Author Archives: Phoenixs

Lever l’encre,

On lève bien les armées
Depuis les temps immémoriaux
Où sortis du ventre du néant
Les hommes ont dû exorciser la peur
Il est encore temps
De renverser la vapeur
De lever l’ancre sans navire
Sans voile sans foc sans étrave sans entrave
Sans proue ni artifice ou artimon
Depuis le hunier jusqu’au fond de la cale
Où se blottissent les animaux blessés ou pas
Ceux que l’on a enfermés là depuis les temps immémoriaux
Où sortis du ventre du néant….
Levons enfin l’encre pour chanter l’alphabet depuis le Z jusqu’au A
Que le phœnix renaisse de ces cendres sous l’éclaircie chagrine
Quand les fleurs du cinéraire jaune sont partie du soleil
****
L’enfant de la mer,

Jette ses coquillages, ses âges
Aux vagues endormies
Pour qu’un jour, un seul
Elles les lui rendent moussus
Intacts sous les algues
Ce seront quelques mots sur la plage
A spirales
De sourire demain

****

Ce matin, c’est décidé
il est grand temps de s’réveiller
et de prendre en main sa Destinée

Alors si t’es d’accord avec ça l’Ami-e-,
lève toi et un peu avant midi
En crie… hié! L’encre aura passé

Aujourd’hui, tu es ton meilleur-e allié-e-
pour naviguer en mer moins noire
et transformer cette blanche page sur le cahier, en espoir

Et! Cadeau de l’hirondelle, d’ici ce soir, si t’es Ok,
tu auras une plume nouvelle,
pour voyager au cœur de ton histoire ,
plus C. O.L.O.R.E.E

Alors?! Tu t’invites?! Le voyage vient tout juste de commencer

Un petit trio sur la barque d’un été nouveau. Eclaircie, bibi, Marjolaine. Nous attendons sur le pont Elisa et d’autres marins des mots.

Une pensée à 4Z qui veille sur l’équipage 😉

Les passagers de l’exil,

Bien que les fenêtres soient ouvertes
La maison a disparu
Il ne reste que ces plaies béantes
Offertes aux regards
Et à tous les vents
Nulle trace de murs ni de cheminées
Nul souvenir des marches que nous aimions gravir
Pour nous réfugier dans la mémoire du grenier
L’herbe verte partout ailleurs ne pousse plus ici
Seul le lierre s’aventure sur les cadres de bois noirs.
****
Le lac frémit même sans le moindre souffle
Afin de briser les arêtes trop vives
Des pierres s’abritant dans son onde
Elles proviennent de ces chemins
Longtemps après le dernier pas
Du promeneur qui les a désertés
Elles savent la force de l’eau
Dont elles attendent de devenir sable
Pour s’allonger sur la plage et se laisser happer
Par la volonté de l’océan

****
Les larmes du virtuel,

Tu racontes ta vie sur les pixels agités
Quelqu’un te lit sans regarder
Un sourire jaune salue ton passage
Une grimace de l’échange
C’est ton monde à présent
Qui tend entre toi et la matrice
Un large fil fluctuant sur le trou noir
De tes vies absentes
****

Je suis un satellite et je gravite autour
D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup
De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves
De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres
Victimes d’un exil passager, se confondent.
Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux
Me transmet par la voie des ondes sa surprise
De me voir lui sourire alors que dépourvu
De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte
D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants
Dont la fonction n’est pas a priori de plaire. (…)

Le texte de 4Z choisi par Élisa clôture ce voyage dans l’ici et l’ailleurs et répond de manière  » heureuse » au mien plus sombre. L’espace embarque l’océan d’Éclaircie dans le grenier secret plein d’étoiles, malgré tout,d’Élisa. Le voyage continue sans limite…

