Category Archives: cour de récréation

Billevesées et plus

Billevesée :

Définition :

1- Propos, écrit vide de sens et souvent erroné.

Synonymes. baliverne, faribole, sornette.

2 – Par extension : Idée, comportement, occupation ou préoccupation frivole, sans fondement réel.

Synonyme. chimère, futilité, niaiserie.

 

Source : le site (très bien fait, quoiqu’un peu complexe) CNRTL.

 

Donc, il nous manquait ce lieu, du tout et du n’importe quoi, et même si je n’aime pas ce qui est trop institutionnalisé, je le crée -ce lieu-

 

Le principe :

Vous avez un « truc hyper important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Vous avez un « truc hyper pas important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Bonne visite à tous !

 

Averse de printemps.

 

Pour se désennuyer

la pluie invente la musique.

Toutes les oreilles collées aux gouttières sont des auditeurs avisés.

– Ne risquez pas de manquer le concert en vous abritant sous vos draps.

Vers de Victor Hugo.

« Vers faits en dormant.

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Nuit du 26 au 27 mars 1854. Demi-sommeil.

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L’ombre emplit la maison de ses souffles funèbres.

Il est nuit. Tout se tait. Les formes des ténèbres

Vont et viennent autour des endormis gisants.

Pendant que je deviens une chose, je sens

Les choses près de moi qui deviennent des êtres,

Mon mur est une face et voit; mes deux fenêtres,

Blêmes sur le ciel gris, me regardent dormir. »

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Victor Hugo (« Océan »)

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LITTERATURE

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Vient de paraître :

« L’histoire anecdotique du céleri rémoulade

depuis les origines jusqu’à vendredi prochain »

6 volumes de 482 pages

Nombreuses illustrations

Photographies de l’époque

Glossaire spécial sur demande

Annotations en latin : 10 francs de plus

Commentaires en sabir : 15 francs de moins

…en vente aux usines du Creusot…

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« L’os à Moelle » novembre 1938 (Directeur Pierre Dac)

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A propos d’un petit livre de Louis Dubost, éditeur de poètes.

« Lettre d’un éditeur de poésie à un poète en quête d’éditeur » par Louis Dubost, Ginkgo éditeur, 126 pages, 7 €.

lecture d’Alain Jean-André

« Cette lettre d’un éditeur de poésie à un poète ne manque pas de sel. Certains l’ont déjà lu : ils l’ont reçu, décontenancés, soufflés, excédés, en réponse à l’envoi d’un manuscrit aux éditions Le Dé bleu. Ou ils ont lu une précédente édition. Cette troisième publication enfonce, encore une fois, le clou, et esquisse une sorte de bilan. Son auteur, enseignant « radié des cadres actifs » de l’Éducation nationale depuis le 1er septembre 2005 (l’heureux homme !), fait une nouvelle fois le point. Il a ajouté à sa lettre quelques récits plutôt cocasses du Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, ou d’autres lieux dans lesquels il a présenté ses livres, et des réponses d’auteurs refusés.

Pédagogue, Louis Dubost reprend sans cesse les mêmes arguments : le poète devrait commencer par proposer ses poèmes aux revues, elles sont nombreuses ; les auteurs expédient trop souvent un manuscrit à des éditeurs dont ils n’ont pas lu les livres ; l’éditeur « avec un tempérament et une sensibilité qui lui appartient en propre, entretient dans l’ensemble des publications auxquelles il donne sa marque un climat ». Direct, il déplore que : « trop peu d’auteurs s’inquiètent de (s)on mode de fonctionnement éditorial » ; or, l’éditeur « choisi les auteurs qu’il publie, et c’est lui qui verse l’argent ». Bougon, il lance encore : l’éditeur a tous les droits, même « le droit à l’erreur ». Au poète impatient qui désespère de dénicher la perle rare, il conseille de publier lui-même son livre.

Visiblement, quelques auteurs ont été ravis de son envoi : « Merci ! Oh ! merci ! Votre Lettre (…) m’a délivré. » ; « j’ai trouvé ce franc-parler plutôt sympathique ». D’autres réponses sont beaucoup moins laudatives, avec des phrases au vitriol. Parfois Louis Dubost répond à la réponse, comme dans un blog. Les saynètes avec l’éditeur derrière le présentoir de livres face à un poète qui cherche à fourguer un manuscrit sont parfois hilarantes. D’autres révèlent des silhouettes du monde poétique ou littéraires désignées uniquement par des initiales. De bref récits à clé !

Le fond de l’affaire est connu : la misère de l’édition poétique, la galère des auteurs et des éditeurs. Louis Dubost nous livre son témoignage, ni triste, ni gai. Son livre est vivant, clair, à hauteur d’homme. Une phrase pour donner une idée du ton de l’auteur : « le slogan soixante-huitard qui psalmodiait  » 50 000 poètes, 500 lecteurs, 5 éditeurs  » est toujours d’actualité, à ceci près que le nombre des poètes a quadruplé, celui des lecteurs diminué de moitié et que les éditeurs mettent la clé sous le paillasson… ». Ne faisons pas le calcul, le chiffre des éditeurs serait certainement négatif, le réel mis à mal. Retenons le mouvement, l’hyperbole, le ton, et beaucoup de choses entre les lignes. »

© Chroniques de la Luxiotte (Mis en ligne le 29 avril 2006)

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« Lettre d’un éditeur de poésie à un poète en quête d’éditeur » par Louis Dubost

 

