Sous la loupe du Martien,


***

La spirale s’étire et se distend

Se tord et se déforme

Jusqu’à son point de rupture

Pour s’enrouler sur elle-même à folle allure

Et devenir ce petit rond

À première vue anodin presque invisible

Pourtant sous la loupe du Martien hilare

De petits êtres s’agitent gesticulent

S’invectivent s’entre-déchirent

Ayant perdu la mesure et l’espoir

***

Suspension,

Tu tournes à la croisée des chemins fluorescent

Devant le brasero qui brûle sans chauffer

En rond les points abrègent les phrases trop longues

En plat tout prêt

Là-bas, au gynécée froid de la parole

Les gardiens raidis gardent et regardent

Les troupes hagardes de tes complices

Suer dans la cellophane moulante

Qui les tient serrés en rang épars.

 » Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »

***

Tout a commencé

par une histoire de sens

ou plutôt de manque d’essence de l’existence.

Raymond , de là où tu es,

tu dois bien rire ou trouver cela triste à en pleurer…

Dès « le Point du Jour »

Tous, on s’est rassemblé

à côté de l’Edicule

pour clamer en Haut notre ras-le bol

pour que chacun ait plus que son obole,

on s’est posté

au  » Rond Point »

de tous les quartiers

dans tout le Pays.

Le but était de créer, de se recréer

de se sentir plus riche, tous ensemble

Une famille on a trouvé

mais le Haut n’entendait toujours point.

Alors on a changé de vitesse

de  » Point Virgule » on a mis « du Point Rouge »

Traduction de notre lutte pour tous.

On s’est posté

aux Ronds-points

pour exiger

PLUS DE JUSTICE POUR TOUS!

On a chanté,

On a crié,

On a manifesté! Paisiblement!

Rien n’y a fait!

Alors on a tapé du Point sur la table

on s’est mis en marche

et on a décidé un point c’est tout

que nous bloquerions en tournant.

Unis nous étions,

Unis nous resterions jusqu’à

Obtention de nos revendications!

Et après 6 jours et 6 nuits

Le rideau s’est enfin levé

sur une humanité « rajaunie », transformée

recentrée sur l’humain,

Transfigurée.

Il était temps! Merci à tous les Gilets pour cette marche

en avant Fanfan la Tulipe en avant la Tulipe en avant!

              C’est en avançant ensemble qu’on gagne. Restons soudés!

Dans l’ordre de parution : Eclaircie, bibi et Marjolaine pour ce rond point qui n’a pas vu Elisa et Plume bleue. Une prochaine fois sans doute ?

Grand angle

Angle mort,

 

Dans son cœur bat la mer

Grotte moelleuse aquatique

Les algues glissent valves voyageuses

Qui portent le vaisseau lointain de ses voyages

Pendant que la houle agite les écumes noires

Il va au gré du vent capricieux

Porter ses ancres sans ancrage

Comme un vieux loup amer

Dédaigneux des ports pâles

Des phares électriques

Dressés en angles morts

Sur l’horizon mité…

***

L’angle de vue se mêle aux lentilles

Corail et poissons déménagent

Pour un terrain vierge à l’abri des regards

Les astronomes ont perdus leurs étoiles

Dans cette nuit où le soleil insomniaque

A fondu toutes les ailes des Icares et des autres

Les lunettes s’éloignent des yeux

Déjà égarés loin des têtes

La caméra ne retiendra rien de plus

Et les spectateurs ensommeillés

De fondront aux fauteuils

Heureux d’être conviés dans une salle comble

***

Une trace temporelle

Dans la profondeur

D’un bleu acier qui mue

Parade

Se déploie

Tire son trait

Libre triangle

 

Ton regard oblique

Suit la figure qui s’ébat

A perdre haleine

L’oiseau noir

Juxtapose les nuages

Hisse au ciel

Sa poésie ailée

 

Sans gêne aux entournures

Transfiguré

Tu glisses au bord de tout

Enjambes le paysage

Et traces sur ta ligne de cœur

Un arc-en-ciel dans l’angle mort

 

Puisque la verticalité du temps

Sectionne les pans de lumière

Et que tout s’enlise

Par la force des choses

 

Ouvre l’espace

Déchire le bleu

Et touche le rayon solaire

Epouse les lois de l’apesanteur

Et fais comme l’oiseau qui s’enchante

De l’insondable perpétuel

***

Par le p’tit trou de la lorgnette

ce que je vois du haut de mes 10 ans,

derrière mes lunettes,

m’interpelle.

