Historique du mois : mai 2011

un etrange tableau

UN ETRANGE TABLEAU (carillon)

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Lorsque la nuit étend son cortège de brume

Une pale lueur éclaire mon bureau

Elle suit le tracé que nous décrit la plume

Sur le papier noirci qui fera mon tableau.

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Près du rivage gris s’étire l’horizon

Dans le cercle orangé d’un soleil qui rallume

Tous les reflets d’argent que façonne l’écume

Offrant à mon regard un décor de saison.

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L’image de la mer nous invite au voyage

A déguster le temps sans perdre la raison

Le rêve devient fou sur la petite plage

Quand il sort le désir de sa triste prison.

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Le dessin se bâtit sous les coups de fusain

Que lui donnent parfois les gestes de la main

En laissant des couleurs sur un morceau de toile.

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Le peintre avait dans l’œil ce petit coin de ciel

Il suivait le parcours de cette étrange étoile

En faisant une esquisse, un monde virtuel.

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A la fin du travail en soulevant le voile

Il laisse deviner ce beau charme pervers

Que les couleurs ont mis sur son vieil univers.

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jc blondel

Les saisons emmêlées

Les saisons emmêlées

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Avec un bruit sage

Le vent faisait son ouvrage

La meule  de l’arbre du moulin

Polissait le marbre capitolin

Sur le croissant fertile

Généreux mais fragile

L’Euphrate se faufilait

Le Tigre paradait

La terre s’ensable

Désert impitoyable

Le temps fige le sel

Change le sucre en fiel

Sous le climat maudit

Le dernier fleuve jaunit

L’air de rien le temps

Hume l’eau du vent

Une fumée épaisse s’empare du jardin
Les ailes des forgerons s’épuisent en vain
Le paysage demeure pièces de puzzle répandues
Sur un sol provisoire parsemé de cendres noires
C’est l’été des cabots le printemps des cafards
Les oiseaux sifflent au hasard des notes désordonnées
Que seul l’aveugle sans son chien parvient à fredonner

Au zoo je ne suis qu’un singe parmi d’autres

Mes grimaces me font aimer des orphelins

Ils voient en moi le vin qu’ils n’auront jamais bu

Ils mangent dans mes yeux des regards cuits à point

La clé de notre cage un des leurs nous la vole

Avec il ouvrira les lèvres de la source

Les sourires de l’eau seront notre élément

Nous nagerons parmi les poils et les légumes

Quand nos ponts et nos bacs gavés de vermicelle

Retrouveront avec le bois leur vraie nature

Alors les perroquets changeront de discours

Inventant un nouveau langage pour l’amour

Et pour les plus blasés de folles aventures

Dans lesquelles singes et homards brilleront

Le coq a dérapé à la face du jour

Qui alors ne sait plus monter les œufs en neige

Le printemps réjoui plonge dans un torrent

Comme grappe au tonneau dans la cave endormie

Les passants sont surpris des saisons emmêlées

Ils chevauchent le vent  et attendent la lune

Mais ils oublient leurs yeux pliés dans le journal

La nouvelle amplifie le tintement des cloches

Sur la crête des monts en vagues volubiles

Et le matin s’enfuit entraînant dans sa course

Les basse et haute cours et les souffleurs de verre

Que s’irise le ciel et gonflent les jabots

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Les Auteurs :

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Eclaircie

Elisa-R

Héliomel

4Z2A84

James Brown-poème de Untelll

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Il n’y a pas de violons, de cordes qui tiennent. Plutôt l’éclat des cuivres, le retentissement d’être.
Il faut de l’âme délivrer le corps.
Sueur, sang et sexe m’allègent, et je glisse sur le tapis roulant de la poussière.
J’étends un cri contre les promesses de l’aube.
La flamme de mon bois vert est sèche.
Je ne suis pas à l’intérieur du Temple, à l’ombre enveloppante de ses cierges.
Je suis seul, dans la blancheur brûlante des rues.
J’ai emprunté la crudité du Mystère pour rester parmi mes frères aux yeux écarquillés, entre le coton tranchant.

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Untelll, avec son aimable autorisation.

Les mains tendues, poème, par Eclaircie.

L’océan s’approche à nouveau
au delà du chemin bordé de ronces
le hibou pousse son cri
depuis ma nuit jusqu’à la vôtre

Regardons-nous le même point d’horizon

La faille lentement se referme
le silence s’est mis en veille
le roulement des essieux sur les rails
efface les années et les craintes

Mon soleil se lève avant votre astre

Tout est dit sans frémissement des lèvres
la toile retient hier et demain
ma terre a soif et vous l’abreuvez
les moissons n’attendent qu’un matin de lumière

Nous tendons les mains la vague nous submerge

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Eclaircie.