Archive des catégories : Phoenixs

Aux passants

J’ai toujours aimé les maths, 4z2a84 pas trop. Alors les statistiques, vous pensez ! Je sais donc que vous êtes nombreux et fidèles.

Je remercie et les animateurs vivants (ou pas)de ce blog avec moi, je remercie donc, tous qui passez nous voir.

Même sans laisser de trace, de commentaires. D’où que vous arriviez, lieu géographique ou site ou encore réseaux sociaux je sais que nous avons raison de poursuivre.

Éclaircie et avec moi les habitués : Phoenixs, Marjolaine, Élisa, Kiproko.

4z2a84 se moquait bien de la notoriété mais appréciait la poésie, la littérature, l’amitié aussi sans l’avouer. Il ne se serait pas trop joint à nous pour dire merci mais m’aurait laissé l’inclure dans les remerciements, je crois.

Billevesées et plus

Billevesée :

Définition :

1- Propos, écrit vide de sens et souvent erroné.

Synonymes. baliverne, faribole, sornette.

2 – Par extension : Idée, comportement, occupation ou préoccupation frivole, sans fondement réel.

Synonyme. chimère, futilité, niaiserie.

 

Source : le site (très bien fait, quoiqu’un peu complexe) CNRTL.

 

Donc, il nous manquait ce lieu, du tout et du n’importe quoi, et même si je n’aime pas ce qui est trop institutionnalisé, je le crée -ce lieu-

 

Le principe :

Vous avez un « truc hyper important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Vous avez un « truc hyper pas important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Bonne visite à tous !

 

Lire sur les galets, dans les cheveux de la lune, du haut d’une tour, depuis les yeux d’un enfant, etc

Bonjour à tous,

Ici ne sera pas un poème mais un sujet où chacun pourra, s’il le désire, venir partager en commentaire, un poème personnel, un souvenir, une réflexion, un ressenti ou tout autre qu’il aura en souvenir de 4z2a84.

 

Les « PPV », classés dans la catégorie « Plusieurs mains » se poursuivent, le prochain à paraître : le 13 août, dans le même esprit que tous les autres.

Les poèmes de 4z qui y figureront auront été extraits de ci de là parmi l’impressionnante collection de textes que Jean-Claude Barbé a semée sur Poésie Fertile et qui ne demande qu’à germer.

 

Éclaircie

 

Ce sujet sera replacé en première page du site, à chaque nouveau commentaire, ceci afin que les passants sachent, que Poésie-fertile est né, a vécu, vit et vivra grâce à Jean-Claude Barbé, 4z2a84

Les voyageurs

Certains restent sur le quai

D’autres courent en vain

Et laissent leur valise à terre

A bout de souffle

Les plus rapides sautent dans la voiture

Penchent la tête et saluent de la main

La gare qui les a déposés

Il en est qui descendront en route

Sans se retourner

Quelques uns laisseront leur siège vide

Aux clandestins

Aux ombres qui ne manquent jamais le voyage

Assis près de vous

Familiers étrangers dont vous suivez le passage

Sur la vitre incassable

Paris Nice sans escale 6 août 2017

 

Même sans lire, la nuit et la lune

Appréhendent demain, limpide, lucide

Le vent, depuis trente jours, silencieux

Reprend au matin sa course

Poussant devant lui l’enfant frêle

Vers son destin incertainement dessiné

Les écailles des poissons frissonnent

Comme au meilleur temps des cris de joie

Dix, quinze ? Comment compter les pieds

Ecorchés au chemin des impossibles ?

Ou comment les rictus s’adouciront

À la première caresse de l’aube.

 

La pendule a cessé ses battements

Tout est tapissé de silence

Dehors

Dedans

 

Avouons nos secrets vidons nos sacs de cendre

Sur les crânes luisants des moines en prière

Le fleuve a des lenteurs dues à trop de méandres

Nous partageons ses jeux d’adulte et sa paresse

On suit d’un œil contraint le vol des perroquets

Un vol lourd illustré par des couleurs criardes.

De la rive nous font signe de jeter l’ancre

Des enfants au ventre gonflé

Et des mamans vêtues d’un pagne et d’un collier

Dont les dents d’animaux jouent leur rôle de perles.

 

Avec par ordre d’entrée en scène :

Phoenixs,  Éclaircie, Élisa.R,

Et

4z2a84 bien malgré lui, mais avec toute notre amitié.

