Historique de l'auteur : Éclaircie

Vol au vent,

Vol au vent,

.

Sans poser son bonnet il

S’élance sous l’aile de l’oiseau

En partance

Nul ne sait où s’en vont ces voyageurs

Sans hasard

Oublieux des cartes et des boussoles

Étourdis d’envol

Ils en oublient même de rester

En mémoire…

.

Dis-moi le vertige de l’apesanteur

L’ivresse de l’ailleurs

Les oiseaux à la fenêtre se grisent

La lune accueille les voyageurs

Les berce dans un halo bleuté

Évanoui le ruisseau s’emmure

Au-delà des prairies assoiffées

Dis-moi l’immensité

La fièvre de l’oubli

.

Je t’explique, c’est important. Pour construire … Il faut la structure …
3 + 2= 5; 5 + 5 = 10 Tu comprends?
Où t’en vas-tu Petit? Mon tout doux, Écoutes-tu ce que je te dis?

Je cours à perdre haleine jusqu’à la Tour pour délivrer l’Amour.
C’est mieux d’écouter le Chant de la Baleine
Que m’expliquiez- vous? Je n’y comprends goutte.

Dis! Ne t’a t’on vraiment rien dit? !
Prends- Garde!…

Je ne vois pas, A quoi?

Mais oui, mais c’est bien sûr, où ai-je la tête …
Un tour de passe-passe et tout disparaît
Un peu de Magie et v’là le Petit qui fait la fête avec les étoiles.

Petit à petit, l’étourdissement s’évapore, et d’un pas léger et moins distrait que j’en ai l’air,
je nage à contre-courant, remontant ainsi le fil de mes pensées …
Où en étions-nous très Cher?
Ah vous vouliez me parler de quelque chose de très important
Mais, qui êtes-vous?
Pourquoi avoir un genou à terre?
J’ai une mélodie en tête … La Maladie d’Amour …
Non je n’ai pas oublié, je suis peut-être distrait
mais Oui je vous dis OUI
Et Vive la Légèreté de la Vie! Ensemble qu’est-ce-que c’est bon!

.

Ce serait un oiseau

Petit et coloré

Un oiseau dans notre tête

Qui serait là quand on le croit ici

Insaisissable rêve

Aussi léger qu’une âme

Emerveillés nous laisserions le réel

Pour contempler l’idéal

Et sa fébrilité infantile

Déposerait en nous

Un joli nid d’insouciance

***

Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine, Élisa, sous un titre de Phoenixs vous invitent à vous étourdir à leurs côtés.

Pour 4z, là, toujours

Maria Desmée | À l’infini

À L’INFINI
(extrait)

Parfois la lune éclaire un sourire
Celui que tu m’as confié en partant
Je le dépose sur le bord de la fenêtre
L’histoire s’écrit des deux côtés
Du dehors et du dedans

Dans l’ombre des mots
Je cherche les mots de l’ombre
La lumière débarque
Avec son cortège de couleurs
Se tisse alors une trame
Qui me ramène au rivage

Face à face
L’horizon se dissipe
Il dépose quelque chose d’immense
Comme une flottaison dans l’espace

Main tendue chaleur d’un regard
Et la frontière se dissipe
Trame de mots inonde la parole
Et je peux enfin te dire
Ce qui creuse les falaises ouvertes

Tu me regardes
Me saisis

Je te dois un retour

Nous entrons dans le temps
À grande vitesse

Maria Desmée, « À l’infini » in De quelle nuit, Éditions Henry, Collection La main aux poètes, 2019,

Pour solde de tout conte

Pour solde de tout conte,

.

Les histoires se racontent aux grands

Enfants blessés

Ebahis et soucieux

Car enfin, comment leur faire avaler

Que la vie fracturée va se recoudre

Au point de bâti ?

S’ils vont ainsi de travers c’est la faute

Au plâtre mis de travers ?

Aux béquilles pas chères ?

Aux rues en jachère ?

Non, c’est la faute aux conteurs

Sans merveilles…

.

Sous les arbres mille fractures anciennes

Accueillent les racines

S’en délectent et se renforcent

L’eau ravie

Ravine ou se fond à l’écorce

Rêvant de la chaleur du ventre

Qu’elle ne parviendra jamais à atteindre

Sous le ciel

Les mots s’enlacent et s’entrechoquent

Naissance d’un langage

À consolider sans cesse

À briser de nouveau

Pour effleurer le sens de l’incroyable

Sur le piton rocheux

Une forme disloquée sera peut-être demain TOI

.

