Category Archives: jc-blondel

pour t’ecouter dormir

POUR T’ECOUTER DORMIR

Au fond de mon grand lit dans l’ombre du silence
J’ai passé mille nuits à goûter ta présence
Tous ces instants passés à t’écouter dormir
Avant que la fatigue arrive pour finir.

Dans le noir, en secret, quand  manque le sommeil
Sous le bruit lancinant des tic-tacs d’un réveil
Je contemple, muet, le corps de ma princesse
Qui dort à mes côtés dans son éden paresse.

Quand l’air, dans tes poumons, soulève ta poitrine
Parfois je me surprends à la croire divine
Je n’ose l’effleurer de peur de t’éveiller
Je reste là, cloué sur mon bel oreiller.

Tes longs cheveux défaits sur l’étroit traversin
Semblaient s’évanouir dans un halo mutin
Mes mains se sont gardées pendant cette heure exquise
De ne pas soulever les pans de ta chemise.

Je n’aurais pas voulu, jamais, pour rien au monde
M’endormir et rater ces sublimes secondes
Et c’est pour tout cela, vois-tu qu’à l’avenir
Je passerai mes nuits à t’écouter dormir.

jc blondel

l’enfant bleu

L’ENFANT BLEU

Je suis un enfant bleu, j’ai le cœur mélangé
Mes parents malheureux s’esquintent à pleurer.
Là-haut dans le ciel blanc, un jour je vais passer
Je chanterai le peu de vie qu’ils m’ont laissé.

Il était attendu le jour de ma naissance
Neuf mois se sont perdu sur un monde silence
Et je suis apparu sur ce lit de souffrance
Dans ce bleu malvenu qui me laisse en partance.

Je suis un enfant bleu, la maladie m’abîme
Je ne serais jamais, adulte, je le sais
Je n’ai pas de santé, je sens qu’elle décline
Le jour de mon départ est scellé désormais.

Je suis un enfant bleu, je n’ai pas d’avenir
Je me suis débattu longtemps pour mon enfance
Mais aujourd’hui je pars avec mon innocence
N’ayant qu’un seul regret, c’est celui de partir.

Gardez mon souvenir, même s’il vous dérange
La maladie aura, je sais, le dernier mot.
J’étais un enfant bleu, dans le ciel comme un ange
Je vole enfin guéri, libre comme l’oiseau.

jc blondel

par dela le regard

PAR DELA LE REGARD

Je suis comme un tiret qui surplombe l’écume,
Impassible et secret dans les matins de brume.
Je suis un voyageur cachant l’île lointaine
Symbole à conquérir pour un beau capitaine.

Porte de l’inconnu par-delà les rivages
Je suis le trait d’union d’impossibles voyages,
Je conserve en mon sein des parfums d’aventure
Qui poussent le marin à dresser sa voilure.

Je suis en pointillé quand viennent les nuages
Disparaissant d’un coup sous le feu des orages
Pour revenir serein quand la chaude lumière
D’un rayon de soleil nous éclaire la terre.

Le dernier des remparts, l’invisible frontière
Je suis de la passion où chante la prière
Mon nom est un frisson et je suis intouchable.
Mon nom c’est horizon, je suis infranchissable.

jc blondel

belle passante

BELLE PASSANTE

La chaleur d’un regard, la beauté d’un visage
Rallument mille feux dans un cœur endormi
Et ces traits colorés lui font un paysage
Qui dans le noir des nuits se perd à l’infini.

Crépuscule soudain, qui reste une illusion
Il passe sans regret au fil de l’aventure
Profitant des plaisirs, nageant vers l’horizon
Il demeure pour nous, un rêve sans mesure.

Aurore d’un matin qui flotte dévêtue
Sur l’océan d’un lit aux vagues déferlantes
Elle file tout droit, quitte notre avenue
En nous laissant bien seul, les jambes pantelantes.

Espoirs de ces moments, songes sans avenir
Sur les rives du cœur vous demeurez distante.
Vous ne serez demain qu’un vague souvenir
Que le désir m’offrit par vous belle passante.

 

jc blondel

un artiste s’amuse

UN ARTISTE S’AMUSE

 

 

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

A jouer des couleurs sur le blanc d’un tableau

Tandis qu’un musicien dans un bar de Raguse

Dans le cœur de la nuit affine un concerto.

 

Pour laisser son crayon décrire l’horizon

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

A chanter le refrain d’une vieille chanson

Que répète le soir la douce cornemuse.

 

Sur la toile il a fait son radeau, sa méduse,

Sur un bel océan ouvert à tous les vents.

Dans le palais des arts un artiste s’amuse

Pour écrire l’émoi de tous ses sentiments.

