Transhumance …

Les écailles enfouies sous la peau

les lances tenant lieu d’os

les puces des moins naturelles

la toile bandant les muscles

te cachent les fleurs et la caresse du vent

Si tu crois aller plus loin

Si tu veux vivre plus fort

cherche dans le labyrinthe

de ton cerveau et laisse la matière inerte

 au-delà des volcans et des laves

— 

Cet homme-disque

Rêveur à l’envers, transhumain sur le tard

plonge les deux pieds

Joints dans la matière… au hasard – jusqu’aux pulsars

Aurait-il voulu jouer un jour le jeu

Du dieu-violon-quantique, (Pour de faux bien sûr !)

En attendant une mimique de mieux

Un désir d’éternité dans son sourire

mécatronique

Sur ses pores blancs de peau halée

Une fable tatouée

Enfance Triste

La peau flétrie, (soupir) Ah si je pouvais déjouer

L’obsolescence programmée – l’obsolescence programmée

En partance

Pour les sommets

Nous avançons

En essayant

D’éviter de s’faire du mouron.

 .

Dans la soupe du soir

Pas de mauvaises grimaces

Juste un vieux grimoire

Qui rappelle

L’éternelle ritournelle

 .

Un brin de confiance

Quelques sourires

Deux ou trois remèdes

Pour aller mieux et c’est reparti

 .

Direction

Le Point des sciences,

Qui sans Dame Nature

Ne peut faire ni essais ni correspondances

Et où

En montagne comme en plaine

Il n’y a pas de pas transhumain

Sans une once d’Humanité

***

Le titre est de Marjolaine, dans l’ordre des arrivées, Éclaircie, Bossman, Marjolaine

Tête à l’envers Corps en chute … libre … sans aile cassée

Te voici empaqueté
Depuis la tête à l’envers
Quand tu sortais à l’air
Éventé
Braillant aux barrières
De ton lit cage
Poings serrés sans virgule
A poser
Depuis les chants noirs
N’ouvrent pas davantage
Le rideau derrière lequel
Ricane ta liberté…

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,


disposer de son corps, avoir un toit, manger à sa faim, avoir des vêtements, pouvoir dire où l’on a mal, ouvrir ou fermer une porte, entrer ou sortir ou s’exprimer ou changer d’avis, montrer à quelqu’un combien on l’aime, aider la personne qui est tombée à se relever, pouvoir s’abstenir de tout mal

un corps en chute libre, des êtres qui ont le pouvoir de contempler les choses telles qu’elles sont, des gens qui ont ce goût aigu de l’air lorsqu’ils renaissent, le bruit d’une écorce arrachée à l’impossible, la fin d’une aliénation, la gifle de la lumière lorsque tu m’ouvres la porte
Et ma fuite
et l’illusion
qui poursuit sa course quelque part

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Accueille la liberté et son aile cassée, offre-lui le gîte sous le couvert des arbres, près du ruisseau. Tu la verras, guérie, voler plus loin, plus haut que tes yeux ne te portent.

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

On joue ?
A chat perché ?!
Et si
On volait …
Oh oui !!!
C’est comme ça
Que ça me plait
Et si
On vivait

En dehors
De ce monde
Tout en chiffes et en codes
Et si
On respirait
A être autrement
Enfin décousu de tout
En faim de Nature
Auprès de mon Arbre
En Liberté
Si simplement


Par ordre d’apparition dans cette Liberté retrouvée malgré les confinements, j’ai nommé :
Phoenixs
Pascal
Eclaircie
Marjolaine

et Elisa, Kiproko et 4 Z qui profitent de la beauté du paysage et du merveilleux concert que nous offrent les oiseaux du monde entier qui vont de-ci, de-là, comme ils le souhaitent.

Le titre est extrait des textes de Phoenixs, de Pascal et d’Eclaircie

Sauve âge

Dans ton œil éclair

Vibre la veine écarlate

Qui fera de toi le bon

Ou le mauvais 

Selon que tu auras ou non

Apprivoisé les règles

Du Je

Les lois de l’Autre

Ton alter pas égal

Qui soustrait souvent

Les harmonies 

Ajoute les désaccords

En somme te divise.

