Pommes rouges sous le préau,

Ecrire
Le bois dans la main
Rond et blond
Poser la pointe du stylo
Sur la surface tendre
Et dure
Du bois blond
Et rond
Au risque de casser
La tête dure et blonde
De la fille au stylo

*****

La tête contre les murs
Aux oreilles serviles
Gueules cassées grimaçantes
Et la chaleur qui oublie de décroître
Tous les casse-têtes irrésolus
Pas même une utopie pour entrevoir demain
L’enfant et son puzzle
Dont les pièces ne s’emboîtent plus
Ouvre les yeux sur le brouillard et la ficelle
Nouée d’avance par des mains inconscientes

*****

Lorsque je suis en tête à tête
Avec moi-même
Que je me parle sans rien me dire
A me demander dans le miroir
« quel je joues-tu ? »
Mon cortex atteint le sommet critique
Embrouillé comme un sac de nœuds
Causant le trouble tête, semant la zizanie
Et l’affaire se complique

Faudrait-il me mettre sur écoute
Pour dénouer mes faux-semblants
Raisonner cet agent double ?
Toujours au bord de la rupture
Sur des chemins de traverse
C’est toujours le début des embêtements
Lorsque je cherche la petite… bête
Entre ça et moi et autre sujet sensible
Qui titillent ma cervelle
Comment résoudre l’équation ?
De cette prise de tête, je ne sors jamais indemne
Le rouleau compresseur d’un vague à l’âme
M’entraîne vers le fond sans échappatoire
Et tout donne sens à mon désordre mental

La mélancolie, cette tracassière indécrottable
Épie mes tourments, jette son froid
Comme une lancinante bise de novembre
Parfois je la toise sans perdre la face
Et j’entre en résistance sourde
Je bataille tous feux éteints
Esquivant l’appréhension frontale
Sans suite dans mes idées
Alors, pour congédier mes maux chroniques
Je dégrossis, clarifie, me débrouille
Je mêle les mots et démêle mes pelotes de laine
Toujours en solitaire et avec la même patience

Parfois me prend la peur de tourner en rond
Au fond de mon bocal et même un peu plus haut
Je lutte pour trouver l’issue de secours
Afin que la camisole ne me soit pas fatale
Mine de rien, tout devient vite… minant
Autant qu’un casse-tête chinois

*****
Tu te penches au-dessus des nuages
A chercher les formes fixes
Un sens coton mouton glisse
Puis rien
Tu creuses les silhouettes vaniteuses
Les tiennes dans le miroir
Un non sens mouton bêlant passe
Puis rien
Tes mains nerveuses épuisent le sable
Sel galets sang coulent
Puis rien
Ton crane poli a trouvé ce qui cassait
Mais il dort à présent dans le silence
Du rien

*****

Tous les chemins
mènent à Rome.

Si je prends à droite
que se passera-t-il?
Et si je décide de partir à gauche
aurais-je plus de chance?

Tout est question de choix
de rencontre, de voie qu’on se trace.

Pour l’instant j’hésite, je n’sais pas
je reste en suspens
au Chemin des 4 Vents, Au croisement du Labyrinthe
je n’peux pas choisir, je n’veux pas, j’ouvre les bras sur Tous les Possibles

Heureusement,
pour m’éclairer

J’ai toujours
ma Boussole du Cœur,
mon Fil Rouge
ma Pelote de Laine

Alors, et si on jouait
à être grand

sans ces casse-têtes
remisés au placard,
on ferait le Tour du Monde
en prenant ensemble tous les chemins

Et par la réalité bien connue de l’enfance
comme par magie, tous les casse-têtes seraient résolus!

Alors, qu’est- ce tu fais? Tu viens? ON jOUE!?!

Sous le préau à la recherche des pommes d’automne : Elisa, Eclaircie, Plume bleue, bibi et Marjolaine
Le casse-tête c’est de retrouver le fruit défendu plein de promesses.
Le titre s’est inspiré de Plume bleue et 4Z a validé 😉

Eclosions éphémères

Le premier pas sur la lune
Les traces de pieds dans le sable
Le silence et le mot
L’attente sur le quai de cette gare
L’œil qui se ferme à jamais
Et l’instant de tout énumérer
La seconde éphémère me renvoie
À ce temps d’inconscience
Qui à nouveau épie derrière la porte

Sur le fil …
De la lumière du jour à la lune éclairée
tout bouge plus ou moins loin,
selon le sourire de l’Fée Mer que l’on rencontre sur notre chemin.

