Brèves de plage-page-nuit

Un nouvel espace s’ouvre à nous-vous.

Publier ici de courts textes -moins de 1000 caractères est un bon format- d’humeur, d’humour, en prose, poétique ou pas, à l’endroit, à l’envers et contre tout, pour, contre ? pour se faire plaisir et nous faire plaisir.

 

Chacun bien sûr peut commenter ce qu’il lit et chaque passant peut faire de même, commenter mais aussi offrir sa contribution.

Un premier jet est posté en com de ce sujet.

Lire sur les galets, dans les cheveux de la lune, du haut d’une tour, depuis les yeux d’un enfant, etc

Bonjour à tous,

Ici ne sera pas un poème mais un sujet où chacun pourra, s’il le désire, venir partager en commentaire, un poème personnel, un souvenir, une réflexion, un ressenti ou tout autre qu’il aura en souvenir de 4z2a84.

 

Les « PPV », classés dans la catégorie « Plusieurs mains » se poursuivent, le prochain à paraître : le 13 août, dans le même esprit que tous les autres.

Les poèmes de 4z qui y figureront auront été extraits de ci de là parmi l’impressionnante collection de textes que Jean-Claude Barbé a semée sur Poésie Fertile et qui ne demande qu’à germer.

 

Éclaircie

 

Ce sujet sera replacé en première page du site, à chaque nouveau commentaire, ceci afin que les passants sachent, que Poésie-fertile est né, a vécu, vit et vivra grâce à Jean-Claude Barbé, 4z2a84

Dorothée Volut

16

Un jour,
il n’y aura plus le reflet doré de mon visage
sur la vitre du train.

Ni accomplissement, ni obscurité.

J’aurai quand même été là
à un certain degré.

Des rayons seront sortis de moi
rencontrant sur leur chemin de ronde
arbres, épaules, yeux qui ruissellent.

J’aurai rencontré des milliers de fois,
offrant mon visage sans jamais le voir.

J’aurai laissé l’odeur de mon sexe
se répandre à travers mes vêtements.

J’aurai dessiné des lignes invisibles dans l’espace,
échangé ma chaleur,

tenté de faire rentrer en moi
les formes que nous sommes.

Je serai née pour voir
et j’aurai aperçu —

et c’est vrai que c’est fulgurant,
la densité d’une pierre qu’on ne peut pas être,

les cheveux de l’eau qu’on ne peut pas toucher —
on ne peut pas dormir la nuit lorsque c’est pleine lune,

Un jour, il n’y aura plus cette intimité
entre le carnet et moi,

la porte restera ouverte et nous marcherons en arrière
recherchant des phrases vraies, que nous avions écrites —

il n’y avait pas de désaccord.

Dorothée Volut  poèmes premiersDorothée Volut, Poèmes premiers, Eric Pesty Editeur, 2018, 9€
Note de lecture de ce livre par Anne Malaprade

13 juillet 2018

À part être la veille du 14 juillet, ce jour m’amène à me poser et vous poser une question.

Jean-Claude Barbé a toujours été notre découvreur de poésie et notre anthologie ne serait pas aussi fournie sans lui.

Qui pourrait poursuivre cette belle œuvre ?

 

Vous passant, si un poème rare vous a  enthousiasmé, offrez le en commentaire. Nous inscrits, tâchons de faire de même.

 

Bonne journée à tous.

 

Fenêtre ouverte sur juillet

 

Bientôt l’avenue de ton absence,
l’étoile de plus
muette
et ces doigts inutiles
effleurant le clavier désert

Les mains n’osent plus
caresser les touches
inutile azerty
l’écho s’écrase contre le mur
sans résonance

Depuis ce jour
depuis ces nuits
depuis ce puits
et son orpheline poulie
les ricochets ne ricochent plus
le verbe silencieux
se perd dans le labyrinthe déserté

S’il vous venait l’idée
d’envoyer un signe
merci, je l’ai reçu.

Un poème de Josy

Mon tendre aimé
Pendant que le monde s‘endort
je me complais dans les vers de Baudelaire
qui écrivait
« ici tout est calme luxe et volupté… »
C’est ce soir que je le ressens
C’est ce soir que je suis près de toi
Malgré ton absence
C’est un peu ce soir que mon âme
se repose
La nature est si gentille
Et les fleurs si généreuses en leurs parfums..

Tout me parle ce soir
Les fleurs mais aussi les feuilles
L’herbe tendre
Le blé vert
Le jour qui s‘estompe peu à peu
Le ciel qui essaie d’étre lumineux encor…

je regarde les petites fourmies
Les mouches
Les mal aimés
Je leur souris …

Oui « calme luxe et volupté »
je ne pense qu’à toi

Au travers des mots

Ces mots que tu ne liras pas
Je me plais à t’Aimer
Toi mon sculpteur d‘âme
Toi qui m’a appris
Que le mauve se trouve
Derrière une montagne
Et que le mot Tendresse
Est un amour qui ne s ‘avoue pas…
Josy

 

Pour atteindre la lune

un poème de 4Z2A84

 

Pour atteindre la lune, suivez ce sentier ;
Les somnambules en connaissent tous les détours
Et les dangers, car des pièges s’y dissimulent :
Sous les fougères impériales le métal luit.
Du grenier au ciel le ruban s’allonge
Et tous les ponts n’enjambent pas des abîmes…
Peut-on se fier au flair du chien aveuglé
Par trop de ténèbres primitives
Pour nous guider vers le personnage que nous jouerons
Quand le rôle du clown sera enfin libre ?
Joyeuse la lune asexuée nous tend son costume ;
Fards, faux nez et cheveux postiches appartiennent
A ceux qui, venant de trop loin, ne comptent plus.


