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Bordures / lignes.

De plus en plus depuis longtemps

Et dans la ville qui confronte

Marcher sur la bordure du trottoir

Ligne de fuite vers

Ligne de chance sur

Le désir le désir le désir

S’équilibrer

Être le flux sur le radier

Être

Pauvre de soif pauvre de faim

Riche de rien riche de rien

Être de plus en plus

Voir que la ville qui confronte

Est toute nue

Bien que les murs soient murs

De plus en plus

Bien que les rues soient rues

Depuis longtemps

Faire semblant de la pudeur

Sous le soleil

Et conserver son ombre

Et conserver son pas

Conserver son ailleurs

Sur la bordure du trottoir.

 

 

HPB0308MMXVI

Heures obliques, virgules.

Chers amis de Poésie Fertile, je ne vous avais pas oubliés : j’avais simplement changé de vie et il me fallait bien une petite année pour me ressaisir. Salutations à tous !

 

Heures obliques, virgules.

 

C’est l’heure nue de quelques pas,

Tout frais,

Dans le ruisseau clair

 

Comme en repos d’un long voyage

Inventé /fabulé, rêvé /prétexté

Grâce au rire

 

Car sans le rire,

Tout, même le plus beau visage,

Est sidéré

 

C’est aussi l’heure contraire

Où le vert est trop vert

De l’arbre qui voit, de l’arbre qui entend

 

Sans aucun souffle de vent,

Arbre / couleur,

Grave, immobile et muet

 

C’est celle d’un souvenir,

Rythme / silence,

Beau comme deux femmes

 

Deux femmes au pas

Deux femmes se donnant le bras

 

 

 

HPB2604MMXVI

Quai du Lagon bleu.

D’abord tu n’es que dans la ville

D’abord tu n’es que frêle épave

Ancrée dans l’eau moitié cabane et mi-bateau

Alors après et non l’inverse on lit ton nom

 

(Quel noir miracle de l’esprit

Que le bonheur ou le dépit

Puissent dépendre seulement

De l’ordre des enchaînements)

 

Lagon ton quai ne paye pas de mine

Le morne trop longtemps a déteint sur ton bleu

Mais rien chez toi ne porte atteinte à l’imposture

Notre complice révérée

 

(Quel triste oracle de l’esprit

Que le tourment ou le répit

Soient tour à tour dans un miroir

Du point du jour au point du soir)

 

Tu n’es que mon reflet dans l’eau faraude

Non loin de là passe le vrai grand fleuve

Et nous rions d’en être ses bras morts

 

Si tu te prends pour Dieu il faut que je te touche

Au quai du Lagon bleu le ciel n’est pas farouche