Monthly Archives: juin 2011

feter la musique

FETER LA MUSIQUE.

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Dans l’été revenu, le vieux sonneur breton

Réveille la chanson des ports de l’atlantique

Du pied de Corentin jusqu’au bout de Crozon.

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J’entends le cri plaintif de cette cornemuse

Lorsqu’avec mille mots dans le soir je m’amuse

A trouver un refrain ajouté de couplets

Pour chanter le pays brumeux des monts d’Arrées.

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De Paimpol à Carhaix, de Brest à Quimperlé

Une harpe viendra pour briser le silence

Elle fera danser dans un bal effréné

Le gars qui veut charmer la fille à Recouvrance.

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Sur un vieux parchemin les vers de ce rondeau

Oblige le printemps à baisser le rideau

En ouvrant le concert pour fêter la musique.

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jc blondel

le discours des vents

LE DISCOURS DES VENTS

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Les vents ont transporté le sable du désert

Pour me faire une plage au bord de ma piscine

Les vents ont caressé le bout de ta poitrine

Pour offrir à l’amour un merveilleux dessert.

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Les vents m’ont rapporté de sinistres murmures

Qui sont des cris d’enfant au milieu des combats

Les vents vont assécher les vilaines blessures

D’un amoureux perdu qui pleure en contre bas.

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Pour nous mettre à l’abri du feu de ces orages

Les vents ont bousculé le gris de nos nuages

Pour laisser rayonner le soleil de l’été.

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Les vents m’ont raconté les dires d’un vieux sage

Le lucide discours d’un homme d’un autre âge

Qui, malgré tout, espère en notre humanité.

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jc blondel

L’automne est un perroquet mélancolique-DVL

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Femmes…trouées de part en part
par le dédain des hommes
vos lèvres s’égarent
hautes comme trois pommes

moi je suis l’hermaphrodite
qui masturbe la porte
de la chambre de la petite
pute que j’ai laissée pour morte

mère, le singe qui vous combla
bâtard hirsute en cavale de moi
je l’ai une seule fois appelé papa
mais il était dejà si froid

mon histoire dans le feuillage
chante comme un oiseau du lointain
les plumes pleines de rages
et crèvent les feuilles en vain…

monsieur le juge prenez votre temps
pour compter le mien
vous savez que le goût de mon sang
n’a plus goût à rien

l’automne est un perroquet mélancolique
une guillotine pleine d’argument
un branleur sur une chaise éléctrique
qui ne dit rien et consent…

