Historique de la catégorie : Invités

L’horizon s’endort sur mes genoux…Josy

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Petit chemin étrange..
Fleurissent les lys,
Les mimosas,
Les soupirs.
Les oiseaux rient.
Mais,
C’est sur ton visage
Que je péris.
Je ne rêve plus.
Je sors de ma bulle.
Le lierre envahit l’espace..

Sur le bord de ton fleuve
Je me pose..
Sur la rosée de tes lèvres
Vibre l’adagio;
Comme une plume caressante
Sur mon épaule,
Quand frémissent les notes
Sous l’archet du violon..

Un vent désenchanté plane..

Tout tremble..

Les feuilles
Les pervenches
La pluie
Un coeur…

D’une libellule,
D’une cigale,
D’un fin ruban,
D’un clair de lune,
Me parviennent encor
Les chuchotements.

Survivance Fleurie
D’un univers,
Je refais le monde
Quand l’astre Céleste
Danse sur les pavots..
Quand une chenille
Chemine sur ma peau..
Quand l’horizon
S’endort sur mes genoux

Quand je désaltère mes yeux
Sur la tendresse
Des fougères
Sur un dernier Songe
Qui a froid.

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Josy01, avec son aimable autorisation

L’automne est un perroquet mélancolique-DVL

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Femmes…trouées de part en part
par le dédain des hommes
vos lèvres s’égarent
hautes comme trois pommes

moi je suis l’hermaphrodite
qui masturbe la porte
de la chambre de la petite
pute que j’ai laissée pour morte

mère, le singe qui vous combla
bâtard hirsute en cavale de moi
je l’ai une seule fois appelé papa
mais il était dejà si froid

mon histoire dans le feuillage
chante comme un oiseau du lointain
les plumes pleines de rages
et crèvent les feuilles en vain…

monsieur le juge prenez votre temps
pour compter le mien
vous savez que le goût de mon sang
n’a plus goût à rien

l’automne est un perroquet mélancolique
une guillotine pleine d’argument
un branleur sur une chaise éléctrique
qui ne dit rien et consent…

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Démétrius-von-luckner

avec son aimable autorisation

Chaîne alimentaire- Untelll

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Je suis un os de seiche
accroché aux barreaux de l’espace.

Cette douleur solitaire
à qui je prête le flanc
a de jolies couleurs
empruntées au soleil
au vent à l’eau et à la terre.

Sa complainte est belle
à décrocher la lune du ciel
et la femme de son miroir.

Ses assauts sont pointus
déplacent de l’air
amoncellent des pierres
font tinter dans l’ombre
la cage suspendue du monde
et l’on songe aux galeries courant
malgré les noeuds de la matière.

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Untelll, avec son consentement anticipé

Sagittaire-morrisis

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Tous les vers que l’on tisse, de mains prestes ou molles,
Sont des pensées de nuit, qui bâtissent le jour.
Versification gaie, versification folle,
Ce n’est que de la haine, ce n’est que de l’amour.

Notre dualité, à nous les sagittaire,
Est le verre et la lie, les lèvres et la voix.
Plus qu’un simple silence qui vit dans les hautes sphères :
Une éloquence ailée aux cent plumes de soie.

Pourtant on sait la fange, aux cent crocs acérés,
Qui attend dans le noir, ombre de prédateur,
Désespoir de sa proie, une fatale erreur
Qui happerait son ciel, dans l’antre sans après…

Ainsi l’humble centaure, érudit et guerrier,
Bande son arc droit sur six milliards de cibles,
Au dos un plein carquois, pour faire se marier,
Les âmes et les corps, les nations et les villes

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morrisis, avec son aimable autorisation.

Réveil-Loïc

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Réveil

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C’est un matin d’eaux claires

Et les virgas de l’ombre mangées par les ruisseaux s’étirent sous les monts

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Un orangé de laudes caresse les essarts, que des hommes hirsutes jardinent en maugréant.

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Une cloche au matin, résonnantes vallées, le jappement des chiens

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Des fumées chandelières aux cheminées de forges, un immobile été

Les fragrances du coke, petit bassin houiller, confins de Margeride

Le chemin de Marsanges, les camions de Lebrat

……………L’étoupe du travail jointoyant la misère.

