Author Archives: Phoenixs

Pommes rouges sous le préau,

Ecrire
Le bois dans la main
Rond et blond
Poser la pointe du stylo
Sur la surface tendre
Et dure
Du bois blond
Et rond
Au risque de casser
La tête dure et blonde
De la fille au stylo

*****

La tête contre les murs
Aux oreilles serviles
Gueules cassées grimaçantes
Et la chaleur qui oublie de décroître
Tous les casse-têtes irrésolus
Pas même une utopie pour entrevoir demain
L’enfant et son puzzle
Dont les pièces ne s’emboîtent plus
Ouvre les yeux sur le brouillard et la ficelle
Nouée d’avance par des mains inconscientes

*****

Lorsque je suis en tête à tête
Avec moi-même
Que je me parle sans rien me dire
A me demander dans le miroir
« quel je joues-tu ? »
Mon cortex atteint le sommet critique
Embrouillé comme un sac de nœuds
Causant le trouble tête, semant la zizanie
Et l’affaire se complique

Faudrait-il me mettre sur écoute
Pour dénouer mes faux-semblants
Raisonner cet agent double ?
Toujours au bord de la rupture
Sur des chemins de traverse
C’est toujours le début des embêtements
Lorsque je cherche la petite… bête
Entre ça et moi et autre sujet sensible
Qui titillent ma cervelle
Comment résoudre l’équation ?
De cette prise de tête, je ne sors jamais indemne
Le rouleau compresseur d’un vague à l’âme
M’entraîne vers le fond sans échappatoire
Et tout donne sens à mon désordre mental

La mélancolie, cette tracassière indécrottable
Épie mes tourments, jette son froid
Comme une lancinante bise de novembre
Parfois je la toise sans perdre la face
Et j’entre en résistance sourde
Je bataille tous feux éteints
Esquivant l’appréhension frontale
Sans suite dans mes idées
Alors, pour congédier mes maux chroniques
Je dégrossis, clarifie, me débrouille
Je mêle les mots et démêle mes pelotes de laine
Toujours en solitaire et avec la même patience

Parfois me prend la peur de tourner en rond
Au fond de mon bocal et même un peu plus haut
Je lutte pour trouver l’issue de secours
Afin que la camisole ne me soit pas fatale
Mine de rien, tout devient vite… minant
Autant qu’un casse-tête chinois

*****
Tu te penches au-dessus des nuages
A chercher les formes fixes
Un sens coton mouton glisse
Puis rien
Tu creuses les silhouettes vaniteuses
Les tiennes dans le miroir
Un non sens mouton bêlant passe
Puis rien
Tes mains nerveuses épuisent le sable
Sel galets sang coulent
Puis rien
Ton crane poli a trouvé ce qui cassait
Mais il dort à présent dans le silence
Du rien

*****

Tous les chemins
mènent à Rome.

Si je prends à droite
que se passera-t-il?
Et si je décide de partir à gauche
aurais-je plus de chance?

Tout est question de choix
de rencontre, de voie qu’on se trace.

Pour l’instant j’hésite, je n’sais pas
je reste en suspens
au Chemin des 4 Vents, Au croisement du Labyrinthe
je n’peux pas choisir, je n’veux pas, j’ouvre les bras sur Tous les Possibles

Heureusement,
pour m’éclairer

J’ai toujours
ma Boussole du Cœur,
mon Fil Rouge
ma Pelote de Laine

Alors, et si on jouait
à être grand

sans ces casse-têtes
remisés au placard,
on ferait le Tour du Monde
en prenant ensemble tous les chemins

Et par la réalité bien connue de l’enfance
comme par magie, tous les casse-têtes seraient résolus!

Alors, qu’est- ce tu fais? Tu viens? ON jOUE!?!

