Monthly Archives: juillet 2011

La séparation

La séparation

Natalie ne pouvait détacher son regard

De ce grand lit troublant  défait par le hasard

D’une rencontre au bal du quatorze juillet

Il chancelait dans l’air comme une odeur d’œillet

.

L’aube avait su fixer l’empreinte de son corps

Déposée sur le drap où l’on voyait encor

Des ravins qui tombaient jusque sur le parquet

Là où ses vêtements faisaient comme un bouquet

.

Pensait-il qu’elle allait le prier de rester

Elle faillit lui parler  mais elle sut résister

Comme elle avait aimé sa façon d’enfiler

Sa chemise rayée avant de s’exiler

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Affaibli par le jour, un néon qui grésille

Dans l’escalier  grinçant, une voix s’égosille

Il était plus parti qu’elle ne l’avait chassé

D’un revers de la main elle lissa le passé

L’île au chat qui pêche

Le chat choisit son île

 L’oiseau enroule un arbre

 Autour d’une valise rouge

 Aucun ne devine

 Quelle sera la tête de  la mégère

 Lumineuse ou sinistre

 Elle aura le sourire prolongé

 Des photographies rangées

 Dans les malles à souvenirs

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La moindre haie se dresse aux confins de la nuit

Pour accueillir les sons les gestes en partance

Le temps pour eux de vivre avant d’être absorbés

Par l’oreille et les yeux de la forêt mouvante

Le sous-sol les attend corde raide empesée

A l’oral recalé pour n’avoir su jouir

Et vivre le matin que la lumière aveugle

Passés au stroboscope et n’avoir laissé trace

Trop pressés de s’enfuir vers l’océan rageur

Le seul après la pluie à se nourrir encore

De vagues mouvements bercés des cauchemars

Qui agitent l’enfant alors qu’il veut grandir

Son regard était cousu de cils blancs

Il n’avait que la peau et les seaux  

Clairs comme de  l’eau de poche

Gibier de pitance, il voulait changer

 .

Marre d’être

Le cul entre deux braises

Envie

De prendre le Corot par les bornes

 .

Oui, envie de retrouver le goût

D’une poêle à frire aux éclats

Il voulut des amis striés sur le bolet

Leur mettre un fil à la pâte

 .

Il se prit à rêver mais hélas

Il tomba de chars vides  en syllabes

De cauchemars à l’Américaine

En mangoustes à la bayonnaise

.

C’est dans la purée de pommes de terre

Qu’il faut creuser

Pour trouver de l’or

Toutes les mines sont fermées

Le poing s’use contre leur porte

Et la fourchette tient debout

Inutile de mordre

Le soleil pour le voir saigner

Quand il se couche

Sur un ordre

De celui qui commande à tout

On le peint comme une araignée

Sous la langue il est jaune et doux

Beurre et purée

Ont participé :

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Heliomel

Conversation de Jean Tardieu

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(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)
Comment ça va sur la terre?
– Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères?
– Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages?
– Ça flotte.
Et les volcans?
– Ça mijote.
Et les fleuves?
– Ça s’écoule.
Et le temps?
– Ça se déroule.
Et votre âme?
– Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.
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Interlude des trois martiens

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Ils sont un, deux, trois, oui trois bipèdes élancés, filiformes. On dirait qu’ils dansent à la chanson des gestes que font les éoliennes dans le raz plat des champs.
Ils sont un, deux, trois, oui trois cyclopéens sertis de leurs monocles. On dirait qu’ils boivent comme des échassiers mondains dans les luzernes bleues, insensibles au retour des doryphores dans les solanacées.
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait leur peau grise, rugueuse comme une mue d’écaille ou de carapace. On dirait qu’ils se grattent de becs et pattes, qu’ils font des bruits de… de je ne sais quoi, de gargarismes. On dirait qu’ils jouent, qu’ils chahutent… Sont-ils drôles ces bestiaux !
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait qu’ils se dévissent le cou pour nous apercevoir, qu’ils tendent l’oreille pour nous entendre, comme des êtres surpris par des phares à la mare pendant leurs ablutions intimes…
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait qu’ils complotent.
Ils sont un, deux, trois, non deux, on dirait qu’il en manque un ! Ferme donc à clef ta portière…
Où est-il passé l’olibrius ?

