Historique du mois : juillet 2011

Au pil de la flume

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Si tu as les yeux qui clognotent*, tôte de linette
Coiffée, ô beauté,
De ton moule à gaufrette
N’éteins pas ton lampion
Et fais nous rire encore
De tes comptines
Aux milles pattes, dont seule une,
Fait son intéressante d’un “ploc” de bâbord !
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* clognoter : verbe judicieux trouvé dans le Déconnaire.
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Fafrotskies

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Ça me mouille la mémoire
Les rires en flic, flaques, floc

Ça me pleut dans le cou
Des gouttes de baleine

Ça me glisse à l’entre col
Postillons de rambarde

Ça me goutte dans l’œil :
Des spectres en fil à linge
S’amusent à train fantôme
En tirant sur leurs pinces

Ça me pleut des grenouilles
Au moins jusqu’aux lentilles

Ça me pisse à la joue
Un crachat de gargouille

Ça me mouche chandelle
Une averse de porche

Ça bruine des ronds dans l’eau
L’essaim des météorites

Ça me joue dans les tours :
Des spectres de gibbeuse
Faubergent en train fantôme
À crocheter leurs pinces

Ça me coule dans les manches
Chanson des Frères Jacques

Ça pleut dedans ma bouche
La prune de famille

Ça me grince la nuit des dents
Les comètes en orages

Ça me rouille le gond
Toutes ces fafrotskies*
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* «Fafrotskies» : Pluies constituées de choses étranges. Condensation de « falls from the skies » (terme forgé par le cryptozoologue Ivan T. Sanderson.)
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La séparation

La séparation

Natalie ne pouvait détacher son regard

De ce grand lit troublant  défait par le hasard

D’une rencontre au bal du quatorze juillet

Il chancelait dans l’air comme une odeur d’œillet

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L’aube avait su fixer l’empreinte de son corps

Déposée sur le drap où l’on voyait encor

Des ravins qui tombaient jusque sur le parquet

Là où ses vêtements faisaient comme un bouquet

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Pensait-il qu’elle allait le prier de rester

Elle faillit lui parler  mais elle sut résister

Comme elle avait aimé sa façon d’enfiler

Sa chemise rayée avant de s’exiler

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Affaibli par le jour, un néon qui grésille

Dans l’escalier  grinçant, une voix s’égosille

Il était plus parti qu’elle ne l’avait chassé

D’un revers de la main elle lissa le passé

L’île au chat qui pêche

Le chat choisit son île

 L’oiseau enroule un arbre

 Autour d’une valise rouge

 Aucun ne devine

 Quelle sera la tête de  la mégère

 Lumineuse ou sinistre

 Elle aura le sourire prolongé

 Des photographies rangées

 Dans les malles à souvenirs

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La moindre haie se dresse aux confins de la nuit

Pour accueillir les sons les gestes en partance

Le temps pour eux de vivre avant d’être absorbés

Par l’oreille et les yeux de la forêt mouvante

Le sous-sol les attend corde raide empesée

A l’oral recalé pour n’avoir su jouir

Et vivre le matin que la lumière aveugle

Passés au stroboscope et n’avoir laissé trace

Trop pressés de s’enfuir vers l’océan rageur

Le seul après la pluie à se nourrir encore

De vagues mouvements bercés des cauchemars

Qui agitent l’enfant alors qu’il veut grandir

Son regard était cousu de cils blancs

Il n’avait que la peau et les seaux  

Clairs comme de  l’eau de poche

Gibier de pitance, il voulait changer

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Marre d’être

Le cul entre deux braises

Envie

De prendre le Corot par les bornes

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Oui, envie de retrouver le goût

D’une poêle à frire aux éclats

Il voulut des amis striés sur le bolet

Leur mettre un fil à la pâte

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Il se prit à rêver mais hélas

Il tomba de chars vides  en syllabes

De cauchemars à l’Américaine

En mangoustes à la bayonnaise

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C’est dans la purée de pommes de terre

Qu’il faut creuser

Pour trouver de l’or

Toutes les mines sont fermées

Le poing s’use contre leur porte

Et la fourchette tient debout

Inutile de mordre

Le soleil pour le voir saigner

Quand il se couche

Sur un ordre

De celui qui commande à tout

On le peint comme une araignée

Sous la langue il est jaune et doux

Beurre et purée

Ont participé :

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Heliomel

Conversation de Jean Tardieu

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(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)
Comment ça va sur la terre?
– Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères?
– Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages?
– Ça flotte.
Et les volcans?
– Ça mijote.
Et les fleuves?
– Ça s’écoule.
Et le temps?
– Ça se déroule.
Et votre âme?
– Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.
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Interlude des trois martiens