« C’est un petit livre très drôle. Et pourtant, l’affaire est pathétique. Louis Dubost est éditeur de poésie. Sa maison se nomme Le Dé bleu. Elle a publié des auteurs désormais connus et d’autres pas du tout, ou toujours pas, mais Dubost les revendique puisqu’il a choisi de les mettre dans son catalogue. Le Dé bleu, très renommé, fait rêver un tas de poètes en (mauvaise) herbe. Un beau matin, Louis Dubost craque. Trop (de mauvais manuscrits), c’est trop. Il se défoule avec élégance dans une lettre qu’il envoie aux prétendants poètes. Il écrit : « Cher poète, j’ai bien reçu votre manuscrit. Je vous remercie, mais je ne sais qu’en faire. En effet, depuis vingt ans, je n’édite que les manuscrits que je sollicite moi-même, et mon programme est bouclé pour les trois années à venir. Le problème essentiel d’un éditeur de mon (petit) acabit n’est pas de trouver des auteurs, mais des… lecteurs. » Cette troisième édition de Lettre d’un éditeur… est enrichie de réponses des candidats refoulés. Et c’est merveilleux ! Certains maudissent Dubost – « c’est dégueulasse » –, d’autres la jouent grand seigneur : « J’ai vendu ma bibliothèque et entassé à la cave mes précieux manuscrits. Les vers s’en chargeront. Je ne veux plus entendre parler de livres, ni de littérature, jamais ! Et puisque vous êtes, pour ainsi dire, mon libérateur, permettez-moi dès maintenant de vous inviter à dîner… » « Mais comment revendiquer des lecteurs alors qu’on ne lit rien ! » rage Louis Dubost. Voilà une vérité bien cruelle que l’éditeur met au jour : les prétendants au poste d’écrivain avouent presque tous ne jamais lire, pas le temps, pas envie… Diantre ! Martine Laval   Illustr. de Pascal Jousselin, éd. Ginkgo, coll. Idées fixes, 125 p., 7 €. »

Le 27/05/2006

Martine Laval – Telerama n° 2941

 

 

d’Alain Bosquet…

d’Alain Bosquet :

« …de quoi est fait mon discours ? C’est toujours le même : je meurs, je meurs encore, je suis étonné de ne pas mourir tout à fait. Le reste est merveille verbale : des iguanes qui deviennent prophètes, des îles qu’on épouse, des cailloux qui ouvrent un parlement pour discuter de l’avenir humain. Mes vérités profondes sont dans mes mots : je devrais dire que moi, minuscule vérité de chair, j’ai ma place sans un langage immense. Ce que je suis est inutile à ce que j’écris. Le poème invente son poète. Le lecteur continue le poème. Le lecteur invente le poète. Ce malentendu est riche. Je peux, je dois me répudier. »

Alain Bosquet (« Faute de portrait », en préface au livre que lui a consacré Charles Le Quintrec en 1964).

Pierre Dac : « La Passoire à temps ».

Pierre Dac :

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« La passoire à temps.

….

Comme ce serait bien

De posséder une passoire

Dont les trous s’agrandiraient

Ou se rapetisseraient

A volonté,

Suivant notre désir

De voir le temps fuir

Vite

Ou de s’écouler

Lentement,

A petites gouttes…

.

Et puis, de temps en temps,

On boucherait complètement

La passoire à passer le temps,

Et le temps s’arrêterait,

S’accumulant,

En attendant

Patiemment

Que les trous se rouvrent

Pour le laisser

Passer

A nouveau.

.

Qui inventera

La passoire à passer le temps ?

N’y a-t-il pas un poète

Qui soit aussi ferblantier

Et qui pourrait

En rêve

La confectionner ? »

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Pierre Dac (« L’Os à Moelle »  28 juillet 1939.).

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Lou Ping (pensées)

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Les pensées de Lou Ping (poète japonais 1527-1598) mettent tout par dessus tête.

« Lune se déplie
elle grince, c’est un grillon,
éternue pollen. »

[Les écrits du crachoir – Kobe – 1572]

Biographie :
Lou Ping, né d’un père fabriquant d’encre et d’une mère désosseuse de sèche, est très influencé par le travail du noir, ce qui irriguera plus tard toute son œuvre. Il étudie avec les enfants du shogoun local la calligraphie et les maîtres anciens. On sait peu de chose de sa vie si ce n’est qu’il fut fonctionnaire (service du recensement des bouches à nourrir et des coups de bâtons à donner) avant de, touché par l’illumination, se faire ermite errant. C’est sa période de création la plus prolifique, vivant d’un bol de riz mendié ou, plus rarement, d’une salamandre grillée, d’un beignet de légume ou d’épluchure, ses pensées, aphorismes et haïku viennent aux oreilles (pourtant obtuses) de quelques nobles qui les collectionnent et les collectent.
Ils forment une somme de quelques trois milles six cent deux poèmes diffusés sous le nom de « Écrits du crachoire », « Crachats de l’écritoire » et « Une mouche boit sur mon pied ».
La légende dit qu’il est mort dans les buissons de la région de Kobe où il faisait son petit pipi pour embêter les coccinelles, piqué par un serpent jaloux.

« Lamento des soupes,
la pluie se noie, dans l’étang
galet dans la poche. »

« À l’ombre le vieux
au pied du figuier, se froisse,
un frelon sucré. »

[Les écrits du crachoir – Kobe – 1572]

« La mouche bouillie
parfume toute la soupe,
fadeur du tofu. »

« Les prunes au soleil
(… illisible…)
bouillant souvenir. »

[Une mouche boit sur mon pied – Kobe – 1588]

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