Sous le préau à la recherche des pommes d’automne : Elisa, Eclaircie, Plume bleue, bibi et Marjolaine
Le casse-tête c’est de retrouver le fruit défendu plein de promesses.
Le titre s’est inspiré de Plume bleue et 4Z a validé 😉

De mémoire , inventer l’automne

Inventer l’automne
Quand tout est mémoire
Le cri des engoulevents au crépuscule
La douceur des ululements
La lumière complice de la lune.
Inventer les couleurs
Tant de fois partagées…
Le crissement imaginé d’une plume
Le sourire dans une voix.
Les feuilles cèdent au vent et à la pluie
Je résiste encore au temps qui sépare à jamais de juillet
Demain, je m’enroulerai dans les brouillards blancs
Leurs silences bienfaisants apaiseront les miens.
Elisa
****
En chaussons et tutu, sur les pointes
La coiffe chargée de fruits
Et le vent pour toute scène,
L’automne par petits entrechats
Sautille entre les arbres charmés
Puis se lance dans des arabesques
Vertigineuses et colorées.
Les branches la porte aux nues
Et dans un frisson de plaisir
La danseuse entraîne les feuilles
Dans un dernier ballet
Et s’allonge ocre et dorée sur la terre humide.
Eclaircie
****
Entre moissons et vendanges,
Tout s’effeuille
Dans la mémoire qui brûle.

C’est le temps des grandes migrations
Les oiseaux ont appris la longueur des jours
Plient bagage avant la cisaille du premier frimas.
Sous les cuivres rutilants
Les méditations solitaires se lient
Aux murmures des feuilles jonchées
Et, dans la chevelure rousse des arbres,
Leurs soeurs vacillent avant la sentence.

La grâce éthérée d’un tourbillon d’or
Cache l’orbe des regrets.
L’âme s’épanche
Au plus profond de l’obscur
Ballet étrange et cyclique
Où les pas glissent vers l’imprudence des jours.

Dans l’harmonie des métamorphoses,
Sous les apprêts flamboyants de l’automne
La toile des silences est propice à tous les désordres.
Ainsi, nous ébranle la mélancolie.

Plume bleue

****

Feuille de route,

Effacer l’homme du paysage
Gommer ses paroles interminables
Dégoulinantes sur les murs défraîchis
Les écorces rongées par l’acide des gestes
Les eaux secrètes vomies des turbines
Oublier son passage dans les saisons amères
Les chutes vertigineuses
Les ruines craquées aux jointures
Ce serait comme inventer l’automne
Sans l’hiver dans ses veines…
****

Aujourd’hui
Tout bouge
A la Boutique des 4 Saisons !
Le Bas est en haut,
Le Haut est en bas.
Tout est Chamboulé.
C’est l’Automne, Architecte de la Vie
Qui vient transformer son Palais.

Mettez un peu d’Eau
C’est important pour bien pousser.
Rajoutez une note de ton orangé
Ça fait du bien à l’humeur et au teint.
Imprégnez-vous de la Terre, des Arbres
Et prenez le temps de regarder, de respirer.
Les oiseaux nous gazouillent un concert
Avant de se réfugier dans leur duvet.

L’Automne l’a dit
Maintenant c’est décidé
Fini la grisaille
Automne rime avec
Couleurs Multicolores,
avec Rires Sonores,
avec Joie d’Exister
Alors, prenons-nous par la main pour faire une ronde tout autour du Monde et
Dansons La Vie

Marjolaine

Ces plumes au vent ne pouvaient que danser sur une note de vie.

L’insoumis voyageur immobile,

Ceindre de mes bras le tronc aux mille veines
Qui cache toute la sagesse du monde.
Toucher l’écorce rugueuse,
Ta peau lézardée contre ma paume lisse,
Ressentir ta force tranquille,
Honorer ta patience, fêter ta grandeur.
Murmure-moi le secret de ton équilibre
Qui va de l’ombre à la lumière.
Raconte-moi ton histoire !

Arbre de vie, l’insoumis,
Tu t’enracines, épouses les quatre saisons
Et ta nature reprend ses droits.
Ta mue est lente et silencieuse,
Si précieuse à ta métamorphose
Pour qu’enfin ta cime altière et libre
Défie l’arrogance des dieux.
Arbre de vie, l’immortel,
Entre la terre et le ciel

***

L’arbre élagué lance autant de rejets
Que sa sève peut en faire naître
Tandis que le tronc nu
Vestige des hivers et du fond des temps
Compte ses racines et ses enfants
Son écorce parfois douce souvent rêche
Ne blesse jamais la main qui l’effleure
Voyageur sans voyage
Ses murmures franchissent tous les cimetières

