Monthly Archives: janvier 2011

feu_illeton N°1

Un dimanche s’éteint, une lampe s’allume. C’est une halte qui s’arrête, la vie reprend son cours, la ville reprend le dessus. Dans la maison, la vaisselle a rejoint les placards pour d’autres envies et d’autres nécessités. La table a perdu les reliefs de ses repas, il ne reste que la cire qui retrouve son royaume et le droit de briller.
Le chat met une dernière touche d’ordre dans sa fourrure, avec la patte du futur maitre des lieux. Les rideaux sont fermés, la vie fera relâche pour une semaine.
L’âtre s’est endormi dans son lit de cendres, sans malice, les draps se reposent dans leurs chants de lavande, les objets vont replonger dans l’oisiveté, les photos pourront s’arrêter de sourire.
On place un pétale en signet dans le grand livre de campagne, entre deux histoires et on le range dans une armoire en attendant de l’ouvrir à une nouvelle plage.
Alors, on ferme la porte de la maison, comme on remonte les draps sur un être qu’on aime, pour garder sa tendresse au chaud. On jette un dernier regard, ultime graine de regret pour ensemencer les rêves et on remet la clef dans sa poche avec tout ce qu’on n’a pas eu le temps de faire mais qu’on fera la prochaine fois.

Il ne reste qu’à partir, un peu triste mais confiant. Dans quelques jours, on reviendra, on réveillera les rires, on rouvrira les fenêtres aux oiseaux, on défroissera les envies et on fera du feu pour avoir bien chaud, du feu…

A Suie-vre

corsaire

A l’odeur de ta pluie

J’ai l’azur en couleur

Aux frissons de la neige

Mon soleil est pamoison

 .

A l’orage mes colères

A la foudre nos folies

A l ‘éclair nos lumières

Au tonnerre, nos envies

Les embellies soudaines

Annoncent des merveilles

Les éclaircies fugaces

Ereintent nos draps lassés

Sur l’étal des nuages

Le rose de tes lèvres

Effleure les alizées

Tout là-haut, dans le ciel

La vie assassine-MJM

L e temps des adieux si longtemps redouté
A u terme d’une attente égrenant nos douleurs
V ient de frapper à l’huis du mur de nos malheurs
I l n’est pas de regrets, la vie nous a gâtés

E nsemble cette peur est enfin affrontée
A la vue d’un destin que savions cruel
S urvivants d’une époque où la vie était belle
S euls faisant face au monde et à ses nombreux rets

A l’aube de ce jour je te dis ‘à toujours’
S ache donc que tes mots sont sculptés dans l’amour
S ache que tes mots doux ont fait mon coeur sourire

I l n’est rien de plus beau que deux coeurs qui s’unissent
N e m’oublie pas, ma mie, et pas un seul soupir
E ntre nous, toi et moi, il n’eut point de supplices

E ntre nous, toi et moi, il n’eut point de supplices
N e m’oublie pas, ma mie, et pas un seul soupir
I l n’est rien de plus beau que deux coeurs qui s’unissent

S ache que tes mots doux ont fait mon coeur sourire
S ache donc que tes mots sont sculptés dans l’amour
A l’aube de ce jour je te dis ‘à toujours’

S euls faisant face au monde et à ses nombreux rets
S urvivants d’une époque où la vie était belle
A la vue d’un destin que savions cruel
E nsemble cette peur est enfin affrontée

I l n’est pas de regrets, la vie nous a gâtés
V ient de frapper à l’huis du mur de nos malheurs
A u terme d’une attente égrenant nos douleurs
L e temps des adieux si longtemps redouté

MJM-avec son aimable autorisation.

