Archive des auteurs : Éclaircie

Ma parole me tient debout

Un poème de Jean-Claude Barbé – 1944/2017

Ma parole me tient debout sous un ciel bas

Dont les tapis trempés de pluie d’orage pèsent;

Les canadairs en urinant perdent du poids

Les dieux ont beau jeûner ils demeurent obèses

Et leur regard s’embue de perles quand nos yeux

Le croisent au détour d’un spectacle ennuyeux

La salle est presque vide – un corsage oublié

Sur un fauteuil d’orchestre avec un éventail

Attendrit le dernier acteur il est de taille

À mourir plusieurs fois sur scène et à plier

Bagage encouragé par des charivaris

Une ingénue l’attend dans sa loge elle rit

Sous un accoutrement de clown multicolore

Rose des Vents n’a qu’une corde !

Rose des Vents n’a qu’une corde!

.

On en perd son latin.

Par quelle face

Vaut-il mieux escalader

La Montagne?

.

Comment savoir

D’où vient le vent

Qui, s’engouffrant dans nos campagnes,

Efface tous mes tourments ?

.

Ce soir

Allez, c’est fête.

Même si j’ai la tête à l’envers

L’Embarquement est immédiat

Sur Grand voilier vert.

Direction : L’Ile d’Ellesmere et son Cap Columbia.

.

En route pour retrouver tous les éléments bien alignés:

Ma tête à l’endroit, en phase avec Dame Nature,

La rose et ses 4 vents prêts à souffler … et …

Mon Pôle Septentrion  Magnétique.

.

Mon histoire se finit plutôt bien

Puisque Nice et Marseille sont derrière nous

Ça y est, on l’a!

J’ai retrouvé mon Haut!

Sur notre astre, il a à nouveau sa place dans l’Univers, n’est-ce pas sensass?

Tu viens, et si on allait se baigner

Dans la Mer du même nom?

***

Perdu, trouvé

À nouveau perdu alors que le soleil

Évite ses recoins sous peine de s’y noyer

Sentier de vie

L’ombre protège l’œil acéré

L’ombre portée souligne la grandeur

Où est le centre ?

En allé, ne reste que le satellite disloqué

Des pans de collines défilent au rythme des saisons

Les bras de mer, les brasiers

Lèchent et inondent les points cardinaux

***

Boussole,

 .

Si tu le perds file tout droit

Vers les rivages blêmes

Sous les lunes de carnaval

Pense à prendre une bière

Au comptoir bleu des moules rieuses

Pendant que les falaises de craie

Dessinent à tes voyages

Le sol anglais sorti de la brume

Ou bien suit la route vagabonde

Des voiles sur le sable

Qui te mèneront vers les terres cousines

D’une façon ou d’une autre le beffroi

Saura guider tes pas de sudiste égaré…

En clichés

***

La tête au nord

Drôle de boussole !

Deux bras en guise d’aiguilles

Et un corps sans sa cage de verre.

Sur pieds elle boussole comme elle peut

Chancelle, titube, s’agite

Mais avance toujours vers le point le plus haut

De l’étrange paysage aux contours incertains.

Un train passe aux vitres  ironiques

Et le vent tourbillonne, affole ses aiguilles

Comme une valse brève dans un rêve éveillé.

***

Les quatre points cardinaux : Marjolaine, Éclaircie, Phoenixs, Élisa

Le tire appartient à Marjolaine

4z à la diagonale du Soleil sait les horizons infinis

Petr Král- 1941-2020

QUI CHANTE, BOUGE

.
Le crépuscule
n’éteint rien; tout le feu, dans la nuit, s’obstine à hurler
sans voix
derrière les brèches des façades, les rainures ardentes
sous le portail;
le printemps n’est pas venu quand, déjà, il rampe sans
vergogne, se commet dans la joie
avec l’humus tiède; le temps vieilli se fait, se défait sans
peine
au gré de fautes nouvelles, faux pas bien sonnants
en ultime écho de la rage de qui s’obstinait, rapprochait
encore sa mèche baveuse
de la pomme de terre, pour faire exploser les gaz de la
cave et
toi, tu es gai, gaies sans bornes, tes mains tremblant pour
rien,
le grouillement rieur des lignes, des épreuves à nouveau
retournant au chaos, hors la lampe et son cercle,
gais les pinsons piaillants des remords, gai le ricanement
distrait de la mort
là comme ailleurs, dans la nuit entre les mâchoires édentées
des poches, des fissures —

Petr Král né le 4 septembre 1941, décédé le 17 juin 2020

« La vraie poésie ne se fait pas sur commande. »

T’es où café

Voyage millénaire

Du Mazagran à la théière.

