Category Archives: Plusieurs mains

Sur les chemins de lune

Il fait le plus beau jour sur les toits titillés

Par les rayons du phare et la toison du vent

Des ballons flottent dans l’air tiède

Dérangeant leur lecture ondoient des banderoles

On enjambe le fleuve où l’eau gonfle les joues

L’autre rive est squattée par nos clones moqueurs

On y troque un esprit sain contre une aventure

En mer quand le bateau n’y dompte plus les vagues.

Achetez ma mémoire !

Crie le marchand de soupe

J’ai vendu leur vraie vie à des hommes perdus

Dans ce rêve ou chacun croit trouver sa pitance

 

L’automne en son jardin,

 

Sous les feuilles dort le bruit

La folie des rêves tressés

Par des mains fiévreuses de vie

Cette source intarissable qui roule les hommes

Dans la débine

La fin lentement dessine la chute douce

A peine remarquée

Comme déjà bue par la terre sèche

De cette aventure sans lendemain

 

Chaque soir le ciel range ses nuages

L’horizon lointain se déchausse de son mystère

Devient le tapis providence sous lequel on dissimule

Le gris d’une poussière ou d’un jour trop pluvieux

Les maisons fatiguées ferment leurs paupières

Entourent de leurs murs leurs habitants inquiets

Ici la lune convalescente a donné quelques nouvelles

Et les anges aux ailes blanches laissent tomber deux ou trois plumes

Messages de douceur qui apaisent nos peurs

 

L’homme savait être seul

Il ne m’a pas appris

À gravir le sentier sans l’ombre de la lune

Sans ses chants et ses dires

Qu’elle ne confie qu’aux arbres

Jaunissants

Le ruisseau n’a pas reparu

Et les herbes sèches crissent sous le pas

La mémoire de l’eau irrigue d’autres contrées

Dont on ne sait pas encore trouver l’accès

 

 

Cheminent sous la lune

4z dans un extrait d’un poème issu de son recueil « Regards perdus »

Phoenix sur la pointe de l’automne

Élisa auprès des nuages

Éclaircie qui cherche la route

Fleurs fraîches et bouquet d’hier 

Bris de verre et autres petits dégâts familiers,

.

Nous ne savons rien des autres que nous côtoyons

En arrière-vie ils dansent sur les murs

Ombres pleines de vie mais aussi d’illusions

Qui nous accompagnent sans rien pourvoir de plus

Ne rien voir éveille l’imaginaire malade

Qui déconstruit le réel et déforme les sens

Alors du bris de verre collecté nous faisons un drame

Une pluie de sang et de larmes

Et nous tombons comme de lourds pantins

Sur nos chagrins silencieux désarticulés

*

Au sommet du mât une lumière inconnue

Diffuse des reflets comme autant de vagues

À la surface d’un lac sous le vent

Le silence ajoute à l’intensité de l’absence

S’il n’y avait ce balancement régulier

Comme un pas lourd dans le chemin du retour

La lune ose à nouveau traverser l’espace

Certaine cependant que nul ne l’entendra

Le brouillard sait que plus rien n’est à masquer

Seule dans les iris la perle de nuit vit toujours

*

Que sommes-nous ?

Des galets sous les pieds

Pour éclairer nos nuits blanches

Une lune froide dans le ciel muet

Que les nuques raides ne voient plus

Le sens se joue de l’ordre ordinaire

Une forme sombre patiente

Et puis nous, sur le pont d’un bateau

Sans capitaine pour inventer nos récifs

Sans verbe pour dessiner les contours

D’un avenir sans mémoire

*

Quand je ferme les yeux je t’aveugle mon âme
Mon âme est en morceaux
On a cassé la vitre
Et le vent se faufile à travers mes faisceaux
J’étais une trop fraîche fille
Pour m’en tenir à mon piano
Je jouais à la corde
Et sur les cordes d’une lyre
Démodée
Mes doigts glissaient sans dé à coudre
Si je me suis pendue
C’est à ton cou
Non à la poutre
Et mon corps on l’a jeté
Avec tous mes bijoux
Par la fenêtre ouverte sur la nuit
Où veillent les hiboux

(…)

*

Dans l’ordre de réception, d’écriture et de recherche : Phoenixs, Éclaircie, moi-même et 4Z. J’ai choisi la moitié d’un poème écrit par 4Z le 09 mai 2012 à 17h20 en cette maison