La poésie n’a pas besoin…-4Z2A84

La poésie n’a pas besoin d’être lue
Seule elle fleurit
Au bord des toits
A l’angle des vieux murs
Je l’ai vue entre deux persiennes
A l’instant où elles se séparaient
Pour laisser la place à un visage
Un visage derrière une vitre
Le visage de n’importe qui
Ton visage
Mon visage
Tous les visages se ressemblent
Ils se rassemblent et n’en forment qu’un
Le même sourire éclaire les même bouches
Les lèvres s’allongent pour baiser d’autres lèvres
Elles se rencontrent dans l’espace
Comme deux oiseaux en plein vol
Comme deux avions se percutent
Comme une météorite fracasse la terre
Et poursuit son chemin
Tiens vous êtes mort moi aussi
Cela ne nous empêche pas d’aller à la pêche
Au goujon
C’est tout ce qui reste dans nos viviers
Une maigre friture
Nous mangerons davantage dans une vie parallèle
Nous nous goinfrerons de graisse
Et nous arborerons d’énormes bides
Volumineuses comme des montagnes
Nos selles nourriront des troupeaux entiers
D’hommes et d’animaux obéissants
Nous y cultiverons la poésie
Dans des jardins secrets
D’où nous regarderons les arbres
Escalader nos flancs
En cordée tels des alpinistes
Et puis nous nous ennuierons
Nous nous ennuierons jusqu’à la prochaine étape
Jusqu’à la prochaine explosion

.

4Z2A84

Brume de soleil

 

C’est dans le brouillard du matin

Que l’on devine des silhouettes qui dansent

Ce sont peut-être des arbres heureux

Laissant pour les reposer

Leurs racines enfouies loin d’eux

Ou quelque animal sorti des bois attiré par les reflets

Des pans de brumes sur les champs lourds

Des réverbères fuyant la ville et la contrainte

D’indiquer toujours la même route

Des poissons qui se seront perdus

Remontant nos songes comme on le ferait d’un fleuve aimé

Ou les paroles des étoiles qui s’enroulent aux cheveux du vent

Peut-être ma mémoire qui vous devine à ma porte

Avant que le jour ne se lève et dissipe les souvenirs

.

Et les étagères hurlent sous les urnes

La nuit dormante plane au dessus des eaux

Calme les longs tiroirs en arbre à fruits

Le visage des ombres fait miroiter un abri

Le vieil épouvantail se souvient des champs de rêves

Qu’il a longtemps protégé des faucheuses

Aux longues si longues pattes

Les vitrines s’animent en chœur

Les lumières artificielles et chaleureuses

Remplacent le soleil assoupi souriant sur un nuage

 .

Les écheveaux de neige

Soufflent de leurs naseaux

Sur les cristaux  brûlés

Des restes de l’armée

 .

La trompette traverse

Le fleuve empoisonné

Ou sont abandonnés

Des lambeaux  de drapeaux

 .

Tranches de vie perdues

Qui s’enfuient à jamais

Les mâchoires en étau

Les yeux virés vitraux

 .

Et le silence revient

Recouvrant la fumée

Le sang se fige aussi

Sur la glace épaissie

Au soleil retrouvé

Les bains sont interdits

L’olivier crache sur

Les rameaux de la paix

 .

Tu marches sur le chemin où l’écolier refait le monde

A sa façon sans demander aux maîtres leur avis

Il sait de quoi il parle  Que le soleil réponde

Ou non à ses questions spontanées sur la vie

Il n’y a déjà plus de modèle à rien

L’imagination passe avec succès tous les caps

Sautés haies et fossés ne sont plus des obstacles

Ni l’horizon qui reculait une proie insaisissable

Ni le nuage un projet dont la réalisation avorte

Sa famille oubliée ne lui tend plus les bras

Qui l’accueille aujourd’hui ? Une vague

Qui l’étreint, l’enveloppe ? Une vague

Jamais la même

Ont participé :

 4Z2A84

Eclaircie

Elisa

Heliomel

Le chant du silence

Quand j’étais pierre sans mousse
J’ai habité la Croix-Rousse
Façades grises d’alors
Aujourd’hui d’ocres et d’ors.

Les métiers ne chantaient plus
Déjà le chant des canuts.
Loin des quartiers dits sensibles,
La vie y était paisible.

On aurait dit un village,
Mais ce n’était que mirage…

Depuis j’ai goûté le chant
Du silence du couchant

Du vol de la libellule,
De la lune funambule,
De la source au fond des bois,
Des étoiles sur mon toit.