Le son mélodieux d’une voix aimée
accompagne nos pas
dans cette vie qui est à la fois
changeante et la même selon
notre humeur de l’instant qui passe.

Une envie soudaine
et nous partons refaire le monde sur la lune
à l’aube de nos 17 printemps retrouvés !
Tout est question de diapason

Avant de respirer la fleur tant aimée,
abeille et papillon virevoltent
vivent à chaque souffle une expérience nouvelle
et doucement, dans cette minute intersidérale d’éternité
dansent avec leur essentielle

Effet mer,

Te voilà suspendu dans le crachin
Des vagues affairées
A cogner l’entêtement aux roches moulées
Le fil dans l’eau te tient au-dessus des algues
Molles
Mais tu ne perds rien pour entendre
Le cri des écailles cueillies
Elles rêvaient d’écouter la terre
Entre deux grottes
Curieuses de connaître ce que tu es
En passant
Vous êtes à présent immobiles sur la sable
D’avoir cru éternel le chant des eaux
Mouvantes.

Sous la frange de lumière
Quelque chose tremble
En ce lieu précis
Au milieu de l’onde
Mouvante féérie
Ailes de soie irisées
La danse délicate des demoiselles
Entre le jeu d’ombre et de soleil

C’est l’heure des métamorphoses
Offertes avant l’oubli
L’aurore a déplié sa nappe blanche
Décoré les brassées d’herbes bleues
De perles cristallines
Pour fêter la naissance du jour
Fragilité fugace avant que tout ne s’esquive
Dans la lassitude molle de l’ordinaire

Sur le seuil de l’éveil
Pur moment de beauté
Dans un fragment d’éternité
L’éphémère saupoudre sa magie
Touche la membrane sensible
Il court le battement au souffle furtif
L’instant inouï avant tout déchirement

 

Dans la lumière passagère, Eclaircie, Marjolaine, Phoenix et Kiproko délivrent leurs messages éphémères…

Reflets

QUESTIONNEMENT?! …

 

Intérieur?/ Extérieur?

 

Tout est Noir; bleu-gris ou blanc

selon le moment

 

Silence

 

Éparpillement/ Retrouvaille avec Soi

 

D’une phase à l’autre

Tout se répond à l’identique

 

C’est selon comment on éclaire l’instant

qui donne un sens à notre conscience-lumière

qui nous renvoie à notre grille de lecture

 

Que nous apporte cette lecture?

 

Extérieur? Intérieur?

Tout se reflète dans l’Univers

Le Haut est dans l’Eau

Le Bleu dans l’Air

et l’Air passe dans notre émotion

qui vient se refléter dans la Mélodie que notre Âme respire

 

Tout est là,

A portée de main

Et si nous prenions simplement le temps de

ressentir pleinement toute la richesse des reflets de notre Âme

 

en Respirant la Vie

 

PLEINEMENT

****
Reflet inverse,

 

Pendant que tu regardes l’endroit

A l’envers se meuvent les ombres

Eteintes de la vérité

Enfin du presque mensonge nu

Des formes et des êtres que tout agite

Sous l’eau

Miroir opaque derrière lequel flotte

Insensé le sens de ce que tu vois

Fixement sans rien deviner

Des reflets trompeurs sur ta rétine muette

****

Tous les passants ne sont que les reflets d’eux-mêmes

Ainsi le plus petit tête baissée

Dans sa réalité dévale une cascade fraîche

Les trois qui se saluent sont des illusionnistes

Faisant naître de leurs chapeaux vents et marées

Et quelques poissons aux yeux rieurs

Le plus grand avance certes mais il est un arbre

Un arbre centenaire heureux de frôler le ciel de ses branches

Et tous ceux-là sont des trains des ponts et des rivières

À mes yeux entrouverts dans le matin naissant

****

Couleur sépia

Portraits enfantins

Robes fleuries et souliers vernis

Nous sirotions des limonades

Eclats de joie ensoleillés

 

Instants pris à la volée

Primesautières

Nos bras grands ouverts

Soulevaient d’insaisissables nuages

Et nul obstacle ne s’opposait à notre insouciance

Vent de liberté, azur étincelant

 

Dans le rabot du temps

Entre ombre et lumière

S’ouvre parfois la porte des souvenirs

Alors, la mémoire s’attarde

Sur la rive où tout déborde

Il y a comme un miroitement qui pointe

Dessine sa ride qui va s’élargissant

Sur l’onde remuante

Poussée jusqu’au tréfonds de l’âme

 