Au cœur de l’arbre creux ton empreinte et ta présence
Nourrissent l’avenir au-delà de la vie

***

Il prendra racine où ta vie poussera
Au fil des veines qui courent sous l’écorce
Rude
Il sera l’ombre et la lumière
Flaques de vent sous lesquelles tu poseras ton souffle
Court
Longtemps après toi les feuilles dessineront sur les nuages
La nervure du passager
Esquissé

***
Le ciel tourmenté chasse de gros nuages
Tout est vaste sur la plaine
Rien ne limite les espoirs des enfants sages.
Ici on joue, on rêve, on écoute et on voit.
On voit le frémissement des arbres
On entend leur voix chaude qui dit tout
Du présent, du passé, des récits, des légendes.
L’ancien marais est un paradis
Pour ceux qui se couchent, joue contre terre
Pour ceux qui touchent de leur enfance
Le bois tendre des vieillards bienveillants.

***
Arbre de Vie
Ligne de Cœur
Poumon de l’Univers
Tu nous offres le plus bel air

Arbre de Vie
Que serais-je sans toi?
Tu déroules une colonne vertébrale
du Centre de la Terre jusqu’aux Étoiles

Adossée à ton tronc
Tout s’apaise
au chant du bruissement de tes feuilles
Force tranquille, tu avances

Et, dans le silence de Ta Musicalité Intérieure
retrouvée, A notre tour, on développe
Notre propre Arbre de Vie
de Lumière!

Autant de vols d’oiseaux échappés de cet arbre de vie, les mots brindilles sont les nids qui lui donnent de la voix.
Je ne doute pas que 4Z aurait tenté de jouer le renard…

Lever l’encre,

On lève bien les armées
Depuis les temps immémoriaux
Où sortis du ventre du néant
Les hommes ont dû exorciser la peur
Il est encore temps
De renverser la vapeur
De lever l’ancre sans navire
Sans voile sans foc sans étrave sans entrave
Sans proue ni artifice ou artimon
Depuis le hunier jusqu’au fond de la cale
Où se blottissent les animaux blessés ou pas
Ceux que l’on a enfermés là depuis les temps immémoriaux
Où sortis du ventre du néant….
Levons enfin l’encre pour chanter l’alphabet depuis le Z jusqu’au A
Que le phœnix renaisse de ces cendres sous l’éclaircie chagrine
Quand les fleurs du cinéraire jaune sont partie du soleil
****
L’enfant de la mer,

Jette ses coquillages, ses âges
Aux vagues endormies
Pour qu’un jour, un seul
Elles les lui rendent moussus
Intacts sous les algues
Ce seront quelques mots sur la plage
A spirales
De sourire demain

****

Ce matin, c’est décidé
il est grand temps de s’réveiller
et de prendre en main sa Destinée

Alors si t’es d’accord avec ça l’Ami-e-,
lève toi et un peu avant midi
En crie… hié! L’encre aura passé

Aujourd’hui, tu es ton meilleur-e allié-e-
pour naviguer en mer moins noire
et transformer cette blanche page sur le cahier, en espoir

Et! Cadeau de l’hirondelle, d’ici ce soir, si t’es Ok,
tu auras une plume nouvelle,
pour voyager au cœur de ton histoire ,
plus C. O.L.O.R.E.E

Alors?! Tu t’invites?! Le voyage vient tout juste de commencer

Un petit trio sur la barque d’un été nouveau. Eclaircie, bibi, Marjolaine. Nous attendons sur le pont Elisa et d’autres marins des mots.