UN MOT D’ELLE

Au matin, elle ne porte que des dentelles d’hésitation qu’elle froisse dans ses mains, comme des fils de la vierge tendus entre les buissons de lumière.

Quand la journée s’étire, elle devient papillon avec une robe de ciel et des tâches de soleil.

Dans la clairière de midi, elle butine les heures aux pétales de ses doigts et quand vient le soir, elle apprivoise la mer dans la lagune de son regard, son corps se fait voile dans les parfums d’algue et elle s’envole avec les oiseaux blancs sur les crêtes de la nuit.

Et moi, je garde, sur la peau, la morsure d’une étoile qui a traversé mon rêve.

Pâmé de Glécy

Le train que l’on n’a pas pris – poème d’Eclaircie

Le train que l’on n’a pas pris

Les couloirs bleus s’enfuient quand le pas les emprunte
Même dans le désert le pied  poursuit  sa marche
Comme les trains de nuit qui épousent le vide
Lorsque ponts et tunnels ont déserté les lignes
Préférant l’océan et le chant des poissons
Pour tracer cette voie qui mène à nos matins
Equilibriste alors sur l’invisible fil
Ce sont vos mains tendues qui assurent l’aplomb
Dans le bruit fracassant des rouages avides
Des rues qui happeraient jusqu’au dernier passant
Quand les gares fermées repoussent sur la ville
Les voyageurs surpris de n’être pas plus loin

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Eclaircie – M.C. B.

le vieux maitre

LE VIEUX MAITRE(ricochet)

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En Afrique là-bas où s’installe l’hiver

Aux pieds des minarets il scrute le désert

Assis dans son fauteuil tout son esprit voyage

Racontant ses émois sur le blanc d’une page.

En Afrique là-bas où s’installe l’hiver

Aux pieds des minarets il scrute le désert

Le vieux maitre notait des mots, des paroles

Qu’il s’en ira conter aux enfants des écoles.

Le souffle de l’Atlas sifflera son refrain

Sur le sable chauffé de son palais d’Airain.

Assis dans son fauteuil tout son esprit voyage

Racontant ses émois sur le blanc d’une page.

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Il écoute les cris de son vieil océan

Qui cogne sur le port à la force du vent

En rapportant parfois les morceaux de l’histoire

D’un ami disparu dormant dans sa mémoire.

Il écoute les cris de son vieil océan

Qui cogne sur le port à la force du vent.

Il laisse à son crayon le choix de l’écriture

Pour transmettre aux lecteurs ces goûts pour l’aventure.

Sur la toile, présent dès le petit matin

Il s’en vient partager ses rêves d’écrivain,

En rapportant parfois les morceaux de l’histoire

D’un ami disparu dormant dans sa mémoire.

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jc blondel

a l’encre de la mer

A L’ENCRE DE LA MER(ricochet)

.

A l’encre de la mer, j’irai tremper ma plume

Pour effacer le temps perdu de l’amertume.

Les vents m’ont raconté ce beau rêve infini

En écrivant leurs mots sur du papier jauni.

A l’encre de la mer, j’irai tremper ma plume

Pour effacer le temps perdu de l’amertume.

En recherchant les vers de ma douce chanson

Je refais son refrain à l’aide d’un crayon

Esquissant ses couplets sur le sable des plages.

Lorsque la rime part vers de lointains rivages

Les vents m’ont raconté ce beau rêve infini

En écrivant leurs mots sur du papier jauni.

.

La rime m’attendra sur le blanc de la page

Pour faire le récit de mon tendre voyage

Façonnant le sonnet de mon rêve d’un jour.

Quand le bonheur enfin me promettait l’amour

La rime m’attendra sur le blanc de la page

Pour faire le récit de mon tendre voyage.

Elle gomme le soir, un par un, mes regrets

Les envoyant dormir dans le noir des secrets,

Avant de repartir dans sa belle écriture

Finissant le roman de ma folle aventure,

Façonnant le sonnet de mon rêve d’un jour,

Quand le bonheur enfin me promettait l’amour.

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jc blondel