Reste la sagesse pour poser

Sur l’âge le peu qui vous sauvera…

Pas de règles, et pourtant,

Le fût du grand mélèze à branches nues pousse le Ciel

Les loups chassent au tournant de l’aube

Pas de règles, et pourtant,

Il y a
Le courant sagittal qui emportera nos doutes,

La Lune qui contemple la Lune

À l’océan nocturne de tes yeux

Et la splendeur sauvage des grillons

Que l’infini a rendus ivres

À la source du torrent

l’eau dévale indomptée

les pentes et les cascades

Cailloux, rochers et racines 

s’inclinent devant la belle

lui lèguent une parcelle

pour ce voyage sans retenue

Mais lorsque le premier barrage

stoppe la grande course

l’eau pleure sa liberté première

Dame Nature

À l État brut

Qui se déplie

Qui se déploie

Sur les chemins escarpés

Des chevaux de brumes

Aux pieds de Falaises abruptes,

Peu à peu construit

Sa notoriété.

Dans une mer déchaînée

Lance Son Cri, Son SOS

Pour continuer à

Exister

Bien que suave et sauge

À Boult-sur-Suippe

On la sait

Amie

De la Pouplie

Qui, en Farouche défenseur

D’une Nature Libre

Est dernier résistant à tenir debout

Est dernier habitant de la Silva

Qui lutte, s’acharne et s’enracine

Face à tout le ciment

Qui envahit et décime

Pour que le Sauvage

Perdure et vienne préserver

À jamais

Le Poumon de l’Humanité.

Le titre est de Béa. Par ordre d’apparition : Béa, Bossman, Eclaircie, Marjolaine.

Diable Blanc

Foi Hié! 

 .

Tout a commencé 

Par une grande nuit d’hiver 

Toute noire 

Où on y voyait  

Même pas  

Juste devant soi !

 .

Il fallait compter 

Sur la chance ou sur la croyance 

Pour se tirer d’cette drôle d’affaire 

Et retrouver l’Espoir 

 .

Deux jeunes Étoiles montantes 

 Faisaient la Course  

De la Lune au Soleil … 

Brusquement se sont frôlés … 

Ont déclenché des étincelles … 

Se sont regardés … 

Ont allumé la flamme … 

 .

Depuis, 

La Lune Rousse  

Veille  

La nuit ne sera plus jamais complètement noire et serrée 

Nos deux Étoiles amoureuses  

Et montantes 

Sont à l’origine du doux Foyer 

Qui réconforte  

~~

Atre,

.

Autrement posé

Il fond de plaisir

Le feu brûle ses joues

Blanchies

Il n’est plus, il n’est pas encore

Apprivoisé

Mais la douceur ambiante

L’enveloppe

C’est un hiver endormi

Que nous berçons

De nos illusions

Sans braises…

~~

Au diable Blanc

Et beau

Flammes d’un Feu ancien,

Crépitent lentement

Étincelles

Lucarnes minuscules du désir invité par tes doigts rougis

Elles mordent pardi !

Notre peau est brûlée par le froid

Blessures mornes – flammèches de bois  –  

Parvenues jusqu’ici depuis l’aube des Temps

Comment pourrait-il en être autrement ?

.

Incendie de vieux journaux

Apocalypse de papier

Pour de faux

~~

Cœur du feu

Centre de toute bâtisse

les éléments s’entremêlent

virevoltent 

s’attachent et se fuient

telles les flammes se nourrissant du même suc

Les cendres tièdes

apaisées tapissent  le sol

foulé par tous

qui porteront leurs empreintes 

sur les cercles et spirales du temps

.

Marjolaine, Phoenixs, Bossman, Éclaircie pour animer la flamme cette semaine.

Le titre appartient à Bossman

Rendez-vous des voix de la vague,


Passage de la vague – haute –

J’apparais, disparais – apparemment –

Tout nageur – au moins une fois – ne s’est-il pas noyé ?