Passants reflets, éphémères images

Echos surgis du silence

Chatoiements que l’éclair ravive

Dans le rougeoiement du soir

Glissants entre les berges

****

 

Reflets mis en lumière par Marjolaine, Phoenixs, Éclaircie, Kiproko

 

Voilà mon  » non hommage  » 😉 Hymne à, D’une lune à l’autre,

Voilà mon  » non hommage  » 😉 Hymne à, D’une lune à l’autre,

Curieux thème qu’il nous est donné
Où le t’aime oublie l’abandonné
Le délaissé le solitaire
Remplacer ce qui tue sur terre
Par un rêve coloré
Une brève pause adorée
Dans cette tourbillonnante pantomime
Incessante comédie des mines
Des dits et des tus
Curieuse place laissée au sourire
Sur ces masques qui n’ont rien à dire
J’aurais bien éclairé une page pure
Mais le noir a la vie dure

Ah ! le fabuleux voyage
Au-delà de l’ordinaire
L’ode au merveilleux
Niché dans le lieu hanté
Ah ! la belle émotion…

N’est-ce pas le vœu de tous les hommes ?
D’épingler quelques étoiles candides
Sur la cape de la nuit
Croire encore à sa part d’innocence
Hors du désenchantement
Arrêter la course du temps
La soif du vertige pour combler la faille
Esprit, es-tu là afin de nous transporter ?

A cette énergie renouvelable contre l’imparable raison
Ressentez le battement
Comme un jeu d’enfant
Laissez vous surprendre dans les pas de travers
Osez les chemins de lune, croquez le croissant
Et quittez la route droite
Claquez la porte des réalités mesquines
Epiez l’inattendu, la félicité de l’improbable

Cherchez bien où s’offre le ciel
Son arc-en-ciel de joie
Suivez la source du ravissement
Sous le balancement des nuages
Prenez le large du côté de la mer
Portés par les bras du vent
Laissez- vous conter les secrets intimes
Lorsque la mousse et l’eau vive se tutoient

Laissez le sublime trouble vous toucher
Jusqu’à l’incandescent bouleversement
Ultime point sensible
La magie, ça tient à peu de choses parfois
C’est être ici et là-bas
Toujours vivant à la volée

Le merveilleux est partout
Si tu sais le voir…

La lune et l’arbre n’ont jamais fini
De se murmurer les plus beaux serments
Lorsqu’elle veille sur les petits poings fermés
Les yeux clos et les rêves multicolores
Il replie son feuillage pour faire silence
Quand il accueille les plus folles rondes
Dans le secret elle admire les farandoles
Entre chien et loup tous deux reprennent
Leur long conciliabule qu’ils poursuivront
Dans la légèreté de l’aurore naissante

Rencontre fabuleuse
d’un Chat et d’un Renard!
Rien ni personne n’aurait pu dire qu’ils allaient se rencontrer
si ce n’est la lune rousse qui les éclairait dans cette jungle des sentiments.
Et qui a permis que dès leur premier regard, leur cœur s’embrase et ne cesse plus de battre la chamade comme un vol d’hirondelles au Printemps
Il aura suffit d’un seul regard pour que tout soit Magie, Beauté, Amour, Folie
D’un seul clin d’œil, ils se sont compris
Une lettre, un parfum, les voilà enlacés à jamais
Merci La Vie

Le Week-end est trop chargé pour que j’écrive mais ce n’est pas triste : les enfants apportent de la vie à la maison et l’amour est loin d’être absent.
Je vous lirai avec plaisir.

La magie, ça tient à peu de choses parfois
C’est être ici et là-bas
Toujours vivant à la volée

Le merveilleux est partout
Si tu sais le voir…

Merci à vous toutes pour cet échange, j’ai été très touchée par ce texte collectif!
Par ordre d’apparition Phoenixs, Plume Bleue, Eclaircie, Marjo, Elisa et à nouveau PlumeBleue pour ses mots d’ouverture