14 juillet,

Les potes n’attendent pas les feux d’artifice pour s’éteindre
Glisser dans la nuit entre deux sommeils
Pour les porter dans le ciel noir une pensée de Bengale
Grillée à la nuit
Lui restera l’étoile de ma Promenade
Parmi les galets serrés sous l’eau
De là
Il est le tisserand des mots le repêcheur des poissons lune
Le copain à la main tendue
De plume
Sans épines
Ses écrits sont habillés de mémoire
Au vol léger des lucioles…

A 4Z un Paris-Nice sans escale.
17 juillet 2017

Fin des bégonias,

Les résidents retrouvèrent le petit monde, devenu familier, des touristes du macabre et des croque morts de la sensation forte. On déroula les circonvolutions causales, consécutives, butées et sourdes.
Certains y perdirent leur latin, d’autres leur cyrillique.
C’était Babel.
Anthelme naviguait accroché à son sourire public de bon aloi qui semblait en dire long.
– Je suis sur une piste
– Je vais trouver
– Je sens que ça vient
Chacun le félicitait pour son flegme, son élégance de lieutenant urbain, ce raffinement dans les supputations et les hypothèses verticales.
On hasarda Poirot sans la moustache.
On osa même Holmes.
Les plus hardis lui demandèrent un « orthographe ».
Mais le « bouc à mystère » prenait de l’ampleur mystique.
Pas l’ombre d’une solution.
Un voisin des « Palétuviers » en vint même à penser qu’il s’agissait d’un œil de bœuf déposé pour conjurer le mauvais sort. A quoi une voisine des « Magnolias » soutint qu’il s’agissait d’un œil de vers comme dans la pantoufle de Cendrillon.
Bref.
On faisait chou blanc, on pédalait sur une mer de sarcasmes.
Le parquet s’impatientait et le ministre de l’Intérieur grillait son forfait en vain.
Le Barbier, qui suivait la « découpe » depuis le début, interviewa le légiste perdu « L’œil était vidé de sa sclérotique et le cristallin muet, il semblait que le meurtrier s’était acharné sur l’iris en utilisant un couteau Suisse dont il ne pouvait citer la marque ».
Ce n’est pas Honorine, encore moins Germaine Epinard qui dénouèrent « l’Affaire », c’est le pur hasard malicieux…

Mémé ( suite )

Mme Augustin Fernande avait pour habitude de faire ses courses tous les matins à 9h00 à la supérette du quartier afin d’éviter l’oppression grégaire des artères confites aux caisses.
Elle sortait du bloc 232 réglée comme un métronome détraqué, quand il lui sembla reconnaître, devant le massif de bégonias, la balle perdue de son petit-fils Nestor.
Sa préférée qu’il avait réclamée deux mercredis durant, avec force larmes, cris, mouvements désordonnés des bras et des jambes, menaces de sauter par-dessus la balustrade sécurisée si on ne la lui retrouvait pas sur le champ. Mme Augustin, désarmée, et il faut bien l’avouer, totalement impuissante, se confia à Mme Cendres, sa plus proche voisine qui conseilla bonus malus de flanquer une bonne paire de claques à ces « merdeux qui vous empoisonnent le peu d’oxygène qui nous reste ».
C’est donc, dans un immense soupir de soulagement que la vieille dame se pencha pour ramasser l’objet. Elle ne comprit pas tout de suite. Il fallut un temps certain à ses yeux usés pour envoyer l’information adéquate « Fernande, ce que tu tiens dans ta main gauche n’est pas la balle de Nestor, c’est un œil crevé ! »
Nestor serait très déçu quand il viendrait.
Il faudrait encore trouver une parade en achetant la « compensation transitoire de la résilience » sans doute une voiture ou une armée de « warmers » hideux.
En attendant que faire ?
Elle préféra déposer sa découverte sur le rebord de la fenêtre du gardien qui la fit rouler dans l’herbe en ouvrant ses persiennes.
Il aurait été perdu à jamais, si Mr Poulit n’était descendu chercher dans le massif de bégonias ses jumelles qui venaient de choir à l’instant même où il s’apprêtait à observer Mlle Fremont, sa voisine des « Palétuviers ». C’était le dernier passe-temps qu’il volait à la vie sans Folichon. Dire qu’il tenait à ses jumelles comme à la prunelle de ses yeux et bien facile. Mais elles l’aidaient vaillamment à garder le cap.
Tandis que Victor fouillait les tubéreux, Mlle Millot chuintait en ballerines dans le hall d’entrée tout affairée au postage de son dernier courrier « à qui de droit » ; les rencontres farceuses les firent se percuter. Comme ni l’un ni l’autre ne s’appréciait ils reculèrent tous deux dans un bel élan dégoûté. Bien entendu c’est Honorine qui trouva « l’œil » ; elle en profita pour faire remarquer à Mr Poulit l’imprudent :
– Monsieur Poulit, bien que nous soyons heureux que vous ayez fait piquer votre cabot insupportable, nous déplorons une fois encore votre négligence, merci de fermer votre poubelle, et de trier vos déchets car enfin que fait cette « chose » dans les plantes ? »
Victor Poulit ne sut que répondre à la vieille garce qui le harcelait depuis bientôt vingt ans. Au début il avait pris ses remarques pour des avances qui le faisaient reculer, mais au fur et à mesure que s’ouvrait démesurément sa lucidité il avait dû se rendre à l’évidence Mlle Millot le méprisait.
– Madame…
– Mademoiselle !
– Madame, cet « œil » ne m’appartient pas.
Allons bon, voilà que l’incroyable revenait à la charge alors que la cité somnolait depuis deux jours.
C’en est trop grogna Honorine en serrant les caries. Elle siffla entre ses lèvres, poussa le pauvre Victor dans le weingartia, et remonta chez elle ajouter post scripta et nota bene incendiaires.
L’œil posé sur le gravier semblait narguer le monde.
Victor, désemparé avait abandonné ses recherches dans l’inextricable Poncirus trifoliata où dormiraient désormais ses chères jumelles.
Il en était là de son deuil optique, quand il aperçut, traversant la pelouse interdite aux piétons, Anthelme Closerie qui le saluait de loin d’un petit geste amical.
Seul.
Honoré Lilas, pas complètement remis de la « tête perdue », avait pris un congé sans solde.
Anthelme semblait de bonne humeur, il était sur une piste.
Il faillit écraser « l’œil » sous ses mocassins en cuir beige.
Peu surpris par la trouvaille.
A vrai dire il s’y attendait.
Tout s’inscrivait dans un ordre logique :
Le corps.
Le tronc.
La tête.
L’œil.
Ah !
Pendant qu’il faisait part de ses supputations éclairées à Poulit au bout du rouleau, Mme Epinard vint aux nouvelles et sonna le tocsin médiatique en peu de temps.

