Venise

Je regarde ta lettre qui gondole, se plisse et tes mots dilués qui doucement rejoignent des milliers d’autres mots jetés par-dessus bord, dans ces canaux putrides, près des palais-mémoire que la mer a rongés comme le temps notre histoire.

La marée vient lécher le vieil embarcadère aux pontons vermoulus laissant nonchalamment les amarres flotter au milieu des déchets.

L’absence n’est qu’un retard pour qui sait être heureux, disais-tu rayonnant lorsque nous étions deux, quand nous nous confondions aux passants-passerelles sous l’œil goguenard des pigeons de Saint Marc qui délaissant la place s’en retournaient nicher aux creux des doges austères en maculant les toges de fiente délétère.

Au cœur de la Cité, les lions affamés réclament leur pitance, ces viles calomnies que l’on glisse, perfides, dans leurs gueules béantes.

Les boutiquiers exhibent des masques impavides sans regard et sans âme comme peut l’être la mort.Des ombres sibyllines effleurent le décor Dans Venise sanguine la lagune s’endort.

 

Kali

L’Homme … en ma Vie

L’Homme … en ma Vie

Ma vie!…homme,… m’aurait fait!…

La falaise haute, comme démesurée, couche
En son nid de bruyère pointillée de bleus
Chûtés des chemins du ciel, cette image louche
D’un chétif arbuste les bras levés aux cieux.

Tout la-haut, étincelé de miroitements,
S’ébat comme un mirage de l’ailleurs tombé!…
comme un esprit mû des rosées du firmament!…
comme un effluve qui s’exhale, balbutié

Du bonheur imaginé, tout neuf,en juillet
Né de l’an en mouvance de maux existentiels,
Vifs, nourris d’espoirs magiques, prédestinés ! !…

L’existence * m’image * de lumière et d’ombre…
…les sourires l’illuminent… les ciels brumeux
abritent mes regards de songes ténébreux.

j’avance vers ma fin…
…au repos de mes ages

Toni Cervantès Martinez

Le satellite

 

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A mes amis virtuels : Eclaircie, Elisa, Héliomel et Phoenixs.

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Je suis un satellite et je gravite autour

D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup

De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves

De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres

Victimes d’un exil passager, se confondent.

Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux

Me transmet par la voie des ondes sa surprise

De me voir lui sourire alors que dépourvu

De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte

D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants

Dont la fonction n’est pas a priori de plaire.

Mais en orbite autour d’un organe tout change

Pour un engin construit par l’homme dans le but

De s’espionner lui-même…Avec les mers prend-il

Assez de précautions pour éviter leurs crues ?

On sait déjà qu’il manque à l’égard de ses frères

Les singes, d’affection ; mais pour le bien des ours

Mettra-t-il à l’abri des trappeurs la fourrure ?

Si le réchauffement de la planète oblige

L’individu, afin d’y surseoir, à souffler

Dans des cornes un air glacé, je l’encourage

En le bipant dès l’aube. Il se dresse et se dit :

« Si je me lève tôt c’est pour ma sauvegarde. »…

Une orbite elliptique assure mes pulsions.

Le cœur dont j’ai parlé, le cœur aux joues trop pleines

Pour se priver longtemps d’une pluie de baisers,

Je le courtise avec de tristes arguments

Mais il a deviné, sous ma carlingue, un être

Fait de chair et de sang, comme lui, un pilote

Placé dans un cockpit démodé d’opérette

Par une association d’ingénieurs facétieux.

Nous descendrons du ciel. Une échelle de corde

Flotte au-dessus des mers ; nous nous y agrippons

Et pas à pas, barreau après barreau, nos corps

Transformés et pourvus de nageoires atteignent

La surface d’une eau souriante et docile.

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Published by , in 4Z2A84.