De mémoire , inventer l’automne

Inventer l’automne
Quand tout est mémoire
Le cri des engoulevents au crépuscule
La douceur des ululements
La lumière complice de la lune.
Inventer les couleurs
Tant de fois partagées…
Le crissement imaginé d’une plume
Le sourire dans une voix.
Les feuilles cèdent au vent et à la pluie
Je résiste encore au temps qui sépare à jamais de juillet
Demain, je m’enroulerai dans les brouillards blancs
Leurs silences bienfaisants apaiseront les miens.
Elisa
****
En chaussons et tutu, sur les pointes
La coiffe chargée de fruits
Et le vent pour toute scène,
L’automne par petits entrechats
Sautille entre les arbres charmés
Puis se lance dans des arabesques
Vertigineuses et colorées.
Les branches la porte aux nues
Et dans un frisson de plaisir
La danseuse entraîne les feuilles
Dans un dernier ballet
Et s’allonge ocre et dorée sur la terre humide.
Eclaircie
****
Entre moissons et vendanges,
Tout s’effeuille
Dans la mémoire qui brûle.

C’est le temps des grandes migrations
Les oiseaux ont appris la longueur des jours
Plient bagage avant la cisaille du premier frimas.
Sous les cuivres rutilants
Les méditations solitaires se lient
Aux murmures des feuilles jonchées
Et, dans la chevelure rousse des arbres,
Leurs soeurs vacillent avant la sentence.

La grâce éthérée d’un tourbillon d’or
Cache l’orbe des regrets.
L’âme s’épanche
Au plus profond de l’obscur
Ballet étrange et cyclique
Où les pas glissent vers l’imprudence des jours.

Dans l’harmonie des métamorphoses,
Sous les apprêts flamboyants de l’automne
La toile des silences est propice à tous les désordres.
Ainsi, nous ébranle la mélancolie.

Plume bleue

****

Feuille de route,

Effacer l’homme du paysage
Gommer ses paroles interminables
Dégoulinantes sur les murs défraîchis
Les écorces rongées par l’acide des gestes
Les eaux secrètes vomies des turbines
Oublier son passage dans les saisons amères
Les chutes vertigineuses
Les ruines craquées aux jointures
Ce serait comme inventer l’automne
Sans l’hiver dans ses veines…
****

Aujourd’hui
Tout bouge
A la Boutique des 4 Saisons !
Le Bas est en haut,
Le Haut est en bas.
Tout est Chamboulé.
C’est l’Automne, Architecte de la Vie
Qui vient transformer son Palais.

Mettez un peu d’Eau
C’est important pour bien pousser.
Rajoutez une note de ton orangé
Ça fait du bien à l’humeur et au teint.
Imprégnez-vous de la Terre, des Arbres
Et prenez le temps de regarder, de respirer.
Les oiseaux nous gazouillent un concert
Avant de se réfugier dans leur duvet.

L’Automne l’a dit
Maintenant c’est décidé
Fini la grisaille
Automne rime avec
Couleurs Multicolores,
avec Rires Sonores,
avec Joie d’Exister
Alors, prenons-nous par la main pour faire une ronde tout autour du Monde et
Dansons La Vie

Marjolaine

Ces plumes au vent ne pouvaient que danser sur une note de vie.

Feuilles des contre-allées

Derrière la page le clapotis de l’eau blanche

Le silence des oiseaux

Feuilles d’automne qui peut-être s’envoleront

Quand l’hiver couvrira de gel

Les belles branches des forêts irréelles.

Un ciel laiteux de jour comme de nuit

Et la lune, si lasse qu’elle s’endort dans un nid

Oublié, comme le rêve inabouti d’un lendemain plus clair.

Derrière la page, la pluie tombe

Inlassable, méthodique, cruelle.

De nouveaux jours se lèvent qui succèdent aux anciens

Semblables et pourtant différents

Livides et graves.

Derrière la page, que tourneront bien, un matin ou un soir,

Les bourrasques fantastiques de nos premières années

Insouciantes, sur toutes les rives, même celles du temps,

Derrière elle, malgré tout, un sol nouveau se dessinera

Celui d’une terre fertile aux couleurs inconnues.

……………………

De l’océan,

Reviennent les vagues soupirs

Du bel été consumé.

Pans de sable, derniers remparts

vestiges d’innocents conquérants

Abritent ce peu d’insouciance

Qui nous file entre les doigts.

Septembre fait sa rentrée,

Ecoliers livrés aux marées d’encre,

Emotions débordantes sur papier buvard

Et desseins sur papier Canson, qui sait ?

A l’école de la vie

Tant de matières nous transpercent.

Dans l’air du temps, le spleen automnal

Dénudera tout sans compromis.

En d’impromptus jardins, s’uniront

Le silence des statues

L’inéluctable regret des choses mortes.

……………….