Je ne comprends pas tout.

Ce que je perçois sur la photo:

un paysage en transformation…

Beaucoup de Rouge…

Une grande émotion de Vague Jaune

qui tend aussi vers le Vert.

Dis Maman, ça fait quoi en peinture

quand on mélange les couleurs du rouge jaune et vert?

Un  grand débat qui tend vers un monde meilleur!

Ah!… Merci Maman

 

Plus tard, du haut de mes 20 ans,

je prends mon sac et me voilà partie sur la route

avec tous mes mots dedans.

Gravir la montagne

Arriver au sommet

Prendre une photo

Vue d’ensemble!

S’écrier: Liberté, je suis là

 

Aujourd’hui

je regarde la  » photo du haut de la montage de mes 20 ans »

je zoome sur la photo…

Qu’en reste -il?

Un voyage d’exception à construire

Allez, tout le monde est prêt?!

C’est bien, vous êtes tous dans le cadre!

A 3,je vais appuyer,

Attention! 3, 2, 1

SOLIDARITÉ!

 

Oh vraiment, c’est la plus belle de la collection Maison Grand Angle!

***

 

Le cercle des plumes :

Phoenixs, Éclaircie, Kiproko, Marjolaine,

Élisa toute proche

Ballet bleu sur le tremblé du lac

Le reflet trouble

De tes émotions

Dans l’onde où tout se balance

Froissé d’incertitude

Est-ce là dans ce lieu

Plein d’oubli

Que ta mélancolie se noie

A la morte-saison des âmes

Sous les flamboyants cieux

Un soleil désORienté se débat

Avec ses sujets verbeux

Qui se disputent le feu et l’espace

.

Dessine l’émoi

De ta plume blanche

Qui jaillit des eaux vives

Vole

Chrysalide aux ailes tatouées

A l’encre bleu marine

.

Avant que la nuit ne t’immerge

Avec ta part de silence

Dans le lac des signes

Comme un écho perdu

Qui chute dans l’abîme

***

Novembre s’est perdu dans les jours sans lumière

Le lac s’est égaré dans le ciel

Goutte à goutte il revient dans son lit

Semant çà et là quelques signes

Pour ceux qui s’inquiètent

Ou ne nagent pas bien dans l’obscurité

Les phares éblouissants parfois le croisent

Le confondent avec la pluie

Puis trop las pour s’en soucier

Le laissent revenir à la nuit

Douce comme la caresse de l’eau sur les joues

Qui rassure et murmure : « je suis là ! »

***

Et la valse des écureuils,

.

Si tu glisses en feuille de chou

Sur le sens des miroirs gelés

Tu ne verras rien d’autre que le crissement

De tes souliers gaufrés

Le ciel au-dessus remporte

Le rayon froid ensoleillé

Que tu as laissé passer indifférent

Inutile dès lors de fouiller les eaux mortes

De remuer les girouettes de tourner

Ta marche dans la direction des montres noires

Le lac est muet comme muettes les paraboles

Qui nous crèvent les yeux.

***

Une silhouette juste sous la surface du lac

S’est mise à danser

Sans musique

Ses mains signent un discours apaisant

Les spectateurs ne sont pas au rendez-vous

Seule l’enfant à demi cachée par un arbre

Entend le message écoute le geste

La lune entre dans le ballet

Soulignant surlignant les mots invisibles

Au matin la petite s’éveille

Riche du spectacle venu jusqu’à elle

***

Une plume

virevolte lentement

choit un peu

et choisit finalement

de se poser délicatement

sur le Lac Léman

en lançant un clin d’œil rieur

au public médusé.

.
C’est le signe

du ralliement

qu’attendaient

tous les Amis.

L’Hiver est terminé ! Explosent-ils !

Le Printemps renait !

.
Les oiseaux chantent

Les gens se sourient à nouveau

et même sans se connaître

s’apostrophent

se font des signes joyeux

se congratulent d’être toujours en Vie.

