Petr Král- 1941-2020

QUI CHANTE, BOUGE

.
Le crépuscule
n’éteint rien; tout le feu, dans la nuit, s’obstine à hurler
sans voix
derrière les brèches des façades, les rainures ardentes
sous le portail;
le printemps n’est pas venu quand, déjà, il rampe sans
vergogne, se commet dans la joie
avec l’humus tiède; le temps vieilli se fait, se défait sans
peine
au gré de fautes nouvelles, faux pas bien sonnants
en ultime écho de la rage de qui s’obstinait, rapprochait
encore sa mèche baveuse
de la pomme de terre, pour faire exploser les gaz de la
cave et
toi, tu es gai, gaies sans bornes, tes mains tremblant pour
rien,
le grouillement rieur des lignes, des épreuves à nouveau
retournant au chaos, hors la lampe et son cercle,
gais les pinsons piaillants des remords, gai le ricanement
distrait de la mort
là comme ailleurs, dans la nuit entre les mâchoires édentées
des poches, des fissures —

Petr Král né le 4 septembre 1941, décédé le 17 juin 2020

« La vraie poésie ne se fait pas sur commande. »

Sagesse nocturne de la chouette

Est-elle chou dans son cocon de crème
Quand les arbres n’ont plus de cimes
Les yeux ronds tournés vers l’absence
La nuit ne voit plus briller
Les pépites et les éclairs
Je poursuivrai les ululements
Rien ne m’effraie que ton silence
À l’Aube je n’ai pas vécu le crépuscule
Déjà la chouette ferme les paupières
Ailes repliées sur sa tour immense
Un chouette samedi commence


Un petit hommage aux rapaces discrets

Sagesse nocturne,

Évite ses yeux lune
Qui te suivent entre les branches
Il se pourrait qu’elle t’emporte
Sur le fil de la nuit
Entre voiles et voilures
Lame aiguisée du rêve
Sans mémoire
Non qu’elle soit maléfique
Mais
Ce qu’elle préfère en toi
C’est l’absence de son monde
….
Choux, Hiboux, Genoux, Cailloux … Sous
la feuille du Chêne ou du Bouleau
se cache un être sensible, doué
de la vison de ce que le p’tit d’Homme a perdu.
Sur sa vieille branche, ainsi perché, Minuit venant de sonner,
elle observe le loup et le chaperon rouge,
chacun de son côté, courant à perdre haleine
pour tenter de se retrouver …

Il est donc temps de leur délivrer son secret:
Manger du choux est bon pour la santé
Chanter à tue-tête est bon pour avoir le cœur en fête
Avoir une chouette pour amie permet de ne plus avoir peur ni du noir ni de rien du tout d’ailleurs
Et non , écoute moi donc! Je le sais puisque je te le dis, tu peux me croire, Il n’y a pas de x à la fin de chouette, chat, j’en suis sûre.
Seulement une multitude d’étoiles qui brillent dans nos yeux pour que nos vies soient plus belles!

La chouette trouve à ses côtés Éclaircie qui fut si matinale, puis Phoenixs qui répondit le même jour qu’Éclaircie et enfin Marjolaine qui mit du temps à se remettre du résultat des élections. Élisa se repose au pieds de l’arbre et 4Z converse avec la Chouette au clair de lune.
Le titre vient de Phoenixs.

Bonne semaine à tous les lecteurs et merci aux auteures pour cette chouette contribution à notre création partagée!

Mesures et mélodies,

Mesures et mélodies,

FANFARE

Faon-Farona,

Sans se faire prier

Se mit à chanter

Accompagné par ses amis musiciens

Les fanfaristes.

Ils firent une arrivée en grandes pompes.

Il faut dire que ses fans l’attendaient au phare

pour le concert du 14 juillet

qui devait faire grand bruit.

L’orchestre du Soleil

s’est mis à swinguer

Au centre de la Piste, pieds-nus, les circassiens et

Les Trompettes de la Renommée

Se sont mis à danser …

Et c’est à ce moment là

Que de mon lit

Je compris que je venais de rêver

Et, sans crier gare

Je suis propulsée dans

The Réveil en Fanfare

Rythmé , endiablé

Pour bien commencer la journée!

5, 4,3,2 1 Allons Ensemble!

Bienvenue dans cette journée toute belle qui s’annonce

Par cette chouette arrivée en fanfare

Où tous les projets démarrent.

