Historique de la catégorie : jc-blondel

un bateau s’est noyé

UN BATEAU S’EST NOYE

 

Un bateau s’est noyé dans le petit matin

Dans un coup de colère

D’un océan vengeur qui toujours vocifère

Par la voix du malin.

 

Il flotte dans le vent un horrible parfum

Qui sent fort la misère

Sur un rocher pointu, la fin d’une carrière

Au bien triste destin.

 

D’un liquide maussade il a souillé la terre

Noircissant le chemin

Où cet oiseau se meurt quand s’éteint sa lumière.

 

Ce naufrage indécent est porteur de chagrin

Il n’a plus de mystère

Quand il a propagé ce stupide festin…

jc blondel

un vaisseau maudit

LE VAISSEAU MAUDIT

 

La mer a déposé son blanc manteau d’écume

Sur le sable bruni par un bateau détruit

Qui déversa d’un coup ses tonnes de bitume,

Les restes désossés de ce vaisseau maudit

Jeté sur un rocher sous un ciel gris de brume.

 

Tout seul, il arriva du fin fond de la nuit

Bousculé par le vent sur la côte bretonne

Laissant sa cargaison s’échapper sans un bruit

Dans un monde ébahi qui pleure et qui s’étonne.

 

Les traces du progrès ont terni l’océan

Pour un peu de profit le dollar déraisonne

En quittant la nature à son sale tourment.

 

L’automne est devenu saison de l’amertume

Où le noir est resté la couleur du moment

 

Sur l’étrange tableau que l’essence parfume.

 

jc blondel

le vagabond

LE VAGABOND

 

 

J’ai toujours divagué de l’aube au crépuscule

Sur des chemins divers qu’importe la saison

Je ne suis rien qu’un nom, qu’un chiffre, un matricule,

J’ai construit ma maison dans des murs de carton.

 

Sur le marché, je tends mon verre pour vos sous

Pour aller boire un coup, avaler ma gélule

Avant de repartir en restant dans les clous

J’ai toujours divagué de l’aube au crépuscule.

 

J’ai mangé du rat pour ne pas crier famine

En regardant les couleurs changer sur l’horizon

Je traine sur mon dos une vieille cantine

Sur des chemins divers qu’importe la saison.

 

Sans famille, je suis, tout seul et sans drapeau

Et dans votre univers le soir, je déambule

Mon existence n’est qu’un immense fardeau

Je ne suis rien qu’un nom, qu’un chiffre, un matricule.

 

A plus de cinquante ans, je poursuis mon voyage

Me nourrissant souvent d’un reste de jambon.

Pour avoir un abri sous le feu de l’orage

J’ai construit ma maison dans des murs de carton.

 

Je traverse le temps comme un vieux somnambule

Dans le regard des gens je suis un vagabond

Je demeure étranger d’un monde ridicule.

A la fin du parcours je dirai sans façon

J’ai toujours divagué de l’aube au crépuscule.

 

 jc blondel

de concubine

DE CONCUBINE

 

En écartant du doigt le rouge du rideau

Je laisse pénétrer l’amour qui marivaude

Au coucher du soleil je repars en maraude

Sur les chemins secrets que m’offrira ta peau.

 

Ta poitrine dressée en guise de drapeau

Réveille le désir qui dans le noir minaude

Devant ta nudité, le plaisir s’échafaude

Pour emmener l’émoi, toujours beaucoup plus haut.

 

Sous la blancheur des draps où se niche ton corps

J’aimerai dans le soir changer tous les décors

Pour rendre chaque nuit plus tendre et plus coquine.

 

Je veux, chère maitresse, au retour du matin

Tout lire sans regret dans ton regard mutin

Ce bonheur assouvi de douce concubine.

 

jc blondel

le charognard

LE CHAROGNARD

 

Il est triste mon nom, je suis le charognard,

Dans ton ciel tout là-haut, je survole la plaine

Volant au fil du vent je surgis du brouillard

Pour trouver mon repas quand la faim se déchaine.

 

Au coucher du soleil, en dessous des nuages

Il est triste mon nom, je suis le charognard

Qu’importe la saison, sous l’éclair des orages

Je trouve ma pitance en suivant un renard.

 

Les charognes seront mon souper sur le tard

Lorsque mon estomac pleurera la famine

Il est triste mon nom je suis le charognard

Un vieux vautour errant perdu dans sa routine.