Une pensée à 4Z qui veille sur l’équipage 😉

Les passagers de l’exil,

Bien que les fenêtres soient ouvertes
La maison a disparu
Il ne reste que ces plaies béantes
Offertes aux regards
Et à tous les vents
Nulle trace de murs ni de cheminées
Nul souvenir des marches que nous aimions gravir
Pour nous réfugier dans la mémoire du grenier
L’herbe verte partout ailleurs ne pousse plus ici
Seul le lierre s’aventure sur les cadres de bois noirs.
****
Le lac frémit même sans le moindre souffle
Afin de briser les arêtes trop vives
Des pierres s’abritant dans son onde
Elles proviennent de ces chemins
Longtemps après le dernier pas
Du promeneur qui les a désertés
Elles savent la force de l’eau
Dont elles attendent de devenir sable
Pour s’allonger sur la plage et se laisser happer
Par la volonté de l’océan

****
Les larmes du virtuel,

Tu racontes ta vie sur les pixels agités
Quelqu’un te lit sans regarder
Un sourire jaune salue ton passage
Une grimace de l’échange
C’est ton monde à présent
Qui tend entre toi et la matrice
Un large fil fluctuant sur le trou noir
De tes vies absentes
****

Je suis un satellite et je gravite autour
D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup
De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves
De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres
Victimes d’un exil passager, se confondent.
Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux
Me transmet par la voie des ondes sa surprise
De me voir lui sourire alors que dépourvu
De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte
D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants
Dont la fonction n’est pas a priori de plaire. (…)

Le texte de 4Z choisi par Élisa clôture ce voyage dans l’ici et l’ailleurs et répond de manière  » heureuse » au mien plus sombre. L’espace embarque l’océan d’Éclaircie dans le grenier secret plein d’étoiles, malgré tout,d’Élisa. Le voyage continue sans limite…

Le chant des galets,

Jouons à nous déguiser !
Mais…ne vous déguisez jamais en gâteau, vous risqueriez de vous faire manger : les gens sont si gourmands !
Un jour, je me suis déguisé en nuage ; et hop, ce jour-là, il a plu. J’étais bien avancé – d’autant plus que j’avais oublié d’emporter mon imperméable. Quand je suis rentré à la maison, j’étais trempé comme une soupe.
Un jour, je me suis déguisé en téléphone…Oh là là ! J’étais toujours occupé. On me parlait en chinois, en russe, en anglais, en espagnol et même en me soufflant au visage ; je n’y comprenais plus rien, je répondais n’importe quoi dans une langue dont j’inventais au fur et à mesure chaque mot.
Une fois (j’étais alors déguisé en lampe), je brûlai toute la nuit pour éclairer une dame qui lisait, qui lisait un livre interminable…

****

La tour dans la brume appelle phares et phrases
Et je réponds présent cadeau
Le sol assoiffé se tord légèrement
Imprimant à la nuit un mouvement vivant
Ma source tarie
Me reste le fleuve insubmersible
L’océan jamais étale
Et le flot les images les arbres les villas
Les bâtisses les montagnes la lune
Et ton reflet le même et différent sous ces deux lustres

****

Pourquoi courir deux lièvres sur une seule jambe?
Attendre que les poules aient des dents
Comme si crever l’herbe ne suffisait pas
En s’enfonçant dans la boue
Couchés
Vendre la peau de l’ours ne vaut pas le détour
Ni côté en bourse ni en pot d’abeille brûlée
Par les deux bouts
Croire qu’une hirondelle fait le printemps
Revient à espérer que le bipède tisse de l’amour
Avec Pénélope l’évaporée
Autant reprendre un peu de coupe jusqu’à la lie
***
Funambule sur le fil de ta voix
Les images étalées devant elle
En tarot animé collé à la vitre d’un train
Elle regarde passive la grosse dame aux petits pieds
Le porteur amoureux dans son habit de coccinelle
Et l’œil dans le mur qui ne cesse de tourner
La lune sommeille dans un matelas de nuages
A part un régiment d’étoiles nouvelles dans le ciel
Il n’y a rien à signaler

Trois marins à la barre mais le vent dans les voiles pousse Zephe et sa vigie sans l’égarer.

