Historique de l'auteur : Éclaircie

Épistolaire-Jean-Claude Barbé

Vous m’écrivez je ne vis plus

Depuis que le vent périclite

Est-ce à dire qu’en mordant les doigts

À mesure qu’il se rapproche de ses escarpins

Soulagerait cotre cœur pourtant bien décoré

Vous m’écrivez l’inqualifiable embrasure

Me fait tourner la tête vers le sens perdu

Comme si vous retrouviez vos vingt ans et une scie

Dans la boîte aux lettres désopilante

Que l’on a jeté par la fenêtre

Sous prétexte qu’elle défendait sa portée

Contre un photographe devenu muet

À la suite d’un séjour prolongé dans du vinaigre

Vous m’écrivez j’aurais dû vous parler

De la galette qui tourne sur elle-même depuis sa déconfiture

Et du tas de préliminaires cloués au mur

Par l’ennui qui préside aux chutes en deux temps

Et que vous ai-je dit du pois

Qu’il grandissait cela ne suffit pas

Vous m’écrivez et rien de retentit

En moi qu’un fer à repasser

Que l’aumône du sol au pied

Que la citrouille vouée à la maternité radicale

Que l’eau dévissée qui court se cacher

Dans l’acidulé comme le dernier des derniers

Vous m’écrivez désormais

Je ne lirai plus vos lettres

Sont-elles des réponses aux miennes

Ou les miennes après un long périple

Sur une mer qui a perdu la clé de son ressort

Et de ce fait ne brasse plus rien

Hormis de minces rubans

***

extrait de « Hors du sens commun Poésie 1995-2005 » – 2010

L’amour avec des si- Jean-Claude Barbé

Si je tombais à genoux
Devant ton image
Irais-je plus vite à nous
Que par le langage
Deux bras étreignant une ombre
Suffiraient-ils
À tirer d’un regard sombre
Des projectiles

Si les mots pour un moment
Cessaient d’exister
Si tu prenais pour amant
Le plus entêté
Parmi les hommes qui tremblent
Quand tu souris
D’un sourire qui ressemble
À du mépris

Si sous un manteau de neige
Ton cœur est au chaud
Le mien même pris au piège
D’un profond cachot
Montera vers la lumière
Tiré d’en haut
Par une jolie fermière
Comme un seau d’eau

Si le soleil reste encore
À te regarder
Quand se dresse le décor
De la nuit fardée
Entre dans ma chambre et plonge
Au fond du lit
Là les chimères en songe
Se multiplient

***

extrait du recueil « Des vagues » – 2010

Jean-Claude Barbé- Éclairante

Moi Eclairante

Je suis

Fille de l’éclair et de la foudre

Par les nuits d’orage vous me verrez coudre

Mon linceul

Le ciel que je lessive est mon seul

Amour

Regardez-moi tordre les nuages

Pour en extraire le jus

Écoutez-moi chanter les louanges

De la mer qui se met au garde-à-vous

Pour saluer ma couronne et mon sceptre dérisoires

Respirez ma fourrure

dans laquelle se perdent et se heurtent

Les vaisseaux aux ailes de marbre

C’est vrai j’effraie les arbres

Ils se rétractent sous mon regard lubrique

Ils s’envolent à la vue de mes ongles sculptés

Ils deviennent des planches étroites

Entre lesquelles je m’allonge

Pendant l’éternité

Mais l’éternité ne dure que le temps

De presser un citron

Allons

Si l’on doit me voir traire la lune

Que pensera-t-on de moi

Je fais le ménage au paradis

Dieu n’a qu’à bien se tenir

S’il ne veut pas que je l’aspire

Avec la poussière des astres

…extrait du recueil « Des vagues » Poésie 1998-2008

Rosaces et plis ourlés

Depuis des doigts juvéniles ou des mains déformées par le temps

La fine ouvrage s’étale sur le genou

Emerge du fuseau

Jusqu’à masquer le regard en un grillage vil

Quand jamais l’œil ne sera clos

Infatigable à dessiner au-delà des prisons

Rosaces échappées des églises

Sans chaîne ni trame

Non plus d’entrave

Voile devant un soleil impitoyable

Mantille amovible au gré du jour

Reflet projeté dansant sur l’ondulation de la lumière

***
Dentelles de chien,

.

