Archive mensuelle : juin 2011

L’automne est un perroquet mélancolique-DVL

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Femmes…trouées de part en part
par le dédain des hommes
vos lèvres s’égarent
hautes comme trois pommes

moi je suis l’hermaphrodite
qui masturbe la porte
de la chambre de la petite
pute que j’ai laissée pour morte

mère, le singe qui vous combla
bâtard hirsute en cavale de moi
je l’ai une seule fois appelé papa
mais il était dejà si froid

mon histoire dans le feuillage
chante comme un oiseau du lointain
les plumes pleines de rages
et crèvent les feuilles en vain…

monsieur le juge prenez votre temps
pour compter le mien
vous savez que le goût de mon sang
n’a plus goût à rien

l’automne est un perroquet mélancolique
une guillotine pleine d’argument
un branleur sur une chaise éléctrique
qui ne dit rien et consent…

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Démétrius-von-luckner

avec son aimable autorisation

Le secret des boîtes

Un crâne cerclé de songes élastiques

Sauta de la vitrine pour suivre une passante

Amoureux depuis des lustres

Il aimait la lumière

Reflétée par la soie des jambes sous les bas

L’inconnue allongeait le pas

A peine distraite par le bruit des bonds

Que la tête sans cervelle

Emettait en sautant d’un souvenir

A l’autre

…….
Un petit fume en ville

Danse comm’ funambule

Au cœur du square de l’ile

Et dans les opuscules

Alors que les volets se ferment aux volutes

Que les chiens inquiets entendent un air de flûte

Les enfants bien trop sages

Connaissent le tourment

Quand ils prendront visage

Deviendront firmament

L’arbre trop jeune encore affronte la tempête

Pourtant déjà bien grand il envahit ma tête

L’herbe de couleur verte exhale son essence

La nuit peut enfin dire Quelle belle naissance

On n’offre plus son cœur

Mais sa cervelle la veux-tu la voilà

On s’y perd en circonvolutions

Sans un Thésée pour nous aider à garder le fil

Sans une Ariane pour tirer sur sa pelote

Le cortex offre des surprises

C’est un pays où les fleuves se réunissent

Pour élire la plus gente rivière

Ils s’illusionnent encore à propos des valeurs masculines

D’un hémisphère à l’autre on se fait des signes

On se renvoie sa tête

Sans garder d’elle un souvenir

Nos boîtes crâniennes interchangeables

Soupirent en se croisant dans l’espace

Parmi les pois de senteur
Il y a un grand trou

Le catalpa n’est plus

Vaincu par la froidure

Rangés contre le mur

Soigneusement coupés

Ses doigts finiront en fumée

Ultime service rendu

La sève s’est retirée

Laissant comme un tunnel

Au centre des rondins

Rangés comme des tuyaux

Le vent s’est tôt levé

Jouant sur les bois sciés

C’est la flûte qui inventa l’homme

Et non le contraire

Les images du jour ont été jouées, dessinées et coloriées par Eclaircie, Héliomel, 4Z et moi-même.

Chaîne alimentaire- Untelll

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Je suis un os de seiche
accroché aux barreaux de l’espace.

Cette douleur solitaire
à qui je prête le flanc
a de jolies couleurs
empruntées au soleil
au vent à l’eau et à la terre.

Sa complainte est belle
à décrocher la lune du ciel
et la femme de son miroir.

Ses assauts sont pointus
déplacent de l’air
amoncellent des pierres
font tinter dans l’ombre
la cage suspendue du monde
et l’on songe aux galeries courant
malgré les noeuds de la matière.

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Untelll, avec son consentement anticipé

Sagittaire-morrisis

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Tous les vers que l’on tisse, de mains prestes ou molles,
Sont des pensées de nuit, qui bâtissent le jour.
Versification gaie, versification folle,
Ce n’est que de la haine, ce n’est que de l’amour.

Notre dualité, à nous les sagittaire,
Est le verre et la lie, les lèvres et la voix.
Plus qu’un simple silence qui vit dans les hautes sphères :
Une éloquence ailée aux cent plumes de soie.

Pourtant on sait la fange, aux cent crocs acérés,
Qui attend dans le noir, ombre de prédateur,
Désespoir de sa proie, une fatale erreur
Qui happerait son ciel, dans l’antre sans après…

Ainsi l’humble centaure, érudit et guerrier,
Bande son arc droit sur six milliards de cibles,
Au dos un plein carquois, pour faire se marier,
Les âmes et les corps, les nations et les villes

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morrisis, avec son aimable autorisation.