Parmi les algues,

Les gluons

Passage – de la vague basse – au firmament

Tu disparais, réapparais – apparemment –

N’ayons pas peur des mots – ni toi ni moi – non, surtout n’ayons pas peur

Les vagues sont des rêves de haut vol

Parmi les quarks et les poissons

***

Pas à pas

Tu tires le soir

Les brillants à ses doigts

T’attirent et te repousses

Si distants

Soir travesti en nuit moirée

T’égare et tu ne sais pas

A pas si tu passes de l’ombre

A la lumière sans y laisser

Un peu de vrai…

***

De l’air à l’eau le cri se dilue

puis rejaillit entre les portes du temps

La sagesse a toutes ses dents

et croque les mitaines dans le fond des marmites

Nous avons croisé des carrefours de pages

oublié jusqu’à la dernière lettre

De goulets en goulots

depuis le jour jusqu’à la nuit

de la nuit jusqu’au jour

les cols béants se dressent et s’ouvrent les voix

***

Sortant de l’Impasse du Sans Soucis 

J’admire le paysage solaire. 

Un pas de géant pour l’humanité 

Passage fulgurant de lucidité 

Je me glisse dans la rue du Chemin Vert  

Rien ne va plus … 

Passe – impair et manque – Oh non !

Pas-ça-je 

Respire, prends une inspiration, avant de  

Souffler à tous les passagers de la Terre : 

 » Hissons la Grand-Voile  » ! 

Rendez-vous est pris 

Au 17 Cité Joly 

Pour redécouvrir 

 » Le Passage Vers les Etoiles » 

Un passage au fil des mots avec, par ordre d’encrier : Pascal, bibi, Eclaircie et Marjolaine.. Le titre est assemblé au gré des grains piqués de ci de là…

Et voilà pour les coulisses: Voyage de Manteaux et chapeaux, de l’Antichambre au Petit Théâtre …

Heureuse qui, partie pour longtemps,
N’a pas gardé le lit


Heureuse qui a vu
Depuis les limites septentrionales de la kitchenette
Aux marches équatoriales du salon
Naître et mourir l’aube aux doigts de fée


Heureuse qui a contemplé la naissance
D’une strato-Iris, d’un Morphéo-cumulus,
Dans les vapeurs d’une baignoire
Aux falaises porcelaine, où Poséidon, quand il s’ennuie, batifole à l’envie
Puis les a vus avalés aux placards Orientaux,
Dans la basket trouée du Cyclope,


O Voyage lent et sublime
Au gré des courants
D’air le plus souvent
De l’oreiller d’Orphée à l’œilleton du palier ultime du vestibule d’entrée

Heureuse qui, partie pour longtemps,
Telle un Ulysse en miniature, n’est pas restée couchée,
Mais s’est en allée loin, si loin, aux confins de son studio parisien


Antichambre,

Défroisser le pétale
Sa robe plastifiée
Hautaine protectrice
Perle de chaleur
Il porte les fleurs moites
Qui trancheront avec le froid
Poli du corps
Destitué…

Manteaux et chapeaux
s’ennuient dans l’antichambre
Jamais quiconque n’aurait l’idée
de les conduire plus avant
Quand bras et jambes
têtes et cous ont franchi tous les seuils
Ils font le pied de grue
cependant pas fâchés de n’être pas trempés
tenus aux rigueurs de l’hiver
ou remisés dès l’été dans une sombre alcôve

Petit théâtre
J’entends les 3 coups
Ça y est, Tout va commencer!
J’étais retenu, on ne voulait pas
Mais me voilà
J’ai réussi à me faufiler
Je suis entré
Dans la Chambre blanche.
Je respire enfin.