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Ils sont un, deux, trois, oui trois bipèdes élancés, filiformes. On dirait qu’ils dansent à la chanson des gestes que font les éoliennes dans le raz plat des champs.
Ils sont un, deux, trois, oui trois cyclopéens sertis de leurs monocles. On dirait qu’ils boivent comme des échassiers mondains dans les luzernes bleues, insensibles au retour des doryphores dans les solanacées.
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait leur peau grise, rugueuse comme une mue d’écaille ou de carapace. On dirait qu’ils se grattent de becs et pattes, qu’ils font des bruits de… de je ne sais quoi, de gargarismes. On dirait qu’ils jouent, qu’ils chahutent… Sont-ils drôles ces bestiaux !
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait qu’ils se dévissent le cou pour nous apercevoir, qu’ils tendent l’oreille pour nous entendre, comme des êtres surpris par des phares à la mare pendant leurs ablutions intimes…
Ils sont un, deux, trois, oui trois. On dirait qu’ils complotent.
Ils sont un, deux, trois, non deux, on dirait qu’il en manque un ! Ferme donc à clef ta portière…
Où est-il passé l’olibrius ?

Épilogue : « -Yerk grabolchnoyerk é du beugouat »*
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* Les bipèdes d’ici n’ont pas beaucoup de goût quand ils sont en boîte.
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L’asticot

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L’os du chien est vert,
il remue d’asticots

Dans le grouillant le solitaire
n’a que peau sur le dos
et l’horizon godasse.

L’instant se gélatine,
le moment se déglingue.
Sa fleur perd un pétale
d’un peu beaucoup
ou de passionnément…

La nuit secouée de vent
tombe comme une dent.
L’os du chien est vert,
il remue d’asticots

Amoureux d’une étoile.
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L’horizon s’endort sur mes genoux…Josy

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Petit chemin étrange..
Fleurissent les lys,
Les mimosas,
Les soupirs.
Les oiseaux rient.
Mais,
C’est sur ton visage
Que je péris.
Je ne rêve plus.
Je sors de ma bulle.
Le lierre envahit l’espace..

Sur le bord de ton fleuve
Je me pose..
Sur la rosée de tes lèvres
Vibre l’adagio;
Comme une plume caressante
Sur mon épaule,
Quand frémissent les notes
Sous l’archet du violon..

Un vent désenchanté plane..

Tout tremble..

Les feuilles
Les pervenches
La pluie
Un coeur…

D’une libellule,
D’une cigale,
D’un fin ruban,
D’un clair de lune,
Me parviennent encor
Les chuchotements.

Survivance Fleurie
D’un univers,
Je refais le monde
Quand l’astre Céleste
Danse sur les pavots..
Quand une chenille
Chemine sur ma peau..
Quand l’horizon
S’endort sur mes genoux

Quand je désaltère mes yeux
Sur la tendresse
Des fougères
Sur un dernier Songe
Qui a froid.

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Josy01, avec son aimable autorisation

le mome et sa chanson

LE MOME ET SA CHANSON
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Une chanson revient dans ma tête le soir
Pour chahuter ma nuit qui va, qui s’éternise.
Le refrain d’un enfant me chante son espoir
Dans ce Sarajevo qui, dans la paix, s’enlise.
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Sous le son du canon, sa petite musique
Semble se régaler de ce coin de fraîcheur.
Elle paraît divine, elle apparaît magique
Pour ce pays pavé de guerre et de malheur.
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La sonate des doigts courant sur le violon
Espace liberté pour un monde sordide
Est devenue le cri de ce petit garçon
Qui trouve que les grands ont des jeux bien stupides.
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Un ignoble tireur eu raison de l’enfant
La balle d’un fusil à jamais le fît taire
En laissant du gamin, musicien de la guerre
Le concerto joyeux d’un univers dément.
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Cet affreux souvenir bouscule ma mémoire
Le môme et sa chanson, sont rentrés dans l’histoire.
Sa sonate à la paix revenant chaque fois
Me dire doucement Ne nous oubliez pas.
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jc blondel

poete delabre

POETE DÉLABRÉ


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Poète délabré que la vieillesse attaque
Les rides sur ton front sont la trace des ans
Tu t’enfermes là-bas dans ton éden opaque
Pour ne rien voir du temps qui file lentement.
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Vieil amant délaissé que la jeunesse oublie
Tes élans d’amoureux sont devenus futiles
Aux beaux yeux d’Arthémis tu ne fais plus envie
Tu ne peux plus offrir tes caresses serviles.
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Ecrivain malheureux aux rimes incertaines
La muse a déserté tes chemins éclairés
Ces mots qui t’abreuvaient de leurs frasques soudaines
N’ont plus cours en ton cœur, ils te semblent séchés.
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Apollon grisonnant regardant les augures
Pour préjuger déjà des instants de demain
Tu leurs demanderas si d’autres aventures
Reviendront quelquefois égailler ton destin.
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Poète délabré qui ne sait pas vieillir
Qu’attends tu d’un futur qui vient et qui t’agresse
Ce jour noir et maudit qui dit tu vas mourir
En ton âme est marqué du sceau de sa détresse.
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Poète malheureux à qui la mort fait signe
Ne désespères pas, tes vers sont tes enfants
A l’heure de partir tu dois en rester digne
Ils survivront toujours à l’usure des ans.
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jc blondel