Oui oui ! J’ai bien entendu tout ce que tu m’as dit.

T’inquiète pas Petit !

Allons ! Il est temps !

Qu’as-tu fait de ton Histoire ?

 

Encore une heure, un jour, une seconde…

Tout s’égrène, tout se construit aussi…

Selon les pas qui nous mènent par de-ci, par de-là !

 

Tu vois,

On choisit sa vie et les habits qui sont devenus trop petits,

On accepte de s’en séparer ou pas ?!… ça prend du temps parfois…

Grandir c’est ça aussi:

C’est faire le choix de tourner une page

pour voir au fond de soi

Dans la sagesse du Passage

La Page Blanche qu’on écrira, de Notre Passage Accompagné,

 

Alors Petit

Maintenant que tu as repris des forces

Tiens ! Attrape ! Je t’envoie le chapitre dernier

Te voilà libre désormais

d’orienter ta lecture comme il te plaira

 

Dans cette Danse du Temps, t’es devenu grand ! 

………………….

Tourner la page sans se retourner

Tord le coup bas

A la mémoire capricieuse

Aller venir dans les corridors

Froids pourquoi ?

Quels que soient la porte ou le soupirail

Les courants d’air grippent

Grincent passent sans un regard

Sur ton chemin de crois

Amnésique qui pleure

Des rivages secs…

…………………

Rectos et versos se mêlent et se marient.

On ne sait plus dans le livre de sa propre vie

Où se trouvent hier, demain ni même aujourd’hui

Les mains incapables de saisir l’instant

De fixer la feuille, la retenir ou simplement la tourner

L’enfant alors, dans un complet veston

Joue à la marelle autour d’arbres frêles et deux fois millénaires

Les fruits deviennent fleurs et les fleurs bourgeons

Jusqu’au geste du grand magicien :

Les pages et les jours adoptent alors le rythme du vent. 

………………….

De l’autre côté du versant,

Nul besoin de se hâter

Pour sauter les palissandres.

Laisser le sort ensemencer toute lisière

Essorer l’inutile des baluchons,

Et, au crépuscule des traversées,

Tourner la page en douceur.

 

Dans le vent chantant qui bercent  les feuilles…Présentes dans les contre-allées :

Elisa, Kiproko, Marjolaine, Phoenix, Eclaircie, Kiproko.

 

De rues en boulevards

Boulevard de la rime,

 

Au bout de l’asphalte

Un terrain vague

Rivage cobalt

Haleine tag

Sur les murs sueurs

D’urbains mécaniques

Le noir couleur

Grise l’ironique

Destin des impasses

Crasses

~~~~

Bien que rien

ne les prédestinaient à se rencontrer,

Le bon ordre des choses fut bien vite chamboulé

Un matin d’été, où tout s’entremêla…

 

Je m’en vais vous le conter si tôt

 

Dans le quartier de Rues,

tout le monde s’agitait

était pressé, courait sans cesse,

Un seul mot d’ordre importait: travailler,

gagner toujours plus de pièces, rien d’autres ne comptait

 

Dans le quartier de Boulevards,

tout le monde se prélassait

respirait, se regardait,

Un seul mot d’ordre importait: se regarder encore,

faire partie de la fête et parEtre le plus beau

 

Tout aurait pu continuer ainsi à jamais en deux mondes parallèles,

sans ces deux  jeunes souris qui

Un beau matin d’été décidèrent de quitter un instant Boulevards et son théâtre

pour venir rencontrer Rues et ses pavés! Et Vice versa! Et partager!

 

Ce qu’il en  sortit?

Un matin de Fraternité retrouvé

Où chacun comprit enfin

l’importance de Rues et Boulevards rassemblés

 

Ne jouant ainsi plus que dans une seule respiration, où

toutes  les pièces à gagner et celles à gagner à voir et à applaudir appartenaient à un seul et même lieux: ENTRE RUES et BOULEVARDS…  CRÉATION

~~~

….Entre rues et boulevards

….La nuit, néons racoleurs  rouges

….Une femme, de ses longs ciseaux noirs,

….Découpe le macadam

….Nomade urbaine des passages non protégés

….C’est une part d’humanité dans un angle mort

 Entre rues et boulevards

….Derrière les façades

….Des rêves croulent à tous les étages

….Pour les voyageurs sans bagages

….Et personne ne connaît la fin de leur chute

….Entre rues et boulevards

….L’ombre s’efface avant le petit jour

….Le chemin de l’exil est le même

 Tout le reste est impasse

~~~

À l’ombre des tours généreuses

Les rues préservent leurs secrets

Le soupirail abritant la nuit

L’empreinte des passants pressés

Et cet embryon de verdure qui résiste

Quand les boulevards n’ont d’autre choix

Que la forme longiligne

Le carrefour parfait et l’arbre ciselé

Mais aucun ne sait le nombre de pas

Ni l’éventail des mots

Que l’on déploie pour appeler les portes à s’ouvrir

Et les fenêtres à sourire dès l’aube de chaque matin

~~~~

 

« Entre rues et boulevards » sous tous les angles de vue.

