Les potes dominicaux et leur … Jardin ordinaire,

Les potes dominicaux et leur …

Jardin ordinaire,

Si tu regardes derrière la haie
Entre « chien méchant » et « caméra en éveil »
Le bout de terre privé par nos soins maniaques
Tu verras, peut-être,
Posés sur un pont de ciel
Façon Monet moderne
Une bande de lutins
Qui te diront comment et pourquoi
Ils ont cessé d’aimer Blanche-Neige
Et leurs cousins les nains…

L’Ut In

Un luth au teint vert
a joué une musique envolée
devant un jeune lutin
médusé, ouvert aux nouveautés;
Désireux
d’apprendre
de comprendre
de s’ouvrir
à l’Univers tout entier
voilà notre petit lutin
qui se met en route
pour ne pas s’encrouter
et avoir l’air
In
Sac-à-dos sur l’épaule
Luth en bandoulière dans le dos
le voici prêt à boire le
thym du savoir et de la connaissance
sans perdre de sa quête intérieure
la musicalité d’un
trèfle à quatre feuilles

Le titre vient du lutin de Phoenixs qui commence cette création, Elisa et Eclaircie sont de repos, Kiproko voyage sur le dos d’un lutin volant et Marjolaine termine cette construction estivale avant la reprise et 4Z comme à son habitude veille sur tous les lutins bleus et verts et nous laisse entendre un air de musique, ce soir tout le monde est In comme le luth

Brasses coulées,

Le ciel au comble du bien-être

S’amuse de toutes les étoiles

Virevoltant sans retenue

La lune chatouilleuse s’est retirée dans l’ombre

Où les contingences tombées dans l’oubli

Laissent libre cours aux fantômes rieurs

Le puits n’est plus ce gouffre sombre

Mais une spirale vers les hauteurs imaginées

Je traverse livres et recueils

Certaine de frôler la stupéfaction

Et tous les visages happés par le miroir

Les yeux ouverts ou clos

La fièvre est euphorique la soif éblouissante

Parcelles de présents autrefois embrassés

****

Miss Euphorie à table,

Ramasse les restes des résilients

Rire à demeure conditionne l’air

Il s’en faux

Loin des grises mines de vie mâchée

De travers en long et large

Décousue

Elle reste sourire sur cire

A croire au feu de joie

Intérieur à l’abri des courants

D’ère…

****

Moment éphémère

On rit, on pleure, on vit.

Ce soir, à gorge déployée

Tout se délie. Tous se détendent.

On est bien

Face à la mer, Relax

Un fou-rire nous prend.

Inspiration … Respiration …

On allonge sa colonne vertébrale

Exercice de yoga.

Bonnes sensations communes on a

Et, dans l’Ivresse du Moment

Une Euphorie générale nous gagne

qui nous entraine,

dans une immense explosion de joie,

à poursuivre le voyage intérieur Bien-être – Sourire

vers nos plus beaux horizons aux mille-et-un paysages

Direction:  EUPHORIE!

Rien de mieux pour garder la forme!

Entre deux nages : Éclaircie, bibi et Marjolaine.

Le titre revient à Élisa qui est restée à la mer

Falbalala

***

Falbalala

.

Sur la musique noire sans dentelles

Elle promène ses jambes estivales

En bande

Agitée d’ornementales boucles

Sonnantes et trébuchantes

Elle passe

Sous les yeux teintés des ombres

Que les affaires affairent

Dure

La foule de moiteur et pacotille

Brasse l’air empalé

Gluant

Nos guirlandes lourdes nous achèvent

Au pied du sapin de bitume.

***

À la falabrak fabrique

de la vie

je suis allée

ici et là

.

Où j’ai entendu une chorale

qui chantait en Face

dans une Eglise

au bord de la mer

.

Toutes les dames

de sortie pour l’occasion

avaient de magnifiques falbalas

et discutaient des possibles changements en disant:

« mais oui, avec des Si

tout est permis »

.

et c’est comme cela que

Miss Falbala a quitté son village gaulois

en marchant sur les chemins enSoleillé pour découvrir le vaste monde

en fredonnant une mélodie en fa qui l’a conduite jusque Là

où on peut la rencontrer aujourd’hui.

***

Danse petite, danse

Les couleurs de tes robes

Eclaboussent la scène

Le crépuscule te jalouse les rubans

Ondoyant à tes pieds

Le vent te voudrait nue

Tu lui offres hélices et spirales

Sous les teintes pastel ou criardes

S’essouffle le gris, se dissout le noir

Guenilles d’un temps passé

Pacotille ne voilant jamais l’essentiel

Danse petite, danse, libre et rayonnante

***

Les rubans dans les mains de

Phoenixs, Marjolaine, Éclaircie

Le beau titre appartient à Phoenixs

Élisa parmi les spectateurs

4z savoure les demi teintes, silencieux mais présent.

Grains de malice


Grains  de malice ...
 
***
Une limace et son petit réticule
Soufflent enfin, assiègent une salade
Fraîche, humide, mouillée, trempée.
Quand Alice et sa gourmandise
Déambulent loin des ruses
Des rues, dans un chemin pentu.
Les yeux pétillants, grands ouverts
À tous les tours de magie
S’attachent à changer les escargots en cache-pots
Les tours de passe-passe en passe-partout
Et les traînées de bave en calligrammes
N’y voyez pas malice, le monde est fou.
***
 
Un, deux, trois
Malice est une enfant
De cent et sept ans
Elle a décidé hier
De marcher à l’envers
Dans la neige et dans l’eau
Dans la terre et dans l’herbe
Jusqu’aux bras de la mer
Silence
Un, deux, trois
Malice a décidé hier
De marcher à l’envers
***
 
Sac à malice,
 
D'un tour de gant
Elle retourne le diable
Endormi sous les mouchoirs
En papier fripon
Et les voilà chevauchant les larmes
Bleues
A la recherche d'un tour
A jouer aux sanglots secs
Des violents...
***
 
Djinns
 Hou Houx, il est où le loup?
Dehors,
et le renard?
Avec la belette, ils font les fous,
ils jouent à n'en faire qu'à leur tête
ils boivent une gorgée du breuvage de Liberté
et les voilà à rire sous les chatouilles qu'ils reçoivent.
Au moment de l'été,
tout est permis,
toutes les malices
sont là pour faire glisser
les difficultés accumulées de l'année
Bien habillé dans son jean et son pompon doré
accompagné de son ami Djinn la malice,
à nous toutes les meilleures facéties
dans les rires et la bonne humeur.
***
 
Par ordre d'apparition sorti tout droit du Sac à malices multicolore, nous avons vu Eclaircie, Elisa, Phoenixs et Marjolaine bien rire de toutes ces blagues et Kiproko nous en préparer tout pleins d'autres tandis-que  4Z discrètement a la main dans le sac prêt à dévoiler une de ses malices, observez, regardez, rien n'est encore joué !

Chant de rêveuses

J’ai pris

la poudre d’escampette

pour ne pas avoir

à retrouver la

clé des champs

enfouie, saperlipopette,

je le sais bien,

sous une botte de foin.

J’ai préféré

courir à perdre haleine

Direction

La LIBERTE

Depuis, toutes les portes

se sont ouvertes.

A présent,

je nage dans le bonheur

des clés de toutes les connaissances

redécouvertes et partagées …

dans le monde entier.

****

Clef de sol,

Pour s’envoler des champs

De l’épouvantail à grimaces

Ignoré de la limace

Comme de l’oiseau moqueur

Déchirer les serrures sans trou

Aux portes énigmatiques

Bordées de riens

Et sur la portée s’emporter léger

Au fil de la note cousue main

Sans retouches…

*

J’ai raté le coche, le trousseau bien trop lourd, le nombre de portes closes sans serrure infini –ou je n’ai pas su les voir- Il y avait tant de fenêtre sur le vide que je n’ai jamais osé passer.

Le ciel n’a pas ces barrières mais il m’a rejeté, prétextant que la légèreté n’est pas l’apanage du bipède.

Seule la lune en croissant m’a permis, sans permis, de m’asseoir à vos côtés.

*

On navigue en sous-marin

Nous croyant à l’air libre

Depuis la première gorgée douloureuse

Nous ne pouvons savourer la douceur de la brise

Qu’à force de lâcher- prises plus ou moins maîtrisés

Nos bâtiments se frôlent

Certains volent les soirs de lune gibbeuse

D’autres rêvent de grandes traversées

Ensablés sous les parasols d’été

Mais nul n’a trouvé les clés

Ni même la serrure de son propre navire

*

Les interprètes, dans l’ordre de leur apparition : Marjolaine, Phoenixs, Eclaircie et Elisa.

La mise en page : Élisa

À ceux qui lisent – Jean-Claude Barbé

Interrogez le vent qu’il vous donne la preuve

Qu’une flamme est venue se baigner dans le fleuve

Des oiseaux l’auraient vue mais se taisent prudents

D’ailleurs le baobab est leur seul confident

.

Il ne vous dira pas comment naquit l’orage

Qui souleva jusqu’au clocher un attelage

Où il resta pendu ni pourquoi les bateaux

Dès qu’ils ont touché terre imitent les châteaux

Et se font visiter par de belles personnes

Dont plusieurs ont les pieds fourchus on le soupçonne

.

À la gare un convoi de neige est arrivé

Pour vêtir cet hiver nos toits et nos pavés

Éclairer nos maisons nos rues notre église

On confisque leurs vers luisants à ceux qui lisent

.

Le train repart Le sol tremble Tourne la roue

Du bateau Sur le pont est-ce un chien qui s’ébroue

Le mur se bouche un œil puis l’autre et ne voit plus

Que des lueurs le noir n’étant pas absolu

.

Si le ciel se laissait caresser comme un fleuve

Les mains les plus usées seraient de nouveau neuves

On apprivoiserait la foudre et les éclairs

L’avalanche et les pluies chercheraient à nous plaire

En attendant le vent sans laisser de sillage

Fonce tête baissée dans le jour qui voyage

***

Extrait du recueil « Dormir debout, Poésie 1970-1975 » édité en 2010

Le puits du silence,

Le puits du silence,

Ah ! La solitude

Du rocher qui ronronne sans caresse

Celle du lecteur de livres aux pages vierges

De la lune maquillée pour un bal en solo

Que dire de l’araignée dans un champ de pesticide

Maudissant la charogne réfugiée

Dans le congélateur

Détestant les insectes partis au Baléares

Peut-être au paradis ou dans un assommoir

Tandis que l’aïeul entouré de si près

Regrette le temps où seul il avançait

Au gré de son pas

Tandis qu’en ce cerveau grouillent les papillons

Les gens les poêles à frire les éléphants

Je me demande si l’agoraphobie n’est pas un moindre mal…

****

Depuis quand ?

Nous sommes des puits profonds

Traversés de mutismes

L’insondable nous minerait

S’il n’était une ressource

Paisible et fraîche

Qui souvent nous répare

Qui parfois nous dévaste

Toujours seuls même au monde

Nous sommes des puits profonds

Que dissimulent les apparences

Et le lierre silencieux

****

Electron libre,

Dans la fusion générale

Va tourbillonnante

La particule invisible

Au rendez-vous manqué des atomes

Crochus.

Dans l’ordre d’apparition : Éclaircie, Élisa et bibi. Marjolaine nous rejoindra plus tard. Le titre est inspiré par Élisa. La vérité ne nous en tiendra pas rigueur puisqu’elle est de sortie.

Les morts rêvent… Jean-Claude Barbé

Les morts rêvent ; ils ont alors le sentiment d’être toujours en vie.

Endormis les vivants se croient morts. À la tête du lit l’oreiller est notre confident – le réceptacle de nos créations miniaturisées, d’un univers infini placé dans un cadre à l’échelle humaine – la coquille vers laquelle se tournent les voix intérieures et les musiques des étoiles quand tourne la manivelle.

Ne cherchons pas, parmi les milliers de clés d’un immense trousseau, celle des songes. Inutile de contrarier les ombres dont l’apparition suscite trop souvent l’effroi : elles passent comme des plis sous la porte fermée.

***

Extrait de « Regards perdus » 2017.

Épistolaire-Jean-Claude Barbé

Vous m’écrivez je ne vis plus

Depuis que le vent périclite

Est-ce à dire qu’en mordant les doigts

À mesure qu’il se rapproche de ses escarpins

Soulagerait cotre cœur pourtant bien décoré

Vous m’écrivez l’inqualifiable embrasure

Me fait tourner la tête vers le sens perdu

Comme si vous retrouviez vos vingt ans et une scie

Dans la boîte aux lettres désopilante

Que l’on a jeté par la fenêtre

Sous prétexte qu’elle défendait sa portée

Contre un photographe devenu muet

À la suite d’un séjour prolongé dans du vinaigre

Vous m’écrivez j’aurais dû vous parler

De la galette qui tourne sur elle-même depuis sa déconfiture

Et du tas de préliminaires cloués au mur

Par l’ennui qui préside aux chutes en deux temps

Et que vous ai-je dit du pois

Qu’il grandissait cela ne suffit pas

Vous m’écrivez et rien de retentit

En moi qu’un fer à repasser

Que l’aumône du sol au pied

Que la citrouille vouée à la maternité radicale

Que l’eau dévissée qui court se cacher

Dans l’acidulé comme le dernier des derniers

Vous m’écrivez désormais

Je ne lirai plus vos lettres

Sont-elles des réponses aux miennes

Ou les miennes après un long périple

Sur une mer qui a perdu la clé de son ressort

Et de ce fait ne brasse plus rien

Hormis de minces rubans

***

extrait de « Hors du sens commun Poésie 1995-2005 » – 2010

L’amour avec des si- Jean-Claude Barbé

Si je tombais à genoux
Devant ton image
Irais-je plus vite à nous
Que par le langage
Deux bras étreignant une ombre
Suffiraient-ils
À tirer d’un regard sombre
Des projectiles

Si les mots pour un moment
Cessaient d’exister
Si tu prenais pour amant
Le plus entêté
Parmi les hommes qui tremblent
Quand tu souris
D’un sourire qui ressemble
À du mépris

Si sous un manteau de neige
Ton cœur est au chaud
Le mien même pris au piège
D’un profond cachot
Montera vers la lumière
Tiré d’en haut
Par une jolie fermière
Comme un seau d’eau

Si le soleil reste encore
À te regarder
Quand se dresse le décor
De la nuit fardée
Entre dans ma chambre et plonge
Au fond du lit
Là les chimères en songe
Se multiplient

***

extrait du recueil « Des vagues » – 2010