Sous l’orage la pâleur des plis

Ourlés

Les petits soleils tournant

Courts

Les miettes de vagabondages

Égrainés

Par des mains distraites

Les fissures tissées jour à contre-jour

A travers lesquelles

Tu cherches l’araignée taquine

Qui coupera ton fil

Sans un bruit…

***

Un duo Phoenixs/Éclaircie

Tandis sur Marjolaine et Élisa maintiennent le fil, 4z se rit de nos jours.

Souffle

On l’analyse

Comme le cadavre froid d’un autre temps

L’écoute-t-on ?

Il réconforte d’une caresse le vivant qui doute

Joue avec les enfants

Les pousse, les retient, les décoiffe

Jusqu’aux éclats de rire

Il prévient des dangers qu’il a vus par le monde

S’agace de l’inertie, s’arc-boute contre l’idiotie

En vain

Sa colère se déploie. Jusqu’à la furie.

Puis il redevient ce souffle amical et doux

Qui nous reconnaît.

***
Partir au petit trot

Sur les chaussées nues

Le long des vols d’oiseaux

Ensommeillés

Foulées lentes allongées

Sous l’aile blanche du voyageur

Tu retiens ta vie en buée

Légère sous la force du pas

Qui te pousse…

***

Harpe blottie au creux des forêts

Vent d’est ou du nord tantôt léger tantôt violent

La musique se déploie

Souffle ou vibration

Lorsque l’air s’engouffre ou se faufile

 Dans le sentier caillouteux

Sur les grandes avenues

Le ciel aura le dernier mot bien après l’homme

Essoufflé dans sa boulimie

Quand la lune inspirée toujours caressera la mer

***

Petite bulle d’air

prend son envol

lentement

au rythme de son sculpteur

.

Les bulles de savon

quand à elles

prennent un peu de hauteur

avant de finir

leur course folle

dans les mains de petites filles modèles

qui sentent bon le souffle chaud de la bonté

.

et en cette heure bien avancée

où tout est calme et reposé

après la longue farandole dans la diversité ou l’adversité

il est temps de trinquer au verre de l’amitié

en pensant aux souffleurs de rêves

venus de Biot

qui apportent par leur magie

une pause, un  peu de réconfort et de bol

.

Du premier souffle(ur) de la vie

au dernier râle(ur)

tout est énergie

et tout est permis pour le meilleur et le meilleur

comme on dit si bien:

souffler n’est pas jouer

Alors à présent

respirons, soufflons en pleine conscience

et, tous ensemble, tout simplement vivons jouons chaque instant

pleinement dans un souffle d’or,

tu dors?

***

Par les plumes inspirées :

Élisa, Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine

Kiproko à portée de voix et 4Z inspirant, à portée de silence.

Ritourn’elles

Cirque à clique,

.

Sur ton petit cheval

Mécanique

Tourne ton avenir rythmé

Par les cymbales ironiques

De ton acmé

Tu parais au fil du tournis

Tantôt sourire

Tantôt grimace

Selon que l’enfant en face

De toi écoute

La grinçante ritournelle

De votre farce.

*

Dans la rue

Un musicien

tourne la manivelle

d’un orgue de barbarie

.

D’une chanson bien connue,

Il fredonne avec ses amis

l’air du refrain de la vie

.

Au même moment

Des enfants

Dansent la tarentelle

Et reprennent à tue-tête

La ritournelle de l’amitié.

*

Elle rit

Elle tourne

Elle envahit les impasses, les avenues

Et les cerveaux

Pris d’une envie de danser

De s’étourdir et de se griser

Leitmotiv des joies

Des enfants, des manants et des amants

Aile accueillante pour les voyages immobiles

Pour le recueillement, le mouvement

Les souvenirs d’avant la vie

Les sourires gravés sur la portée des jours ravis

*

Un mot.