Mis en images par : Phoenixs, Marjolaine, Kiproko et Éclaircie.

Élisa présente depuis son jardin, silencieuse.

4z pour toujours à nos côtés.

Mais que vivent les couleurs, avec vous toutes!

Mais que vivent les couleurs, avec vous toutes!
-Titre d’Elisa-

Oh ! quelles couleurs…
Lumineuse saison pour conjurer la grisaille !

Tournesol souverain
Œil de cyclope NOIR et JAUNE
Foudroyé en plein cœur
Par le roi soleil

Le temps n’a rien à faire
A part donner le bon ton
Sans être GRIS
L’été blond joue sa chanson douce

Une route sinueuse
Entre rigueur graphique du paysage
Camaïeux de VERTS et TERRE DE SIENNE
Palette en clair-obscur

Invitation à la rêverie
Jardin multicolore et transats au long cours
Glycine MAUVE révérencieuse
Jasmin BLANC étoilé et tête dans les nuages

Sous le ciel échevelé BLEU nuit
L’astre ORANGE épicé d’or cuivré
Explose son plein de gaité dans l’océan sombre
Mémoire immergée d’une parenthèse estivale

Plume Bleue Kiproko
~~~~

Mille couleurs défont l’homme,

Il en vit de ces couleurs
Au détour de ses nuits
Les yeux clos délavés noir sur éclairs
La douleur sombre au profond des grisâtres
Le rouge colère des vaincus
Le vert limonade des peurs noctambules
Il en vit et perdit la route des arcs-en-ciel
Qui autorisent le ciel à s’habiller de rêves
Bleus pour les uniformes vivants…
Phoenixs
~~~~

J’ai vu l’arc-en-ciel de nuit
Aux teintes improbables
Quand la lune lui intime
D’éveiller l’eau des rosées
Je sais le bleu des prairies
À l’aube les yeux fermés
Lorsque le vent emporte
Les derniers cris de l’effraie
J’entends le rouge du sang
Palpiter sous la terre
Torrent de mille vies
Mêlant la sève à la sève
Noir et blanc se confondent
S’unissent et fécondent
L’espace entre la nuit et toi

Eclaircie

~~~~

« J’ai l’heur de couler des jours heureux »
Me disait le Pie Vert, peintre de son état, qui part en voyage.
« Toutes les couleurs sont dans la Nature! »

Son ami le Paon lui a tellement conté
La Magie et la beauté des Couleurs
Qui sont telles des fleurs uniques
– Un Rouge-gorge époustouflant, un ciel mer unis dans ce bleu-gris irlandais, ce champs de lavande ou de blés…-
Que je retrouve au moment du départ,
le Pie vert, tout ému et excité à l’idée,
d’explorer le Monde, d’aller à la rencontre de cette Ronde Arc-en-ciel…
Expliquant son projet à la coul’œuvre qui se prélasse au soleil.

Après le verre de l’Amitié, le voilà parti pour son grand périple:
Reprendre le temps de regarder, de redécouvrir la beauté du cœur d’une rose…

Au fond de mon carafon, tout se reflète
Dans l’rond d’eau de lumière
Emotion – Colère, Passion, Vibration-
Sensation – Beauté, Harmonie, Quiétude-
Vision – Liberté, Vivacité, Plénitude-

L’Immensité de la Palette de Dame Nature nous invite à vivre pleinement et sereinement chaque saison, en relation avec la musicalité de l’Univers.
A nous d’Etre cet Attrape-Rêves Couleur de Vie, tout simplement! Alors, vous venez? On part en voyage!

Marjolaine

Saisir l’instant – Poème d’Esther Granek

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?
Saisir l’instant.

Hommage à la vie – Poème de Jules Supervielle

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D’avoir donné visage
À ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
À d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
À petits coups de rame
Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.
C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée
Dans cette poésie.