Le chant des galets,

Jouons à nous déguiser !
Mais…ne vous déguisez jamais en gâteau, vous risqueriez de vous faire manger : les gens sont si gourmands !
Un jour, je me suis déguisé en nuage ; et hop, ce jour-là, il a plu. J’étais bien avancé – d’autant plus que j’avais oublié d’emporter mon imperméable. Quand je suis rentré à la maison, j’étais trempé comme une soupe.
Un jour, je me suis déguisé en téléphone…Oh là là ! J’étais toujours occupé. On me parlait en chinois, en russe, en anglais, en espagnol et même en me soufflant au visage ; je n’y comprenais plus rien, je répondais n’importe quoi dans une langue dont j’inventais au fur et à mesure chaque mot.
Une fois (j’étais alors déguisé en lampe), je brûlai toute la nuit pour éclairer une dame qui lisait, qui lisait un livre interminable…

****

La tour dans la brume appelle phares et phrases
Et je réponds présent cadeau
Le sol assoiffé se tord légèrement
Imprimant à la nuit un mouvement vivant
Ma source tarie
Me reste le fleuve insubmersible
L’océan jamais étale
Et le flot les images les arbres les villas
Les bâtisses les montagnes la lune
Et ton reflet le même et différent sous ces deux lustres

****

Pourquoi courir deux lièvres sur une seule jambe?
Attendre que les poules aient des dents
Comme si crever l’herbe ne suffisait pas
En s’enfonçant dans la boue
Couchés
Vendre la peau de l’ours ne vaut pas le détour
Ni côté en bourse ni en pot d’abeille brûlée
Par les deux bouts
Croire qu’une hirondelle fait le printemps
Revient à espérer que le bipède tisse de l’amour
Avec Pénélope l’évaporée
Autant reprendre un peu de coupe jusqu’à la lie
***
Funambule sur le fil de ta voix
Les images étalées devant elle
En tarot animé collé à la vitre d’un train
Elle regarde passive la grosse dame aux petits pieds
Le porteur amoureux dans son habit de coccinelle
Et l’œil dans le mur qui ne cesse de tourner
La lune sommeille dans un matelas de nuages
A part un régiment d’étoiles nouvelles dans le ciel
Il n’y a rien à signaler

Trois marins à la barre mais le vent dans les voiles pousse Zephe et sa vigie sans l’égarer.

Lire sur les galets, dans les cheveux de la lune, du haut d’une tour, depuis les yeux d’un enfant, etc

Bonjour à tous,

Ici ne sera pas un poème mais un sujet où chacun pourra, s’il le désire, venir partager en commentaire, un poème personnel, un souvenir, une réflexion, un ressenti ou tout autre qu’il aura en souvenir de 4z2a84.

 

Les « PPV », classés dans la catégorie « Plusieurs mains » se poursuivent, le prochain à paraître : le 13 août, dans le même esprit que tous les autres.

Les poèmes de 4z qui y figureront auront été extraits de ci de là parmi l’impressionnante collection de textes que Jean-Claude Barbé a semée sur Poésie Fertile et qui ne demande qu’à germer.

 

Éclaircie

 

Ce sujet sera replacé en première page du site, à chaque nouveau commentaire, ceci afin que les passants sachent, que Poésie-fertile est né, a vécu, vit et vivra grâce à Jean-Claude Barbé, 4z2a84

Billevesées et plus

Billevesée :

Définition :

1- Propos, écrit vide de sens et souvent erroné.

Synonymes. baliverne, faribole, sornette.

2 – Par extension : Idée, comportement, occupation ou préoccupation frivole, sans fondement réel.

Synonyme. chimère, futilité, niaiserie.

 

Source : le site (très bien fait, quoiqu’un peu complexe) CNRTL.

 

Donc, il nous manquait ce lieu, du tout et du n’importe quoi, et même si je n’aime pas ce qui est trop institutionnalisé, je le crée -ce lieu-

 

Le principe :

Vous avez un « truc hyper important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Vous avez un « truc hyper pas important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Bonne visite à tous !

 

Les voyageurs

Certains restent sur le quai

D’autres courent en vain

Et laissent leur valise à terre

A bout de souffle

Les plus rapides sautent dans la voiture

Penchent la tête et saluent de la main

La gare qui les a déposés

Il en est qui descendront en route

Sans se retourner

Quelques uns laisseront leur siège vide

Aux clandestins

Aux ombres qui ne manquent jamais le voyage

Assis près de vous

Familiers étrangers dont vous suivez le passage

Sur la vitre incassable

Paris Nice sans escale 6 août 2017

 

Même sans lire, la nuit et la lune

Appréhendent demain, limpide, lucide

Le vent, depuis trente jours, silencieux

Reprend au matin sa course

Poussant devant lui l’enfant frêle

Vers son destin incertainement dessiné

Les écailles des poissons frissonnent

Comme au meilleur temps des cris de joie

Dix, quinze ? Comment compter les pieds

Ecorchés au chemin des impossibles ?