.
Aussitôt

les mains s’agitent,

se mettent à former des lettres, des mots, à raconter des histoires

tout le monde parle à tout le monde  avec ses mains

la fête va commencer d’un instant à l’autre…

Et pour que tout soit prêt dans les temps

nous mettons  la main à la plume

en laissant les cygnes du Monde Entier profiter du moment présent

en se donnant tous la palme en faisant ainsi une grande ronde pacifiste tout autour des océans !

***

 

Les plumes sur le lac des signes : Kiproko – Elisa – Phoenix – Eclaircie – Marjolaine

Le cours des miracles, de ciel à ciel

Le cours des miracles,

Entre boiteux et borgnes
Éclopés en polyester
Va-nu-pieds sans dentelles
Noirs et lourds
Sur les dalles modernes
Sans vie neutres
Tu passes yo-yo youyou
Penché sur l’abîme scintillant
De tes connections
A chercher l’émotion jaune pixel
Joujou joyeux
De tes yeux in vitro…

Auteure A : qui se cache?

 

Récréation

 

Fillettes de la marelle
Entre terre et ciel
Petite rêveuse
Choisira ciel à ciel
Deux enfants
Du regard s’aiment
Sous les nuages
La mêlée court
Ne s’épuise jamais
Imperturbable
Heureuse
Ne sait pas que la route sera longue

On s’ébroue
Comme des petits moineaux
Joues écarlates, cœurs essoufflés
D’avoir trop étreint la vie
Cheveux ébouriffés, rubans envolés
Dans l’air étourdissant
Pleurs et rires se conjuguent
Par tous les temps de l’enfance

Faire les choses à l’endroit
Même sans aimer ce qui est droit
La baignoire déborde
Combien de sots pour compter les litres ?
Avant que le plombier arrive

Sur la ligne, les mots sont fleuves
L’horizon s’épelle , laisse sa trace
Écoliers sur le bateau de papier
Naviguent au milieu de l’alphabet
« Apprenez, répétez » dit la maîtresse

Mais dans la cour, c’est la trêve
Au plus vif du sujet,
On porte plume avec légèreté
Les yeux regardent dans l’azur
L’oiseau bleu et sa virgule
Qui leur rapporteront une comptine

Je me souviens du passé simple…

Auteure B: qui est-ce?

 

Allez, les amis, on joue à « Grand-Mère veux-tu? »
C’est d’accord mais qui colle? C’est toi. Rires.
1, …2, … 3, … Sooooleil.
Tristan, je t’ai vu
Tu as bougé!
Que veux-tu Grand-Mère?
3 salades et 2 pas de fourmi.
Tristan obtempère et dit:
Merci Grand-Mère.

Attention, je continue…
1,2..3. Soleil
Pas un mouvement, tout est ok,
je reprends
1,2,3.S’leil!
Clémentine, Vue! Clémentine!
C’est bon! Que veux-tu Grand-Mère?

Ah mes Petits!…
Ce que je veux…
Et si on jouait ensemble
à recréer
Notre Monde,
Notre Histoire,
Notre Vie,
mais en mieux?!!!
Alors,… vous en êtes?…
Et vous aussi, derrière le réseau du fil du téléphone?!
oh oui Oh Oui OH OUI!
s’écrièrent grands et petits d’un même chœur.
L’heure de la récréation a sonné.
C’est la récré qui vient de commencer,
on va bien s’amuser
on va bien rigoler.

Grand-Mère a entraîné
Petits et Grands
dans une Grande ronde
tout autour de la terre

Et comme il suffisait de dire:
c’est le jeu c’est comme si… on décidait qu’on avait toutes les bonnes cartes en Main pour les avoir vraiment;
On s’est tous pris par la main en dansant et chantant autour de Mère-grand
et, au fur et à mesure de chaque tour de piste,
le monde semblait meilleur
alors, on a continué à resserrer les liens
tout autour de la terre
et on a partagé les Atouts Cœur

Auteure C: A vous de retrouver …

 

 

Certaines auteures ont préféré encourager cette fois-ci, espérant que la troupe sera au grand complet lors de la prochaine traversée en plume. Merci pour les encouragements et pour les textes partagés; Bien sûr je dirais volontiers qui a écrit quoi si personne ne trouve la réponse au jeu!