Rien n’est joué pour autant
J’inspire et pousse mon premier cri.
Je dois encore patienter
Dans les dédales de toutes ces salles
Je pousse à ouvrir toutes les portes
Pour mieux comprendre ce que je suis
Un nouveau défi s’offre à moi:
Je viens d’arriver dans une Chambre Noire ( sans clef, ni porte, ni fenêtre) …

Juste un indice m’apparait
Je suis entre Deux Mondes
Un peu essoufflé mais encore bien vaillant
Une seule question subsiste
Quel chemin emprunter?
Attendre devant la maisonnée ou se lancer et entreprendre?
Il n’y a pas photo. Je suis certain que vous devinez la suite …
De l’ Antichambre où j’étais resté calfeutré bien trop longtemps, j’ai tiré un trait …

Et … Je choisis d’ouvrir tout grand
Portes et fenêtres du Manoir
Afin de laisser
Entrer une cascade de lumière
Dans tous les champs des possibles
Sous le soleil multicolore
De nos vies transfigurées
Pour mieux apprendre à vivre sans rien attendre en retour

Par ordre d’apparition dans le vestibule:
Pascal, Phoenixs , Eclaircie et Marjolaine.
Elisa et Kiproko ne sont pas très loin et 4Z veille sur la chaleur de la maisonnée

Voici notre création en cette presque fin d’année et je dis Ouhahh que c’est chouettement bien dit, quel voyage! Merci à toutes les mains et Un bon bout d’an avant l’an qui vient.

Le titre est en collage pris un peu à chacun d’entre-nous.

Novembre, tout file, tourbillonne, décembre baisse la garde

Le ciel de novembre charrie sa cohorte

d’agneaux mangeant les loups

d’oiseaux sans ailes en équilibre

sur le fil d’une araignée dont les pattes géantes

ne cachent pas même les mandibules voraces

À gauche la poussière du dernier galop de licornes 

s’effiloche sous les yeux de la chouette effrayée

Griffes et cornes s’entremêlent dans une arène grise

Et lorsque le vent faiblit et meurt

la lune et la grande ourse reprennent leur conversation

sur la branche maîtresse d’un arbre jamais grandi

***

Zoo file,

Cornu, biscornu le zèbre

Porte ses raies à l’envers

Dans cet endroit

Droit devant le popotame

Fonce à l’aveugle

Belle la girafe croque son nuage

Laiteux laitue du ciel

Où passent les aigles

Vertigineux et borgnes

Nous rampons mêlés de sel

Et de suie

Suivant le cours émotionnel

Des larmes de crocodile …

***

Immersion

En eaux troubles …

Observons

Du fond des océans

Les différents méandres

De notre humanité

Rendez-vous à

« Allée de Tourbillons de Karman »

Le voyage

Ne fait que commencer

Requins, Loups, Poissons-clowns, Dauphins,

Chouette,

Il me tarde

Vraiment

De pouvoir replonger

Dans le grand bain :

Humant, dégustant

Ces saveurs sucrées salées

Amères, Passions Renversant

Tout sur sa lancée

Transformant

Ce ver en vers

Que la chouette effraie

Émotionnellement

Fredonne

Avec le Rouge gorge son ami

Un seul hululement

Me vient de ces bestiaires retrouvailles

Et me voilà, dès l’Aube

Dans la grisaille, écoutant avec joie

Le chant des baleines boréales

***

À l’inventaire de décembre

un garde-manger de nuit, rogne, rugit d’effroi dès qu’on l’approche

un serpent lové Au chaud Au fond du tiroir des possibles, dort au milieu des slips

un lac s’étend – œil exotique – idéalement clair entre cinq et sept heures du matin Tout au fond, vous pourrez voir les premiers âges du monde

un cœur, animal petit, court sur pattes Vif comme la lumière Quand il est plein

un poney Abandonné en plastique rose Depuis l’année dernière sur l’étagère du salon,  furieux, vous montre son derrière

un porc-épique – intempestif, annonce la fin du monde en boucle. Retirer la fiche du secteur pour qu’il s’endorme enfin.

la salamandre dans le poêle à mazout, s’en fout visiblement d’être une salamandre, partage avec vous ce petit verre de vermouth, Et fait comme ça, Et fait comme si ! Comme si l’hiver n’allait pas durer.

d’autres bêtes, minuscules ou énormes, empreintes de bêtes, de non-bêtes, bêtes-interstices dans le mur, entre tout à l’heure et tout à l’heure, bêtes aériennes ou apaisantes, parentes, ou transparentes, et qui se mêlent au va-et-vient de votre souffle à l’heure où vous baissez la garde

Très étonnant comment le mouvement a surgi de notre poème à plusieurs mains. Il est initié dans le ciel par Éclaircie, Phoenixs le poursuit en fonçant et en rampant, Marjolaine lui offre l’immersion, et Bossman l’immobilise au coin du feu. 