Ou comment les rictus s’adouciront

À la première caresse de l’aube.

 

La pendule a cessé ses battements

Tout est tapissé de silence

Dehors

Dedans

 

Avouons nos secrets vidons nos sacs de cendre

Sur les crânes luisants des moines en prière

Le fleuve a des lenteurs dues à trop de méandres

Nous partageons ses jeux d’adulte et sa paresse

On suit d’un œil contraint le vol des perroquets

Un vol lourd illustré par des couleurs criardes.

De la rive nous font signe de jeter l’ancre

Des enfants au ventre gonflé

Et des mamans vêtues d’un pagne et d’un collier

Dont les dents d’animaux jouent leur rôle de perles.

 

Avec par ordre d’entrée en scène :

Phoenixs,  Éclaircie, Élisa.R,

Et

4z2a84 bien malgré lui, mais avec toute notre amitié.

Attendre Céleste

Attendre Céleste,

 

Sur le bord d’une étoile

A la pointe de l’ailleurs

Brillant sur noir

Le son coupé

Enfin perdu

Le petit doigt désigne quelque part

Quelque chose de blanc encore

Ni fantôme ni fantasme

Une aile un rien glissant

Vers soi suspendu

Sans but composté

 

Les ombres se cachent mal

On les trouve sans les chercher

Dans le coin le plus reculé de sa chambre

Là où dorment tapis les monstres que nous engendrons

En rêve

Ou pour le plaisir d’aérer l’imagination

Car l’imagination a besoin de fraîcheur

Pour dompter sa nature paresseuse

On lui mange dans la main

Ainsi comprend-elle combien nous l’aimons

Moi qui ne suis que mon estomac je le comprends

Et j’attends l’heure du crime pour procéder

À l’arrestation de mes facultés mentales

Au profit d’une soupe à la citrouille

Ou d’un moment de repos sous un tilleul.

 

Nous nous sommes rendus à la porte du sommeil

N’osant pénétrer cet univers

Où ton corps réside quand ton esprit

Franchit tous les barrages de tous les fleuves

Pour atteindre l’océan dont tu nous diras

Tous les courants, les couleurs, les chants et les secrets

Les poissons dans leur aquarium guettent

L’arrivée de la première vague et des suivantes

Afin de s’élancer dans l’immensité à leur tour

Et nous sur la plage savons la marée et ton retour

 

Allongé dans un panier empli d’œufs

(La lumière voyage sur les paysages

Comme une main caresse une joue)

Les jambes croisées et la mâchoire enrubannée

(Aucune frontière ne limite la vue

L’esprit silencieux est infini)

Il sourit et contemple un nouveau monde

(Derrière les nuages un autre espace

Cachés sous nos sourires tant de souvenirs)

Qu’il domine en géant maladroit mais puissant

(Trois nymphes chantent au bord d’un ruisseau

L’eau clapote gaiement et charme les oreilles).

 

Sur un titre de Phoenixs, que je remercie,

attendent Céleste : Phoenixs, 4z (dans une composition de 2016), Éclaircie, Élisa.

 

 

 

Le bol et son visage sur lit de duvet blanc

Balles des fantoches,

 .


Aller, venir au gré des bancs de sardines

La gueule ouverte prête à l'emploi

Enfourner la friture insignifiante

Fiente de l'insigne futilité des nasses

Je danse sur les arêtes jetées à la vague

Flottantes fin d'écailles

Sur ma tête humide grouille l'élite des crabes

En panier d'oseille sans parfum

Et pourtant si malodorante

*

La trotteuse a renoncé

Parcourir le même cercle des minutes durant

Ne l’intéresse pas plus que manger des heures

Lorsqu’à la table aucun convive ne vient s’asseoir

La trotteuse est devenue bavarde

Perchée aux côtés de la girouette

Elle entame de longs palabres avec le vent

Que le jour ouvrant les yeux

Reflète dans toutes les tours désertes

La trotteuse attend des nuits sans dormir

Le temps volé au dormeur involontaire

Pour le lui rendre à l’aube de sa nouvelle saison

*

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

*

Deux œillets roses au-dessus du nez

Lui-même en peau de parapluie

Une bouche en jardin indocile et sauvage

Des cheveux soleil levant ou lune de midi

Le caractère fidèle bien que fougueux

Ne nécessite aucune longe et se monte sans selle

La silhouette se faufile indifféremment

Entre les lignes du jour et celles de la nuit

Quant à la démarche elle varie sans prévenir

Hier blues nonchalant au refrain bouleversant

Ce matin vague de deux mètres au milieu du néant.