 

Sur ses rêves passés il tire le rideau

Laissant parler les mots que la télé diffuse.

Il reprend son stylo, sa plume ou son pinceau,

Dans le palais des arts un artiste s’amuse.

jc blondel

a l’amour éternel

A L’AMOUR ETERNEL

 

A l’amour éternel, ce soir je ne crois plus

Il s’est fragilisé en vivant d’habitude

Les corps n’ont plus d’attraits les rêves sont perdus

Il faut nous arranger de notre solitude.

 

Le dessert est mangé voila le crépuscule

Qui plonge l’horizon dans de noirs consensus

Nous vivons sur le fil d’un bonheur funambule

A l’amour éternel ce soir je ne crois plus.

 

On partage le temps laissant courir les jours

Les lendemains n’ont plus aucune certitude

Et nous avons omis le terme de toujours

Il s’est fragilisé en vivant d’habitude.

 

Le désir s’est enfuit laissant planer le doute

Le plaisir a gâché beaucoup de ses vertus

Les chemins sont bouchés ca frise la déroute

Les corps n’ont plus d’attraits les rêves sont perdus.

 

Tous les draps sont défaits, on écarte les lits

Les baisers d’autrefois n’ont plus leur plénitude

On se retrouve seul dans la moiteur des nuits

Il faut nous arranger de notre solitude.

 

Il faudra vivre avec tous nos espoirs déçus

Le futur a parfois un peu de mansuétude

Les beaux jours envolés ne se retrouvent plus

Dans un monde pervers où trône l’inquiétude,

A l’amour éternel ce soir je ne crois plus.

 jc blondel

l’univers des mots

L’UNIVERS DES MOTS

Dans le palais des arts je laisse l’écriture
Poursuivre son chemin et tenter l’aventure
En cherchant la musique à ma folle chanson.

Je veux que mes couplets bousculent nos silences.

Je reprends mon fusain, délaisse le crayon
Pour user des couleurs qui cachent la blessure
D’un temps qui ne sait plus mettre sa signature
Sur le tableau doré que nous peint l’horizon.

Je veux que mes pinceaux réveillent nos silences.

Quand un film de saison révèle nos présences
Dans le noir et le blanc de nos vieilles photos,
Les tendres souvenirs venant de nos enfances
Rallument en secret les divines romances
Qu’un écrivain trouva dans l’univers des mots.

jc blondel

j’oserai chiffonner

J’OSERAI CHIFFONNER

 

J’oserai chiffonner les plis de ton corsage

aimant te dévêtir

Je laisserai mes doigts quand la nuit va venir

Jouer sur ton corps sage.

 

Le tissu va glisser sur le blanc carrelage

Et sans les retenir

J’ouvrirai les desseins que l’on donne au désir

Quand nos cœurs font naufrage.

 

Lorsque ta nudité va s’offrir au plaisir

L’amour est à l’ouvrage

Et l’âme ne sait plus parfois se contenir.

 

Mon baiser d’amoureux, pour elle, est un hommage

D’amant en devenir

Qui fit entre tes draps plus qu’un simple passage.

 

jc blondel

 

sur le blanc d’une page

SUR LE BLANC D’UNE PAGE

 

Ma plume a navigué sur le blanc de la page

Pour écrire un couplet

Les vers d’une chanson, les rimes d’un sonnet

Dans un charmant voyage.

 

J’ai donc apprivoisé cette muse sauvage

Qui vivait en secret

J’ai bousculé parfois ses émois à regret

Pour finir son ouvrage.

 

J’ai du le soir venu me montrer indiscret

Pour avoir son partage

Lui donnant un refrain la nuit à chantonner.

 

En écrivant ces mots je dessine une image

A l’amour dévoilé

A la belle d’un jour a qui je rends hommage.

jc blondel

une chanson d’amour

UNE CHANSON D’AMOUR

 

Il est entré chez moi par un matin de brume

D’un automne givré chahuté par les vents

Lorsque la saison pleurait des larmes d’amertume

Sur des draps désertés par tous les sentiments

Où le dépit avait mis son triste costume.

 

Un ange est descendu sur des nuages blancs

Il avait un regard bleu, la chevelure brune

Pour réveiller mon cœur perdu dans ses tourments

En éclairant mon lit par un rayon de lune.

 

Elle a su rallumer par cette fin de jour

Tous les feux d’un désir éteint par l’infortune

Eveillant chez l’amant l’âme d’un troubadour.

 

Pour chanter ce bonheur je laisserai ma plume

Ecrire le refrain d’une chanson d’amour

 

En ciselant les mots sur le fer de l’enclume.

 jc blondel