Author Archives: Elisa-R

Venise

Je regarde ta lettre qui gondole, se plisse et tes mots dilués qui doucement rejoignent des milliers d’autres mots jetés par-dessus bord, dans ces canaux putrides, près des palais-mémoire que la mer a rongés comme le temps notre histoire.

La marée vient lécher le vieil embarcadère aux pontons vermoulus laissant nonchalamment les amarres flotter au milieu des déchets.

L’absence n’est qu’un retard pour qui sait être heureux, disais-tu rayonnant lorsque nous étions deux, quand nous nous confondions aux passants-passerelles sous l’œil goguenard des pigeons de Saint Marc qui délaissant la place s’en retournaient nicher aux creux des doges austères en maculant les toges de fiente délétère.

Au cœur de la Cité, les lions affamés réclament leur pitance, ces viles calomnies que l’on glisse, perfides, dans leurs gueules béantes.

Les boutiquiers exhibent des masques impavides sans regard et sans âme comme peut l’être la mort.Des ombres sibyllines effleurent le décor Dans Venise sanguine la lagune s’endort.

 

Kali

Le satellite

 

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A mes amis virtuels : Eclaircie, Elisa, Héliomel et Phoenixs.

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Je suis un satellite et je gravite autour

D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup

De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves

De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres

Victimes d’un exil passager, se confondent.

Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux

Me transmet par la voie des ondes sa surprise

De me voir lui sourire alors que dépourvu

De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte

D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants

Dont la fonction n’est pas a priori de plaire.

Mais en orbite autour d’un organe tout change

Pour un engin construit par l’homme dans le but

De s’espionner lui-même…Avec les mers prend-il

Assez de précautions pour éviter leurs crues ?

On sait déjà qu’il manque à l’égard de ses frères

Les singes, d’affection ; mais pour le bien des ours

Mettra-t-il à l’abri des trappeurs la fourrure ?

Si le réchauffement de la planète oblige

L’individu, afin d’y surseoir, à souffler

Dans des cornes un air glacé, je l’encourage

En le bipant dès l’aube. Il se dresse et se dit :

« Si je me lève tôt c’est pour ma sauvegarde. »…

Une orbite elliptique assure mes pulsions.

Le cœur dont j’ai parlé, le cœur aux joues trop pleines

Pour se priver longtemps d’une pluie de baisers,

Je le courtise avec de tristes arguments

Mais il a deviné, sous ma carlingue, un être

Fait de chair et de sang, comme lui, un pilote

Placé dans un cockpit démodé d’opérette

Par une association d’ingénieurs facétieux.

Nous descendrons du ciel. Une échelle de corde

Flotte au-dessus des mers ; nous nous y agrippons

Et pas à pas, barreau après barreau, nos corps

Transformés et pourvus de nageoires atteignent

La surface d’une eau souriante et docile.

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Published by , in 4Z2A84.

 

Fleurs fraîches et bouquet d’hier 

Bris de verre et autres petits dégâts familiers,

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Nous ne savons rien des autres que nous côtoyons

En arrière-vie ils dansent sur les murs

Ombres pleines de vie mais aussi d’illusions

Qui nous accompagnent sans rien pourvoir de plus

Ne rien voir éveille l’imaginaire malade

Qui déconstruit le réel et déforme les sens

Alors du bris de verre collecté nous faisons un drame

Une pluie de sang et de larmes

Et nous tombons comme de lourds pantins

Sur nos chagrins silencieux désarticulés

*

Au sommet du mât une lumière inconnue

Diffuse des reflets comme autant de vagues

À la surface d’un lac sous le vent

Le silence ajoute à l’intensité de l’absence

S’il n’y avait ce balancement régulier

Comme un pas lourd dans le chemin du retour

La lune ose à nouveau traverser l’espace

Certaine cependant que nul ne l’entendra

Le brouillard sait que plus rien n’est à masquer

Seule dans les iris la perle de nuit vit toujours

*

Que sommes-nous ?

Des galets sous les pieds

Pour éclairer nos nuits blanches

Une lune froide dans le ciel muet

Que les nuques raides ne voient plus

Le sens se joue de l’ordre ordinaire

Une forme sombre patiente

Et puis nous, sur le pont d’un bateau

Sans capitaine pour inventer nos récifs

Sans verbe pour dessiner les contours

D’un avenir sans mémoire

*

Quand je ferme les yeux je t’aveugle mon âme
Mon âme est en morceaux
On a cassé la vitre
Et le vent se faufile à travers mes faisceaux
J’étais une trop fraîche fille
Pour m’en tenir à mon piano
Je jouais à la corde
Et sur les cordes d’une lyre
Démodée
Mes doigts glissaient sans dé à coudre
Si je me suis pendue
C’est à ton cou
Non à la poutre
Et mon corps on l’a jeté
Avec tous mes bijoux
Par la fenêtre ouverte sur la nuit
Où veillent les hiboux

(…)

*

Dans l’ordre de réception, d’écriture et de recherche : Phoenixs, Éclaircie, moi-même et 4Z. J’ai choisi la moitié d’un poème écrit par 4Z le 09 mai 2012 à 17h20 en cette maison

Le bol et son visage sur lit de duvet blanc

Balles des fantoches,

 .