14 juillet,

Les potes n’attendent pas les feux d’artifice pour s’éteindre
Glisser dans la nuit entre deux sommeils
Pour les porter dans le ciel noir une pensée de Bengale
Grillée à la nuit
Lui restera l’étoile de ma Promenade
Parmi les galets serrés sous l’eau
De là
Il est le tisserand des mots le repêcheur des poissons lune
Le copain à la main tendue
De plume
Sans épines
Ses écrits sont habillés de mémoire
Au vol léger des lucioles…

A 4Z un Paris-Nice sans escale.
17 juillet 2017

La croisière du nageur allongé,

Rêve-t-on avec plus d’intensité
Debout qu’assis ou couché ?
Si cette question vous turlupine
Ouvrez la fenêtre et perdez votre regard
Au-delà de l’horizon dont la ligne n’est pas droite
Quelqu’un déplace l’équateur
Derrière notre dos
Quelqu’un se prend pour un autre
Et accouche d’une montagne
Sans le secours d’une sage-femme
Naître devient une habitude
Mourir un jeu auquel on joue
Les jours de pluie quand l’eau s’allonge.
****

La rivière offre ce gué
Voie étroite entre des rives éloignées
La main en pare-soleil
Même par temps « ciel des plus gris nuageux »
On craint que le souffle manque sur la pierre glissante
Les poissons de basses eaux
N’osent pas vraiment dire l’appréhension
Sous leurs branchies
Leurs yeux jamais fermés ils assisteront
À l’incroyable marche sur les flots
Quand les vagues se calment et guettent
Les premières traces de lettres sur la grève endormie

****
Le meilleur défi,

Nous déposons le monde sur la nappe
Papier chemin de traverse
Les uns avec les autres dans l’éclat
D’un mot, d’une idée, d’un rire
Déjà la douceur moite nous enveloppe
Et vide la chaise que nous occupions
Si peu soucieux de la nuit
Au large la voile éclair remporte le prix
Du meilleur silence à tous nos défis
****

J’ai vu des visages
Masques cireux vidés de vie
J’ai vu des mains
Se balancer inertes au bout de bras inutiles
Croisière en ville ou en campagne
L’eau transparente se colore
Pour ne rien laisser voir du fond
Ou des reflets passagers
Qui parfois nous effraient
L’humain surnage très longtemps
Puis disparaît de la surface

On ne pouvait pas mieux suivre le fil de ces textes placés dans leur ordre d’apparition. Nos rives se rejoignent sans perdre de vue le parcours sinueux des eaux qui accompagnent nos marches communes.
4Z, Eclaircie, bibi, Elisa

La besace du chihuahua,

On devait impérativement choisir entre le gouffre et l’abîme
Pour y jeter avec des vœux de bon voyage la poésie.
Voyez comme se débat cette fleur des champs
Elevée à la hauteur des roses.
Ne fermez pas les yeux devant votre image
En tueur de chihuahuas offerts aux mariées
Dont un pied se prend dans le tapis rouge.
Je ne suis qu’un piège parmi d’inutiles panneaux
Sur lesquels on lit l’ordre de mourir
Et le mot pour obtenir un supplément de soupe.
***
Le bal des valets de pieds,

Sur le parquet vissé glissent
Les chaussons cirés
Selon la boîte à rythme
Déréglée
Capucin 1er assis sur son velours
Doré dort
Pendant que se perdent les chausses
Des serviteurs asservis
A ses pieds.
***
Je suis la besace crevée qui pèse sur l’épaule
Le manque sans répit qui ronge les entrailles.
Je suis le mal, tapi au fond des êtres
Baignés de mots cruels et de fleurs sombres.
Ma démarche terrible en épouvante quelques-uns
Les autres se rivent à mon rictus
Comme au soleil d’un nouveau jour.
Aveugles et sourds ils rient de mes ténèbres
Et meurent sous mes coups, toujours idiots,
Bénissant ma grâce, mon aplomb et ma bonté.
***
Sommeille l’envie de dépasser
Les cimes des arbres
Les clochers de toutes les églises
Les silences sur les visages
De ceux que l’on ne croise jamais
Tapie dans la gorge
La sentence ultime
Peut patienter des jours et des années
Sans se détourner de la sagesse
Ou bien de la folie nécessaire à tout voyage
Le chemin s’ouvre et les senteurs guident
Le vent éloigne les ombres
En apesanteur les silhouettes parcourent alors l’infini

Tous les textes se répondent sans hasard, sûrement influencés par les temps qui courent on ne sait encore vers quoi ni vers qui…
J’ai choisi de terminer ce quatuor sur une note d’espoir dont les mots sont les derniers protecteurs.
Sur la partition : 4Z, bibi, Elisa, Eclaircie.