***


Au réveil tonitruant

Le faon craint pour son père

Cuivres rutilants

Cors et trompettes guerriers

Estompent la douceur innée de la musique

L’ordre respecté ne peut l’être sans battre la mesure

Scander le thème

Pourtant la harpe attend la lyre

Cordes lissées pour son en arabesque

Violons et violoncelles patientent

Voix proche du pleur ou de la chaleur

De la profondeur des bois

Plus sautillants et légers

La journée sera musique

Loin des tocsins et des hallalis

***

Phare de sons,

Ils jouèrent les soirs creux

Pour le plein de saluts

A dresser face au vent

Contraire

La musique portée blanche

Nuit noire

Baissait les pont-levis

Les meurtrières s’ouvraient

Les donjons paradaient

Ainsi les mailles d’acier

Se firent rideaux de soie

S’en allant jeter à l’horizon

Leur petite musique

De vagabonds…

Trois majorettes en mesure : Marjolaine reine de la partition, Éclaircie maîtresse des hautbois et bibi clé suspendue. La musique habille les absents enchantés.

T’es où café

Voyage millénaire

Du Mazagran à la théière.

Grand écart fabuleux,

De Bagdad Café à la Route du Thé

Du Pérou, à la Chine,

Le Chemin est vertigineux.

 .

Ce, « Petit bien serré »,

Cette « Délicate Cérémonie »

Auront été les invités

Des tables du Monde Entier.

Respect!

 .

On cherche même

A comprendre sa destinée

En plongeant dans le marc.

Faites vos jeux,

Rien ne va plus!

 .

 » Frappé »,  » Parfait », « Glacé », « Irish Café »…

C’est en prenant un  » Allongé »

Que la Nuit semble plus belle

On reste bien éveillé.

Il est 17 heures,

Tous les gourmets sont au rendez-vous

 .

Pour un thé ou café gourmand

Tous les amoureux se rejoignent

Au Flore

Du Quartier latin

En Chantant

 .

Énergie de couleurs:

Vert, Rouge, Noir ou Blanc

Bain odorant de fleurs:

Jasmin, Pêche, Orange, Thé Vert ou Citron

 .

La fleur se marie bien avec le grain

Qui le lui rend bien …

De cette union naitra

Damoiselle Chicorée.

***

La tasse oubliée au coin de la table

Exhale une odeur fade

La main n’est plus qui tenait l’objet

Partie cueillir l’éternité

Sous le tilleul les pétales

Abandonnent l’arbre à la saison d’été

Un peu de marc et quelques feuilles

Rendront la senteur à la pluie mêlée

De larmes bientôt séchées

L’eau frémissante attend son heure

Pour un thé noir ou un café

***

T’es où café

.

Sous la chaise de paille

Dans le verre perlé

Dans les gouttes rosées

À la lumière dansantes

À moins que la tasse bleue

Ne t’ait avalé en cachette

Ou qu’un sachet malin

N’ait remplacé ta jupe noire

À présent que la terrasse t’est rendue

Te voilà libre d’être ici ou là-bas

Avec ou sans ton nuage

D’écume amère…

****

Pour la cueillette et la préparation :

Marjolaine, Éclaircie, Phoenixs

Le titre appartient à Phoenixs

Élisa et Kiproko viendront partager, bientôt.

4z2a84 amateur de ces breuvages, depuis sa sphère, saura savourer.

Trouvailles en ré mineur, vaille que vaille

Sonores impasses ouvertes                               

Sur les cris

Secousses des voix viriles

Au lever de boules métalliques

Claque la parole roulée dans la sueur

Libérée du maillot

Short, baskets luisantes

Glissé de semelle dans le tympan

Et le merle sous la feuille trille

Son chant mémoire du grand silence

Qui nous faisait écho…

Vaille que vaille

Le trou se creuse

S’est creusé sans y prendre garde

Ne pas perdre pied

Ne pas mettre le pied dans cet abîme

Attendre

Attendre que le temps s’emploie à le combler

Demain ?

Plus tard mais pas encore hier

Retrouver le sol stable

Plus d’aspérités d’ornières ou de béance

Seule la présence jamais en allée

Tous les invités viennent d’arriver.

Les victuailles

sont déposées

sur la table du salon

du jardin.

La fête va bientôt commencer.