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Démétrius-von-luckner

avec son aimable autorisation

Le secret des boîtes

Un crâne cerclé de songes élastiques

Sauta de la vitrine pour suivre une passante

Amoureux depuis des lustres

Il aimait la lumière

Reflétée par la soie des jambes sous les bas

L’inconnue allongeait le pas

A peine distraite par le bruit des bonds

Que la tête sans cervelle

Emettait en sautant d’un souvenir

A l’autre

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Un petit fume en ville

Danse comm’ funambule

Au cœur du square de l’ile

Et dans les opuscules

Alors que les volets se ferment aux volutes

Que les chiens inquiets entendent un air de flûte

Les enfants bien trop sages

Connaissent le tourment

Quand ils prendront visage

Deviendront firmament

L’arbre trop jeune encore affronte la tempête

Pourtant déjà bien grand il envahit ma tête

L’herbe de couleur verte exhale son essence

La nuit peut enfin dire Quelle belle naissance

On n’offre plus son cœur

Mais sa cervelle la veux-tu la voilà

On s’y perd en circonvolutions

Sans un Thésée pour nous aider à garder le fil

Sans une Ariane pour tirer sur sa pelote

Le cortex offre des surprises

C’est un pays où les fleuves se réunissent

Pour élire la plus gente rivière

Ils s’illusionnent encore à propos des valeurs masculines

D’un hémisphère à l’autre on se fait des signes

On se renvoie sa tête

Sans garder d’elle un souvenir

Nos boîtes crâniennes interchangeables

Soupirent en se croisant dans l’espace

Parmi les pois de senteur
Il y a un grand trou

Le catalpa n’est plus

Vaincu par la froidure

Rangés contre le mur

Soigneusement coupés

Ses doigts finiront en fumée

Ultime service rendu

La sève s’est retirée

Laissant comme un tunnel

Au centre des rondins

Rangés comme des tuyaux

Le vent s’est tôt levé

Jouant sur les bois sciés

C’est la flûte qui inventa l’homme

Et non le contraire

Les images du jour ont été jouées, dessinées et coloriées par Eclaircie, Héliomel, 4Z et moi-même.

Chaîne alimentaire- Untelll

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Je suis un os de seiche
accroché aux barreaux de l’espace.

Cette douleur solitaire
à qui je prête le flanc
a de jolies couleurs
empruntées au soleil
au vent à l’eau et à la terre.

Sa complainte est belle
à décrocher la lune du ciel
et la femme de son miroir.

Ses assauts sont pointus
déplacent de l’air
amoncellent des pierres
font tinter dans l’ombre
la cage suspendue du monde
et l’on songe aux galeries courant
malgré les noeuds de la matière.

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Untelll, avec son consentement anticipé

Sagittaire-morrisis

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Tous les vers que l’on tisse, de mains prestes ou molles,
Sont des pensées de nuit, qui bâtissent le jour.
Versification gaie, versification folle,
Ce n’est que de la haine, ce n’est que de l’amour.

Notre dualité, à nous les sagittaire,
Est le verre et la lie, les lèvres et la voix.
Plus qu’un simple silence qui vit dans les hautes sphères :
Une éloquence ailée aux cent plumes de soie.

Pourtant on sait la fange, aux cent crocs acérés,
Qui attend dans le noir, ombre de prédateur,
Désespoir de sa proie, une fatale erreur
Qui happerait son ciel, dans l’antre sans après…

Ainsi l’humble centaure, érudit et guerrier,
Bande son arc droit sur six milliards de cibles,
Au dos un plein carquois, pour faire se marier,
Les âmes et les corps, les nations et les villes

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morrisis, avec son aimable autorisation.

j’ai laisse quelques mots

J’AI LAISSE QUELQUES MOTS

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J’ai laissé quelques mots sur un vieux parchemin

Pour raconter les jours bénis de ma jeunesse

Lorsque l’amour avait dans le petit matin

Le nectar et le gout sucré de la tendresse.

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Poète d’un printemps, par le bout de la mine,

J’ai laissé quelques mots sur un vieux parchemin

Les vers d’une chanson que parfois je décline

Pour chanter les plaisir que me donne ta main.

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Ce merveilleux couplet groupé dans un quatrain

Vous contera ce soir la douceur éternelle

J’ai laissé quelques mots sur un vieux parchemin

Gravés par un stylet sur la pierre immortelle.

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Chaque nuit, je le sais, débute le voyage

Au fond de ton grand lit recouvert de satin

Pour vivre ce désir, d’un écrit sur la page

J’ai laissé quelques mots sur un vieux parchemin.

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jc blondel

il est temps de jeter

IL EST TEMPS DE JETER

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Il est temps de jeter ces rêves dérisoires

Aux cavernes d’oubli pour les laisser dormir

Pour qu’ils n’arrivent plus à gêner nos histoires

En voulant estomper les feux de l’avenir.

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Pour embellir un peu les routes du futur

Il est temps de jeter ces rêves dérisoires

Tous ces monstres maudits qui fabriquent le mur

Remplissant d’aléas le fond de nos mémoires.

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Faisons de nos désirs des beaux réquisitoires,

Au tribunal feutré de nos étés dorés

Il est temps de jeter ces rêves dérisoires

Dans le gouffre secret des soirs abandonnés.

