Lire sur les galets, dans les cheveux de la lune, du haut d’une tour, depuis les yeux d’un enfant, etc

Bonjour à tous,

Ici ne sera pas un poème mais un sujet où chacun pourra, s’il le désire, venir partager en commentaire, un poème personnel, un souvenir, une réflexion, un ressenti ou tout autre qu’il aura en souvenir de 4z2a84.

 

Les « PPV », classés dans la catégorie « Plusieurs mains » se poursuivent, le prochain à paraître : le 13 août, dans le même esprit que tous les autres.

Les poèmes de 4z qui y figureront auront été extraits de ci de là parmi l’impressionnante collection de textes que Jean-Claude Barbé a semée sur Poésie Fertile et qui ne demande qu’à germer.

 

Éclaircie

 

Ce sujet sera replacé en première page du site, à chaque nouveau commentaire, ceci afin que les passants sachent, que Poésie-fertile est né, a vécu, vit et vivra grâce à Jean-Claude Barbé, 4z2a84

Billevesées et plus

Billevesée :

Définition :

1- Propos, écrit vide de sens et souvent erroné.

Synonymes. baliverne, faribole, sornette.

2 – Par extension : Idée, comportement, occupation ou préoccupation frivole, sans fondement réel.

Synonyme. chimère, futilité, niaiserie.

 

Source : le site (très bien fait, quoiqu’un peu complexe) CNRTL.

 

Donc, il nous manquait ce lieu, du tout et du n’importe quoi, et même si je n’aime pas ce qui est trop institutionnalisé, je le crée -ce lieu-

 

Le principe :

Vous avez un « truc hyper important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Vous avez un « truc hyper pas important à dire », postez le en commentaire de ce sujet.

Bonne visite à tous !

 

Les voyageurs

Certains restent sur le quai

D’autres courent en vain

Et laissent leur valise à terre

A bout de souffle

Les plus rapides sautent dans la voiture

Penchent la tête et saluent de la main

La gare qui les a déposés

Il en est qui descendront en route

Sans se retourner

Quelques uns laisseront leur siège vide

Aux clandestins

Aux ombres qui ne manquent jamais le voyage

Assis près de vous

Familiers étrangers dont vous suivez le passage

Sur la vitre incassable

Paris Nice sans escale 6 août 2017

 

Même sans lire, la nuit et la lune

Appréhendent demain, limpide, lucide

Le vent, depuis trente jours, silencieux

Reprend au matin sa course

Poussant devant lui l’enfant frêle

Vers son destin incertainement dessiné

Les écailles des poissons frissonnent

Comme au meilleur temps des cris de joie

Dix, quinze ? Comment compter les pieds

Ecorchés au chemin des impossibles ?

Ou comment les rictus s’adouciront

À la première caresse de l’aube.

 

La pendule a cessé ses battements

Tout est tapissé de silence

Dehors

Dedans

 

Avouons nos secrets vidons nos sacs de cendre

Sur les crânes luisants des moines en prière

Le fleuve a des lenteurs dues à trop de méandres

Nous partageons ses jeux d’adulte et sa paresse

On suit d’un œil contraint le vol des perroquets

Un vol lourd illustré par des couleurs criardes.

De la rive nous font signe de jeter l’ancre

Des enfants au ventre gonflé

Et des mamans vêtues d’un pagne et d’un collier

Dont les dents d’animaux jouent leur rôle de perles.

 

Avec par ordre d’entrée en scène :

Phoenixs,  Éclaircie, Élisa.R,

Et

4z2a84 bien malgré lui, mais avec toute notre amitié.

Où vont ceux qui s’en vont? ……

Où vont ceux qui s’en vont? ……
…sont-ils partis vraiment?

Tombe la nuit…
et, le sommeil
Les yeux ravit,
Chasse la veille…

L’obscur s’anime…
et, vient l’instant
Qui bien ranime
L’écran vivant

Du film lent ,
Silencieux,
Grouillant d’autant
D’Images d’eux.

Ils est si tendre
Le doux retour
*D’êtres*de cendre
D’esprits d’amour,

Aux regards d’anges,
Venus des cieux
Fleurir l’échange
De rêves bleus.

Les vœux tressés
Dans l’existence,
Courant les quais
Du port *plaisance*,

Se sont confiés
Au grand silence
D’éternité…

… à qui tu penses,

Chante l’oiseau
En son soupir,
Perché tout haut
Dans cet empire

De vies gommées?…
Témoin divin,
L’oiseau secret,
L’Esprit serein,

En ce manège
De nos rêves,
Tel un arpège
Appelle sans trêve.

Tombe la nuit…
et, le sommeil
Les yeux ravit,
Chasse la veille…

L’obscur s’anime…
et, vient l’instant
Qui bien ranime
L’écran troublant:

image grave…
…le mage avive,
l’ombre suave
du corps sans l’age…

…palpite signe
d’éclats vibrants,
forme maligne
De sentiments…

…âmes élevées
Aux cieux, mirage
Chu dévoilé
d’yeux sans visage.