Aller, venir au gré des bancs de sardines

La gueule ouverte prête à l'emploi

Enfourner la friture insignifiante

Fiente de l'insigne futilité des nasses

Je danse sur les arêtes jetées à la vague

Flottantes fin d'écailles

Sur ma tête humide grouille l'élite des crabes

En panier d'oseille sans parfum

Et pourtant si malodorante

*

La trotteuse a renoncé

Parcourir le même cercle des minutes durant

Ne l’intéresse pas plus que manger des heures

Lorsqu’à la table aucun convive ne vient s’asseoir

La trotteuse est devenue bavarde

Perchée aux côtés de la girouette

Elle entame de longs palabres avec le vent

Que le jour ouvrant les yeux

Reflète dans toutes les tours désertes

La trotteuse attend des nuits sans dormir

Le temps volé au dormeur involontaire

Pour le lui rendre à l’aube de sa nouvelle saison

*

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

*

Deux œillets roses au-dessus du nez

Lui-même en peau de parapluie

Une bouche en jardin indocile et sauvage

Des cheveux soleil levant ou lune de midi

Le caractère fidèle bien que fougueux

Ne nécessite aucune longe et se monte sans selle

La silhouette se faufile indifféremment

Entre les lignes du jour et celles de la nuit

Quant à la démarche elle varie sans prévenir

Hier blues nonchalant au refrain bouleversant

Ce matin vague de deux mètres au milieu du néant.

*

4Z absent cette semaine, j'ai choisi un poème de 2015. Il se joint à ceux de Phoenixs, Eclaircie et moi-même, cueillis hier et ce matin.

Marée haute sur le soleil

Le bal des oursons,
*

Dans les feux les fusées

Les ballons les poupées

Les galets les écumes

Les roues volent

Retombent

Eteints

Sur les oursons à terre

Au pied des manque d’air

Des soleils retournés

Dans l’orbite soufflée

De notre pâle univers…

*
Les ciseaux virevoltent autour des cheveux
S’y agrippent les mordent comme furieux
Immobile le sujet ferme les yeux
Conscient de ce qui est et de ce qui n’est pas
Pas ici pas tout de suite
Les rats qui trottinent au frais
Dans leurs galeries si sombres
La métamorphose des ciseaux en volatiles
Qui fuiront dans un fracas de plumes

Dès qu’une porte s’ouvrira

Et quelque chose d’autre qu’il a vu
De l’autre côté des paupières closes
Quelque chose de beau
Qui s’est envolé de sa mémoire
*
Naissance d’une source au milieu de la nuit :

On l’entend dire un mot

Le premier mot du livre

Que nul ne lit les yeux ouverts…

La rue s’enorgueillit de ses commerçants

La vallée de ses cours d’eau

Les deux se regardent de loin

Comme des ennemies pacifiques.

Les navires à l’ancre au port ruent d’impatience

Le soleil les appelle en vain

Et son couchant cherche à les éviter.

Ma fenêtre me quitte en emportant les dernières lueurs du jour

Déracinée la lumière s’adonne à tous les jeux dangereux

Loin de moi.

*

Sur le chemin de terre à l’abri sous les pierres

Les poissons attendent la grande marée

Leurs écailles séchées par le soleil des années

Renvoient aux alentours des éclats de lumière

Que les arbres la nuit  rassemblent en faisceaux

Dont ils tissent les brins pour éloigner la peur

Quand devenus humus ou bien encore fossiles

Ils ne porteront plus l’espoir de parchemins

La mer retient son souffle et calme ses élans

Elle accueille en son sein de nos rêves les chants

*

Ces mots étaient là ce matin, peut-être même hier : ma tête est restée au jardin, oubliée entre le lierre et les pivoines. Dans l’ordre se sont posés (sur la branche insoumise d’un églantier) ceux de Phoenixs, Elisa,  4Z et Eclaircie…enfin, il me semble.