D’ici là Bonne semaine et belle création à toutes les cinq et aux autres lectrices.

J’ai voulu copier une image mais je n’ai pas la technique! Dommage! Elle est magnifique!

A Félipa,

A vous tous qui m’avaient suivi sur **jepoème** je présente l’écrit que j’ai consacré, à son départ dans l’autre monde, à celle qui m’a inspiré, à ma véritable muse **félipa**
….dans mes poèmes du pays du bout du monde elle était « béa »

….dans la vie elle était ma soeur aînée

éclaicie, tu dois t’en souvenir….

A Félipa,

trop vite, passe le temps…trop tristement s’abrègent les Choses de la Vie

******************************

Ta tendresse, sur mon front déposa le signe
De ta douce affection à jamais animée…
Le regret s’insinue, qui me trouble et, s’agite
En mon cœur étourdi de tant d’amour confié .

Digne épouse, ma sœur, tu fus cette maman
Que pleurent ce jour, en peine, deux hommes et
Tous ces gens venus ici, te témoigner tant
D’estime et d’Amour, leur chagrin, et ce respect

Pour toi Félipa, femme idéale d’une vie.
Ainsi tu es partie …ton sourire je devine …
de la main, désinvolte, j’ai décelé aussi

L’envie d’un au revoir à ce trop long sommeil,
Fastidieux, j’en conviens,au terme d’un repos
Inutil(e)désormais:la vie c’est bien plus beau.

Vous tous mes amis(e), pensez à moi

…j’ai rejoins mon mari….Gérardo

Toni Cervantés Martinez

le 08 octobre 2018

Le miroir des nez rouges,

Sur les gradins de bois
L’enfant écarquille les yeux
Devant les couleurs jouant l’arc-en-ciel
Les nez rouges et les paillettes
Sous le chapiteau
La clameur prend parfois des allures plus sombres
Les grands ont oublié la magie de l’enfance
Des trapézistes et acrobates
Et du jeu pour jouer
Seules les montagnes savent la force des miroirs
****

Comme tout est blanc sur cette place vide !
Il ne faut surtout pas fermer les yeux
Les couleurs se tiennent prêtes à éclater
À se saisir de tout l’espace pour le colorier
Couleurs criardes !
Et le bruit les suivrait
Et la foule dans la foulée
Non ! Il ne faut pas fermer les yeux :
Le ciel serait enseveli par les robes et les pantalons
Des adultes sans oreilles qui hurlent chaque mot
Je redeviendrais toute petite étouffée par le monde
Devrais, encore une fois, me réfugier sous l’oreille d’un éléphant
Ou derrière la crinière d’un pauvre vieux roi sans royaume.
****

Barnum sur mer,

Sous la toile d’attente
L’arène
Le sable sale humide de courses
Perdues
De chutes en rire
D’outrages délicats
Modernes.
Le roi trône Ubu froid
Défait sans cour
Et les nez rouges éperdus
Trébuchent sous les lazzi.
Éternel spectacle des
Mimes ficelés au silence
D’en haut…
****

Sur la grande place
Le chapiteau était dressé
Une voiture bariolée
Munie d’un haut-parleur
Vantant la féerie du cirque
Avait circulé dans toute la ville
Du fabuleux, du sensationnel

Le soir de la première représentation
Monsieur Loyal entrait en scène
Chapeau haut de forme et queue de pie dorée
On ressentait l’excitation des bambins
La joie des grands de redevenir enfants

Après le succès des agiles jongleurs
Enfants de la balle dès le berceau
On annonçait l’éclatante trapéziste
Qui brilla par son absence
Toujours partante pour jouer la fille de l’air
Elle avait plié bagage, pris son envol
Dans une compagnie aérienne

Les clowns n’avaient plus le cœur à rire
Pourquoi faire bonne figure sous le pli de la grimace
Les tartes à la crème n’y changeraient rien
Tout n’était que déconfiture
Ils enlevèrent perruques, nez rouges et autres fanfreluches
Puis sans autres doublures
Disparurent dans un silence sépulcral