Un mot comme un oiseau, comme un air léger et doux

Qui logerait dans une chambre du cerveau.

Un mot épanoui aux joues roses de plaisir

Qui tournerait en riant sur des chevaux de bois.

Un mot coloré

Qui laisserait sur la langue un goût de friandise

Et sur la peau la fraîcheur d’un soir d’été.

*

Une ritournelle esquissée par Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie et Élisa.

Que ces mots parviennent à la sensible et douce Plume Bleue.

4Z n’est jamais loin.

Le chant des sphères

Anaximandre chante

La tête dans le cosmos, les oreilles en sommeil, sa voix glisse sur l’air, en fait ressortir chaque aspérité. Long criaillement que lui seul n’entend pas, son chant dérange, éveille mais ne sauve pas.

 .

Il est trop tôt.

 .

La lune veille sur les secrets de la sphère céleste.

Quelques cailloux en poche, les enfants courent dans leurs rêves sur les étoiles froides qui peuplent l’immensité.

 .

Anaximandre sourit.

*

*
Sphère, hic,

 .

Petite boule rondement menée

Tourne sous tes pas

La direction décline tout axe

Qui perdrait ta marche

A tes côtés, lourde et obscure

Ton espèce t’accompagne

Angles morts surtout

Dans lesquels tu viens buter.

Il te reste l’espace pour aérer tes mouvements

Si tu quittes le manège…

*

S’inscrire

dans l’ère du temps …

Jongler

avec les boules de feu et de massues, sans se faire matraquer…

Sourire

à tous ces gens

qui ne voient qu’une seule chose: se hisser dans la sphère politicoéconomico

et gagner à tout prix et encore gagner on ne sait trop quoi …

Gagner à se faire connaitre ici ou ailleurs, peut-être …

.

Tandis-que l’enfant ou l’artiste

questionne, interroge, construit

cherche à partir du sable à dessiner                               

une nouvelle piste, un autre  univers;

à  créer un chemin dans cette sphère sociale

aux multiples visages, intersidéral …

Cherche à sculpter dans la glaise ou la glace

la sphère

qui rendra à chacun sa place

dans l’univers

.

Et où tous ensemble, on sera enfin à l’aise

*

Minuscule point à l’horizon

L’œil le distingue à peine

Avant qu’insensiblement il se rapproche

Se teinte

S’anime de musique et de mouvements

Pour éclater dans la splendeur d’un feu d’artifice

Et finalement se perdre dans un lointain incertain

Entraînant la sphère terre à son chaos d’origine

*

Avec les voix de

Élisa,

Phoenixs,

Marjolaine

Éclaircie

*

Et celle absente mais bienveillante de 4z2a84

*

Kiproko n’est pas loin.

À l’ombre d’avril,

***

Nous marchons sous le zénith noir

Des ailes brisées

Certains se perdent en vol

D’autres en mer lointaine

Quand nous arrivons quelque part

Quelqu’un part ailleurs

Nous croisons nos routes effilochées

Sans un signe demain

Enfoui dans l’ombre avale nos errances

Au soleil des oublis

Et le sentier s’éloigne qui promettait un sens

Au sable…

***

Le regard ombré de la nuit

Protège les secrets des greniers

Sous la poussière inévitable

La lune prend le temps de lire

Les derniers cahiers laissés

Un soir d’été trop chaud

À la lisière de l’aube et du jour

Les esprits s’enlacent

S’épousent et se séparent

Laissant le silence exprimer la lumière

***

La nuit, tous les chats sont gris, et pourtant

A l’ombre d’un sombrero

Un café à la main, dans l’aurore matinale éclairée

Par une grande lueur de lucidité, tout parait moins sombre

Au final.

Un coin de sourire et l’ombre au tableau s’évapore

Qui laisse la place au mystère de la Vie

Qui se réjouit d’être selon les instants

Mi- ombre, mi- lumière

Toujours en présence, en frère.