*

4Z absent cette semaine, j'ai choisi un poème de 2015. Il se joint à ceux de Phoenixs, Eclaircie et moi-même, cueillis hier et ce matin.

La croisière du nageur allongé,

Rêve-t-on avec plus d’intensité
Debout qu’assis ou couché ?
Si cette question vous turlupine
Ouvrez la fenêtre et perdez votre regard
Au-delà de l’horizon dont la ligne n’est pas droite
Quelqu’un déplace l’équateur
Derrière notre dos
Quelqu’un se prend pour un autre
Et accouche d’une montagne
Sans le secours d’une sage-femme
Naître devient une habitude
Mourir un jeu auquel on joue
Les jours de pluie quand l’eau s’allonge.
****

La rivière offre ce gué
Voie étroite entre des rives éloignées
La main en pare-soleil
Même par temps « ciel des plus gris nuageux »
On craint que le souffle manque sur la pierre glissante
Les poissons de basses eaux
N’osent pas vraiment dire l’appréhension
Sous leurs branchies
Leurs yeux jamais fermés ils assisteront
À l’incroyable marche sur les flots
Quand les vagues se calment et guettent
Les premières traces de lettres sur la grève endormie

****
Le meilleur défi,

Nous déposons le monde sur la nappe
Papier chemin de traverse
Les uns avec les autres dans l’éclat
D’un mot, d’une idée, d’un rire
Déjà la douceur moite nous enveloppe
Et vide la chaise que nous occupions
Si peu soucieux de la nuit
Au large la voile éclair remporte le prix
Du meilleur silence à tous nos défis
****

J’ai vu des visages
Masques cireux vidés de vie
J’ai vu des mains
Se balancer inertes au bout de bras inutiles
Croisière en ville ou en campagne
L’eau transparente se colore
Pour ne rien laisser voir du fond
Ou des reflets passagers
Qui parfois nous effraient
L’humain surnage très longtemps
Puis disparaît de la surface

On ne pouvait pas mieux suivre le fil de ces textes placés dans leur ordre d’apparition. Nos rives se rejoignent sans perdre de vue le parcours sinueux des eaux qui accompagnent nos marches communes.
4Z, Eclaircie, bibi, Elisa

Le micro des ventriloques.

LE MICRO DES VENTRILOQUES.

*

Les petites chaussures du soir,

 

Que se passe-t-il dans le grand slip des nuages

Quand il bouffonne sur les toits ?

Et dans la tignasse du vent

Qui siffle ses petits airs perdus ?

Que se passe-t-il dans le corps maigre des arbres

Rompus au sommet ?

Qui simplement peut répondre pendant que rote la nuit

Noire de vin gris ?

Peut-être les molles chaussures laissées sur la paillasson

Ronchon quotidien de nos semelles merdeuses

Qui pestent sans marcher…

*

Le ciel est un cyclope avec un œil changeant

Doux et tendre la nuit, vif et violent le jour.

Ne me demandez pas de choisir

Entre l’un ou l’autre à graver dans le marbre ;

Je les voudrais ensemble réunis

Le ciel, la lune et le soleil.

Les yeux entrouverts, la pâleur de la belle

Saurait calmer le feu inutile en dehors de l’âtre

Tandis que les visages se décomposent

De vivre trop dans l’ombre, l’astre diurne leur rendrait

La lumière,

Je rêve des bleus dont tous deux teinteraient  

Ma veille et la vie. Saisons et promenades.

*

Le temps perd la raison, fait grincer les ressorts de l’horloge

Bruit d’un bateau égaré dans la  tempête

Les instants glissent sur le pont, s’entrechoquent.

Ce matin visage d’un vieillard dans le reflet d’un enfant

Ce soir deux flots continus de voitures charriées par l’orage

Au milieu une femme attachée à son chien, immobile.

Puis l’habituelle évasion vers les mots, qui s’évaporent aussitôt .

A marée basse on trouvera quelques échardes dans le sable,

Une laisse peut-être, quelques éclats de verre

Et l’ombre fuyante d’une vague scélérate.

*

L’aube remplace le beurre elle s’étale

Et dore le ciel

Nous ne fermerons pas les yeux

Même si nos paupières s’alourdissent

Même si le gel suspend les larmes.

Je ne joue pas aux dés ma présence dans ce poème

Dont les vers ressemblent davantage à des œufs

Qu’à la cueillette des cerises

Sur les branches d’un chandelier.

Le jour en pyjama déjeune

De croissants chauds trempés dans la voie lactée

On soupçonne le boulanger d’être somnambule

Et la lune d’enfariner les anges.

*