Le paquebot de 25 heures 13

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S’il te plait dessine-moi un mou thon

S’il te plait au-dessus des canaux

Flotte une drôle d’odeur

Les harengs ont fui la mer du Nord

Le réchauffement climatique

A asséché ma glycine

Ses fleurs ont parsemé le trottoir d’à côté

Les sauces chinoises ont un son guttural

Parfois du haut de mon balcon je vois ce petit bateau

Son orgue de barbarie récite une rengaine

Et je me surprends encore à faire la la la

Du haut de cette avancée

Ou le parapet doucement a filé

Quand on ne le surveillait pas

Une mouette étrangère a plongé

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La rue s’enfonce dans les bois oubliant ses maisons

Le vent évite les obstacles au lieu de les affronter

Et nous nous en allons

Chacun de notre côté

Une étoile du fond de ton encrier

Recharge les batteries de ton cerveau et de ta main qui se font concurrence

Quelqu’un trop près de toi pour être un autre va crier

Ainsi grâce à ton ombre subsisteront les apparences

Privés de hochets les volcans s’ennuient

Le long des voies ferrées les trains ne sifflent plus pour réveiller

Ceux qui voyagent la nuit

En serrant contre eux comme des méduses leurs oreillers

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De leurs naseaux de licornes

Puissants, les  chevaux fument l’air

Imprimant sur les berges tranquilles

Du chemin de halage

Les demi-lunes de leurs sabots

Courant de toits en toits

Le clocher sonne la marée

Les herbes se font algues

Et les pibales hésitent

Entre Carpates et Sargasses

Les péniches se rebiffent

Sous la couette des nuages

Les cygnes au lac bleuissent

Le pays sage s’enlise

L’estuaire laisse faire l’estran

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Dans la nuit des alambics

La Lune laisse perler

Du lait du sang et des larmes

Et la voix s’éteint soudain

Laissant seuls les yeux hagards

Sur la plaine fertile et belle

Des pages blanchies de chaux

Au matin plus rien ne souffle

L’alcool brûle les naseaux

Que le soleil incendie

Dans un revers de son feu

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Le géant sur la colline

Bercé par les voix fluettes

Des fleurs à clochettes

Sourit aux rêves qui le portent

Jusqu’aux fées vêtues de robes bleues

Il est cette colline

Douce et rêveuse

Sur laquelle nous dormons

Entre les robes tendres des bleuets

Et le chant gris des mésanges

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Les gilets de sauvetages sont portés par

Elisa-R

Héliomel

4Z2A84

Téquila

et moi-même, éclaircie

Clairière d’Orée

J’étais le cœur et la Rose

Je suis le Chant et la gnose

Il y a l’arc et la Lyre

Il y a la flèche et la Cible

Je suis Apollon et Vénus

Je suis Athéna et Janus

Il y a l’étoile et l’Eclair

Il y a la joie et la Lumière

Il y a l’Aube et le printemps

Il y a la fin et le Tourment

J’étais l’ombre et la Nuit

Je suis le Jardin et la pluie

J’étais la Fleur et l’oraison

Je suis l’arbre en Floraison

Il y a la parole et l’Être

Il y a la Madone et le prêtre

Il y a le Feu et la fureur

Il y a la déesse et la Demeure

J’étais la fée et l’Enchantement

Je suis la sorcière et le dieu Pan

Je suis le Berger et le pâtre

Je suis le gardien et le TrésOr

Il y a le Foyer et l’âtre

Il y a l’encens et l’Or

Je suis le gel et la grêle

Je suis le givre et l’Hiver

Il y a la pousse et le Chêne vert

Il y a la Poète et le poêle

Or j’ai trouvé  la Clairière

En une  étrange lumière

Et de mon Ouïe en fenêtre

J’écoute la parole de l’Être

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Claire d’Orée

Drôle de cadeau

Depuis trois plombes, Colin cherchait les murs de la chambre, un tableau à la main, à moins que ce ne fut la chambre qui cherchait Colin.

Pourtant dans l’ombre, une surface palpitait, cloison ? paravent ? Nul ne savait. D’ailleurs nul n’était là. Ou Nul était là. La ville bien présente s’appuyait à tous les réverbères pour entrer dans les interstices des vies assoupies sur les sofas et les banquettes.

Pourquoi Colin avait-il immortalisé Chloé (qu’il écrivait toujours Cloé, non qu’il fut illettré, mais que les H ne l’inspiraient point) sur une toile noire. Elle dont c’était la couleur fétiche, le Tout disait-elle, lorsqu’enfin elle parlait.
Ses amis l’entouraient inquiets de le voir se pâmer d’amour pour une ombre, dont le corps épousait trop bien rideaux et tentures, les idées le néant, et la vie le vide.

Cloé avait dû être fillette rieuse, riante, « aimeuse », aimante. Qui avait profité de ces élans ? Une rivière sans doute, un fleuve peut-être, ou même l’océan, de nuit, lorsque seules les vagues semblent vivantes, par le grondement qui s’échappe de l’écume- de « l’écume des jours ».
Colin s’enivrait d’iode en plein Paris, ou Rome ou Londres. Il espérait encore pouvoir présenter l’huile à peine sèche, que la térébenthine avait épargnée. Accrocher comme une auréole au-dessus du siège de celle qui sourirait alors.

