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meuhhhh!

Brigitte fait de l’escalade

 

On parle au mur il nous répond

Se plaint de vertiges dans les immeubles trop hauts

Aux terrasses où personne ne bâtit plus

De ces greniers sous les lauzes qui l’auraient rassuré

Il adore les escaliers

Quand dans  sa cave ceux-ci lui apportent

Un brin de vent  une étoile égarée

Il s’enorgueillit de ses pierres

Plus précieuses que l’eau au fond d’un puits

Puis il bâille sans doute de l’ennui de nous entendre

Se drape d’un sourire lointain

Et s’ouvre sur les façades comme porte en été

.

La tour demeure orpheline de quelques étages

Il n’ y a plus qu’ à converser avec le ciel

Et croire qu’en une seconde à peine

L’ éternel été des fins d’ école s’ est installé

Suivre aussi la première jambe élancée lancée

Vers ce minuscule point d’ horizon perché

Sur ce nuage gris-blanc que l’ on prend souvent

Pour une montagne égarée

Et puis se tordre le cou pour le simple plaisir

De le comparer ensuite à la beauté intrigante

D’ une vis à tête fraisée

Si la brume s épaissit alors le lait déborde ,
l aiguille du midi penche la tête ,
la boussole s affole
Le Maudit s affaisse sous les pieds bottés des grimpeurs
et les vaches brunes sont inquiètes
Un nuage lenticulaire se gare en haut des Drus,
il n ‘en bougera plus, c’ est ainsi .
la princesse indienne prise dans la glace
depuis plus de cent ans
lui avait prédit un avenir de Roi

Sur les trottoirs la pluie pétille

Tous les abris sont occupés

Par des gamins et des gamines

Qui sortent joyeux du lycée

Ils m’accueillent et me récitent

Des poèmes de charles cros

Le hareng saur et sidonie

Que chanta brigitte bardot

L’averse est brève on ne se quitte

Pas sans recommander au ciel

D’arroser pour calmer la soif

Sans lui nous n’aurions rien à boire

Ni rien à dire d’essentiel

 

 

 

 

le bleu du ciel a inondé Eclaircie 4Z Elisa R et Téquila , je ne saurai dire pourquoi…..

 

 

Les rats n’ont pas toujours raison

Le spectacle fait relâche
La voyeuse avide réserve son œil
Pour la reprise
Le rideau frémit-il
L’acteur serait parti à la pêche à la lune
Sur la bicyclette funambule
Et somnambule
Dans le train de nuit stoppé en pleine campagne
Les petits rats guettent les bourgeons
Sur l’estrade de la gare
Nous rangerons les livres
Dans les coffres de fortune
Les laisserons à la consigne
Ils sauteront dans les bras des patients
Pour leur illuminer l’attente

Un caniche en calèche

Un lèche frite en fuite

Croisés à la sauvette

Entre deux  péages

 

Tout disparait parfois

Sous le goudron fumant

Déroutes programmées

Pour voyages incertains

 

Comme le gras trouble

L’eau qui dort d’un œil

Notre ombre se dédouble

Et glisse vers le fauteuil

 

On lutte en vain contre le vent

Il évite tous les obstacles

Et la vague est trop pacifique

Pour mordre le pied des statues

– A qui la faute  Qui es-tu

Toi qui sans le moindre mot parles

– Même au silence je réplique

Les morts sauraient se tenir cois

Si l’autan leur montrait l’exemple

Mais l’horizon que l’on recoud

Avec un fil trop ordinaire

Ecarte tout préliminaire

Et craque ignorant les trois coups

– En colère tu lui ressembles

 

C est l hélice qui choisit la mouette rieuse –  toujours

Le petit homme en uniforme comme tous les matins tente de la saisir par les pattes dans son vol

Perché en haut de son mat sa casquette s’est envolé

En un instant il ne sait plus s’ il doit attraper la mouette ou bien sa casquette

Quand l avion passe l’ hélice engloutit une mouette chapeautée et un homme penaud tangue en haut de son poteau


pourquoi les pommes tombent elles au sol?