Le chant des galets,

Jouons à nous déguiser !
Mais…ne vous déguisez jamais en gâteau, vous risqueriez de vous faire manger : les gens sont si gourmands !
Un jour, je me suis déguisé en nuage ; et hop, ce jour-là, il a plu. J’étais bien avancé – d’autant plus que j’avais oublié d’emporter mon imperméable. Quand je suis rentré à la maison, j’étais trempé comme une soupe.
Un jour, je me suis déguisé en téléphone…Oh là là ! J’étais toujours occupé. On me parlait en chinois, en russe, en anglais, en espagnol et même en me soufflant au visage ; je n’y comprenais plus rien, je répondais n’importe quoi dans une langue dont j’inventais au fur et à mesure chaque mot.
Une fois (j’étais alors déguisé en lampe), je brûlai toute la nuit pour éclairer une dame qui lisait, qui lisait un livre interminable…

****

La tour dans la brume appelle phares et phrases
Et je réponds présent cadeau
Le sol assoiffé se tord légèrement
Imprimant à la nuit un mouvement vivant
Ma source tarie
Me reste le fleuve insubmersible
L’océan jamais étale
Et le flot les images les arbres les villas
Les bâtisses les montagnes la lune
Et ton reflet le même et différent sous ces deux lustres

****

Pourquoi courir deux lièvres sur une seule jambe?
Attendre que les poules aient des dents
Comme si crever l’herbe ne suffisait pas
En s’enfonçant dans la boue
Couchés
Vendre la peau de l’ours ne vaut pas le détour
Ni côté en bourse ni en pot d’abeille brûlée
Par les deux bouts
Croire qu’une hirondelle fait le printemps
Revient à espérer que le bipède tisse de l’amour
Avec Pénélope l’évaporée
Autant reprendre un peu de coupe jusqu’à la lie
***
Funambule sur le fil de ta voix
Les images étalées devant elle
En tarot animé collé à la vitre d’un train
Elle regarde passive la grosse dame aux petits pieds
Le porteur amoureux dans son habit de coccinelle
Et l’œil dans le mur qui ne cesse de tourner
La lune sommeille dans un matelas de nuages
A part un régiment d’étoiles nouvelles dans le ciel
Il n’y a rien à signaler

Trois marins à la barre mais le vent dans les voiles pousse Zephe et sa vigie sans l’égarer.

14 juillet,

Les potes n’attendent pas les feux d’artifice pour s’éteindre
Glisser dans la nuit entre deux sommeils
Pour les porter dans le ciel noir une pensée de Bengale
Grillée à la nuit
Lui restera l’étoile de ma Promenade
Parmi les galets serrés sous l’eau
De là
Il est le tisserand des mots le repêcheur des poissons lune
Le copain à la main tendue
De plume
Sans épines
Ses écrits sont habillés de mémoire
Au vol léger des lucioles…

A 4Z un Paris-Nice sans escale.
17 juillet 2017

La croisière du nageur allongé,

Rêve-t-on avec plus d’intensité
Debout qu’assis ou couché ?
Si cette question vous turlupine
Ouvrez la fenêtre et perdez votre regard
Au-delà de l’horizon dont la ligne n’est pas droite
Quelqu’un déplace l’équateur
Derrière notre dos
Quelqu’un se prend pour un autre
Et accouche d’une montagne
Sans le secours d’une sage-femme
Naître devient une habitude
Mourir un jeu auquel on joue
Les jours de pluie quand l’eau s’allonge.
****

La rivière offre ce gué
Voie étroite entre des rives éloignées
La main en pare-soleil
Même par temps « ciel des plus gris nuageux »
On craint que le souffle manque sur la pierre glissante
Les poissons de basses eaux
N’osent pas vraiment dire l’appréhension
Sous leurs branchies
Leurs yeux jamais fermés ils assisteront
À l’incroyable marche sur les flots
Quand les vagues se calment et guettent
Les premières traces de lettres sur la grève endormie

****
Le meilleur défi,

Nous déposons le monde sur la nappe
Papier chemin de traverse
Les uns avec les autres dans l’éclat
D’un mot, d’une idée, d’un rire
Déjà la douceur moite nous enveloppe
Et vide la chaise que nous occupions
Si peu soucieux de la nuit
Au large la voile éclair remporte le prix
Du meilleur silence à tous nos défis
****

J’ai vu des visages
Masques cireux vidés de vie
J’ai vu des mains
Se balancer inertes au bout de bras inutiles
Croisière en ville ou en campagne
L’eau transparente se colore
Pour ne rien laisser voir du fond
Ou des reflets passagers
Qui parfois nous effraient
L’humain surnage très longtemps
Puis disparaît de la surface