 

Les passagers de l’exil,

Bien que les fenêtres soient ouvertes
La maison a disparu
Il ne reste que ces plaies béantes
Offertes aux regards
Et à tous les vents
Nulle trace de murs ni de cheminées
Nul souvenir des marches que nous aimions gravir
Pour nous réfugier dans la mémoire du grenier
L’herbe verte partout ailleurs ne pousse plus ici
Seul le lierre s’aventure sur les cadres de bois noirs.
****
Le lac frémit même sans le moindre souffle
Afin de briser les arêtes trop vives
Des pierres s’abritant dans son onde
Elles proviennent de ces chemins
Longtemps après le dernier pas
Du promeneur qui les a désertés
Elles savent la force de l’eau
Dont elles attendent de devenir sable
Pour s’allonger sur la plage et se laisser happer
Par la volonté de l’océan

****
Les larmes du virtuel,

Tu racontes ta vie sur les pixels agités
Quelqu’un te lit sans regarder
Un sourire jaune salue ton passage
Une grimace de l’échange
C’est ton monde à présent
Qui tend entre toi et la matrice
Un large fil fluctuant sur le trou noir
De tes vies absentes
****

Je suis un satellite et je gravite autour
D’un cœur qui s’est perdu dans l’espace où le coup
De pied d’un footballeur l’a envoyé. Nos rêves
De retourner sur terre et d’y rire avec d’autres
Victimes d’un exil passager, se confondent.
Ce cœur sous un visage étonnamment gracieux
Me transmet par la voie des ondes sa surprise
De me voir lui sourire alors que dépourvu
De traits humains je n’offre à ses yeux qu’une sorte
D’enveloppe ; elle est faite en métaux résistants
Dont la fonction n’est pas a priori de plaire. (…)

Le texte de 4Z choisi par Élisa clôture ce voyage dans l’ici et l’ailleurs et répond de manière  » heureuse » au mien plus sombre. L’espace embarque l’océan d’Éclaircie dans le grenier secret plein d’étoiles, malgré tout,d’Élisa. Le voyage continue sans limite…

Sur les chemins de lune

Il fait le plus beau jour sur les toits titillés

Par les rayons du phare et la toison du vent

Des ballons flottent dans l’air tiède

Dérangeant leur lecture ondoient des banderoles

On enjambe le fleuve où l’eau gonfle les joues

L’autre rive est squattée par nos clones moqueurs

On y troque un esprit sain contre une aventure

En mer quand le bateau n’y dompte plus les vagues.

Achetez ma mémoire !

Crie le marchand de soupe

J’ai vendu leur vraie vie à des hommes perdus

Dans ce rêve ou chacun croit trouver sa pitance

 

L’automne en son jardin,

 

Sous les feuilles dort le bruit

La folie des rêves tressés

Par des mains fiévreuses de vie

Cette source intarissable qui roule les hommes

Dans la débine

La fin lentement dessine la chute douce

A peine remarquée

Comme déjà bue par la terre sèche

De cette aventure sans lendemain

 

Chaque soir le ciel range ses nuages

L’horizon lointain se déchausse de son mystère

Devient le tapis providence sous lequel on dissimule

Le gris d’une poussière ou d’un jour trop pluvieux

Les maisons fatiguées ferment leurs paupières

Entourent de leurs murs leurs habitants inquiets

Ici la lune convalescente a donné quelques nouvelles

Et les anges aux ailes blanches laissent tomber deux ou trois plumes

Messages de douceur qui apaisent nos peurs

 

L’homme savait être seul

Il ne m’a pas appris

À gravir le sentier sans l’ombre de la lune

Sans ses chants et ses dires

Qu’elle ne confie qu’aux arbres

Jaunissants

Le ruisseau n’a pas reparu

Et les herbes sèches crissent sous le pas

La mémoire de l’eau irrigue d’autres contrées

Dont on ne sait pas encore trouver l’accès

 

 

Cheminent sous la lune

4z dans un extrait d’un poème issu de son recueil « Regards perdus »

Phoenix sur la pointe de l’automne

Élisa auprès des nuages

Éclaircie qui cherche la route

Fleurs fraîches et bouquet d’hier 

Bris de verre et autres petits dégâts familiers,

.

