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Mon amour, mon ailleurs

Où es-tu quand le soir est une chambre noire
Mon amour, mon ailleurs, il est des heures creuses
Tant de vaines passions. Je sais ces promenoirs
Où s’attardent l’ennui et ses ombres pleureuses

L’humeur peut inspirer des choses monotones
À ceux qui ont fermé leur cœur à tout bonheur
Sais-tu les airs nouveaux que la brise fredonne
Et qui donnent aux fleurs d’immortelles odeurs

Tout peut être futile à l’être qui sommeille
Dans ses puits intérieurs où la chimère danse
Vois. Les gouttes de pluie autant que le soleil
Font naître du néant la fertile espérance

Mon amour, mon ailleurs, qu’importent les saisons
Le temps fait bien son œuvre, il chasse les tourments
Ton rire étincelant offre à tout horizon
L’intense volupté des levants rubescents

Élévation

Quand l’être dépouillé de ses vicissitudes
Délaisse ses noirceurs sous l’arbre séculaire
Tel une statue insuffle la quiétude
Incise le chaos et ses intercalaires

Il est de tous les temps et de toutes saisons
De chaque particule il en perçoit l’essence
L’abîme est à ses pieds, le monde en flottaison
Il vibre intensément de joie et d’innocence

Dans le vide apparent d’un matin sans soleil
Paupières closes, l’être inspire et expire
Il quitte le sommeil et aspire à l’éveil
L’instant est son enclos, ailleurs est son empire

Héros désenchantés

Ici je suis venu à l’heure des criées
Entendre les récits des grands aventuriers
Des étendues de sel. Pèlerins des marées
Du nadir au zénith vous cherchiez l’empyrée

Mais qu’avez-vous trouvé à part ces océans
Combien de méridiens, combien de parallèles
À craindre l’ouragan sans vaincre les tourments
Avides conquérants de sombres archipels

Ici j’ai vu partir les héritiers du vent
Qui n’ont jamais atteint malgré leurs odyssées
La passe qui menait à l’autre firmament
Héros désenchantés des illusions noyées

Sous quelle latitude et dans quel hémisphère
Avez-vous succombé aux chants des égrégores
Crédules impulsifs, deviez-vous voir l’enfer
Soulever contre vous ses vaisseaux hydrophores

Et dire qu’un regard irradie tout un ciel