On est assis tous en rond

La marmaille court, rie et piaille.

Il fait si chaud qu’on en tombe nos chandails.

Les verres se remplissent lentement de prosecco.

Les chapeaux de paille se sourient et se congratulent …

« Allons les amis », dit notre hôte, se redressant aussitôt.

« Il est grand temps!

Levons nos verres

A nos retrouvailles! »

Le titre appartient à Phoenixs et Eclaircie.

Par ordre d’apparition dans cette composition: Phoenixs, Eclaircie et Marjolaine

Elisa et Kiproko arrivent après avec les gâteaux et

4Z de son côté joue un peu de musique.

Merci pour ce temps de partage et bonne semaine à toutes et à tous !

Bonne lecture et création

Hippocampe des bulles

Aux lèvres des jours

Verte moussue aux bulles translucides

Flocon sans hiver

Solide et dure dans ses fourneaux

Lorsque dans le chaudron l’hydromel

Ferme fermeur fermenté 

L’animal retrouvera son chemin

Et moi

Celui de la mer

***


Dans la brume

matinale

Tout s’agite.

Au final

seul le Vent

sort gagnant

de cette tempête

dans un verre d’eau,

de cette course à cheval

vers la Grande Ourse

J’ai beau danser, chanter,

braver tous les dangers,

écumer tous les pubs du quartier,

je n’ai pas encore

trouvé

le filtre pour enlever

de la mer agitée

la bave mousseuse

qui s’infiltre

lorsque tout va mal

Heureusement

mon hippocampe

n’est pas loin,

il m’emmène sur son dos

bien au delà le venin des vilains

et c’est tout en douceur

que j’arrive enfin, au petit matin

avec tout mon équipage, amis de toujours,

au Pays des 1001 couleurs.

Terminée cette nuit de cauchemars 

Plein Soleil,

toutes voiles dehors vers des jours meilleurs sur

l’ Écume des Mers!

***

Ecumoire,

Passe passe la mousse

S’échappe de plomb

Rendue au vent

Encore de hasard

Ourlée de riens elle cause

Voyages de paille

Sans trop savoir si elle demeure

Fille d’une vague mourante

Ou vivante d’avenir…

Sur leurs coques de noix : Eclaircie, Marjolaine et bibi. La mer est retrouvée mais qu’en sera-t-il de son écume ?

Le titre est cousu main par Éclaircie et Marjolaine

Aux passants

J’ai toujours aimé les maths, 4z2a84 pas trop. Alors les statistiques, vous pensez ! Je sais donc que vous êtes nombreux et fidèles.

Je remercie et les animateurs vivants (ou pas)de ce blog avec moi, je remercie donc, tous qui passez nous voir.

Même sans laisser de trace, de commentaires. D’où que vous arriviez, lieu géographique ou site ou encore réseaux sociaux je sais que nous avons raison de poursuivre.

Éclaircie et avec moi les habitués : Phoenixs, Marjolaine, Élisa, Kiproko.

4z2a84 se moquait bien de la notoriété mais appréciait la poésie, la littérature, l’amitié aussi sans l’avouer. Il ne se serait pas trop joint à nous pour dire merci mais m’aurait laissé l’inclure dans les remerciements, je crois.

Rideau d’horizon

Rideau,

*

Tire donc le jour élastique

Loin des fermetures blanches

Qui bouchent tes sourires

Endiguent le flot du regard

Clôture ton visage

En énigme peureuse

Et vois derrière la toile crue

Le peintre à l’ouvrage

Qui dessine pour toi

L’envers de ton décor…

*

Ce matin

je change de direction

Ni droite, ni gauche

je m’élève,

prenant une autre route

pour retrouver l’essence

Ciel! Que cette respiration fait du bien!

Être en contemplation

devant le battement d’ailes du papi

On ira,

Naviguant sur les flots

à la rencontre

de cet horizon nouveau

qui est si lointain et si proche à la fois

Tout dépend

des yeux qu’on a dans le cœur

s’ils sont rieux ou en pleurs …

Notre Histoire se modifie

au gré d’un point de repère

qu’on se fixe sur l’horizon

avant d’se faire une majestueuse pause déjeuner

Face à la Méditerranée

avec l’Amour de Sa Vie

*

Oh !