Où vont tous ceux
Partis sans l’Âme
Laissée chez eux,
Après le drame

Où vont ceux qui s’en vont? ……

vraiment…sont-ils partis ?

Toni Cervantès Martinez

L’Eternel,

L’Eternel,

Regarde-t-il la terre
Les sourcils en éveil?

Sa baguette magique,
En sa pointe, éclairée

D’un éclat lumineux
Vise-t-elle les étoiles?

L’âtre de son logis
Réserve-t-il des âmes

Bien au chaud, pétillantes
Empressées de briller,

D’enluminer le ciel,
D’éclairer le spectacle

Du monde en bas tombé,
Tombé qui bien se meurt?…

Et quand la nuit revient
De sa tristesse, lasse !…

Que l’aube ouvre un œil
Tentée de rire un peu,

La poésie, s’éveille
Et les mots tour à tour

Scintillent en couleurs,
Vibrent en mille(s) étincelles

Qui au pinceau du vent
Accrocheront les cœurs.

L’éternel, barguigneur
Interroge les anges,

Amoureux de la terre,
Instigateurs d’envies…

…Je veux bien m’installer,
Envelopper vos airs,

Vivre dans votre espace
Chanter à l’unisson

Avec vous… partager
Les misères, vos peines,

Les troubles des esprits
Comploteurs des non-sens…
…Avec chacun de vous
Mon énergie suprême,

Les jours gagés dès l’aube,
Les nuits gorgées d’horreur,

Avec vous tous je prie
Pour le bonheur des hommes,

Mais sans vous que serai-je
Sans vous je suis fini!

Toni Cervantès Martinez

Jean-Claude BARBÉ (24 avril 1944—14 juillet 2017)

D’un cahier d’hommage rendu par la femme, la fille et la petite fille du poète :

Faux départ

 

 

Je mourais. Je croyais mourir sous une étoile

Ma vie me chassait d’elle à coups de parapluie

Je vivais dans l’attente d’un jour très rare

Je regardais courir et se perdre mon sang

Sur les marches d’un escalier sonore

Vers la porte de communication avec la mer

Les flots sombres gargouillaient sur le seuil

Les chiens flairaient l’orage à travers la brume

Et j’étais mort depuis longtemps lorsque l’éclair

Réveillait les murs endormis la pierre usée

Les maisons sans mémoire et les puits dont l’eau pleure

Mais déjà le soleil prenait de la hauteur

Semblable à une fleur il éclairerait bientôt ma case

Je survivrais au pire et mon cœur réparé

Imposerait son rythme à l’éclosion du monde

 

 

Jean-Claude Barbé- 4Z2A84

Avides d’aventures nos yeux nous laissent les encourager à quitter leur nid.

Ils survolent la terre où tout rentre dans l’ordre

La vague y cesse enfin de se multiplier

Pour donner l’impression d’avoir le ventre plat

Et de ne faire qu’une avec ses sœurs de lait.

Du plancher les bovins saluent le train des fleuves

Dont les crues endiguées par devoir rétrogradent

Les gazons sont tondus les pavés alignés

Les rues débarrassées des algues et du lierre

On défroisse les draps de son lit on repasse

Avec un fer le linge où grimacent des plis

Il faut que tout soit net comme un ciel sans nuage

Sous le regard qui jauge et juge et nous effraie.

Quand nous songeons à fuir il l’apprend et nous fixe

Comme sur un tableau de liège un papillon

Epinglé. Dans l’évier une goutte de sang

S’écrase de seconde en seconde – on dirait

Le compte de nos jours passés. Sommes-nous vieux

Au point de retomber sans surprise en enfance

Avons-nous pour nous voir bourgeonner de bons yeux ?

Le vent ne revient pas de loin quand il conseille

Au toit d’être l’ami des murs de la maison

Aux murs de tenir tête à la tornade – aux tuiles

D’éviter de claquer des dents car la peur comme

Une maladie se transmet changeant un homme

Placide en un tremblant plateau de fruits de mer

La montagne arrosée d’alcool perd l’équilibre

On s’accroche à la queue des étoiles filantes

Mais le plafond sans porte ni lucarne

Reste l’obstacle

Auquel on se heurte toujours

Les bosses sur le front le prouvent

Il faut sortir autrement de sa tête

Trouver l’issue parmi pléthore d’oreillers

Dans ce grenier qui sert d’infirmerie

Je redoute en cherchant d’ouvrir une blessure

En riant fort je crains de réveiller des monstres

Si j’avais regardé par le trou de serrure

Je saurais avec qui je couche avec quel monstre

Puis en m’imaginant près d’une oasis mort

Je me serais peut-être vu dans mon cercueil

Ou humé dans une urne en dépit des atchoums

Je l’ai dit : le vent tourne il nous montre son dos

Il berce en espérant l’endormir le colosse

Dont la statue garde l’entrée du port

Comme un phare attentif

Ce phare le soupir d’Eve le déboulonne

Il tombe à l’eau dans un bruit d’explosion

Il entraîne le ciel avec lui dans sa chute

La voûte enfin trouée nous aspirons l’espace

Où rien de contraire à notre espoir ne circule

Où rien ne se décide où rien ne s’évalue

Où rien sans cesse essaie d’afficher son refus

D’être mais ne parvient qu’à perdre une virgule.