Grand écart fabuleux,

De Bagdad Café à la Route du Thé

Du Pérou, à la Chine,

Le Chemin est vertigineux.

 .

Ce, « Petit bien serré »,

Cette « Délicate Cérémonie »

Auront été les invités

Des tables du Monde Entier.

Respect!

 .

On cherche même

A comprendre sa destinée

En plongeant dans le marc.

Faites vos jeux,

Rien ne va plus!

 .

 » Frappé »,  » Parfait », « Glacé », « Irish Café »…

C’est en prenant un  » Allongé »

Que la Nuit semble plus belle

On reste bien éveillé.

Il est 17 heures,

Tous les gourmets sont au rendez-vous

 .

Pour un thé ou café gourmand

Tous les amoureux se rejoignent

Au Flore

Du Quartier latin

En Chantant

 .

Énergie de couleurs:

Vert, Rouge, Noir ou Blanc

Bain odorant de fleurs:

Jasmin, Pêche, Orange, Thé Vert ou Citron

 .

La fleur se marie bien avec le grain

Qui le lui rend bien …

De cette union naitra

Damoiselle Chicorée.

***

La tasse oubliée au coin de la table

Exhale une odeur fade

La main n’est plus qui tenait l’objet

Partie cueillir l’éternité

Sous le tilleul les pétales

Abandonnent l’arbre à la saison d’été

Un peu de marc et quelques feuilles

Rendront la senteur à la pluie mêlée

De larmes bientôt séchées

L’eau frémissante attend son heure

Pour un thé noir ou un café

***

T’es où café

.

Sous la chaise de paille

Dans le verre perlé

Dans les gouttes rosées

À la lumière dansantes

À moins que la tasse bleue

Ne t’ait avalé en cachette

Ou qu’un sachet malin

N’ait remplacé ta jupe noire

À présent que la terrasse t’est rendue

Te voilà libre d’être ici ou là-bas

Avec ou sans ton nuage

D’écume amère…

****

Pour la cueillette et la préparation :

Marjolaine, Éclaircie, Phoenixs

Le titre appartient à Phoenixs

Élisa et Kiproko viendront partager, bientôt.

4z2a84 amateur de ces breuvages, depuis sa sphère, saura savourer.

Aux passants

J’ai toujours aimé les maths, 4z2a84 pas trop. Alors les statistiques, vous pensez ! Je sais donc que vous êtes nombreux et fidèles.

Je remercie et les animateurs vivants (ou pas)de ce blog avec moi, je remercie donc, tous qui passez nous voir.

Même sans laisser de trace, de commentaires. D’où que vous arriviez, lieu géographique ou site ou encore réseaux sociaux je sais que nous avons raison de poursuivre.

Éclaircie et avec moi les habitués : Phoenixs, Marjolaine, Élisa, Kiproko.

4z2a84 se moquait bien de la notoriété mais appréciait la poésie, la littérature, l’amitié aussi sans l’avouer. Il ne se serait pas trop joint à nous pour dire merci mais m’aurait laissé l’inclure dans les remerciements, je crois.

Rideau d’horizon

Rideau,

*

Tire donc le jour élastique

Loin des fermetures blanches

Qui bouchent tes sourires

Endiguent le flot du regard

Clôture ton visage

En énigme peureuse

Et vois derrière la toile crue

Le peintre à l’ouvrage

Qui dessine pour toi

L’envers de ton décor…

*

Ce matin

je change de direction

Ni droite, ni gauche

je m’élève,

prenant une autre route

pour retrouver l’essence

Ciel! Que cette respiration fait du bien!

Être en contemplation

devant le battement d’ailes du papi

On ira,

Naviguant sur les flots

à la rencontre

de cet horizon nouveau

qui est si lointain et si proche à la fois

Tout dépend

des yeux qu’on a dans le cœur

s’ils sont rieux ou en pleurs …

Notre Histoire se modifie

au gré d’un point de repère

qu’on se fixe sur l’horizon

avant d’se faire une majestueuse pause déjeuner

Face à la Méditerranée

avec l’Amour de Sa Vie

*

Oh !

Deux lettres émanant d’une bouche arrondie, légères, soufflées jusqu’au crépuscule. Lorsque l’air manque aux poumons, lorsque seule cette onomatopée est encore signe de vie.

L’espace s’élargit tant qu’il absorbe le son mais aussi le corps.

Au loin là-bas quelque pleur subsiste ; ou peut-être une plainte ou une mélopée, douce et triste.

À l’horizon de nos espoirs ; rien, encore, pas aujourd’hui, mais cette nuit, demain, plus tard…

***

***

Par Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie.

À l’horizon, 4Z2A84, immense artiste altruiste et solitaire, un paradoxe comme il en cultivait tant.

Dans le vestibule

Vesses tiges,

 .

Alignés en coton, fil de faire, loup d’occase

Ils restent immobiles, figés à pas lents

En files interminables

Le mot rare suspendu dans le postillon

Caché

Ils offrent à la rue jonchée

La colonne vertébrée sur tige

De l’attente vessarde

D’une ligne éclectique sans courant

Temps coroné

Sans couronne…

*

L’arbre, la fleur, le papillon,

Quelques gouttes de pluie tapis dans nos mémoires.

Devant nos yeux les murs se lézardent

Sous les semelles la poussière du chemin

Masque des pans entiers de nos villes

Mais aussi les mains ouvertes pour offrir

Englouties nos tours et cathédrales

Existe-t-il un futur pour fouiller

Et retrouver la trace aux confins des béances

*

Dans le vestibule

de la vie

me voilà en contemplation

Je questionne

Je me pose, je réfléchis.

 .

Qu’en est-il

de notre Histoire?

Que sont devenus

les meubles du Salon

qu’on aimait tant?!

 .

En regardant

d’un peu plus près

J’entends une mélodie

qui vient sonner

à mon oreille

 .

l’heure de la reconstruction.

Que l’empreinte

de notre passage ne soit pas vaine.

Chacun se met en route

Main par la main on s’entraine

 .

Pour redonner un nom

aux Vestiges de Notre Histoire

En trait d’union,  Recomposons

notre Humanité retrouvée.

 .

Dans le vestibule, ce matin

en voyant tout le chemin parcouru

Je respire et souris à la Vie

*

Par Phoenixs, Éclaircie et Marjolaine. Le titre inspiré de Majolaine.

Kiproko au retour apprécié la semaine dernière, Élisa nous rejoindront quand elles pourront.

4Z dans nos pensées ne s’éloigne pas de sa tour.

Se crée

Se crée,

L’agapanthe sous l’arbre de Judée

Rose bleue à l’ombre

Le tilleul épanoui lançant ses derniers

Feux

L’allée granit à la pointe du pied

Nu

Libre de jouer marelle

Près du ciel inventé

Tout se tait à présent

Sauf en mémoire

Où se tournent les images

Tournesols vivants…

***

Anfractuosité au cœur de l’arbre

Trou à rat

Souricière ou bien halo de lumière lointaine

Autant de voies secrètes

Alors qu’il nous reste le refuge relié

Pour rejoindre Alice

Et taire à tous

Le chemin qui s’écourte

***

Pour les grands enfants que nous sommes restés

C’est bien connu,

les lapins sortent à Pâques

et vont danser et se cacher

dans nos jardins.

.

Cette information

bien que jalousement bien gardé, hi hi hi!!!

Par les petits du Monde Entier

revient chaque année

comme un magique refrain.

.

C’est les Cloches qui amènent

poules, lapins et cloches en chocolat …

Alors ce soir, pour tous les amis

amoureux des jolies traditions,

nous voilà réunis! Il est temps

.

L’heure est venue de lever le voile

sur le mystère le mieux gardé de tous les temps, à savoir:

le Secret de polichinelle de toute cette basse-cour

qui arrive dans les cours et jardins des enfants, pour le plaisir de tous,

chaque année au même moment, sans une égratignure et si discrètement!

.

Oui mais comment? me diriez-vous! Là est toute la question qui reste posée par les scientifiques et poètes ici présents?!

.

Je ne peux vous donner qu’un seul élément de réponse pour éclaircir ce mystère, c’est grâce à la complicité des grands-parents et de leur amour pour nous que ce fabuleux secret de polichinelle de la Cloche peut continuer à se perpétrer pour le bonheur de tous …

Alors chhutttt, je vous en prie, pour Le merveilleux, Hip Hip Hip  Hourra!

Continuons de le perpétrer longtemps encore …

Composé par Phoenixs à qui nous devons le magnifique titre, Éclaircie et Marjolaine

Élisa proche de nous

4z omniprésent 

 

Du crâne au verre

Rouleaux,

 .

Sous les éclats la vague

A lame acérée

Scinde le crâne en deux

Ennemies sphères

Irréconciliables

Vains les discours

Les promesses de l’aube

Souillée

Elle roule son monde dans la suie

Issue sans secours

De la colère sèche…

***

Entre crâne et cortex

Des vents insensés débordent largement

Poussant des flots de folie

Bien au-delà de cette boîte hermétique

Les arbres et les haies abattus par la main

Nourrissent la graine de tempête

Sans aucun frein

Sans retenue ni pudeur

L’homme a beau jeu de retenir son souffle

De plier l’échine

Les vagues jetées plus haut que les collines

Regrettent le temps des verres

Qui seuls accueillaient les foudres nées de cerveaux mégalos

***

Temps

Solaire ou pluvieux,

Relevant la tête

Souriant ou tempétueux,

.

Il s’en est fallu de peu

que tout s’casse,

que tout éclate avec fracas

.

Tout reste variable, vulnérable parfois,

c’est selon l’humeur 

de l’aile de l’oiseleur

.

Finalement …

Plus de peur que de mal

Seule une petite tempête 

dans un verre d’eau

.

Nous buvons à l’amitié

retrouvée

et tenant la barre,

nous arrivons au port …

.

Heureux,  d’avoir 

maintenu ensemble le cap

malgré les éléments qui étaient déchaînés.

.

Comme quoi

c’est toujours des tempêtes des plus dures à celles dans un verre d’eau

que naissent les plus beaux arcs-en-ciel

.

Allez Capitaine! Hisse et oh! 

Et bonne traversée à tous les matelots!

***

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine ont tenu bon la barre dans cette tempête.

Élisa est à l’abri, pas loin

4Z dans chaque parcelle vent…

La nuit des temps

Perte de temps,

 .

Perdue la petite

Égarée la grande

Il tombe sans un cri

Inconnu blanc

Sur le noir des nuits

Fondues

Rien ne sonne

Juste

A l’horloge détraquée

Que tu t’évertues à remonter…

.

Dans le grand cube de bois

Les dents aiguisées s’apprêtent

À déchiqueter le temps

Les nuages et les tourments

Sur la façade les aiguilles

Tricotent fil à fil une longue écharpe

Pour les bébés et les vieux jours

La boîte trône dans l’immense salle

Où les trains en retard

Les pendules à l’heure

Les oignons dans leurs mille peaux

Accompagnent le bal des saisons perdues

.

Ses battements nous suivent

Ils mesurent nos gestes, résonnent en nos silences

Rythment nos pas, témoignent de nos impuissances.

Son corps prolonge l’ombre des arbres

Abattus dans la fleur de leur âge.

Elle compte les levers de soleil et les lunes froides

Elle décompte, impassible, les minutes et les heures

Jusqu’à l’ultime seconde de notre beau voyage.

La mienne a eu ses morts, chéris toute une vie

J’attends qu’un beau matin

Son cœur reparte enfin.

.

Dans l’Oise, on ne sait pourquoi,

tout le monde compte

l’un sur l’autre

pour donner l’heure juste

au nouvel arrivant

qui passe

le plus souvent

pile au moment où la cloche de midi retentit…

On entend alors le chant des contes et des comtoises

 .

L’espace d’un instant

tout le monde  retient son souffle

on est comme suspendu

aux mouvements de la petite et de la grande

qui font la ronde des géants

avant d’annoncer une bonne nouvelle.

.

 Monsieur l’Horloger vient de prendre son temps

Tout est révisé!

On a même gagné de précieuses secondes

 .

Le maitre des lieues

vient d’arriver,

les contois et les comtoises

s’interpellent,

il est presque midi

Tu es sûre,

Oui certaine,

Mais que se passe t’il donc…

Serions-nous en retard aujourd’hui? Tout le monde guette, attend le son de la cloche qui indiquera que les festivités peuvent commencer

et en même temps nous assistons à un spectacle mémorable où tous les oiseaux se réunissent afin que  toutes les histoires puissent  s’animer et se conter …

Au fil du temps…  Clin d’œil amoureux  de l’Horloge et de la Comtoise…

.

Les heures décomptées par Phoenixs, Éclaircie, Élisa et Marjolaine.

4z dans l’éternité