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C’est un matin d’eaux claires où nagent les farios que d’anciens ouvriers capturent sous les roches

Ils cheminent affairés sous chape de silence, en se hélant parfois aux détours des sentiers

Une simple  journée qui s’en revient encore, d’amples années d’usines bercées par les sirènes.

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Les fournées de pain blanc parfument de levure les ruelles étroites

Et les chats s’en retournent de leurs pas imbriqués

Danseuses fatiguées.

Arriveront l’azur, la chape de Juillet, le parfum des légumes alignés sur l’étal

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Des femmes en fichus, sous leur vies monotones viendront un peu plus tard.

Historiettes infimes, allant à l’avenant picorées de tristesses …

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La farine des jours recouvre les horloges d’une gare aux aguets, institution notoire dispendieuse de rêves

La cime des forêts flamboie sur les adrets, les volets que l’on ouvre…

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Un cristal de silence précède la torpeur

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C’est un matin d’eaux claires, encombré de massifs que les hommes trépanent.

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Loïc, avec son aimable autorisation

Cas de conscience-Untelll

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Des milliards d’êtres
d’étoiles et d’univers
s’étirant pour disparaître
et renaître
dans une tête de linotte.

De la poussière
des atomes et des cellules
s’agglomérant pour être moi
Mémoire
vivante et mourante aux Mondes.

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Untelll,

avec son autorisation anticipée.

L’oeil au bord noir-JD Lemarié

L’œil
Sourd aux appels
De la vie sombre et
Tombe au creux
De l’abime en
Rugissant comme un lion
Blessé
Le silence est la nuit
Qui pèse au creux des langues
Et le jour est tapi
Au fond de l’oeil on
Massacre on
décapite on
Tranchons la gorge et
Le mot rouge est
Vivons comme on gicle et
L’œil
Au bord
Des lèvres

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JD Lemarié , avec son aimable autorisation

James Brown-poème de Untelll

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Il n’y a pas de violons, de cordes qui tiennent. Plutôt l’éclat des cuivres, le retentissement d’être.
Il faut de l’âme délivrer le corps.
Sueur, sang et sexe m’allègent, et je glisse sur le tapis roulant de la poussière.
J’étends un cri contre les promesses de l’aube.
La flamme de mon bois vert est sèche.
Je ne suis pas à l’intérieur du Temple, à l’ombre enveloppante de ses cierges.
Je suis seul, dans la blancheur brûlante des rues.
J’ai emprunté la crudité du Mystère pour rester parmi mes frères aux yeux écarquillés, entre le coton tranchant.

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Untelll, avec son aimable autorisation.

Les hurlements de la bête. suite. MJM

Pour retrouver les premiers épisodes:

http://www.poesie-fertile.fr/?p=2474

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Je croyais encore être dans un rêve. Un cauchemar, plutôt.
Mais non. La pierre froide sous mon dos me donnait à penser que tout cela était bien réel. Je fermai les yeux et repassai les derniers événements qui m’étaient arrivés en mémoire. Aucun de ces derniers ne pouvaient avoir une telle suite logique. Je tentai de me calmer, en pensant à des choses agréables, mais rien n’y fit.
Je rouvris les yeux et regardai l’homme qui m’avait adressé la parole. L’homme! D’homme, il n’avait que l’apparence. Je sentais autre chose, une présence, une volonté, à la limite de l’humain.
Il s’adressa à nouveau à moi:
-Je vois de l’inquiétude dans tes yeux, je peux même la lire dans ton âme. Sache qu’ici, tu n’es pas en danger. Mais il y a tellement de choses que tu dois savoir.., puis, se tournant vers l’autre homme à ses côtés, Chef, il y a des mots que même toi ne peux entendre, laisse-nous seuls. Nous attendons ce moment depuis si longtemps que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer encore une fois ce rendez-vous avec le destin. Ne crains point pour ton fils, il ne court aucun danger. Laisse-nous, maintenant.
Ton fils?
De qui parlait-il donc? J’étais seul, à part cette assemblée sinistre et l’homme que mon interlocuteur avait appelé ‘chef’.
Chef de quoi, d’abord?
Tout s’embrouillait.
Je ne savais pas où j’étais ni qui étaient ces gens, ni ce que je faisais là. Ma tête était sur le point d’exploser.
L’homme appelé chef, me regarda, son visage se crispa, je sentais sa réticence aux injonctions qu’il venait d’entendre, suppliant par son regard celui qui lui avait parlé.
Mais l’autre était inflexible.
– Tu sais qu’il doit en être ainsi, lui dit-il. Nous devons agir avant que l’ouverture ne se referme.
Semblant vaincu par cette affirmation, le ‘chef’ se tourna de nouveau vers moi:
– Ne crains rien, fils, le Sorcier sait ce qu’il fait. Laisse-toi guider par ses paroles. Je reviendrai te voir dès que possible.
A ces mots, j’entendis une voix dans ma tête, comme un murmure, un chuchotement, dont j’ignorais l’origine.
Il tourna les talons et sortit de mon champ de vue. Je suppose qu’il sortit aussi de la grotte.