Phoenixs et Éclaircie ont exploré la fracture.

4Z s’impatientait de nous relire….

Falbalala

***

Falbalala

.

Sur la musique noire sans dentelles

Elle promène ses jambes estivales

En bande

Agitée d’ornementales boucles

Sonnantes et trébuchantes

Elle passe

Sous les yeux teintés des ombres

Que les affaires affairent

Dure

La foule de moiteur et pacotille

Brasse l’air empalé

Gluant

Nos guirlandes lourdes nous achèvent

Au pied du sapin de bitume.

***

À la falabrak fabrique

de la vie

je suis allée

ici et là

.

Où j’ai entendu une chorale

qui chantait en Face

dans une Eglise

au bord de la mer

.

Toutes les dames

de sortie pour l’occasion

avaient de magnifiques falbalas

et discutaient des possibles changements en disant:

« mais oui, avec des Si

tout est permis »

.

et c’est comme cela que

Miss Falbala a quitté son village gaulois

en marchant sur les chemins enSoleillé pour découvrir le vaste monde

en fredonnant une mélodie en fa qui l’a conduite jusque Là

où on peut la rencontrer aujourd’hui.

***

Danse petite, danse

Les couleurs de tes robes

Eclaboussent la scène

Le crépuscule te jalouse les rubans

Ondoyant à tes pieds

Le vent te voudrait nue

Tu lui offres hélices et spirales

Sous les teintes pastel ou criardes

S’essouffle le gris, se dissout le noir

Guenilles d’un temps passé

Pacotille ne voilant jamais l’essentiel

Danse petite, danse, libre et rayonnante

***

Les rubans dans les mains de

Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie

Le beau titre appartient à Phoenixs

Élisa parmi les spectateurs

4z savoure les demi teintes, silencieux mais présent.

Chant de rêveuses

J’ai pris

la poudre d’escampette

pour ne pas avoir

à retrouver la

clé des champs

enfouie, saperlipopette,

je le sais bien,

sous une botte de foin.

J’ai préféré

courir à perdre haleine

Direction

La LIBERTE

Depuis, toutes les portes

se sont ouvertes.

A présent,

je nage dans le bonheur

des clés de toutes les connaissances

redécouvertes et partagées …

dans le monde entier.

****

Clef de sol,

Pour s’envoler des champs

De l’épouvantail à grimaces

Ignoré de la limace

Comme de l’oiseau moqueur

Déchirer les serrures sans trou

Aux portes énigmatiques

Bordées de riens

Et sur la portée s’emporter léger

Au fil de la note cousue main

Sans retouches…

*

J’ai raté le coche, le trousseau bien trop lourd, le nombre de portes closes sans serrure infini –ou je n’ai pas su les voir- Il y avait tant de fenêtre sur le vide que je n’ai jamais osé passer.

Le ciel n’a pas ces barrières mais il m’a rejeté, prétextant que la légèreté n’est pas l’apanage du bipède.

Seule la lune en croissant m’a permis, sans permis, de m’asseoir à vos côtés.

*

On navigue en sous-marin

Nous croyant à l’air libre

Depuis la première gorgée douloureuse

Nous ne pouvons savourer la douceur de la brise

Qu’à force de lâcher- prises plus ou moins maîtrisés

Nos bâtiments se frôlent

Certains volent les soirs de lune gibbeuse

D’autres rêvent de grandes traversées

Ensablés sous les parasols d’été

Mais nul n’a trouvé les clés

Ni même la serrure de son propre navire

*

Les interprètes, dans l’ordre de leur apparition : Marjolaine, Phoenixs, Eclaircie et Elisa.

La mise en page : Élisa

À ceux qui lisent – Jean-Claude Barbé

Interrogez le vent qu’il vous donne la preuve

Qu’une flamme est venue se baigner dans le fleuve

Des oiseaux l’auraient vue mais se taisent prudents

D’ailleurs le baobab est leur seul confident

.