Que vaut un sourire lorsque la bouche est absente ?
-« Chloé, Chloé ! Ton parfum voyage au ras du parquet comme les embruns au-dessus du Lac de Serre-Ponçon ».
On ne peut rêver, si l’objet du rêve s’enfuit toujours dans la pénombre, se cache sous le moindre escalier, se drape dans un linceul pour nouveau-né, ou se tapit sous la cendre après que le charbon fut consumé.
-« Chloé, Chloé !
Ne regarde pas la toile, tu ne verras que mon propre gouffre, avec nos peurs qui se tordent comme sorcière sur un bûcher ».

-« Cloé, Cloé ! Jamais plus je n’écrirais fragrances que je rêve de transformer en fragances, tellement plus doux à ta peau, à la mienne, à nos langues et nos tympans afin que nous dormions, calmes et rassurés au chevalet de nos couleurs retrouvées ».

Nuit de ventriloquie

( sorte de suite à Monsieur Bâille, Madame Noue et Alors… )
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Toucan rêveuse d’être Sirène
Madame chante :

C’est en nuit,
Grande nuit de ventriloquie,
Dans sa forêt des âmes, dégarnie, qu’elle plonge,
Perce jusqu’à l’eau mystérieuse,
Ô si envoûtante…
Ô si énervante ronchopathie chronique aux mille trillions buveurs à trompes,
À cornes…
( Infinitésimaux braillards chevaliers de pas grand chose.
– T’es tu vu Monsieur Rêve gris !? )

– Tu dors?
– Hein quoi? … Piqué du Drâa, rends en moi !
– ‘Effroi… Ceci dit
Du presque de son verre
D’eau pour une fois.
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Réveil-Loïc

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Réveil

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C’est un matin d’eaux claires

Et les virgas de l’ombre mangées par les ruisseaux s’étirent sous les monts

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Un orangé de laudes caresse les essarts, que des hommes hirsutes jardinent en maugréant.

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Une cloche au matin, résonnantes vallées, le jappement des chiens

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Des fumées chandelières aux cheminées de forges, un immobile été

Les fragrances du coke, petit bassin houiller, confins de Margeride

Le chemin de Marsanges, les camions de Lebrat

……………L’étoupe du travail jointoyant la misère.

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C’est un matin d’eaux claires où nagent les farios que d’anciens ouvriers capturent sous les roches

Ils cheminent affairés sous chape de silence, en se hélant parfois aux détours des sentiers

Une simple  journée qui s’en revient encore, d’amples années d’usines bercées par les sirènes.

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Les fournées de pain blanc parfument de levure les ruelles étroites

Et les chats s’en retournent de leurs pas imbriqués

Danseuses fatiguées.

Arriveront l’azur, la chape de Juillet, le parfum des légumes alignés sur l’étal

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Des femmes en fichus, sous leur vies monotones viendront un peu plus tard.

Historiettes infimes, allant à l’avenant picorées de tristesses …

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La farine des jours recouvre les horloges d’une gare aux aguets, institution notoire dispendieuse de rêves

La cime des forêts flamboie sur les adrets, les volets que l’on ouvre…

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Un cristal de silence précède la torpeur

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C’est un matin d’eaux claires, encombré de massifs que les hommes trépanent.

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Loïc, avec son aimable autorisation

Le masque de la civelle

Les civelles du ciel

 Ondulent lentes et légères

 Sous les nuages d’orage qui promettent

 L’eau

 Un arbre aux longues branches

 Souples et sages

 S’éprend d’amitié pour elles

 Et pleure

 Des larmes en forme de barques

 Qui glissent le long des failles

 Jusqu’à l’estuaire

le plus proche

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Je tiens mon rôle dans la pièce

Où nous place ta cruauté

Le public me mettrait en pièces

Si j’étais moi le masque ôté

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– Ce n’est pas moi que tu réclames

C’est toujours l’autre un malheureux

Pour lui tu franchirais des flammes

Le contemplant d’un œil vitreux

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– Le désespoir cela t’excite

Cela te monte vite au nez

Comme des parfums illicites

Ou des acides condamnés

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–  Et me voilà flanqué par terre

Sur les planches au ras du sol

Pour n’avoir pas voulu me taire

– D’un coup de pied tu me consoles

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Fraises et canneberges mêlées

Discutent ferme dans la tasse en parapluie

Du  bien fondé d’invité le poil à gratter

Au festival des nuits perdues

Tandis que le tabac dans la rouleuse

Se tord de plaisir comme un pubis aimé

Et rêve d’être ce petit brin d’herbe

Que le jeune adolescent élégamment

Porte aux lèvres tout en souriant

Alors que les hommes

Courent à la poursuite de leurs têtes

Plutôt que de dormir enfin sans ronflement

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Sur ses bobines incandescentes

Le crin file dans la suie

Les tissus de secours

Portent encore les traces

Des doigts émerveillés

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On lit les noms d’égards

Au travers de la buée

Et l’on franchit des ponts

Qui supportent des rails

Aux rubans d’acier doux

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Poussés par les rochers

Les cerceaux fatigués

Bordent  la mer éteinte

En robe de mariée

Le soleil apparait

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Ont participé:

4Z2A84

Eclaircie

Elisa—R

Heliomel