs ivres de liberté
Demain les pipistrelles gagneront le grenier
Les cheveux deviendront gris et la fenêtre sera fermée
La femme poursuivra son chant pour la lune alors glacée
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Un peu fou le rêveur tentait d’apprivoiser

Une mer de vagues blanches dans un mamelon de cuivre

La cuisine prenait l’eau quand les animaux fabuleux

Sortaient de la casserole pour leur course matinale

Cela ne ressemblait à rien d’ordinaire en cet endroit

Et les hordes merveilleuses s’élançaient tour à tour

Submergeant à chaque fois le simplet subjugué

Quand il comprit que ces étranges êtres

Vivaient deux fois dans un même jour le plaisir du réveil

Il décida de leur rendre la liberté et versa

En pleurant le contenu du contenant dans un bel océan
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Claquez portes
Je reste sourd à vos mensonges
Comme la vague aux borborygmes de l’océan
Rien
Ni le doigt dans la fosse nasale
Ni la fosse nasale entre Toulouse et trois heures vingt
Ni le percheron qui pose nu
Devant un peintre étroitement menotté
Ne me feront oublier un rendez-vous
Avec la mort (on ne se sert plus d’un œuf pour repriser ses chaussettes)
Claquez dents
Que l’eau se réveille et aère les centres culturels moisis
Car la jungle est un plat réchauffé au micro-ondes (8 min. puissance 700W).
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RESPONSABLES : Elisa, Eclaircie et 4Z.

Diplodocus d’automne

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Sous la verrière des ossements
Où nage un ciel orange strié de rats volants,
Je suis un diplodocus exemplaire
Ruminant son potage d’asparagus.

Tant d’heures à replier mon drap de couche argilo-calcaire
Et mon arthrose…

C’était bien la peine
De me nettoyer l’astragale, le calcaneus au pinceau,
À la petite brosse douce.

Et je pleure les humus anciens,
Quand sonne l’heure je me souviens,
Du ciel rouge,
Du vol en V des poules à dents… Palmes et fougères.
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* Remerciements à Paul Verlaine (autre dinosaure) pour sa participation…

PETITE LISTE

1 pain
4 tranches de jambon
riz
farine
sirop contre la toux
Huit et Demi de Fellini
ou La Cité des Femmes du même
descente en canoë de la butte Montmartre
une barboteuse verte
que Zoé n’oublie pas de fermer le gaz
facture d’électricité
dentifrice
buvard contre l’averse
taxi
téléphoner aux morts
plombs
1 ombre (la moins coûteuse)

Si le soleil est un pitre
la lune s’en détournera
et cherchera ailleurs un amant
car la légende voit en elle une créature sérieuse
– l’avez-vous vue seulement sourire