Épilogue : « -Yerk grabolchnoyerk é du beugouat »*
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* Les bipèdes d’ici n’ont pas beaucoup de goût quand ils sont en boîte.
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L’asticot

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L’os du chien est vert,
il remue d’asticots

Dans le grouillant le solitaire
n’a que peau sur le dos
et l’horizon godasse.

L’instant se gélatine,
le moment se déglingue.
Sa fleur perd un pétale
d’un peu beaucoup
ou de passionnément…

La nuit secouée de vent
tombe comme une dent.
L’os du chien est vert,
il remue d’asticots

Amoureux d’une étoile.
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L’horizon s’endort sur mes genoux…Josy

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Petit chemin étrange..
Fleurissent les lys,
Les mimosas,
Les soupirs.
Les oiseaux rient.
Mais,
C’est sur ton visage
Que je péris.
Je ne rêve plus.
Je sors de ma bulle.
Le lierre envahit l’espace..

Sur le bord de ton fleuve
Je me pose..
Sur la rosée de tes lèvres
Vibre l’adagio;
Comme une plume caressante
Sur mon épaule,
Quand frémissent les notes
Sous l’archet du violon..

Un vent désenchanté plane..

Tout tremble..

Les feuilles
Les pervenches
La pluie
Un coeur…

D’une libellule,
D’une cigale,
D’un fin ruban,
D’un clair de lune,
Me parviennent encor
Les chuchotements.

Survivance Fleurie
D’un univers,
Je refais le monde
Quand l’astre Céleste
Danse sur les pavots..
Quand une chenille
Chemine sur ma peau..
Quand l’horizon
S’endort sur mes genoux

Quand je désaltère mes yeux
Sur la tendresse
Des fougères
Sur un dernier Songe
Qui a froid.

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Josy01, avec son aimable autorisation

QUATUOR A CORDES OP 48

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Quatuor à cordes op 48.

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Sur la guitare sèche, il pleut des cendres

Sur le pré trempé, Il tombe des cordes à linge

Comme quoi il faut gaver

Son singe sale sans farine

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Sur le sable sensuel

Un cargo laisse son empreinte

L’eau se fait rare à Bakou

Les rigoles rient jaune

Sur les rides des volcans

Aux  pieds des maisons de papier haché

Se forment des labyrinthes

Pour des laves impatientes 

Aussi, quand le feu des hommes mourut

On eut des équinoxes hasardeux

Des solstices d’amertume

Et des luges de suie qui salissaient la neige

.

Les nuages se multiplient

Sans chercher on en trouve

Dans son lit

D’autres s’installent au grenier

Parmi les toiles d’araignée

On croit qu’ils couvent

Mais nul œuf n’éclot sous la paille

Ils ne font plus d’ombre à la lune

Elle en profite et prend toute la place

Privées d’aiguilles les pendules

Se fient à sa clarté pour émettre des sons

Joyeux quand les coucous récitent leur leçon

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Quand la punaise atomique
 
Tomba du mur orange et bleu
 
Sur lequel elle dormait
 
Quand le singe à poils longs
 
Déchira les feuilles 21/29,7
 
Dans lesquelles il vivait
 
Le soleil s’ouvrit en deux
 
Donnant naissance à un triangle
 
Dix couleuvres jaunes
 
Et cent langues à géométrie sonore
 
Plus que moins variable

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Mon corps aura cent ans

Et mon cerveau à peine seize

Il s’échappera de son carcan

Tournoyant jusqu’à l’ivresse

Alors que l’œil déjà fané ne pourra suivre

La boule de feu inquiétante fascinante

Qui demain s’écrasera au mur

Peut-être une aura de couleur

Marquera la fin de l’histoire

Ou ce sera la pierre fondue

Qui se laissera tomber au bas de l’escalier

Celui que personne n’emprunte

Car on ne sait plus trouver la première marche

Et sur une chaise un petit tas de poussière attendra

Que portes et fenêtres s’ouvrent sous un souffle inconnu

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Alto : Elisa R.

Violoncelle : Heliomel

Premier violon : Eclaircie

Deuxième violon : 4Z