Au commencement, il y avait en effet deux espèces de pommiers : ceux dont les pommes tombaient, et ceux dont les pommes montaient. Les pommes qui tombaient purent arriver jusqu’au sol, et ainsi germer en engendrant un nouvel arbre dont les pommes tombaient. Mais les pommes qui montaient n’atteignirent jamais le sol, et l’espèce des pommiers aux pommes qui montaient s’éteignit rapidement, parce qu’ils ne pouvaient pas se reproduire. Comme ils n’étaient pas adaptés, la nature les a donc éliminés. C’est ça la sélection naturelle. Si les pommes tombent, c’est donc grâce à la sélection naturelle ! Mais je vois déjà les malins qui m’objecteront que les cailloux eux aussi, tombent. Or ce ne sont pas des êtres vivants, donc ils ne sont pas soumis à la sélection naturelle, c’est évident. Donc l’explication précédente n’explique pas ce qui arrive aux cailloux. En fait, pour les cailloux, c’est encore plus simple :

Au commencement, il y avait en effet deux sortes de cailloux : ceux qui tombaient, et ceux qui montaient. Mais ceux qui montaient se sont envolés, ils sont donc partis très loin. C’est pour ça que tous les cailloux qui restent sur terre font la même chose : ils tombent.

la malade

 
L’expression de la malade était simple

Juste un frémissement de la lèvre supérieure

Suivi d’un e expiration nasale

La grenouille verte dont le cœur bat

Trois fois plus vite que le sien

La regarde sans ses paupières

Il n’y a pas de prince sous sa peau luisante

J’observe sa patte arrière et pense

Au nerf sciatique et son excitation électrique

A son muscle blanc qui se contracte

Et qui dégoute tant les anglais

La malade reprend une inspiration profonde

Toujours par le nez

Sa narine se dilate puis se relâche

Ses mains s’ouvrent en même temps

De la droite s’envole un papillon

De la gauche , la chrysalide ne s’est pas ouverte

Elle n’a pas vu s’envoler le diptère

Sa tête penche vers le cocon mort

Je crois qu’elle a envie de pleurer

Ou bien …. Ses yeux sont secs

Je me souviens du bistouri qui fend la peau

Des souris blanches

Pour mettre a nu ces petits organes crème

La malade me regarde maintenant

Elle voit l’envers de mes yeux

Elle voit les étincelles qui filent dans mon cerveau

L’activité fébrile de mes neurones épuisés

Est-ce un sourire ou rictus qui se dessine

Sur ses lèvres?

Les mandibules de la blatte arrachés à la pince

Sont disposés sur la feuille blanche

Mon dégout est passé

Il ne reste plus qu’a les dessiner sur mon cahier

Et les identifier correctement

Alors ses yeux deviennent opaques

Et disparait le faux sourire

Le papillon s’en est allé parla fenêtre entrouverte

 

 

 

 

 

Un pot d’échappement

Un pot d’échappement
A quoi sert de le tenir si serré entre ses doigts

Il ne s’échappera pas

Bien que son nom indique le contraire

C’est bien lui qui favorise la fuite de toutes les fuites

Ainsi dans ce wagon envahit de bruits sourds

Il tient lieu de secours

De roue de secours bien qu’il soit un tuyau

Le hasard du langage ou le hasard des mots

T’ont conduit cher tuyau

Bien des années après 20 ou même 30

En position centrale

D’une conversation nonchalante entamée

Entre deux verres d’une boisson pimpante

pleine de bulles et de vie

Alors parfois l’existence se résume

A ces souvenirs anodins

Et ces objets inutiles

Mais qui se trouvaient là un certain soir de blues

Ou toute notre vie se focalise soudain

Sur un tuyau chromé

Ridicule….

Il y a ces vingt ans que tout le monde chante

Il ya cette peau si douce

Et ses dents éclatantes

Il y a cette fougue

Il ya donc la vie

Et aujourd’hui

On sent qu’elle est partie bien loin

Trop tard…. Pour lui courir après

Mais qu’importe les tuyaux et la vie

Le chrome et l’énergie

Qu’importe

La fin des chemins et des routes

Des sentiers incertains

La fin de tout ce train

Qui file surement

Nous connaissons le bout

N’est-ce pas l’essentiel?