Cette fois-ci les choses se compliquaient bougrement.
Le préfet déclencha un couvre-feu sur les résidences qui prirent l’allure de blocs fantômes dans une zone vague et troublante.
Plus personne ne descendit ses poubelles triées entre 18h00 et 7 heures du matin.
Les plus âgés s’enterrèrent dans leur appartement.
Mlle Millot acheta une machine à écrire électrique ce qui lui permit d’être plus opérationnelle dans le combat olympien du courrier envoyé à « qui de droit » dont elle n’obtint jamais de réponse.
Mr Poulit, à bout de force, fit piquer Folichon qui crevait de neurasthénie en l’absence de son réverbère.
Quant à Mme Vichnu, elle ne put jamais raconter la troisième affaire à sa fille, le fournisseur d’accès venait de lui couper la ligne en raison d’abonnement non payé.
Mais.
C’est oublier que les Parques, qui nous font toujours filer un mauvais coton quelle que soit l’aiguille dans le mort de foin que l’on cherche, aiment à nous engluer dans leur pelote de haine.
C’est pourquoi elles choisirent la veuve du troisième, Mme Augustin Fernande née Guillaumette, pour relancer « L’affaire » qui menaçait de ralentir le « buzz ».
En effet,

Mémé dans les bégonias.

« Pour le foutu ballon de ces crétins de gosses du quatrième ! Manque encore me casser la seringue à six plombes, tous les matins c’est la même histoire, nom de nom de nom de… » C’est en tâtonnant à la recherche de la minuterie qu’elle enfonça ses doigts épais parfumés à l’éther dans ce qui lui sembla être une peau de balle. Enfin, pas vraiment.
Le néon l’aveugla.
La surprise fit tomber sa mâchoire inférieure, côté bridge, et lâcher la tête parfaitement nettoyée qu’elle avait saisie entre le pouce droit et l’index près du garage de la famille Derby. Mr Poulit, tout en retenant un Folichon surexcité, découvrit la malheureuse, hagarde sous le saule miteux de l’allée qui menait aux « Palétuviers ». Quelqu’un entrebâilla son volet et lança à tout hasard « Vos gueules ! » dans leur direction.
On y serait encore si Mme Epinard, forte de sa première expérience n’avait, encore une fois, pris « L’affaire » en gant de fer.
Ce ne furent pas Jeannot et Jeannot qui débarquèrent, ils venaient d’être mutés à Cholet, mais l’inspecteur chef Anthelme Closerie, homme de terrain féru de crimes louches et de meurtres à la petite cuillère, secondé par un jeune stagiaire en « situation » Honoré Lilas, qui venait de rater son concours de vétérinaire.
Chacun répéta son antienne « Non, on ne connaissait pas cette tête »
« Oui, on en avait marre de voir tout ce monde dans la résidence, cela finirait par attirer la poisse, cette morveuse du malheur »
« Non, il n’y avait pas de cimetière à proximité qui expliquerait cette avalanche de macchabées ».
Le médecin légiste conclut à une ou deux heures près, que la mort se situait entre…et… Le crâne a semblait celui d’une adolescente entre…enfin rien de neuf.
Le quotidien local envoya son pigiste, tandis que le Barbier dépêchait un reporter de guerre afin de photographier la « chose ».
Mais, le crâne avait disparu.
Personne ne put remettre la main dessus.
Une stupeur incrédule se glissa dans l’ombre des résidents.
Anthelme Closerie eut beau fouiller la résidence de fond en comble il ne retrouva pas la tête.
Les enfants du quatrième se virent définitivement privés de parking où de fait le « jeu de ballon était interdit ».