***

De la mare à la mer

Au commencement était la grenouille,

Qui coassait et multipliait son chant
Au son des lucioles aveuglées
Par leur propre derrière qui les conduisait devant
Devant quoi ?
La mare était obscure
Les joncs épais bouchaient la vue
Les chouettes myopes hululaient en vain
Contre le voile léger du bois
Et grouillant aux abois les rats et les papillons de nuit
Couraient en vrac dans les épines
Rouges du sang des marmottes
*

L’océan ne connait pas le monde
Il roule et s’enroule sous le ciel impassible
Ou tourmenté qui jamais ne lui laisse entendre
Que le vent très loin des falaises
Il ignore les trains les forêts les ponts et les sommets
Pressent les torrents les rivières et les fleuves
Ma voix jamais ne l’atteint
Et lorsque mon regard se porte à l’horizon
Je l’aime ainsi lointain mouvant fier
Infini et se prêtant à toutes mes lectures
*
Le fer donne au temps l’éternité
Le regard aspiré par l’infini et ses étoiles
Libère le corps de la pluie et du froid
Qui l’entravaient
Les voitures peuvent le frôler
Comme elles le font chaque jour
En mouvements pendulaires automatiques
Il ne les sent plus. Il ne les voit plus.
Exposé aux yeux de tous
Il sombre peu à peu dans l’eau glaciale et muette
D’une rivière citadine et fantôme
*
L’hiver le souvenir de la neige et des luges

L’hiver ne dura pas plus d’un jour cette année

La mer ne jugeant pas les flocons dangereux

Chaque vague avalait sa part de papillons

Comme nous déjeunions d’avoine pour grandir

Venu du port l’appel des bateaux en partance

Attirait voyageurs clandestins et badauds

Mon ombre se moquait de moi quand sur les quais

Je cherchais parmi les colis le coffre plein

D’îles de gros poissons de sirènes et d’algues

Aurais-je été surpris d’y trouver des montagnes

Avec à leur sommet des neiges éternelles

Du large on rapportait de tout même du temps

Ce temps qui se perdrait si nous ne rêvions pas.
*
Quatre voix ou des milliers, douze mains ou peut-être huit, des yeux en quantité non négligeable (il faut compter ceux du ciel nocturne et ceux du bouillon) et puis des mots, à entendre.
J’ai l’honneur de partager ce vendredi avec Phoenixs, Eclaircie et 4Z qui clôture cette publication avec un poème de 2015.

Dimanche à la mer

Dimanche à la mer,

Une ribambelle de petites mains tissent
Le jour vacances
L’eau claire prend tout le regard
Les pieds hésitent dans la fraîcheur transparente
On est trop dans les algues sèches
Touffeur, premiers pas des écoliers libres
Epaisseur tout de même de l’ancien délice perdu
Cette silencieuse solitude hivernale
Monte alors comme une aigreur d’oignon dans le plaisir des autres
Envahissant.
*
Personne ne se tient derrière la porte close
Le jour puis la nuit assument leur rôle
Sans jamais éprouver de regrets
Parfois sauveurs, parfois bourreaux
Ils accomplissent ce pour quoi ils sont créés
Mais toi, tu marches sous l‘orage
L’eau ne te repousse pas. Au contraire
Et te voilà une nouvelle fois debout sur la falaise
Observé par les milliards d’étoiles
Chacune reflétée dans l’éclat tranchant d’une vague
*
Pour s’ouvrir l’appétit
La mer mange la plage
Qu’offrirons-nous aux vagues
Quand autour de la table
Chacune sur un ton furieux criera j’ai faim !?
N’invitez chez vous ni le sable
Insaisissable ni le vent
Que l’on ne sait par quel bout prendre
Ni le fleuve ni l’océan
Dont l’eau bout près des radiateurs.
Seule notre ombre est accueillie
Par vos meubles les bras tendus.
*
Murmures et chuchotements bruissent sous les bois
Souffles permanents de la saison
Soucieuse de sa renommée comme d’offrir
La teinte verte que tous cherchent
À fixer sur la toile pour arrêter le temps
Pourtant seule la lune sait mettre en relief
Les tons éphémères et les sons inaudibles
C’est la lune aussi qui entraîne la rivière
À plonger en elle-même dessiner les galets
Et user de ses bras pour bercer l’homme inquiet
*
Sous la lumière de la lune, toute personne sensible et équipée de bonnes lunettes de soleil pourra apercevoir, dans l’ordre d’apparition sur son écran : Phoenixs, Bibi, 4Z et Eclaircie.
Merci à Phoenixs pour son titre (une fois encore).
Bientôt, 4Z enrichira cette page de sa présence et de ses commentaires fameux. En attendant, j’ai choisi un de ses poèmes dans un ZEPHE de novembre.