 

J’habite le désert, un univers sordide

Je plane dans la nuit, je dine par hasard

Assis sur le rocher où mon ombre est morbide,

Il est triste mon nom je suis le charognard.

jc blondel

ils s’amusent les mots

ILS S’AMUSENT LES MOTS

 

Les mots ont décidé ce soir de s’amuser

Sur l’étrange planète où règne l’écriture

Dans le palais des arts ils vivent d’aventure

Sur un tapis de vers sans rien se refuser.

 

Sur l’onde d’un sonnet, ils s’en vont diffuser

Le refrain d’un rondeau sans aucune censure

Le verbe le sait bien la rime a la peau dure

Pour finir la chanson qu’il faudra composer.

 

Sur la plaine de jeux qu’est un vieux dictionnaire

Ils servent un gamin dans son abécédaire

Pour faire de sa vie un superbe roman.

 

Ils viennent s’ajouter sur un peu de musique

Pour rendre cet instant magique et magnifique

Quand la voix d’un enfant l’emporte en chantonnant.

jc blondel

elle avait sur la peau

ELLE AVAIT SUR LA PEAU

 

Elle avait sur la peau le goût sucré des choses

D’où s’exhalait parfois le doux parfum des roses

Sous les remparts dorés que nous faisait son lit.

 

Dans son regard j’ai fait un merveilleux voyage.

 

Je l’avais commencé dans le noir de la nuit

Pour oublier un peu mes chagrins, mes névroses

En larguant en chemin mes souvenirs moroses

Dans le monde feutré du bonheur interdit.

 

Dans ses beaux yeux j’ai fait un merveilleux voyage.

 

J’accoste sans façon sur son tendre rivage

En posant simplement la chaleur de ma main

Pour venir effleurer la peau de son visage.

J’oserai dégrafer les boutons du corsage

Pour offrir au plaisir un sublime festin.

 

jc blondel

sur fond d’alexandrin

SUR FOND D’ALEXANDRIN(carillon)

 

Ce soir sur du papier je laisse errer ma plume

Dans la forêt des mots comme un petit poucet

Je sème des cailloux pour parfaire un couplet

En ciselant des vers sur le fer de l’enclume.

 

Au bout de mon émoi quand le soir est discret

Je fais de ma chanson une longue supplique

Pour oublier l’ennui que je vis à regret

En offrant au refrain une douce musique.

 

Un air d’accordéon me donne la réplique

En prenant son envol dans le souffle du vent

Il ira colporter par la voix d’un enfant

Le bonheur d’un instant, un vieux rêve magique.

 

L’étrange concerto chassera les chimères

D’un monde farfelu gravé dans ses mystères

En estompant la nuit la douleur des chagrins.

 

Les notes resteront la petite rengaine

Pour espérer l’amour d’une belle Chimène

Pour mettre du soleil brulant sur nos destins.

 

Ma plume pleurera ses lignes d’écriture

Pour enchanter le temps d’une folle aventure

Ecrivant nos serments sur fond d’alexandrins

 

jc blondel

l’horizon s’amusait

L’HORIZON S’AMUSAIT

 

Alors que s’effaçait le rideau de la brume

La plage s’éveillait dans le soleil levant

Là-bas dans le lointain en profitant du vent

L’horizon s’amusait des reflets de l’écume.

 

Dans la forge au village, un marteau sur l’enclume,

Rythmait à sa façon les coups sur le béton

Des vagues sur le quai, dans un bel unisson

L’horizon s’amusait des reflets de l’écume.

 

Un écrivain laissait se promener la plume

Sur du papier noirci par des alexandrins

Pendant qu’il inventait un par un ses refrains

L’horizon s’amusait des reflets de l’écume.

 

Alors que s’effaçait le rideau de la brume

L’horizon s’amusait des reflets de l’écume.

 jc blondel

pour des embruns d’ecume

POUR DES EMBRUNS D’ECUME

 

Quand je range un pinceau pour reprendre ma plume

Je délaisse un tableau pour finir un rondeau

Je quitte les couleurs pour m’amuser d’un mot

J’échange mes chagrins pour des embruns d’écume.

 

Sur mon bureau de bois quand règne l’amertume

J’abandonne un croquis, je cisèle un refrain,

Je remplace un dessin par un alexandrin

J’échange mes chagrins par des embruns d’écume.

 

Derrière la croisée un phare se rallume

Et l’ombre du fusain glisse sur le papier.

Lorsque mon vieux stylo plonge dans l’encrier

J’échange mes chagrins pour des embruns d’écume.

 

Quand je range un pinceau pour reprendre ma plume

J’échange mes chagrins pour des embruns d’écume.

 

 jc blondel