On ne pouvait pas mieux suivre le fil de ces textes placés dans leur ordre d’apparition. Nos rives se rejoignent sans perdre de vue le parcours sinueux des eaux qui accompagnent nos marches communes.
4Z, Eclaircie, bibi, Elisa

La besace du chihuahua,

On devait impérativement choisir entre le gouffre et l’abîme
Pour y jeter avec des vœux de bon voyage la poésie.
Voyez comme se débat cette fleur des champs
Elevée à la hauteur des roses.
Ne fermez pas les yeux devant votre image
En tueur de chihuahuas offerts aux mariées
Dont un pied se prend dans le tapis rouge.
Je ne suis qu’un piège parmi d’inutiles panneaux
Sur lesquels on lit l’ordre de mourir
Et le mot pour obtenir un supplément de soupe.
***
Le bal des valets de pieds,

Sur le parquet vissé glissent
Les chaussons cirés
Selon la boîte à rythme
Déréglée
Capucin 1er assis sur son velours
Doré dort
Pendant que se perdent les chausses
Des serviteurs asservis
A ses pieds.
***
Je suis la besace crevée qui pèse sur l’épaule
Le manque sans répit qui ronge les entrailles.
Je suis le mal, tapi au fond des êtres
Baignés de mots cruels et de fleurs sombres.
Ma démarche terrible en épouvante quelques-uns
Les autres se rivent à mon rictus
Comme au soleil d’un nouveau jour.
Aveugles et sourds ils rient de mes ténèbres
Et meurent sous mes coups, toujours idiots,
Bénissant ma grâce, mon aplomb et ma bonté.
***
Sommeille l’envie de dépasser
Les cimes des arbres
Les clochers de toutes les églises
Les silences sur les visages
De ceux que l’on ne croise jamais
Tapie dans la gorge
La sentence ultime
Peut patienter des jours et des années
Sans se détourner de la sagesse
Ou bien de la folie nécessaire à tout voyage
Le chemin s’ouvre et les senteurs guident
Le vent éloigne les ombres
En apesanteur les silhouettes parcourent alors l’infini

Tous les textes se répondent sans hasard, sûrement influencés par les temps qui courent on ne sait encore vers quoi ni vers qui…
J’ai choisi de terminer ce quatuor sur une note d’espoir dont les mots sont les derniers protecteurs.
Sur la partition : 4Z, bibi, Elisa, Eclaircie.

Sur un plateau d’argent,

Les douze têtes d’aigle se tournent vers nous
A la même seconde
Posées sur un plateau d’argent rectangulaire
Muni de poignées
Noires comme les robes de ces oiseaux
Qui hier faisaient rouler sur le tissu soyeux
Un vieux soleil attendri
Afin d’en ôter le manque d’éclat ou les faux plis
Est-ce le soir ?
Sans doute sommes-nous observés par ces yeux
Qui scintillent quand ils s’ouvrent de l’autre côté
De nos fenêtres tremblantes

***

Epluchures,
Pendant que tu plumes l’alouette
Le miroir se marre en noir
Cent reflets volent dans les mots
Autour du perchoir à mensonges
Que tu nous tends dans la volière
Ton double plane
Le nôtre tombe lourdement
Devant la cage ouverte
Et vide…

***

Je suis un satellite et je gravite autour
D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup
De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves
De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres
Victimes d’un exil passager, se confondent.
Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux
Me transmet par la voie des ondes sa surprise
De me voir lui sourire alors que dépourvu
De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte
D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants
Dont la fonction n’est pas a priori de plaire.