Nous ne savons rien des autres que nous côtoyons

En arrière-vie ils dansent sur les murs

Ombres pleines de vie mais aussi d’illusions

Qui nous accompagnent sans rien pourvoir de plus

Ne rien voir éveille l’imaginaire malade

Qui déconstruit le réel et déforme les sens

Alors du bris de verre collecté nous faisons un drame

Une pluie de sang et de larmes

Et nous tombons comme de lourds pantins

Sur nos chagrins silencieux désarticulés

*

Au sommet du mât une lumière inconnue

Diffuse des reflets comme autant de vagues

À la surface d’un lac sous le vent

Le silence ajoute à l’intensité de l’absence

S’il n’y avait ce balancement régulier

Comme un pas lourd dans le chemin du retour

La lune ose à nouveau traverser l’espace

Certaine cependant que nul ne l’entendra

Le brouillard sait que plus rien n’est à masquer

Seule dans les iris la perle de nuit vit toujours

*

Que sommes-nous ?

Des galets sous les pieds

Pour éclairer nos nuits blanches

Une lune froide dans le ciel muet

Que les nuques raides ne voient plus

Le sens se joue de l’ordre ordinaire

Une forme sombre patiente

Et puis nous, sur le pont d’un bateau

Sans capitaine pour inventer nos récifs

Sans verbe pour dessiner les contours

D’un avenir sans mémoire

*

Quand je ferme les yeux je t’aveugle mon âme
Mon âme est en morceaux
On a cassé la vitre
Et le vent se faufile à travers mes faisceaux
J’étais une trop fraîche fille
Pour m’en tenir à mon piano
Je jouais à la corde
Et sur les cordes d’une lyre
Démodée
Mes doigts glissaient sans dé à coudre
Si je me suis pendue
C’est à ton cou
Non à la poutre
Et mon corps on l’a jeté
Avec tous mes bijoux
Par la fenêtre ouverte sur la nuit
Où veillent les hiboux

(…)

*

Dans l’ordre de réception, d’écriture et de recherche : Phoenixs, Éclaircie, moi-même et 4Z. J’ai choisi la moitié d’un poème écrit par 4Z le 09 mai 2012 à 17h20 en cette maison

Partir sans …retour

Partir sans …retour
L’instinct pour la vie

Lorsque les hirondelles s’alignent sur les fils,
En notes mélancoliques, elles entonnent leurs babils ….
Nous sommes au crépuscule précurseur du voyage….

L’eau qui cascade fière entre roches et fleurs
De son nid au sommet, belle de son bonheur,
Salue maître blaireau hirsute grand fouisseur,
Venu laver ses pattes en source de son cœur.

Les gorges raffinées la cajolent d’ardeurs,
L’étreignent de l’amour indicible des terres
Qui s’y fondent amoureuses de ces mill’ fraîcheurs
Distillées, bleu dissout du ciel à coup d’éclairs.

La vallée enroule ses berges en larges aplats,
Moquette son cours de blancs pans drus de galets, …
Prend ses aises, inonde,…rend la vie aux amas,
D’arbres déracinés, partis verts, exilés.

Echapper au tourment du courant qui s’acharne
A partir sans retour pour des futurs sans voix,
Nomades impétueux déracinant leurs carnes
Du corps nourricier qui fit éclore leurs voies.

Devenir saumon-roi, engager le périple,
De mon océan fier vers l’eau claire, maternelle
Du cours de ma rivière natale, source simple
Généreuse de vies poursuivant l’éternel,

Vers le monde que la nature a fait.