Dans les gradins, tout se dégrada très vite
Avec la moue des petits éplorés
Le public scandait « Remboursez »
Monsieur Loyal voulant détourner le fiasco
S’empressa d’annoncer le prochain numéro
Avec son fervent enthousiasme

Mais tout le monde resta ébaubi
Un vieil éléphant…très fatigué !
A la peau fissurée et à l’œil larmoyant
Probablement le doyen du zoo circus
Arriva d’un pas indolent sur la piste
Envoya paître son dresseur
Et dénonça l’illusoire magie
Dans un perçant barrissement

De la piste, une à une les étoiles tombèrent
Entraînant dans leur chute
Les rêves d’apesanteur
Sous l’outrage de l’innocence perdue

****

Sur la Piste aux Étoiles
Je tourne
Je caracole
Je plonge mon regard d’équidé
dans celui du Monde
Et je vois quoi?!

Des Funambules
qui essayent de
danser leur vie

Des Clowns-Musiciens
qui réapprennent
le Rire et l’Émerveillement
aux enfants devenus grands

Des Équilibristes
qui se rattrapent au dernier fil
d’Humanité pour ne pas perdre
leurs rêves

Sous le Chapiteau
les Acrobates
en deux saltos arrière
sont au sommet de la Pyramide
d’Égypte
pour mieux survivre et retomber sur leurs pieds ensuite

Et qu’On soit de
Rome, de Venise
ou d’Ailleurs
L’histoire est à chaque fois
la même et unique à la fois

Pour le Voyageur
que Nous sommes
sur cette Planète
l’espace d’un instant
Tout s’arrête

Excepté peut-être
dans le Massif du Mont-Perdu
au Cirque de Gavarnie
Où un peu de poudre de riz
et de Magie retombent sur la Beauté du Monde
grâce à l’enfant en chacun de nous
qui voit autrement et croit encore que
Tout est Possible
Assurément

Et c’est ainsi qu’c’est reparti pour
Une Danse au Cirque d’Hiver, Plume et
du Soleil « Levant »

Et comme le chante si bien Mouron
 » Tant qu’il y aura des clowns…
On n’oubliera jamais
qu’on vit pour jouer
tant qu’il y aura des clowns »

Ce fut un long temps avant de recevoir tous les forains sur l’esplanade des mots, mais un tour et les voilà sous vos yeux. Bonne lecture. 4Z sur son croissant de lune, sourit en Pierrot.

Point d’Ancrage

Encre toi et toile,

 

Se déroule l’image floue

De tes voyages blanchis

Tu pointes l’œil mobile

Cherches quelque part

Quelque chose de fixe

Mais

Mais

Les silences avalent le sens

Et rendent du sable en coquilles

Sur tes miroirs déteints

Cris sans…

***

 

Dans l’encre bleue

Au milieu du ressac

Retiens l’ancrage

D’où émergent tes pensées

Ta parole en exil

Nue, inconnue

Court à sa perte

Prenant le vent de face

Dans son voyage immobile

 

A marée basse

Dans l’épaisseur des pièges

Recueille l’esquisse

Le signe providentiel

Effleure le coquillage irisé

Qui chante l’indicible

Trace la voie des semailles

Qui défroisse tout langage

De sa trop longue hibernation

 

Ecoute la fugue

Dans la profusion du monde

Avant que le tourbillon t’emporte

Que le silence devienne trop assourdissant

Apprivoise cette envie de fragilité

Qui monte en toi

Comme un ciel lointain

Un désir d’écrire

Ton bouleversant chemin d’étoiles

***

 

Au début

on est sur le rivage

on observe

les bateaux qui partent

on n’a pas encore pris notre envol

toujours au point d’ancrage

 

Par la suite

on poursuit sa route

on tombe souvent sur des mirages

alors qu’on voudrait bien

transfigurer cette réalité

 

Puis on souffle nos bougies

dernières vérifications

ça  y est cette fois-ci tout est prêt!

C’est le grand et merveilleux voyage qui s’annonce

A la Nils Holgersson!

Il est temps de larguer les amarres

 

A nous la Liberté du Grand Large

A nus nous traversons

en direction de nouveaux point d’ancrage

offrant un regard empli de bienveillance

pour tous les mouillages amis

que nous allons rencontrer!