Deux lettres émanant d’une bouche arrondie, légères, soufflées jusqu’au crépuscule. Lorsque l’air manque aux poumons, lorsque seule cette onomatopée est encore signe de vie.

L’espace s’élargit tant qu’il absorbe le son mais aussi le corps.

Au loin là-bas quelque pleur subsiste ; ou peut-être une plainte ou une mélopée, douce et triste.

À l’horizon de nos espoirs ; rien, encore, pas aujourd’hui, mais cette nuit, demain, plus tard…

***

***

Par Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie.

À l’horizon, 4Z2A84, immense artiste altruiste et solitaire, un paradoxe comme il en cultivait tant.

Guêpier de plage

En tête et pied de plage
Empreinte sur la page
À terre au bas du mur
Compter et recompter
À prendre avec aisance
Marin loin des sept lieues
Loin des plats et des flots
Ne pas perdre la face
Caché derrière son masque
Usé jusqu’à la corde
Et marcher sur les mains

……..


Guêpier,

Il ne suffit pas de le prendre
Pour que les jambes à son cou
Portent nos voyages
Qu’il soit triste ou gai
Il reste sans destal
A terre sur les genoux
Pour s’être reçu derrière
Quand devant il brasse le pissenlit
A force de l’avoir cherché
Nos chaussures gisent lasses
Et blessées
De ne l’avoir pas trouvé…
………

J’ai longtemps fait le pied de grue …
Attendant un signe, ce je ne sais quoi …
Rien ni personne n’est jamais venu
pour expliquer que les baignades, c’était partie remise
Seuls quelques goélands et mouettes grises
profitaient encore de l’Océan.

Sinon quelques sobriquets d’anciens et de jeunes gens racontaient
à qui voulait bien l’entendre des histoires à dormir debout de bêtes et de pieds …
J’ai failli mettre les pieds dans le plat
en parlant de mon projet.
J’avais beau dire que je n’y mettrais plus les pieds,
c’était bon tout de même d’y songer

J’étais à mille lieues de croire cela possible …
Pourtant si on met un pied devant l’autre et qu’on marche
sans lever le pied,
en mettant les bouchées doubles,
en faisant des pieds et des mains
pour gagner du terrain
en travaillant ensemble d’arrache-pied
on peut l’atteindre notre Himalaya

Le temps est venu
fini les autorisations
J’ai fait un pied de nez
à tous les policiers
et bras-dessus, bras-dessous
enfin, on a pu s’embrasser
s’ retrouver
dans notre pied-à-terre
pour l’Apéro, dans notre maison de plein pied au bord de l’eau
Et ÇA, C’est vraiment le pied!

Par ordre d’apparition Éclaircie, Phoenix et Marjolaine, Elisa et Plume Bleue attachent leurs souliers
et 4Z indique le meilleur chemin à suivre avant de se mettre en route.

Le titre est inspiré par Phoenix et Eclaircie

Bonne semaine Mesdames avant le déconfinement!

Visages des couverts,

Carnaval permanent dans un printemps muselé

Les défilés s’étirent et se prolongent

Sous un ciel étonné des couleurs de l’aube

Les forêts disparues crépitent entre les cendres

Douleur et joie s’entremêlent

Puis cèdent la place à la stupeur

Devant les spectres de blancs vêtus

Haut les masques !

Le monde à visage découvert

Est à réinventer avant le crépuscule

***

Mosaïque

Tout est morcelé

parcellé.

On voit

sans être vu

on se sent

à l’abris

Derrière son Loup

Ni vu, ni reconnu

on marche

Incognito!

Du Mime Marceau

au Clown Blanc

Une deuxième identité

nous colle à la peau.

Vie sage sans visage

Tous se dévisage

Qui est qui?

On ne le sait plus.

Expression figée

de ce double

qui n’est pas Nous.

Carnaval

des Temps Modernes

Chacun

déambule

son masque à la Main.

Les Plumes reprennent leur envol et leurs écrits

L’heure du déconfinement, enfin retentit!

Les chants et les ris

sont à nouveau de la partie

Haut les cœurs et Bas les Masques!

***

Peau de fer,

Sous l’acier le tissu plié

En quatre

Comme un rire élastique

Collé

Aux oreilles pressées

Se fend l’humaine

Face et attrape…

Trois voix au balcon des mots : Éclaircie, Marjo et bibi, sans compter les absents loin devant qui vont sans visa