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Les lendemains sont bleus comme les jolis yeux

De l’ondine qui vient boire dans nos ciboires

Pour aller s’amuser tranquille dans nos jeux

Il est temps de jeter ces rêves dérisoires.

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jc blondel

Le paquebot de 25 heures 13

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S’il te plait dessine-moi un mou thon

S’il te plait au-dessus des canaux

Flotte une drôle d’odeur

Les harengs ont fui la mer du Nord

Le réchauffement climatique

A asséché ma glycine

Ses fleurs ont parsemé le trottoir d’à côté

Les sauces chinoises ont un son guttural

Parfois du haut de mon balcon je vois ce petit bateau

Son orgue de barbarie récite une rengaine

Et je me surprends encore à faire la la la

Du haut de cette avancée

Ou le parapet doucement a filé

Quand on ne le surveillait pas

Une mouette étrangère a plongé

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La rue s’enfonce dans les bois oubliant ses maisons

Le vent évite les obstacles au lieu de les affronter

Et nous nous en allons

Chacun de notre côté

Une étoile du fond de ton encrier

Recharge les batteries de ton cerveau et de ta main qui se font concurrence

Quelqu’un trop près de toi pour être un autre va crier

Ainsi grâce à ton ombre subsisteront les apparences

Privés de hochets les volcans s’ennuient

Le long des voies ferrées les trains ne sifflent plus pour réveiller

Ceux qui voyagent la nuit

En serrant contre eux comme des méduses leurs oreillers

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De leurs naseaux de licornes

Puissants, les  chevaux fument l’air

Imprimant sur les berges tranquilles

Du chemin de halage

Les demi-lunes de leurs sabots

Courant de toits en toits

Le clocher sonne la marée

Les herbes se font algues

Et les pibales hésitent

Entre Carpates et Sargasses

Les péniches se rebiffent

Sous la couette des nuages

Les cygnes au lac bleuissent

Le pays sage s’enlise

L’estuaire laisse faire l’estran

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Dans la nuit des alambics

La Lune laisse perler

Du lait du sang et des larmes

Et la voix s’éteint soudain

Laissant seuls les yeux hagards

Sur la plaine fertile et belle

Des pages blanchies de chaux

Au matin plus rien ne souffle

L’alcool brûle les naseaux

Que le soleil incendie

Dans un revers de son feu

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Le géant sur la colline

Bercé par les voix fluettes

Des fleurs à clochettes

Sourit aux rêves qui le portent

Jusqu’aux fées vêtues de robes bleues

Il est cette colline

Douce et rêveuse

Sur laquelle nous dormons

Entre les robes tendres des bleuets

Et le chant gris des mésanges

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Les gilets de sauvetages sont portés par

Elisa-R

Héliomel

4Z2A84

Téquila

et moi-même, éclaircie

Clairière d’Orée

J’étais le cœur et la Rose

Je suis le Chant et la gnose

Il y a l’arc et la Lyre

Il y a la flèche et la Cible

Je suis Apollon et Vénus

Je suis Athéna et Janus

Il y a l’étoile et l’Eclair

Il y a la joie et la Lumière

Il y a l’Aube et le printemps

Il y a la fin et le Tourment

J’étais l’ombre et la Nuit

Je suis le Jardin et la pluie

J’étais la Fleur et l’oraison

Je suis l’arbre en Floraison

Il y a la parole et l’Être

Il y a la Madone et le prêtre

Il y a le Feu et la fureur

Il y a la déesse et la Demeure

J’étais la fée et l’Enchantement

Je suis la sorcière et le dieu Pan

Je suis le Berger et le pâtre

Je suis le gardien et le TrésOr

Il y a le Foyer et l’âtre

Il y a l’encens et l’Or

Je suis le gel et la grêle

Je suis le givre et l’Hiver

Il y a la pousse et le Chêne vert

Il y a la Poète et le poêle

Or j’ai trouvé  la Clairière

En une  étrange lumière

Et de mon Ouïe en fenêtre

J’écoute la parole de l’Être

Claire d’Orée