***

 

Deux chaussons sur une descente de lit

Sur le chevet un livre au marque-page usé

Pas un bruit

L’esprit s’y recueille attaché aux lieux

Tandis que le corps évaporé

N’est que souvenir

Les feuilles remettent leur sort au vent

La cheminée centrale

Chantonne la vie l’automne

Et toutes les mains qui ont tisonné l’âtre

 

Où l’on retrouve les pavillons de

Phoenixs, Kiproko, Marjolaine, Éclaircie

Élisa rêve dans le port

et 4Z veille sur nous.

Kaléidoscopes

Métallique le tube n’est pas large mais j’ai pu me glisser à l’intérieur assez facilement. En fait, je n’ai pas réalisé ce que je faisais, trop distraite pour cela sans doute.

Je parlais à un frère ou à une sœur, il y avait beaucoup de rires dans l’air qui exaltaient les poussières de soleil.

Les visages, les objets, les paysages, les animaux : tout se démultipliait. Au point que les yeux ne savaient plus où regarder pour tout voir.

Non seulement le spectacle offert était extraordinaire mais l’intérieur du tube lui-même, ses nombreuses facettes brillantes et lisses, les reflets qu’il irisait tout dévoilait une beauté jusqu’alors méconnue de la vie.

Enchantée par ce fabuleux spectacle, je perdis conscience du temps. Je ne réalise que maintenant à quel point cette expérience eut d’impact sur moi : si le monde était trop vaste pour être saisi dans son ensemble, je le verrais désormais ainsi : découpé, coloré, irisé, merveilleux, multiple, infini…

Et me voilà, toute surprise de ne pas retrouver, en sortant la tête du tube, les rires de mon frère, ceux de ma sœur. La mécanique du temps, bien entretenue, a emporté silencieusement ce que j’avais laissé en me glissant dans l’objet.

Je me sentirais bien seule sur la berge si vous n’étiez pas là, agitant joyeusement les bras un poème à la main pour me rappeler le jour de la publication. Attendez-moi : j’arrive !

*

Fragments irisés,

 

Tu restes au seuil du jour

Entre hier et demain

A lustrer les éclats de ciel

Sur tes paupières volets

Un peu de rouge ici, de bleu

Quelque part sous les notes arquées

Les fleuves se baignent du crépuscule

A l’aurore dans le flot de tes réminiscences

Pâlies

Mais éblouissantes à tes yeux d’enfant.

*

Dans l’œilleton les images se brisent

S’épousent s’emmêlent

Des fragments d’hier télescopent des bribes d’avenir

Les couleurs hésitent entre le triangle et le losange

La cheminée devient soupirail qui se métamorphose en éclair

Les rues verticales abritent des poissons convexes

Les trains bousculent les gares et les ponts

Le voyageur cherche sa tête partie loin de lui avec bagages et chapeau

Sur un banc un petit cylindre se berce

Au rythme des regards curieux

L’enfant espiègle s’en saisit et réinvente

Un monde aux formes qu’il aime

*

 

Un peu

de bleu

Un peu

de vert

Un peu de rouge

C’est la danse des couleurs

qui expriment leurs émotions

Tout se télescope!

 

Le Ciel

avec la Terre

La Mer

avec l’Univers

On a la tête

à l’envers

Tout tourbillonne

Papillonne

Tout

se superpose

 

Tout

Bouge

se transforme

Beaucoup de

joie

Du Soleil

De la Vie

Quoi

Tout

rayonne

étincelle!

*

Regarde la mer

Nulle finitude

Dans sa dérive lasse

 

Lorsque le soleil divague

Et se confond à son immensité

On la croit composée

D’éclats de miroirs

Tombés du ciel

Ils se reflètent à l’infini

Et comblent le vide de ton ennui

 

Scintillantes facettes

Tu observes le vif argent

Fixes obstinément ce qui reste accroché

Images radieuses et jour d’allégresse

Sous le battement de tes paupières

 

Les fragments métallisés

Hors d’atteinte

S’unissent et se dispersent

T’inventent un chemin de liberté

Au gré des oscillations

La lumière complice

Egaie ce temps de l’illusion

Dans le bleu mouvant

Inconstant prisme

Qui trompe ton œil

 

Dans l’étrange détachement

Tout se brise et se dissout

De manière désordonnée

Comme une part de vie

 

Regarde la mer

Nulle finitude

Dans sa dérive lasse

 

 

*

Élisa, Phoenixs, Eclaircie, Marjolaine et Plume Bleue donnent à ce kaléidoscope des couleurs inouïes. Merci !