Patrick Varetz

1339.

PUITS tu es ce puits qui se
nourrit d’une eau invisible
tu ne possèdes ni margelle

ni poulie simplement cette
ouverture sur le vide puits
tu peux toujours avaler la

langue des symboles et la
bouillie des mots tenter de
t’unir aux autres hommes

à leurs échanges tu n’iras
pas très loin dans le corps
social

t’unir aux autres hommes

1340.

à personne cette source dis-
tu cette source n’appartient
à personne et je m’y suis en-

vasé mal maçonné je pivote
autour d’un cœur imaginaire
puits sans fond (mais réel)

je lance un œil vers le ciel

puits sans fond (mais réel)

1341

ainsi tu es le système puits
le vide creusé au centre de
la énième parcelle creusé

pour que d’autres labourent
l’existence avec leurs mots
ainsi tout parait s’organiser

pour que d’autres circulent
autour du vide comme l’âme
autour du cœur jusqu’à l’é-

puiser

ainsi tout paraît s’organiser

1342.

Tu e le creux filtrant l’eau
ce lieu des turbulences que
rien n’altère ni l’horizon et

ses manœuvres ni le jeu de
ta cervelle c’est écrit puiser
en toi je renouvelle – seuls

comptent l’effort et ce soin
tout particulier que tu mets
à utiliser les bons moyens

tu es le creux filtrant l’eau

Patrick Varetz, deuxième mille, éditions P.O.L., 2020, 528 p., 32€

Sur le site de l’éditeur :
Depuis 1993, Patrick Varetz s’est engagé dans un projet d’écriture poétique d’envergure. Défendant un retour au vers et à la poésie, il crée une sorte d’expérience littéraire d’exploration de soi. Journal intime dans lequel interviennent autant les souvenirs personnels que les lectures, les films, la musique et les chansons.  En 2013, il a décidé d’écrire mille poèmes parce qu’il avait besoin d’écrire sans cesse, matin, midi, soir, la nuit quand il ne dormait pas, parce qu’il aimait l’idée que le poème puisse recueillir les pensées, les rêves, les sentiments, les colères, les peurs, les envies.
Sept ans plus tard, il publie le deuxième volume de cette expérience poétique, le Deuxième mille. Sur le même principe que le premier volume. Le livre devient l’atelier du poète. La succession des poèmes fait apparaître ses recherches métriques, formelles, rythmiques autant que ses sujets de préoccupation. Patrick Varetz reprend son travail original sur le tercet qui s’intensifie dans ce volume. Le Je s’efface au profit du Tu qui désigne aussi bien l’auteur que ses proches ou le lecteur. On retrouve les mêmes préoccupations : le renoncement, le vide et l’imposture, la haine du père, la maladie, le suicide par pendaison. Et dans la grande tradition poétique d’un François Villon, le poème se conçoit comme une chronique de soi et du monde

Voir cette vidéo où Patrick Varetz parle de son travail d’écriture.

Voir la biographie et la bibliographie de Patrick Varetz

Feuilleter ce livre en ligne

Article de Poezibao, https://poezibao.typepad.com/

Ubu, bulle-flocon de fer blanc

Par delà sept forêts de pyrite, sept montagnes d’opale, de jade,

Le soir, à l’heure où soupirent les chênes les plus noirs – les trembles les plus pâles

Une bête éclatante

Léviathan monstrueux et chatoyant

Colonnes lustrées d’étoiles, piquées de flammes et de vents

D’Orion à l’Éridant

Sous les ondes, ses écailles dansaient

Sa gueule immense brûlait

Tout ce qui était laid, tout ce qui était faux

Ses yeux d’onyx voyaient

Tout ce qui était bon, tout ce qui était beau

Ah là là ! L’animal fabuleux !

Son ventre gros

Comme une tonne de Chablis premier cru Vaux Ragons

Et moi, vêtu d’une cotte de mailles

De fer blanc

Pauvre larron !