Noël au balcon, recomptez les moutons

 Je n’ai plus la tête dans les nuages

Depuis que ciel crache des noyaux

Ni même le goût du voyage

Dans ces berlines qui vont au trot

On reste chez soi quand il neige trop

Pour tromper les apparences

Tendre à son poisson rouge un micro

Ne le distrait pas du silence

Dans lequel il s’enferme comme dans un couvent

Une jeune fille au regard émouvant

De peur de les éveiller taisons-nous

De telles énigmes seul le temps les dénoue

Ainsi j’ai retrouvé ma tête

Et vous vos yeux sous la voilette

 

Le guetteur attend au coin des pensées
Que le bleu du ciel envahisse les oreilles
Masquant à la vue les vols de grues
Les volutes des cheminées éteintes mais frondeuses
Les pattes d’oie sur sol meuble
Il sait que les sables ne sont mouvants qu’à heure fixe
D’un clou il immobilise les hiboux dans leur cri
La forêt soupire et cache ses dernières feuilles
Où est écrite la fin de l’histoire secrète
Des amours interdites de la lune et du poète
Il avait le dessein de l’enlever à l’aube
Mais d’un croissant de plume malhabile
Il a sombré dans le reflet d’une étoile jalouse

De l’étable voisine

Il neigeait de l’avoine

Des cliquetis de licous

Et des secrets d’alcôve

Depuis le lit fermé

Des soupirs de désirs

Des sourires de dentelles

Mettaient la paille en feu

Débonnaires de minuit

Les heures s’envolaient

Vers les cendres du matin

Frileuses croquemitaines

Il naitra en septembre

Murmura René

Il aura tes yeux dit Julienne

On l’appellera Noël

 

 

L auscultation lui donna raison

Les borborygmes de son ventre étaient long et sourds

GLOU OU OU

Le manuel du castor junior lu avait appris a les reconnaitre

Le souffle utérin de sa mère ne ressemblait a rien

Au PLIC PLOC de l’eau sauvage

qui envahissait son estomac repu

C’Était donc ça! La vie…

Était il raisonnable de sortir ?

Seule la tendre voix d’un quadrupède l’attirait hors des entrailles

MEUHHH

Sa main s’aventura dans la chair

Et quand son doigt dodu toucha ce museau humide et chaud

Il la vit: Marguerite , la vache rouquine

 

par ordre alphabétique  eclaircie heliomel 4Z2A84 téquila

Abat-jour – Paul Geraldy (« Toi et Moi »)


Tu demandes pourquoi je reste sans rien dire ?
C’est que voici le grand moment,
l’heure des yeux et du sourire,
le soir, et que ce soir je t’aime infiniment !
Serre-moi contre toi. J’ai besoin de caresses.
Si tu savais tout ce qui monte en moi, ce soir,
d’ambition, d’orgueil, de désir, de tendresse, et de bonté !…
Mais non, tu ne peux pas savoir !…
Baisse un peu l’abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux.
C’est dans l’ombre que les coeurs causent,
et l’on voit beaucoup mieux les yeux
quand on voit un peu moins les choses.
Ce soir je t’aime trop pour te parler d’amour.
Serre-moi contre ta poitrine!
Je voudrais que ce soit mon tour d’être celui que l’on câline…
Baisse encore un peu l’abat-jour.
Là. Ne parlons plus. Soyons sages.
Et ne bougeons pas. C’est si bon
tes mains tièdes sur mon visage!…
Mais qu’est-ce encor ? Que nous veut-on ?
Ah! c’est le café qu’on apporte !
Eh bien, posez ça là, voyons !
Faites vite!… Et fermez la porte !
Qu’est-ce que je te disais donc ?
Nous prenons ce café… maintenant ? Tu préfères ?
C’est vrai : toi, tu l’aimes très chaud.
Veux-tu que je te serve? Attends! Laisse-moi faire.
Il est fort, aujourd’hui. Du sucre? Un seul morceau?
C’est assez? Veux-tu que je goûte?
Là! Voici votre tasse, amour…
Mais qu’il fait sombre. On n’y voit goutte.
Lève donc un peu l’abat-jour.

 

 

Paul Geraldy (« Toi et Moi »)
1885

 

 

l’amour – le prophete Khalil Gibran

Alors Almitra dit, Parle-nous de l’Amour.

Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s’étendit sur eux. Et d’une voix forte il dit :

Quand l’amour vous fait signe, suivez le.

Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.

Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui.

Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.

Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.

De même qu’il vous fait croître, il vous élague.

De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,

Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous bat pour vous mettre à nu.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous broie jusqu’à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.

Toutes ces choses, l’amour l’accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.

Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour.

Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l’amour vous moissonne,

Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.

L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l’amour suffit à l’amour.

Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, « Dieu est dans mon cœur », mais plutôt, « Je suis dans le cœur de Dieu ».

Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirige votre cours.

L’amour n’a d’autre désir que de s’accomplir.

Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu’ils soient ainsi :

Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.

Etre blessé par votre propre compréhension de l’amour ;

Et en saigner volontiers et dans la joie.

Se réveiller à l’aube avec un cœur prêt à s’envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d’amour ;

Se reposer au milieu du jour et méditer sur l’extase de l’amour ;

Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;

Et alors s’endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.

Le cataplasme de la Martyre

 

Le cataplasme de la Martyre

 

 

 
Où sont les précieuses amandes effilées ?
Une blessure d’amour sale comme une peau morte
Que le vent transporte au hasard des rides écartelées
Perd ses illusions devant tant de pots cassés
Débris désemparés cherchent colle à chaud
Fissures esquissées cherchent collagène
Il y a des yeux dans le bouillon du cahier
Qui cherchent les lignes de la main
Mais les draps sont en colimaçon
Parmi le camphre et la cardamome

 
Dans vingt huit secondes le champ magnétique sera rompu
Et les tubercules malins seront libérés
Ils ramperont et si les druides de la forêt ne les contrarient pas
Avec leur gui et leur serpe ,avec leurs danses et leurs chants
Ils envahiront comme la nappe la table
Comme la nappe la mer
Comme la nappe hydrocarbure
Ils envahiront les interstices de ma terre
Sous les oignons sous les racines
Les radicelles ridicules des iris
Les bourgeons et les yeux des cucurbitacées fatiguées
Ils envahiront tristes hères la terre et sans relâche
Se multiplieront à tout jamais et pour toujours
Comme si l’infini avait un bout
Comme si le chien qui se mord la queue avait un but

 

Fi de la noix ou de la fraise, la marquise aime les entrailles
Ses gants noirs s’effilent en longues traces sombres
Qui donnent au vent sa direction quelle que soit la saison
Elle les aime en écailles luisantes oblongues et lisses
C’est son péché mignon sa faiblesse sa folie
Et quand elles viennent à manquer, la belle marquise
Aux yeux de langouste milanaise pousse des hurlements
Déchirants que l’on entend d’un pôle à l’autre
Alors chaque homme enamouré se mue en loup puissant
Et creuse de ses griffes les profondeurs de la terre

 

 
Le jour éternue et s’envole la jupe du pont
Qui joue à pile ou face le nom de la péniche
Celle qui l’emportera loin du vent les pieds au sec
Loin des indifférents qui le martèlent
Alors qu’il rêvait de soupirs seulement pour lui
On sait bien que les amoureux préfèrent l’onde
Et le creux du ciel qu’ils partent rejoindre
Tellement légers que la pierre absente sous leurs pas
Ne les empêche de rire encore ni de traverser le temps
On l’a retrouvé quelques saisons plus loin
A l’orée d’un sombre bois la rambarde offerte
Au dernier signe de passagers en parchemin

 

 

 
On frappe à la porte et quelqu’un répond
Il te ressemble
Vous partagez le même nom
Et le même visage
Mais vos yeux ne vous appartiennent pas
Ils glissent le long d’un regard
Qui ne s’arrête sur rien
Car rien d’irremplaçable ne s’offre à lui
Plus loin d’un pont quelqu’un se jette à l’eau
Est-ce le même homme
Aucun joueur de billes ne s’en inquiète
Les agates fondent au soleil
Ou crèvent comme des bulles dans les poches
De pantalons maintes fois rapiécés

  

dans un désordre alphabétique:  Heliomel 4Z Elisa Eclaircie Téquila

Cauchemar – Verlaine

Cauchemar

J’ai vu passer dans mon rêve
– Tel l’ouragan sur la grève, –
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.