 

Derrière les choses, les plis du rideau, le miroir sans tain

Lorsque j’ai ouvert
la porte de mon placard
En une seconde
j’ai replongé
dans mon histoire

Tout y est
question de Regard…
Chaque objet
fait remonter un souvenir, une anecdote,
Un moment impérissable

Cette carte postale
Ce verre à pied
Et ce chapeau Gavroche…
Derrière chaque chose
Une intention, une émotion, une attention
traduit ce qu’on ressent,
ce qu’on est aujourd’hui comme avant
Véritablement !

Si on plonge derrière
le miroir
qui nous protège
On trouve l’Être Nu
dans une réalité nouvelle reformulée, réinventée
libérée de toutes ces choses
qu’on garde des années…. Pourquoi ?
Pour le souvenir de l’émotion que la chose
nous a procuré en oubliant souvent que le
plus important finalement est d’Être au moment présent
bien vivant avec les êtres qu’on aime
pour aller devant
De l’Avant Ensemble
…………

Derrière le miroir un visage sourit
Immobile et silencieux
Parfois ses yeux ne se distinguent plus
Noyés dans une brume tenace
Souvent la lune lui offre un teint laiteux
Lorsque les rideaux aux fenêtres bercés par le vent
Ondulent jouant de la lumière
Les lèvres de l’inconnu s’entrouvrent
Une musique emplit la pièce
Et l’on sait ce que le personnage veut exprimer
Même figé dans la glace
…………

Miroir sans tain le jour se lève
Les volets clos dorment encore
Malgré le silence rassurant de la cuisine
Dehors, le vent sème la pluie
Leurs voix mêlées disent les nuits
Qui se prolongent en dépit des apparences
Elles content les visages lavés de tout espoir
Les mains ouvertes sur les lignes brisées
Elles murmurent les douleurs de l’au-delà
L’au-delà des jours qui se lèvent
Comme des miroirs sans tain
Que personne n’oserait regarder
…………

Si tu ouvres cette fenêtre nue
Prends garde aux fils de vierge
Aux poussières tapies
Au regard curieux qui donne le tournis
Derrière les planches de la scène habitée
Tu verras la silhouette des comédiens
Qui tranche dans la nuit
Ses fines évocations.
A toi de ramasser ce qui s’envole
Sans espérer de sens
Ni de lune éclairante.
…………

De l’autre côté
Les soirs de lunes cireuses

Comme une clé dans sa serrure
Tu glisses sans résistance

Lorsque rien ne console
La déchirure se vautre
Sous l’écaille de ta peau
Et tu plonges jusqu’à l’entaille

Seule au milieu du chaos

Dans l’écoulement du temps
Il y a les crêtes sombres de tes orages
Des courants d’air glacés que tu traverses
Entre les morceaux de ciel éméchés
Et toutes ces choses obstinées
Qui laissent leurs avis de passage

Tu tires la lourde tenture
Qui cache l’ample désordre
Parfois, tu pioches au hasard
Dans tout ce qui remue
Et colles ton nez
Contre le carreau embué
L’intime roulis te saisit
Submerge ton for intérieur
De sa petite musique de nuit

 

Derrière les mots, alignées en colonne et agitant leurs plumes…Marjolaine, Eclaircie, Elisa, Phoenix et Kiproko.

Passager du Grand Huit! par les chemins ou les nuages: Direction Mappemonde Un Cœur en poche!

Passager du Grand Huit! Par les chemins ou les nuages:
Direction Mappemonde Un Cœur en poche!