Donner la vie
et
mourir en retour

TCM

Le chant des galets,

Jouons à nous déguiser !
Mais…ne vous déguisez jamais en gâteau, vous risqueriez de vous faire manger : les gens sont si gourmands !
Un jour, je me suis déguisé en nuage ; et hop, ce jour-là, il a plu. J’étais bien avancé – d’autant plus que j’avais oublié d’emporter mon imperméable. Quand je suis rentré à la maison, j’étais trempé comme une soupe.
Un jour, je me suis déguisé en téléphone…Oh là là ! J’étais toujours occupé. On me parlait en chinois, en russe, en anglais, en espagnol et même en me soufflant au visage ; je n’y comprenais plus rien, je répondais n’importe quoi dans une langue dont j’inventais au fur et à mesure chaque mot.
Une fois (j’étais alors déguisé en lampe), je brûlai toute la nuit pour éclairer une dame qui lisait, qui lisait un livre interminable…

****

La tour dans la brume appelle phares et phrases
Et je réponds présent cadeau
Le sol assoiffé se tord légèrement
Imprimant à la nuit un mouvement vivant
Ma source tarie
Me reste le fleuve insubmersible
L’océan jamais étale
Et le flot les images les arbres les villas
Les bâtisses les montagnes la lune
Et ton reflet le même et différent sous ces deux lustres

****

Pourquoi courir deux lièvres sur une seule jambe?
Attendre que les poules aient des dents
Comme si crever l’herbe ne suffisait pas
En s’enfonçant dans la boue
Couchés
Vendre la peau de l’ours ne vaut pas le détour
Ni côté en bourse ni en pot d’abeille brûlée
Par les deux bouts
Croire qu’une hirondelle fait le printemps
Revient à espérer que le bipède tisse de l’amour
Avec Pénélope l’évaporée
Autant reprendre un peu de coupe jusqu’à la lie
***
Funambule sur le fil de ta voix
Les images étalées devant elle
En tarot animé collé à la vitre d’un train
Elle regarde passive la grosse dame aux petits pieds
Le porteur amoureux dans son habit de coccinelle
Et l’œil dans le mur qui ne cesse de tourner
La lune sommeille dans un matelas de nuages
A part un régiment d’étoiles nouvelles dans le ciel
Il n’y a rien à signaler

Trois marins à la barre mais le vent dans les voiles pousse Zephe et sa vigie sans l’égarer.

Lire sur les galets, dans les cheveux de la lune, du haut d’une tour, depuis les yeux d’un enfant, etc

Bonjour à tous,

Ici ne sera pas un poème mais un sujet où chacun pourra, s’il le désire, venir partager en commentaire, un poème personnel, un souvenir, une réflexion, un ressenti ou tout autre qu’il aura en souvenir de 4z2a84.

 

Les « PPV », classés dans la catégorie « Plusieurs mains » se poursuivent, le prochain à paraître : le 13 août, dans le même esprit que tous les autres.

Les poèmes de 4z qui y figureront auront été extraits de ci de là parmi l’impressionnante collection de textes que Jean-Claude Barbé a semée sur Poésie Fertile et qui ne demande qu’à germer.

 

Éclaircie

 

Ce sujet sera replacé en première page du site, à chaque nouveau commentaire, ceci afin que les passants sachent, que Poésie-fertile est né, a vécu, vit et vivra grâce à Jean-Claude Barbé, 4z2a84

Billevesées et plus

Billevesée :

Définition :

1- Propos, écrit vide de sens et souvent erroné.

Synonymes. baliverne, faribole, sornette.

2 – Par extension : Idée, comportement, occupation ou préoccupation frivole, sans fondement réel.

Synonyme. chimère, futilité, niaiserie.

 

Source : le site (très bien fait, quoiqu’un peu complexe) CNRTL.

 

Donc, il nous manquait ce lieu, du tout et du n’importe quoi, et même si je n’aime pas ce qui est trop institutionnalisé, je le crée -ce lieu-

 

Le principe :

Vous avez un « truc hyper important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Vous avez un « truc hyper pas important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Bonne visite à tous !