Marée

Dans nos mains des bouches inconnues
Aux lèvres rouges et charnues
Murmurent des sentences
Qui se balancent
Aux branches sombres des pendus
Le temps se prend pour un coucou
Gorge de bois serrée par une boucle
Il vole si haut que presque fondue
Sa mèche vacillante tombe évanouie
Au mur discret se tient un clou
Que nulle ambition ne nourrit
Ni ne détruit
*
Les portes fermées à triple tour
Ne résistent pas au charme du vent.
Sans même hurler pour ébranler la placidité des murs
Il obtient qu’elles s’ouvrent, claquent, se dégondent
Et s’enfuient, s’entassant dans les greniers
Que les architectes n’ont pas dessinés
Au somment des tours.
Les mémoires enfermées dans les celliers ou les cerveaux
Palissent et se mêlent aux toiles décolorées
Par l’absence du soleil et de la lune,
Partis tous deux loin des éléments qui contrarient
Leurs amours ancestrales.
*

Le jardin créole,

Tu vis dans un lieu
Où scintille l’orange
Corail de tes fleurs
Sous la feuille géante
Taillée en parasol
Tu flânes homme apaisé
Entre la douceur
Et le chant aux murs
Ici tout meurt
Là-bas tout rit
*
Vous vous enveloppez dans vos draps
Pour ne plus voir le soleil briser les vitres
Mais de la rue montent les cris des marchands de soupe
Impossible de fermer l’œil le seul à enregistrer
Le spectacle de la ville en effervescence
Vous promenez cet œil en laisse
Dans les parcs où les statues rêvent
De détrôner l’homme et d’occuper sa place
Au sommet de la tour de cinquante étages
Le P.D.G. reçoit sur rendez-vous
Les fantômes avec lesquels vous partagez vos nuits
Et votre lit à marée haute
*
Un ZEPHE particulier, sur le fil de l’attente et du souffle retenu. Phoenixs, Eclaircie et moi-même jouons aux fil-de-féristes. 4Z, en attendant un signe de toi, j’ai choisi ce poème parmi tes compositions, j’espère que cela te conviendra.

Le Paysage

Robert DESNOS
Recueil : « Contrée »

J’avais rêvé d’aimer. J’aime encor mais l’amour
Ce n’est plus ce bouquet de lilas et de roses
Chargeant de leurs parfums la forêt où repose
Une flamme à l’issue de sentiers sans détour.

J’avais rêvé d’aimer. J’aime encor mais l’amour
Ce n’est plus cet orage où l’éclair superpose
Ses bûchers aux châteaux, déroute, décompose,
Illumine en fuyant l’adieu au carrefour.

C’est le silex en feu sous mon pas dans la nuit,
Le mot qu’aucun lexique au monde n’a traduit
L’écume sur la mer, dans le ciel ce nuage.

À vieillir tout devient rigide et lumineux,
Des boulevards sans noms et des cordes sans nœuds.
Je me sens me roidir avec le paysage.

1944

http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/le-paysage

Février sous nos plumes

En travaux,
.
Où que tu diriges tes pas
Tu butes sur un panneau
Dans un trou
La terre remuée à l’air
Libre t’appelle
Et la pelle te jette déjà
Au visage l’épitaphe :
Ta vie au chantier s’est ouverte
Sans jamais refermer les saignées
De tes virages
Sans issue

*
La sève gonfle le bois de mes bras tendus
Comme deux branches immobiles
Des rêves y courent libres de tout
Je donne à manger à un rat fier qui m’apprivoise
Devient un enfant silencieux et avide
Quand la lumière se voile je passe sur l’autre page
Du livre à l’intérieur duquel je dors
Quand le jour s’étire et baille à l’horizon
Je déplie mon être et secoue mes feuilles naissantes
Le monde se compose et se maquille
Au miroir de mon âme passagère

*
Tu t’éveilles d’un rêve agité tu soulèves
La couverture sous laquelle coco dort
Il (ou elle car tes enfants n’ont pas déjà de sexe
On les verra un peu plus tard ouvrir leurs yeux)
Réclame le sein ce sein qui sort soudain d’un golfe
Comme une île surgit de l’océan pour accueillir
Les flamants roses fatigués de poser en plein vol
Pour un peintre entraîné trop loin par ses pinceaux
Tu l’interceptes dans ta nasse avec coco
Dont l’unique oreille s’enroule alors autour de ton sceptre
*
La vallée se creuse plus encore
À la recherche de cette eau
Qu’on lui a dit exister sous les feuillages
Cette eau pour dissoudre la poussière
Soulevée par toutes les courses
Par les galops par les fuites éperdues
Quand tous ont compris que la vallée
Avait cessé de rire
Parvenue au point de rupture
Elle s’embrase et pas un arbre
À ses flancs n’a pu sauver le moindre germe

*
Voici que février s’éloigne chanté par les plumes talentueuses de Phoenixs, 4Z et Eclaircie, accompagnées de la mienne, toujours ravie de partager la même encre.