Pauvre manant !

J’étais dedans !

.

Ubu,

Le conteur de fables

Brasse l’air vigoureux

De ses grands bras instables

Fabuleux

Ce que le monde engendre

Par ses mots polymorphes

Avant que de descendre

Dans un silence amorphe…

.

La note sur la portée bulle dans sa rondeur fragile

Depuis la nuit des temps

Les yeux s’illuminent 

Dans les visages flous

Les paysages des contes 

Plus réels que nature

Prennent par la main les assoiffés de vie

Sur les chemins jamais ne s’effacent

Les empreintes

Je mettrai mes pas dans les traces fraîches

Pour l’épique voyage dans la brume

Cueillie aux fenêtres de l’aube

.

Quand je pense qu’ 

Une goutte d’eau 

peut 

devenir flocon 

Une étincelle de Vie 

peut 

faire la ronde 

en dansant 

avec l’Univers 

Un verre de Poésie, 

un brin de mélodie 

ou un certain « Pouces verts » 

peuvent faire faire 

 choux blanc aux guerres 

Moi, ça m’va 

et ça me donne envie de chanter 

avec les Fabulous Trobadors 

de Toulouse 

 » Pas de ci  » 

Pour que, 

des contes de notre enfance, 

le Fabuleux destin 

reprenne sa place 

Au Soleil 

Pour boire un coup avec les Amis 

En chantant à tue-tête, 

Tout en conscience   

Qu’il est fabuleux 

d’être…  ensemble… 

Que la Vie est une véritable fête  

Si on choisit de ne pas se prendre la tête 

« Il en faut peu pour être heureux »… 

Et quand on se dit ça chaque matin 

Avec tous les envers et les endroits 

C’est ça qui fait notre force et qui est fabuleux!

***

Fabuleuse équipée composée de

P.Y. Bossman, Phoenixs, Éclaircie, Marjolaine

Le titre est puisé au fil des vers.

***

Élisa, passante qui passe, silencieuse

Kiproko, que l’on attend

***

4Z, fabuleux et bien réel poète, ici, là-bas, là-haut, au-delà….

Le cercle en poupe,

La prière au vent donnée

L’eau lui dispute la force

La parole, la parole se noie

S’envole

Et les tentacules de la nuit

S’en régalent jusqu’au souffle coupé

Que de grain à moudre

Avant l’enfouissement

Ou le brasier magnifique et coloré

Le cercle est vertueux et les yeux, ronds

***

Moulin Avant

Avant,

On pouvait sentir,

Sur sa peau

Les gouttes d’eau

Se déposer,

Telles des petits mots

Qui venaient nous réconforter

A vent

On avance plus écolo

On a le vent en poupe

Du haut de l’arbre

On voit tout l’horizon

Dans la main

Quelques olives

Se sont nichées …

Vertes ou noires,

Petites, Lisses ou fripées

C’est la récolte de l’année

Qui nous redonne l’espoir

BONHEUR PARTAGE

D’une grande tablée

On sera tous réunis

Pour déguster

Entre Amis,

De PIERREFEU

L’Huile d’Olive

***

Battre de l’aile

Sans tourner le mirage

Perd encore un pauvre voyageur

Au bout du vent sec

L’immobile le souffle

Sans le faire avancer…

***

Je suis un gros bateau, un peu lourdeau, pas bien haut

Une salière aux voiles blanches

Un bricolage de vieilles planches

Le cœur ouvert à tous les vents

Aux quarantièmes rugissants de l’hémisphère nord

Je fais du surplace. Mes mâts font des ronds,

Des signes hypnotisants

À l’adresse d’hidalgos déments,

Tout en grinçant

Mon timonier, c’est un vieil âne

Mon mousse, un matou un peu crâne

Mon capitaine, lui, est tout blanc

Il tire des bords, ahane

Moi, sa belle caravelle, serais-je en panne

Au beau milieu de l’océan ?

***

Je crois que j’ai oublié notre quatrième main, qu’elle nous rejoigne, elle n’en sera que plus légère. Le titre a piqué à Eclaircie et Marjolaine son sens obscur.