Le silence était pesant.
J’étais un peu plus calme, à présent, et pris le temps d’observer ce qui m’entourait.
La grotte était vraiment immense, et sa conformation me rappelait vaguement quelque-chose.
Je remarquai alors la présence de nombreuses personnes aux traits scarifiés comme celui que le ‘chef’ avait nommé ‘sorcier’.
Bien que l’inquiétude pouvait se lire sur leur visage, je ne pus y déceler aucune haine, ni colère.
L’assemblée était réunie autour de moi. Il y avait autant d’hommes que de femmes, habillés tous de la même manière.
Le plafond était sombre et parsemé de petites lueurs très vives.
Je tournai alors la tête pour essayer de me voir, moi.
J’avais les pieds chaussés de grossières sandales. Mes jambes étaient nues, et il semblait que le haut de mon corps fut vêtu d’une sorte de vêtement en peau de bête.
La perplexité revint à la charge dans mon esprit. De même que la petite voix qui n’avait cessé jusque-là de chuchoter.

Le sorcier choisit alors cet instant pour m’adresser la parole.
– Tu as eu le loisir de nous observer, et d’observer tout ce qui t’entoure. Il est juste, à présent, que tu comprennes pourquoi
tu es là. Je demande à l’assemblée ce qu’il convient de faire.

Une des personnes, la plus âgée de toutes, semblait-il, se leva.
– Nous avons beaucoup parlé entre nous, les signes sont trop forts. Le doute n’est plus permis. Au nom de l’assemblée, en tant que doyenne, je demande la fusion des esprits.
– Qu’il en soit ainsi, répondit le sorcier.
Puis se tournant vers moi:
– Ne crains point, tu vas enfin devenir toi, ce que tu aurais toujours dû être.
Je n’y comprenais rien, rien de rien. L’angoisse me saisit de nouveau et je pus articuler enfin quelques mots:
– Qui êtes-vous? Qu’allez-vous me faire? C’est un cauchemar! Je veux me réveiller!
– Devant les humains, nous usons de potions. Mais maintenant, je n’en ai plus besoin. A ce moment, ta vie n’est pas en danger.
Rassure-toi.

Sans que je m’y attende, il posa ses deux mains sur mon front et je perdis la vue. Dans le même temps, les chuchotements se firent de plus en plus forts. Une explosion se produisit dans ma tête. Et je sombrai dans le noir.
Lorsque je me réveillai, j’étais dans la chambre d’hôtel, allongé là même où j’avais chu.
Mais ma mémoire n’était plus la même.

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MJM, avec son aimable autorisation

Spécial « traces »- HENRIPIERRE

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Ils ont perdu la trace,
La trace du temps.
Au début, pourtant, tout était simple.
On suivait, on suivait…
Sans hésiter.

C’était si bien tracé :
De désirs, prétentions, devoirs, forces innocentes et…
…Leur contraire.

Et tout s’est arrêté,
A la lucidité.

Alors ils ont dit :
« Le temps d’une vie est plus court qu’une vie ».
Mais ça sonnait faux.
Mais il restait quand même quelque chose ou peut-être quelqu’un.
Mais ils ne savaient quoi.
Mais ils ne savaient qui.

Alors ils ont dit :
« Il faut sortir du temps ».

Depuis, on a perdu leurs traces.

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HPB1604MMXI

(avec son aimable autorisation)