***

L’aurore au teint si pâle caresse les visages
Fermés derrière les carreaux
De ses grandes fenêtres aux ouvertures absentes
Les yeux immobiles épient le moindre signe
De la couleur nouvelle née d’une lueur d’espoir
Peut-être adressée par la lune quand elle inonde le livre
En tourne les pages et réécrit l’histoire de mains fiévreuses
Apaisées de savoir que l’ouvrage jamais ne s’achève

Vous aurez reconnu Elisa, bibi, 4Z, Eclaircie derrière la fenêtre des ondes qui porte régulièrement leurs mots rassemblés. Merci à Elisa pour le titre très d’actualité 😉

La danse des écailles,

Mes yeux m’échappent
Avec ce filet à papillons
Je garde l’espoir de les rattraper
Mais qui me conduira vers eux
Et se poseront-ils
Sur quelque fleur nous y attendant
Moi mon guide et ce filet dérisoire
Avec lequel on ne saisirait pas une seule étoile
Si on s’avisait de le jeter sur la mer
Quand le ciel nocturne s’y reflète
Comme un aveugle devant son miroir
(4z2a84 le 16 mars 2012)
***
Le vent chante au ciel son souffle retrouvé
Les arbres invités à la danse
Déploient les premiers bourgeons
L’esprit de la forêt descend sur le pré
Vient caresser la rivière et polir les galets
Tours et bâtisses tendent leurs fenêtres
Vers les rires et les feuilles griffonnées
Le long ruban retrouve sa souplesse
Loin des dédales et des ruines
Les pantins détachés de leurs fils
Délaissent le costume de bois
Immuable qui leur voilait le regard
Dans l’aquarium les poissons envolés
Ont abandonné les écailles
Au spectre infini des couleurs de la lune
***
La beauté du monde se nourrit de l’absence
De l’homme
Cet être barbelé enfant d’orties et de chiendent
Ne peut être le rêve des nuages
Des écumes nacrées
Ni même le souhait des chants perdus
Au-delà des écueils
Encore moins l’espérance des étoiles à venir
***
Des ombres dansent
Les têtes curieuses se dévissent
Pour mieux voir
Etranges les corps délaissés titubent
Sans but
Le monde est à la fête
Malgré la colère des obus
Et la sévérité des guerres
Qui privent de dessert.

Les mots sont posés par ordre d’apparition. Merci à Eclaircie pour avoir tiré du silence un texte de 4Z le bel endormi, dont on espère le retour sur les ondes. Nous restons les vigies du voilier des mots.

L’animal sans mémoire,

Un espoir amnésique tombe du ciel
La faute au vent qui soudain cesse de souffler
Mille ans et un jour de voyage
Entre ciel tourmenté et terre contrariée
D’où vient-il, de quel esprit rêveur ?
La tête lui tourne et le sol se dérobe
Pauvre petite chose dépourvue de souvenirs !
Au pied d’un arc en ciel désaffecté
Épuisé, il se couche et s’endort enroulé sur lui-même.
Demain, le ciel sera paré de mille et une couleurs.
***
Une mouche se pose sur ton nez
Tu la chasses d’un coup d’épée
Qui fait trembler toute la ville
Et au loin les navires d’où les rats s’enfuient
Comme une armée poursuivie par son ombre.
L’univers se disloque
Puis les étoiles sombrent
Tu saisis l’une d’elles au vol
Avant sa chute dans des failles provoquées par l’ennui
C’est une balle de tennis
Avec deux ailes vert-de-gris,
Prisonnière on l’entend vrombir.
***
On s’enfuit par toutes les portes
Fermées c’est mieux
Sans les appâts rances
Il ne reste plus qu’à tourner sa peine
Dans la serrure bouchée
Et nous voilà collés ailleurs
Au porte-manteau cintré
Qu’enveloppe le prêt à porter
Du hasard
***
Petit nuage couleur goudron
S’époumone à chanter sa différence
Dans l’espace désertique desséché par le vent
Par le feu quand l’eau est un mirage
Petit nuage empli de suie
S’il pleure pas une goutte translucide
Pour désaltérer le sable dont la voix éraillée
Ne dépasse pas le chuchotement rauque
Du bois privé de sève
Petit nuage s’est dissipé entre deux pierres
Un peu de cendre marque la fin du souffle
Silhouette momifiée blanchie avant le jour

Une zephe de début mars chanté par Élisa, 4z, bibi et Éclaircie, nous prenons sous le nuage, le vent pour les étoiles sans rien oublier d’essentiel au voyage des mots.Merci à 4z qui m’a inspirée le titre.