Il ne vous dira pas comment naquit l’orage

Qui souleva jusqu’au clocher un attelage

Où il resta pendu ni pourquoi les bateaux

Dès qu’ils ont touché terre imitent les châteaux

Et se font visiter par de belles personnes

Dont plusieurs ont les pieds fourchus on le soupçonne

.

À la gare un convoi de neige est arrivé

Pour vêtir cet hiver nos toits et nos pavés

Éclairer nos maisons nos rues notre église

On confisque leurs vers luisants à ceux qui lisent

.

Le train repart Le sol tremble Tourne la roue

Du bateau Sur le pont est-ce un chien qui s’ébroue

Le mur se bouche un œil puis l’autre et ne voit plus

Que des lueurs le noir n’étant pas absolu

.

Si le ciel se laissait caresser comme un fleuve

Les mains les plus usées seraient de nouveau neuves

On apprivoiserait la foudre et les éclairs

L’avalanche et les pluies chercheraient à nous plaire

En attendant le vent sans laisser de sillage

Fonce tête baissée dans le jour qui voyage

***

Extrait du recueil « Dormir debout, Poésie 1970-1975 » édité en 2010

Les morts rêvent… Jean-Claude Barbé

Les morts rêvent ; ils ont alors le sentiment d’être toujours en vie.

Endormis les vivants se croient morts. À la tête du lit l’oreiller est notre confident – le réceptacle de nos créations miniaturisées, d’un univers infini placé dans un cadre à l’échelle humaine – la coquille vers laquelle se tournent les voix intérieures et les musiques des étoiles quand tourne la manivelle.

Ne cherchons pas, parmi les milliers de clés d’un immense trousseau, celle des songes. Inutile de contrarier les ombres dont l’apparition suscite trop souvent l’effroi : elles passent comme des plis sous la porte fermée.

***

Extrait de « Regards perdus » 2017.

Épistolaire-Jean-Claude Barbé

Vous m’écrivez je ne vis plus

Depuis que le vent périclite

Est-ce à dire qu’en mordant les doigts

À mesure qu’il se rapproche de ses escarpins

Soulagerait cotre cœur pourtant bien décoré

Vous m’écrivez l’inqualifiable embrasure

Me fait tourner la tête vers le sens perdu

Comme si vous retrouviez vos vingt ans et une scie

Dans la boîte aux lettres désopilante

Que l’on a jeté par la fenêtre

Sous prétexte qu’elle défendait sa portée

Contre un photographe devenu muet

À la suite d’un séjour prolongé dans du vinaigre

Vous m’écrivez j’aurais dû vous parler

De la galette qui tourne sur elle-même depuis sa déconfiture

Et du tas de préliminaires cloués au mur

Par l’ennui qui préside aux chutes en deux temps

Et que vous ai-je dit du pois

Qu’il grandissait cela ne suffit pas

Vous m’écrivez et rien de retentit

En moi qu’un fer à repasser

Que l’aumône du sol au pied

Que la citrouille vouée à la maternité radicale

Que l’eau dévissée qui court se cacher

Dans l’acidulé comme le dernier des derniers

Vous m’écrivez désormais

Je ne lirai plus vos lettres

Sont-elles des réponses aux miennes

Ou les miennes après un long périple

Sur une mer qui a perdu la clé de son ressort

Et de ce fait ne brasse plus rien

Hormis de minces rubans

***

extrait de « Hors du sens commun Poésie 1995-2005 » – 2010

L’amour avec des si- Jean-Claude Barbé

Si je tombais à genoux
Devant ton image
Irais-je plus vite à nous
Que par le langage
Deux bras étreignant une ombre
Suffiraient-ils
À tirer d’un regard sombre
Des projectiles

Si les mots pour un moment
Cessaient d’exister
Si tu prenais pour amant
Le plus entêté
Parmi les hommes qui tremblent
Quand tu souris
D’un sourire qui ressemble
À du mépris

Si sous un manteau de neige
Ton cœur est au chaud
Le mien même pris au piège
D’un profond cachot
Montera vers la lumière
Tiré d’en haut
Par une jolie fermière
Comme un seau d’eau

Si le soleil reste encore
À te regarder
Quand se dresse le décor
De la nuit fardée
Entre dans ma chambre et plonge
Au fond du lit
Là les chimères en songe
Se multiplient

***

extrait du recueil « Des vagues » – 2010