***

Sous un titre de Phoenixs, nous débutons Avril en ombre et lumière grâce aux plumes de :

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine

Les visages hasardeux,

Parfois

Tout plein de pluie

Le ciel nous lasse

Comme un artiste peintre

Qui s’emmêle les pinceaux

Diluant son bleu

Lavant son plein d’évidence

.

 Alors tout s’éparpille

Laissant la place vide

Jusqu’au bord de la marge

Derrière des camaïeux gris

La lumière se camoufle

Impénétrable ennui

Que l’on mâche

Sourire désolé

Que rien ne viendra distraire

Friche et broussailles

Qu’aucun vent ne soulève

Perplexe balancement

Sur la ligne de flottaison

Stérile attente

De l’éclosion

Où s’insinue l’ancolie mauve

Sur le chemin déserté

Battement

Soupir

Soupir

Battement

Comme un jour vide

Qui rumine le temps

****

En nuit,

Tu dors, debout près de la fenêtre close

Le jour s’essuie les mains au torchon de la vie

Les vitres mouchetées dérobent aux silhouettes

Un genre, quelque chose à quoi se raccrocher

On joue dehors, les cris te rappellent au silence

Enrobé de fadeur

Pourtant, tu sais bien qu’il est indispensable

Ce petit costume gris

Il te permet d’endosser, parfois, un habit de lumière

Pour endormir tes ombres…

****


Un épais brouillard masque toute image

Tout geste et toute parole

Seuls les yeux transparaissent

Vides, creux, éteints

Les sommets bien trop hauts

Les balbutiements hasardeux

Ajoutent au poids de cette gangue

Que rien ne brise

Un impact imprévu pour pulvériser

Ce tant de gris lui fera aimer enfin le gris

****

Un  seul mot d’ordre

Il faut

chasser l’ennui

de nos vies.

Tout est bon

pour le rêveur

qui, cent nuits

passées à créer,

ne peut se résoudre

à parler du bonheur,

moment intime de grâce

dont on en s’en nuit le visage,

finalement,

en nuits,

tout est possible.

Et c’est ainsi que

De cet en-nuit ami

naitra la beauté.

***

Dans l’ordre de publication : Plume bleue, bibi, Eclaircie et Marjolaine.

Elisa vient quand elle veut.

4Z nous suit du bout de sa lune.

(Mise en page et présentation par Phoenix, empêchée de publier)

Pierre qui mousse,

Elle déroule ses éclats, flac, flac

Le long de la pente sèche

Seule sans contretemps

Le ciel dort sur ses deux mystères

Pendant qu’elle suit sa route vagabonde

C’est elle qui t’empêchera de courir

Au creux du talon

Quand elle viendra se blottir

Dans ton soulier

Défait…

***

Au cœur de la pierre hier est gravé

Immobile et silencieux

Dans l’attente d’un sursaut de la montagne

Pour révéler le message

Au tailleur infatigable cherchant la clé

De cette musique inaudible

Qui entoure tous les départs

***

Pierre, dit Pierrot la lune pour les intimes,

jeune mousse de son état,

dût quitter sa terre natale.

Il n’avait pas un cœur de pierre

et une larme c’est fatal

coula jusqu’au parterre ( de fleurs). 

.

Sa route était longue

A chaque croisement,

notre ami se posait

et tout au long du chemin

ses pensées se glissaient en perle de

 rosée dans le verre de chaque petit caillou poli

qu’il croisait.

.

Un matin

il s’entendit appeler plus fort que les autres matins.

il perçut une once de désespoir

de la roche elle-même.

Emmène-moi avec toi

murmura-elle

ne permet-pas qu’on m’exploite.

.

C’est ainsi que Pierre le jeune mousse

et le petit caillou ont roulé

ensemble assez longtemps

jusqu’à ne faire qu’un.

C’est pour cela que depuis, lorsque on est au bord de l’eau,

un peu à l’ombre du soleil du matin,

on peut cueillir

la joie de la Rosée

qui vient se nicher

Là où on ne l’attend pas …

dans une bonne mousse de Maitre Pierre.

***

Le titre nous vient de Phoenixs et la composition revient à

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine