Ça sert à quoi …d’aimer

Ça sert à quoi …d’aimer

Tant il l’avait aimée,
Guignée en son sommeil,
De son souffle, bercée
Tant elle était l’éveil

Merveilleusement là,
A la lumière perlant du jour
Naissant… dans l’apparat
Du beau en les atours

De la nudité pure
Qui fixe aux yeux câlins
Les éclats qui rassurent.
Le cœur, l’âme au destin,

L’esprit à son futur,
S’alliaient …sa destinée
Au couvert de l’azur
Jurait son doux été

Que le lac des promesses
Gageait de nuit en jour
Sous l’alcôve aux caresses,
Célébrée des toujours…

L’ivresse d’un temps
Fleuri de nos muguets
En clochettes tintant,
Les airs de la forêt

Au lit des mousses gaies
De tant d’amour couché
Ivre au parfum bleuté
Des violettes…grimées

Çà sert à quoi…d’aimer!

T C M

Le Sens *d’une Vie*!

Le Sens *d’une Vie*!

D’un côté ou de l’autre
On aspire ou on souffle,
Le bonheur avec l’autre,
La passion qu’époustoufle

Les aubes en misères!…
A l’aube, les misères
Sont autant de mystères,
Mystères ayant l’air

D’être vrais à l’instant
Du rayon de lumière
Éblouissant le champ,
Fleuri de primevères

Annonçant le printemps.
La vie n’a pas de sens
Pour qui la voudrait tant
Éprise d’innocence

Qu’en larme il sombrerait
Si, sourire manquait
Au regard de l’aimée
En sa couche éveillée.

La vie suivrait le cours
D’incertitudes nées,
Si au cœur de l’amour
Le pardon s’immisçait

En troublante détresse
D’une âme …angoissée
Sens et non sens ne cessent
D’user les destinées.

Futurs de vie toujours
Inquiètent la pensée…
Le devenir, un jour,
Sur la pointe des pieds

Trottine, vire à court
De raisons d’espérer,
En juge les détours,
Se ravise et, au gué

S’élance sans retenue…
En chemin, l’existence
S’abandonna aux nues
Le berceau de nos sens.

En chemin la pensée
S’abreuvant d’espérances,
Inspire les passés
Raisonne sans défiance

…donne un sens à la vie

Toni Cervantès Martinez

Vivre son présent pour mieux le reconnaître quand vient le passé.

Vivre son présent pour mieux le reconnaître quand vient le passé.

Je vous invite à la lecture de ce texte

En l’écrivant de jolies images ont défilées devant mes yeux…
la campagne et des paysages ruraux délicieusement animés m’ont abordé…

je sais, je sais !! une époque sans grandes lumières, sans folies faciles,
des moments intenses, natures, et, des rencontres de gens modestes au cœur pur,
des garçons en galoches avaleuses de chaussettes trop courtes,
des filles jolies en anglaises nouées de nœuds en velours vivement colorés

Une époque à la Georges Sand…mais bien sûr je m’égare

Croyez bien jeunes poètes que l’on ne vit bien sa vie qu’avec des souvenirs

….La vie ce fût aussi des temps sans accélérations intempestives,
des chemins sans revêtement colorés de fleurettes en mottes éparses et bordés de fossés, vallées naines, où la truite vagabonde était reine et les abeilles affairées aux butins des sucs abondants et variés…
…c’était le bon temps, disaient les ancêtres, embarqués dans une partie de belote, savourant de concert le godet « d’eau de vie »( la goutte ) bien de chez eux.

L’absence se joue de nous, elle est propice parfois, à un peu de bonheur

Les souvenirs heureux nous prennent par la main
….refaire le chemin est doux au cœur qui se souvient…

L’inspiration romantique est vide de toute réalité et s’attache à l’intuitif, complètement étranger à la réalité parce que sensitivement attachée à l’émotion, ce souffle spirituel que tout individu peut développer par les impulsions mentales de ses sens.

La force des mots réside, non pas dans la richesse d’un vocabulaire particulier, mais dans l’impulsion mentale de l’artiste qui dans sa simplicité exprimera des sensations émotives.

Quand je dis artiste, c’est sans prétention aucune, de quelque aptitude reconnue, je pense à l’entreprise créative de quiconque vit une parfaite passion à la recherche du beau

Toni Cervantès Martinez

Je parcours régulièrement avec toujours beaucoup de plaisir un bouquin à la couverture fanée que je vous recommande ;
LETTRES à un jeune Poète par RAINER-MARIA RILKE suivies de réflexions sur la Vie créative par BERNARD GRASSET livre imprimé en 1977 le 25 MARS

14 juillet,

Les potes n’attendent pas les feux d’artifice pour s’éteindre
Glisser dans la nuit entre deux sommeils
Pour les porter dans le ciel noir une pensée de Bengale
Grillée à la nuit
Lui restera l’étoile de ma Promenade
Parmi les galets serrés sous l’eau
De là
Il est le tisserand des mots le repêcheur des poissons lune
Le copain à la main tendue
De plume
Sans épines
Ses écrits sont habillés de mémoire
Au vol léger des lucioles…

A 4Z un Paris-Nice sans escale.
17 juillet 2017

Attendre Céleste

Attendre Céleste,

 

Sur le bord d’une étoile

A la pointe de l’ailleurs

Brillant sur noir

Le son coupé

Enfin perdu

Le petit doigt désigne quelque part

Quelque chose de blanc encore

Ni fantôme ni fantasme

Une aile un rien glissant

Vers soi suspendu

Sans but composté

 

Les ombres se cachent mal

On les trouve sans les chercher

Dans le coin le plus reculé de sa chambre

Là où dorment tapis les monstres que nous engendrons

En rêve

Ou pour le plaisir d’aérer l’imagination

Car l’imagination a besoin de fraîcheur

Pour dompter sa nature paresseuse

On lui mange dans la main

Ainsi comprend-elle combien nous l’aimons

Moi qui ne suis que mon estomac je le comprends

Et j’attends l’heure du crime pour procéder

À l’arrestation de mes facultés mentales

Au profit d’une soupe à la citrouille

Ou d’un moment de repos sous un tilleul.

 

Nous nous sommes rendus à la porte du sommeil

N’osant pénétrer cet univers

Où ton corps réside quand ton esprit

Franchit tous les barrages de tous les fleuves

Pour atteindre l’océan dont tu nous diras

Tous les courants, les couleurs, les chants et les secrets

Les poissons dans leur aquarium guettent

L’arrivée de la première vague et des suivantes

Afin de s’élancer dans l’immensité à leur tour

Et nous sur la plage savons la marée et ton retour

 

Allongé dans un panier empli d’œufs

(La lumière voyage sur les paysages

Comme une main caresse une joue)

Les jambes croisées et la mâchoire enrubannée

(Aucune frontière ne limite la vue

L’esprit silencieux est infini)

Il sourit et contemple un nouveau monde

(Derrière les nuages un autre espace

Cachés sous nos sourires tant de souvenirs)

Qu’il domine en géant maladroit mais puissant

(Trois nymphes chantent au bord d’un ruisseau

L’eau clapote gaiement et charme les oreilles).

 

Sur un titre de Phoenixs, que je remercie,

attendent Céleste : Phoenixs, 4z (dans une composition de 2016), Éclaircie, Élisa.

 

 

 

Le bol et son visage sur lit de duvet blanc

Balles des fantoches,

 .


Aller, venir au gré des bancs de sardines

La gueule ouverte prête à l'emploi

Enfourner la friture insignifiante

Fiente de l'insigne futilité des nasses

Je danse sur les arêtes jetées à la vague

Flottantes fin d'écailles

Sur ma tête humide grouille l'élite des crabes

En panier d'oseille sans parfum

Et pourtant si malodorante

*

La trotteuse a renoncé

Parcourir le même cercle des minutes durant

Ne l’intéresse pas plus que manger des heures

Lorsqu’à la table aucun convive ne vient s’asseoir

La trotteuse est devenue bavarde

Perchée aux côtés de la girouette

Elle entame de longs palabres avec le vent

Que le jour ouvrant les yeux

Reflète dans toutes les tours désertes

La trotteuse attend des nuits sans dormir

Le temps volé au dormeur involontaire

Pour le lui rendre à l’aube de sa nouvelle saison

*

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

*

Deux œillets roses au-dessus du nez

Lui-même en peau de parapluie

Une bouche en jardin indocile et sauvage

Des cheveux soleil levant ou lune de midi

Le caractère fidèle bien que fougueux

Ne nécessite aucune longe et se monte sans selle

La silhouette se faufile indifféremment

Entre les lignes du jour et celles de la nuit

Quant à la démarche elle varie sans prévenir

Hier blues nonchalant au refrain bouleversant

Ce matin vague de deux mètres au milieu du néant.

*

4Z absent cette semaine, j'ai choisi un poème de 2015. Il se joint à ceux de Phoenixs, Eclaircie et moi-même, cueillis hier et ce matin.

La croisière du nageur allongé,

Rêve-t-on avec plus d’intensité
Debout qu’assis ou couché ?
Si cette question vous turlupine
Ouvrez la fenêtre et perdez votre regard
Au-delà de l’horizon dont la ligne n’est pas droite
Quelqu’un déplace l’équateur
Derrière notre dos
Quelqu’un se prend pour un autre
Et accouche d’une montagne
Sans le secours d’une sage-femme
Naître devient une habitude
Mourir un jeu auquel on joue
Les jours de pluie quand l’eau s’allonge.
****

La rivière offre ce gué
Voie étroite entre des rives éloignées
La main en pare-soleil
Même par temps « ciel des plus gris nuageux »
On craint que le souffle manque sur la pierre glissante
Les poissons de basses eaux
N’osent pas vraiment dire l’appréhension
Sous leurs branchies
Leurs yeux jamais fermés ils assisteront
À l’incroyable marche sur les flots
Quand les vagues se calment et guettent
Les premières traces de lettres sur la grève endormie

****
Le meilleur défi,

Nous déposons le monde sur la nappe
Papier chemin de traverse
Les uns avec les autres dans l’éclat
D’un mot, d’une idée, d’un rire
Déjà la douceur moite nous enveloppe
Et vide la chaise que nous occupions
Si peu soucieux de la nuit
Au large la voile éclair remporte le prix
Du meilleur silence à tous nos défis
****

J’ai vu des visages
Masques cireux vidés de vie
J’ai vu des mains
Se balancer inertes au bout de bras inutiles
Croisière en ville ou en campagne
L’eau transparente se colore
Pour ne rien laisser voir du fond
Ou des reflets passagers
Qui parfois nous effraient
L’humain surnage très longtemps
Puis disparaît de la surface

On ne pouvait pas mieux suivre le fil de ces textes placés dans leur ordre d’apparition. Nos rives se rejoignent sans perdre de vue le parcours sinueux des eaux qui accompagnent nos marches communes.
4Z, Eclaircie, bibi, Elisa

Le micro des ventriloques.

LE MICRO DES VENTRILOQUES.

*

Les petites chaussures du soir,

 

Que se passe-t-il dans le grand slip des nuages

Quand il bouffonne sur les toits ?

Et dans la tignasse du vent

Qui siffle ses petits airs perdus ?

Que se passe-t-il dans le corps maigre des arbres

Rompus au sommet ?

Qui simplement peut répondre pendant que rote la nuit

Noire de vin gris ?

Peut-être les molles chaussures laissées sur la paillasson

Ronchon quotidien de nos semelles merdeuses

Qui pestent sans marcher…

*

Le ciel est un cyclope avec un œil changeant

Doux et tendre la nuit, vif et violent le jour.

Ne me demandez pas de choisir

Entre l’un ou l’autre à graver dans le marbre ;

Je les voudrais ensemble réunis

Le ciel, la lune et le soleil.

Les yeux entrouverts, la pâleur de la belle

Saurait calmer le feu inutile en dehors de l’âtre

Tandis que les visages se décomposent

De vivre trop dans l’ombre, l’astre diurne leur rendrait

La lumière,

Je rêve des bleus dont tous deux teinteraient  

Ma veille et la vie. Saisons et promenades.

*

Le temps perd la raison, fait grincer les ressorts de l’horloge

Bruit d’un bateau égaré dans la  tempête

Les instants glissent sur le pont, s’entrechoquent.

Ce matin visage d’un vieillard dans le reflet d’un enfant

Ce soir deux flots continus de voitures charriées par l’orage

Au milieu une femme attachée à son chien, immobile.

Puis l’habituelle évasion vers les mots, qui s’évaporent aussitôt .

A marée basse on trouvera quelques échardes dans le sable,

Une laisse peut-être, quelques éclats de verre

Et l’ombre fuyante d’une vague scélérate.

*

L’aube remplace le beurre elle s’étale

Et dore le ciel

Nous ne fermerons pas les yeux

Même si nos paupières s’alourdissent

Même si le gel suspend les larmes.

Je ne joue pas aux dés ma présence dans ce poème

Dont les vers ressemblent davantage à des œufs

Qu’à la cueillette des cerises

Sur les branches d’un chandelier.

Le jour en pyjama déjeune

De croissants chauds trempés dans la voie lactée

On soupçonne le boulanger d’être somnambule

Et la lune d’enfariner les anges.

*

 

Impression d’aube magnifiée

Malher, symphonie n°1, sur le bord de la fenêtre, les premiers chants des oiseaux viennent timidement prendre de mes nouvelles. Tout va bien, ils n’hésiteront pas à hausser le ton en mesure avec cette symphonie qu’ils apprécient autant que moi.

 

Et les autres, dis, les autres, tu y prenses ? Oui, beaucoup, trop, beaucoup trop.

Incapable de dire « je vous aime, j’ai besoin de vous » je leur offre la symphonie n°1 de Malher, puis la seconde… et les oiseaux.

La journée qui s’approche est une belle journée.

Merci mes amis, Malher, les oiseaux et tous les autres plus humains et vivants.

 

 

L’éloge de l’impossible

 

 

Malgré mes réticences

Mon ombre se donne en spectacle

Non je n’ai pas voulu de ce décor

Ni d’un fantôme sous les feux de la rampe

Le souffleur a beau me crier mon texte

Ma bouche ne trouve qu’une voix d’enfant pour le déclamer

Devant un public de pauvres.

Sur le cou la lune est posée

Comme une tête de rechange

Il manque une aiguille à l’horloge

Des anges pressés par le temps.

Aux nuages vont les éloges

Quand ils courtisent nos étangs.

 

Aux semaines sans sommeil succèdent tous les impossibles

Ils sèment çà et là quelques plumes chatoyantes

Leur rire se déploie d’une oreille jusqu’à l’autre

L’un compte les poils de ses jambes

L’autre défile entortillé dans le boa de Tante Di

Le château se réveille s’étire et bâille

Encore un lever de soleil !

On habille l’automate on lui fait signe dès qu’il s’envole

Les chasseurs de mauvais rêves sont déjà sur la lune.

 

Je suis reflets au travers du miroir étoilé

Des cris franchissent la barrière de mes lèvres

Pour se vautrer dans ma bouche

Crisser sous mes dents et se répandre affaiblis et heureux

Sur des tapis d’Orient ou peut-être dans des panses oubliées

Par des petits rats en tutu s’entredévorant

Devant cette tour dont l’accès réservé

Est garanti par des années d’écriture

La rivière n’imaginait pas pouvoir endiguer

Ce flot boueux aux couleurs écrasant l’arc-en-ciel

L’océan pourtant n’a jamais été si calme et beau

 

Samedi en juin,

 

Pendant que Capucin 1er parle anglais

Sourire aux nuages

Nous tournons dans le grand tambour

Au son d’une batterie crécelle

D’un ballon au panier

D’une boule dans le gravier

Si petites fourmis occupées à parcourir

En rond

Les trous de la machine qui nous emporte

Que nous oublions d’applaudir le délicat

Travail d’une vie papier peint décollé…

 

Aux claviers :

4Z2A84

Élisa

Éclaircie

Phoenixs

 

Le titre ne doit rien au hasard, mais tout à Élisa et 4z