La jambe longue et élastique

Un cœur en poche pour le cas où

Je vais partout

Je parcours les immensités

J’étudie les sociétés

Un cœur en poche mais pas seulement

J’ai aussi deux ou trois pièces

Pour le cas où

Et puis ma langue pour éviter les malentendus

Parfois perdu je ne sais plus

Quelles sont les traces que je suis

Et je confonds je le confesse

Celles d’un passé bien peu glorieux

Celles d’un présent pas toujours mieux

Sur la mappemonde, les maîtres du désordre ont posé leurs gros doigts de géants maléfiques, avancent leurs pions, complotent à la face des hommes sans état d’âme.

Sous la peau des peuples, ruissellent toujours les mêmes rêves fraternels, égaux.
Nuages fuyants qui se délitent dans le ciel impuissant.

Enfle la blessure profonde de l’univers sans foi ni loi. Au cœur du chœur, dans la sphère de l’humain, un écho scande l’immuable. L’indifférence est toujours plus effrayante que le silence.
Alors, monte une voix de tête, libre de tout son chant d’espérance, affranchie des servitudes.

De tous les ailleurs, dans l’amitié des frontières, en tous lieux où âmes vivent, frères d’une même soif, citoyens du monde d’un même idéal se reconnaissent et se réchauffent à leurs couleurs, s’enrichissent de leurs différences et s’unissent.
Ils exaltent la conscience dans la nuit noire qui bafoue la lumière.

Bergers aux troupeaux décimés, semeurs déracinés des bonheurs terrestres, spectres échappés des entrailles de l’enfer, esclaves n’entendant plus le bruit de leurs chaînes, rêveurs de paix tout simplement, la même souffrance gerce vos êtres.

Vous êtes venus de l’autre côté de la mer sur des bateaux d’infortune ou poussés par les vents dans l’air oppressant par-delà les monts, remettant vos vies à l’humanité toute entière comme une supplique dans la douleur de l’exil, cherchant l’abri, l’éclat d’une lumière.

On a écrit sur les murs les mots « solidarité » et « paix » mais l’histoire n’en dit pas plus…Personne n’a jamais vu les montagnes se déplacer !.

Globe-trotteur infatigable
Par les chemins ou les nuages
La couleur présente à tes yeux
Pâlit au fil de tes voyages
Les mains tendues des enfants
Les regards vides ou hostiles
Te conduisent à chercher cette grotte
D’où tu dessineras le monde
Avant que l’homme ne le souille à jamais

Écrous,

Quelques chats dans un sac
Poubelle d’enfants perdus
Un piéton en linge de zébra
Renversé sous la lune
Une bouée océanique crevée
Dans l’œil de l’ours sans dessert
Ta porte claquée sur les doigts
Lourds de l’absent négroïde
Vos papiers bien rangés
Nos vies au-dessus de la cheminée
Sans feu
Elles glissent du manège
Ils enfourchent leur dada
On est passagers du grand huit
Déboulonné
Et personne ne songe à nous faire
Descendre

Si nos six t(r)oyens
voulaient bien se donner la main…
La Belle Hélène,
plus jamais ne serait enlevée
et le Monde pourrait enfin
retrouver son Havre de Paix.

Notre Planète
Couleur Bleuté orangée
Tourne Tourne
Tourne sur elle-même
en déséquilibre constant
sans savoir vraiment ce qui l’attend.

« Quoi!? dit-elle, Encore travailler, lutter!
J’en ai assez, vraiment assez.
Je veux me prélasser, tout jeter, polluer
Faire la Fiesta toute l’année et recommencer ».

Oui mais nous,
les habitants, tes locataires,
on veut vire longtemps à tes côtés.
Tiens, et si on mettait plus de vert
par là, un peu d’oxygène et d’océans propres
également et cette boule orangée pour nous réchauffer.

« Tiens c’est vrai,
dit notre Planète, je m’sens déjà beaucoup mieux!
Merci les Amis! Ensemble le blues, c’est fini!

Collectif proposé hier Dimanche par Elisa, Plume Bleue, Eclaircie, Phoenixs et Marjolaine qui a mis en lien. Votre créativité était tellement riche qu’il m’a fallu un peu plus de temps que prévu pour tout relier et m’en imprégner

Je nous souhaite une bonne lecture dans ce paysage citoyen! Merci à vous les filles, d’avoir pris cette proposition à cœur, je suis très touchée que le Collectif sur ce texte soit au complet!