….

14 juillet,

Les potes n’attendent pas les feux d’artifice pour s’éteindre
Glisser dans la nuit entre deux sommeils
Pour les porter dans le ciel noir une pensée de Bengale
Grillée à la nuit
Lui restera l’étoile de ma Promenade
Parmi les galets serrés sous l’eau
De là
Il est le tisserand des mots le repêcheur des poissons lune
Le copain à la main tendue
De plume
Sans épines
Ses écrits sont habillés de mémoire
Au vol léger des lucioles…

A 4Z un Paris-Nice sans escale.
17 juillet 2017

Attendre Céleste

Attendre Céleste,

 

Sur le bord d’une étoile

A la pointe de l’ailleurs

Brillant sur noir

Le son coupé

Enfin perdu

Le petit doigt désigne quelque part

Quelque chose de blanc encore

Ni fantôme ni fantasme

Une aile un rien glissant

Vers soi suspendu

Sans but composté

 

Les ombres se cachent mal

On les trouve sans les chercher

Dans le coin le plus reculé de sa chambre

Là où dorment tapis les monstres que nous engendrons

En rêve

Ou pour le plaisir d’aérer l’imagination

Car l’imagination a besoin de fraîcheur

Pour dompter sa nature paresseuse

On lui mange dans la main

Ainsi comprend-elle combien nous l’aimons

Moi qui ne suis que mon estomac je le comprends

Et j’attends l’heure du crime pour procéder

À l’arrestation de mes facultés mentales

Au profit d’une soupe à la citrouille

Ou d’un moment de repos sous un tilleul.

 

Nous nous sommes rendus à la porte du sommeil

N’osant pénétrer cet univers

Où ton corps réside quand ton esprit

Franchit tous les barrages de tous les fleuves

Pour atteindre l’océan dont tu nous diras

Tous les courants, les couleurs, les chants et les secrets

Les poissons dans leur aquarium guettent

L’arrivée de la première vague et des suivantes

Afin de s’élancer dans l’immensité à leur tour

Et nous sur la plage savons la marée et ton retour

 

Allongé dans un panier empli d’œufs

(La lumière voyage sur les paysages

Comme une main caresse une joue)

Les jambes croisées et la mâchoire enrubannée

(Aucune frontière ne limite la vue

L’esprit silencieux est infini)

Il sourit et contemple un nouveau monde

(Derrière les nuages un autre espace

Cachés sous nos sourires tant de souvenirs)

Qu’il domine en géant maladroit mais puissant

(Trois nymphes chantent au bord d’un ruisseau

L’eau clapote gaiement et charme les oreilles).

 

Sur un titre de Phoenixs, que je remercie,

attendent Céleste : Phoenixs, 4z (dans une composition de 2016), Éclaircie, Élisa.

 

 

 

Le bol et son visage sur lit de duvet blanc

Balles des fantoches,

 .


Aller, venir au gré des bancs de sardines

La gueule ouverte prête à l'emploi

Enfourner la friture insignifiante

Fiente de l'insigne futilité des nasses

Je danse sur les arêtes jetées à la vague

Flottantes fin d'écailles

Sur ma tête humide grouille l'élite des crabes

En panier d'oseille sans parfum

Et pourtant si malodorante

*

La trotteuse a renoncé

Parcourir le même cercle des minutes durant

Ne l’intéresse pas plus que manger des heures

Lorsqu’à la table aucun convive ne vient s’asseoir

La trotteuse est devenue bavarde

Perchée aux côtés de la girouette

Elle entame de longs palabres avec le vent

Que le jour ouvrant les yeux

Reflète dans toutes les tours désertes

La trotteuse attend des nuits sans dormir

Le temps volé au dormeur involontaire

Pour le lui rendre à l’aube de sa nouvelle saison

*

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

*

Deux œillets roses au-dessus du nez

Lui-même en peau de parapluie

Une bouche en jardin indocile et sauvage

Des cheveux soleil levant ou lune de midi

Le caractère fidèle bien que fougueux

Ne nécessite aucune longe et se monte sans selle

La silhouette se faufile indifféremment

Entre les lignes du jour et celles de la nuit

Quant à la démarche elle varie sans prévenir

Hier blues nonchalant au refrain bouleversant

Ce matin vague de deux mètres au milieu du néant.

*

4Z absent cette semaine, j'ai choisi un poème de 2015. Il se joint à ceux de Phoenixs, Eclaircie et moi-même, cueillis hier et ce matin.