La souche du Hêtre et l’Anémone….à la Rose

La souche du Hêtre et l’Anémone….à la Rose

moi….le Hêtre

… mort ! je fus, dit le hêtre!

mon corps, en don offert
à la science pour l’être,
… l’âme et l’esprit … il sert.

toi …l’Anémone

… je me meurs délaissée!

tes voiles de feuillage,
à ma coiffe prônée,
magnifiaient mon image.

à l’abri, je vivais
déifiant ton tronc sage.
câlinée… je l’étais …
du doux baiser volage

d’une nonnette fée
née du parfum grisant
fleuré par mes bouquets,
enracinés céans

…. elle … la Rose !

belle amie adulée

de nos cieux, réitère
que l’ivresse viciée
des hôtes sur la terre,

conjugue l’espérance
en terme de denrées
que la nature dense,
en son sein nourrirait.

Toni Cervantès Martinez
(illustration poétique d’un tableau -huile au couteau sur toile-)

Bretelles et sexualité

« Cachés dans un trou de chas prisé de tabac gris
Tassés comme les sardines qui font repousser
Les cheveux des fantômes sans argent
Les cinq fils tressent tissent baillent et s’étirent
Pour que la nappe devienne torrent
Sur la soupe sans langue mâchée par des crocs
D’édentés en goguette sur la place publique
Celle là même où les journaux rechignent à s’étaler
Craignant les noces et les bombes pendues aux chapeaux
Mais la modiste habile veille sous sa lampe torche
Les épingles serinent et trépignent loin des machines à découdre
La tapisserie ne sera pas pour les danseurs de saint gui
Revenez hier la peinture est bien trop fraîche
L’huile s’est noyée dans l’eau que les orteils enluminent

L’escargot borgne voit la moitié du funiculaire
Lui passer sous le nez
Grosse déception pour ce sculpteur de glaçons
Préférant l’art au système pileux
Malgré les averses à répétition
Dans les bijouteries approvisionnées en ossements
Par des forgerons épileptiques
Recrutés sur leur bonne conscience
Avec le concours des religieuses dont les skis hantent
Terrains vagues quais déserts et gares désaffectées
Pour y surprendre les autruches
A l’instant où sur leurs hauts talons
Elles inventent le séchoir électrique

Les tomates miaulaient quand le chat rougissait
On entendait au loin le murmure apaisant
De la scie à ruban mordant l’asphalte
Les nuages labouraient l’horizon

La table renversée sur le livre ouvert
Ecornait les ongles de la soupière
Fallait-il que l’on s’aime chantait Charles
Il faut que je fasse régime soupirait Régine

Les heures délicates s’enroulaient
Autour des pylônes et des éoliennes
Faisant ressortir les couleurs de ton tatouage
Et l’été finissait de tendre les ressorts

Cet homme qui dégringole souleva dans sa chute un chapeau
D’où sortit dans le désordre un hérisson,
un tire bouchon et un sac a linge parfumé
Le torchon écartelé qui pendait a sa fenêtre
Se vida de son eau illico
Il détestait ces moments indécents
Ou il était étalé à la vue des pigeons
Le couvreur sautait de toit en toit
Il saisit le chapeau et la gouttière sourit
Elle lui avait prédit un couve chef pour l’hiver
Ainsi parmi les chiens un mandarin boiteux
Harangua les pavés qui en avaient vu d’autres
L’homme n’était pas mort son mouchoir le prouva
Il fut juste englouti par un soupirail affamé

La misère a glissé de son mât
Un vieil arbre un peu mort mais perclus de souhaits
Elle et lui et même eux ont chassé leur ennui
En creusant la piscine dans laquelle nous nageons nous les belles sardines
Hier encore ma jeune sœur riait à l’idée délicieuse de nager toute rose
Mais la science inflexible pousse les fleurs hors des troncs
Alors le mât s’est planté au milieu d’une fête sylvestre de mi-août
Et grand-père est tombé sur les bottes du chat
Pieds dans l’eau nez en l’air la piscine a gelé
Nous avons patiné jusqu’à l’or et des forêts sont nées
La mi-août est passée la boîte s’est refermée
Les sardines rangées ont bien sûr caché toutes les clés

Ont participé, par ordre alphanumérique et seulement alphanumérique:
éclaircie
Elisa-R
4Z2A84
Héliomel
Téquila

Published by Éclaircie, in Plusieurs mains.  »
14 août 2010